Adv. Marcion. IV
2. L'argumentation de Tertullien est la même que celle du dialogue De recta in Deum fide, v. 6 (éd. v. d. Sanpr, p. 484) : Ei &ë, w: où toi [les docètes Marcionites] ouotv, &sapxoc xa &vauuos My, Toi Gap4ôc h Toiou aiuutoc EixGvxs GLCOÙS GpToY TE XAÏ TOTÉPLOV, ÈVETEM keto… Thv &vauvnoiv aûtod moteïolat;
us que Tertullien s’est contredit sans s’en apervoir ? Ce serait une détestable défaite. Ne serait-ce s plutôt qu'ici se manifeste la même conception du symbole » que nous avons surprise chez les Grecs ? ai, le pain qui paraît à nos sens est une figure du rps naturel, mais à ce signe symbolique est asciée une réalité insaisissable, qui opère efficaceent, et qui permet de dire que le fidèle est dans n âme « engraissé » par Dieu, nourri de la chair du sang du Christ!.
Saint Cyprien exalte la sainteté du pain et du vin charistiques. On ne doit pas admettre à la commuon les chrétiens faillis au cours de la persécution,
ant qu'ils aient accompli tous les actes de la pénince et qu'ils aient été réconciliés par l'imposition :S mains de l'évêque et du clergé : car il est écrit le « qui mange le pain ou boit le vin du Seigneur dignement, est responsable du corps et du sang 1 Seigneur ? ». Ce texte de saint Paul est celui sur quel se fonde Cyprien pour exclure de la commuon les fidèles qui n’ont reçu que le baptème, invale à ses yeux, des hérétiques. Quelle faute, dit-il, permettre à des hommes dont les souillures n’ont
Cf. Vasquez, Dispul. CLXXIX, 401 : « Respondeo eo loco Tertulnum figuram referre ad species panis, quae Cum sint sacramen- In, etiam sunt figura corporis Chrisli, non quidem vacua, sed fitatem ipsam continens. » Vasquez a entrevu clairement l’équilence du terme figura et du terme sacramentum. Tertullien luime l’insinue : « Panis et calicis sacramento iam in Euangelio
bavimus corporis et sanguinis dominici veritatem. « Adv. Mar-
ÉTUDES D’ Heoe TI 13
pas été lavées par le bain du baptême, de leur p mettre « par une communion témérairement usur| de recevoir le corps et le sang du Seigneur! »? fidèle prononce tous les jours, dans l’'Oraison dot nicale, la demande du pain quotidien, parce q souhaite de vivre de telle sorte qu'ilpuisse commun chaque jour, et n'être pas exclu de la communioi cause de quelque faute grave : car « le Christ
le pain de ceux qui reçoivent son corps ? ».
Le pain et le vin sont devenus dans l’eucharis une chose si sainte, que l’on a vu cette chose sai se défendre elle-même contre toute profanati Saint Cyprien rapporte le trait d'une enfant que nourrice a fait participer à un sacrifice idolâtri en lui donnant un peu de pain qui restait du re] de ce sacrifice : l'enfant a été par là bien inco ciemment coupable, mais elle l’est. Rendue à mère, qui ignore tout, elle est portée à l'église saint Cyprien célèbre les saints mystères : au mom de la communion, le diacre fait circuler le calice veut y faire goûter l'enfant. L'enfant se détourn! « Faciem suam parvula instinctu divinae maieste avertere ». Le diacre insiste et verse du vin en ses lèvres : « Perstitit tamen diaconus et relucta licet de sacramento calicis infudit ». Mais l’e sanglote et vomit*. Frappante leçon, dit saint
4. Epistul. LXXV, 21. ) 2. De dominica orat.18 : « Christus eorum qui corpus eius CON gimus panis est.Hunc autem panem dari nobis cottidie postulan ne qui in Christo sumus et eucharistiam eius cottidie ad ci salutis accipimus, intercedente aliquo graviore delicto, dum abs et non communicantes a caelesti pane prohibemur, a Christi co separemur... Manifestum est eos vivere qui corpus eius adtingu eucharistiam iure communicationis accipiunt. » 3. Cette histoire sera reprise par S. Augustin, Epistul. XCNI
ien : « /n corpore atque ore violato eucharistia rmanere non potuit, sanctificatus in Domini sanpotus de pollutis visceribus erupit : tanta est Mestas Domini, tanta maiestas. » La majesté du signeur veille pour écarter les faillis de la commuon au sacrement du calice, le mot sacramentum t synonyme de res sacra. Ce qui fait que ce ice contient une res sacra, saint Cyprien l’exprime imême : le vin est devenu une chose sacrée parce il est un « sanctificatus in Domini sanguine tus\ ».
Mêmes expressions dans un autre récit. Une femme, est du nombre des faillis, ayant voulu ouvrir la sette dans laquelle chaque fidèle mettait chez soi charistie en réserve, a vu soudain du feu jaillir la cassette et n’a pu porter ses mains sur les pèces consacrées. Saint Cyprien écrit de cette mme qu’elle a tenté d'ouvrir de ses mains souillées rcam suam in qua Domini sanctum fuit ? ».
n autre failli a voulu communier subrepticement ; a tendu la main pour recevoir le pain consacré, is il n’a pu le porter à ses lèvres, car soudain il eu dans ses mains que des cendres. Ici encore t Cyprien écrit de cet homme qu'il n’a pu « sanc- Domini edere et contrectare » : l’eucharistie est Me sanctum Domint ». Et, voulant commenter le acle, il ajoute qu'on a ici la preuve que le Seieur se retire de qui l’a renié, et que l’eucharistie peut pas contribuer au salut d’un indigne, jusquee la grâce salutaire est transformée en cendres,
LDe lapsis, 35.
Id. 26. Sur l’arca eucharistique, voyez WILPERT, Fractio panis, F2
le «saint » disparaissant : « ... quando gratia sa taris in cinerem sancto fugiente mutetur ».\ notion indiquée plus haut s’éclaire : le calice, n apprenait-on, était sanctificatus, en Ce sens qu être nouveau lui était donné que Cyprien appe sanctum Domini : et voici que ce sanctum Don se retire, et qu'avec lui disparaît la gratia salute qu'il devait donner à qui communie.
Qu'est donc cette sanctification ?
Saint Cyprien use de ce même terme pour di gner l'effet du baptème dans le baptisé : le caté@ mène est vivifié et « sanctifié » par l’eau du baptèn il reçoit dans le baptême la rémission des péché la « sanctification ? ». Pareillement, si l'eau du b tème lave le catéchumène de ses péchés, c’est 4 cette eau a été « sanctifiée » par l'évêque 5. Parei ment, si l'huile de la confirmation peut avoir « em la grâce du Christ », c’est que cette huile a | « sanctifiée » elle aussi par l’évêque. Donc soit le soit l'huile, reçoivent leur vertu de l’évêque, qui présente l'Église, laquelle possède le Saint-Espi les hérétiques, qui sont hors de l’ Église, n'ont p Saint-Esprit et par conséquent n’ont ni baptème confirmation. « Quomodo mundare et sanctific aquam potest qui ipse immundus est et apud qt sanctus Spiritus non est ?... Sanctificare non pQ