Sermo CXXXI
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"pressément : « Optime Punici christiant baptismum ipsum nihil aliud quam salutem, et sacramentum Lcorporis Christi nihil aliud quam vitam vocant'. » L'eucharistie est donc la vie : la participation à cette vie est un acte spirituel, « spiritaliter mandu- . cetur, spiritaliter bibatur ». Qu'on se rappelle les expressions pareilles d’Athanase et de Cyrille. Mais les hcritiques se sont trompés, qui ont voulu voir ici une “communion spirituelle au sens que la piété moderne attache à cette expression : Augustin veut dire que le don qui produit la vie est spirituel en soi, c’est- \à-dire non sensible. La réalité objective de ce don kcaché n'est pas plus douteuse que la réalité du signe “qui en est le véhicule : « /n sacramento vistbiliter hsumilur, in ipsa veritate spiritaliter manducetur, hspiritaliter bibatur. » La veritas ipsa est donnée | dans le signe.
h Sile don qui est fait par l’eucharistie est spirituel, ne voyons donc dans les termes corps et sang rien de sensible?. Le Christ ne saurait donner, tel hquel, son corps naturel à manger, son sang naturel là boire, pour cette raison, avant toute autre, que ce corps naturel est maintenant glorieux dans le ciel. Saint Augustin se pose le même problème que se kposera saint Grégoire de Nysse, le problème de la Mrelation à définir entre le corps du Christ localisé Mdans le ciel et le corps eucharistique : ni Augustin, ni Grégoire ne songent à identifier proprement le hcorps eucharistique et le corps glorieux du Christ. Dès là que le Sauveur a dit qu'il montait au ciel,
4. De pecc. mer. I, 34. Cf Vicrorinus ArEr, Adv. Arèum, I, 30 et IL, 8. 2, CF. Enarr. in ps. XXXIII, 1, 8 et XCVIIX, 9.
dès là qu’il y est monté et qu’il y demeure en corps et en âme, il ne peut y être intact s’il a été, ne füt-ce qu'une fois, consommé sur terre dans l’eucharistie : « Qui integer ascendere potuit, consumi non potuit. »
Saint Augustin y revient dans ses Tractatus in loannem, car le quatrième évangile est sur ce point la source de sa doctrine. La chair eucharistique, ditil, n’est pas, ne peut pas être la viande qui se vend au marché et qui se coupe en tranches : ce matérialisme révoltant est l'erreur des gens de Capharnaüm. La chair eucharistique, ajouterons-nous, n’est pas une chair irréelle, et, comme disait Calvin, « frustratoire ». Entre ce matérialisme et ce docétisme, se peut concevoir une chair réelle, mais impalpable, nourrissante, mais insaisissable, la chair « guomodo sptritu vegetatur ».
Quid est quod adiungit : Spiritus est qui vivifical, caro non prodest quidquam ? Dicamus ei : O Domine, magister bone, quomodo caro non prodest quidquam, cum tu dixeris: MNisi qui manducaverit carnem meam et biberit sanguinem meum, non habebit in se vitam? An vita non prodest quidquam ? Et propter quid sumus quod sumus, nisi ut habeamus svitam aeternam, quam tua carne promittis? Quid est ergo, non prodest quidquam caro?
Non prodest quidquam, sed quomodo illi intellexerunt : carnem quippe sic intellexerunt, quomodo in cadavere dilaniatur, aut in macello venditur, non quomodo spiritu vegetatur.
.… Caro non prodest quidquam, sed sola caro; accedat spiritus ad carnem, et prodest plurimum... Si per carnem nobis multum profuit Christus, quomodo caro nihil prodest? Sed per carnem spiritus aliquid pro salute no-
stra egit. Caro vas fuit : quod habebat attende, non quod erat!.
On ne saurait inculquer plus énergiquement que le corps eucharistique n’est pas la chair sensible, et que cette chair ne nous servirait de rien puisque nous ne pourrions la manger : mais de cette chair nous recevons l'essentiel, qu'Augustin identifie à l’esprit qui la vivifie.
Cette vue est confirmée par un curieux passage : du Contra Faustum ?. Augustin y reproche à Fauste d’avoir enseigné que, par les forces du Saint-Esprit, Jésus, « vie et salut des hommes », est engendré par la terre, et que, par suite, Jésus passible est présent dans les arbres : « .… terram quoque gignere... patibilem lesum, qui est vita ac salus hominum omni suspensus ex ligno » $. Augustin prend la peine de réfuter ce dogme manichéen, et, chemin faisant, il indique un argument de Fauste, qui consistait à dire que les catholiques n’ont pas un dogme différent au sujet de l'eucharistie. « Cur arbitretur Faustus pa-
rem nobis esse religionem circa panem et calicem
nescio, cum Manichaeis vinum gustare non religio, sed sacrilegium sit » *. Augustin s'étonne à bon droit que des Manichéens reconnaissent la présence de Jésus dans le vin, sile vin est considéré par eux comme un élément impur et damnable. Augustin fait observer à Fauste qu'entre son dogme manichéen