CHAPITRE II
Eadmer est demandé par le roi Alexandre pour remplir le siège épiscopal de Sainl-André en Ecosse. — Situation de l'Ecosse par rapport au siège primatial de GantorLéry. — L'archevêque deCantorbéry accorde Eadmer au roi Alexandie. — Eadmer part pour l'Ecosse.
L'archevêque de Cantorbéry rentra en Angleterre en 1120. Peu de temps après son retour, en cette même année, une députation composée de personnages distingués lui aniva de la part d'Alexandre, roi d'Ecosse. La réputation de science et de piété dont jouissait Eadmer était parvenue, jusqu'à ce prince, et il priait l'arciievêque de Cantorbéry de le lui accorder pour l'évêclié de Saint-André qui était le premier siège épiscopal d'Ecosse (1). Radulfe qui savait qu'Eadmer n'avait eu, ni directement,- ni indirectement, aucune part dans cette démarche, crut y reconnaître une manifestation de la volonté d'en haut. Cette demande inattendue et vraiment surprenante de l'un de ses moines pour l'évêché de Saint-André lui parut une occasion favorable dont il devait profiter dans l'intérêt du siège de Cantorbéry, ou plutôt dans l'intérêt de toute l'Eglise de la Grande-Bretagne, et de l'Eglise d'Ecosse en particuUer. Cette Eglise ne pouvait que gagner à être rattachée au siège primatial de Cantorbéry d'une manière plus étroite.
: Pour apprécier la conduite d'Eadmer et de son archevêque dans les circonstances complexes et au milieu des péripéties jusqu'ici inexphquées d'un événement qui fut le principal de sa vie, et qui occupe une place d'une certaine importance dans l'histoire de l'Esrlise de la Grande Bretagne, il est absolument néces-
(l) « Quoeirca veslrae pietatis posco clemenliam ut quamdam personam a pierisque mihi laudatam, Eadmerum scilicet monachum, si vobis idonea visa fueril, ut pontificali inthrouizetur dignitate mihi liberam concedatis. — Ibid.
saire de bien connaître la situation de l'Eglise d'Ecosse par rapport au siège de Cantorbéry.
L'archevêque de Cantorbéry était le primat non seulement de l'Angleterre, mais encore de l'Ecosse et de l'Irlande (1). Cette suprématie accordée par saint Grégoire le Grand à saint Augustin et à ses successeurs (2) et confirmée par plusieurs autres souverains pontifes, avait été solennellement reconnue dans une assemblée tenue à ^Yinchesler en 1072, et à laquelle assistaient Guillaume le Conquérant, Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, Thomas, archevêque d'York et tous les évêques d'Angleterre (3). Dans cette assemblée l'usage suivi depuis saint Augustin d'après lequel les archevêques d'York ne pouvaient être sacrés que par l'archevêque de Cantorbéry, après lui avoir fait profession d'obéissance, fut unanimement constaté.
L'archevêque d'York qui s'était déjà conformé à cet usage le reconnut de nouveau. De son côté, Lanfranc consentit à ce que désormais, quoi qu'il en eût été par le passé, et dût-il pour cela céder de ses droits, l'évêque de Durham, en x\ngleterre, et les évêques d'Ecosse fussent les suffragants de l'archevêque d'York, mais à la condition qu'ils demeureraient soumis à l'archevêque de Cantorbéry, et sans renoncer à la suprématie et à l'autorité que ses prédécesseurs avaient de tout temps exercée sur eux et qui leur appartenait de plein droit. « Il fut même expressément » convenu que si l'archevêque de Cantorbéry jugeait à propos » de réunir un concile, en quelque lieu que ce fût, l'archevêque » d'York devrait s'y rendre avec ses suffragants, et qu'ils seraient » tenus d'obéir aux mesures canoniques prises par l'archevêque » de Cantorbéry »(4).
Les limites de l'autorité de l'archevêque d'York sur ses suffragants ne furent-elles pas assez nettement fixées ou bien les
(1) Beda, Hisi. ecclesiast., lib. V, cap. xxix ; Willelm. Malm., De Gest. Pont. Angl., lib I; Eadm., Hist. nov. liv. V; Dom Dachéry. Inepist. Lanfr. notse ; Ad. epist. terliam.
(2) In Galliarum episcopos nullam tibi auctoritatem tribuimus... Biilaiinorum vero omnium episcoporum curam tuœ fraternitati committimus ut indocti doceantiir, infirmi persuasione roborentur, perversi auctorilate corrigenlur (Regest. Epist. lib. XII, Indict. vu. Epist., 31); S. Anselmi, Epist. ni, 103, 13!, 142, Lan-
franci, epist. 36, 37 et 38.
Cantuariensis cathedra in quâ sedens Augustinus decreto Gregorii papse prsefuit omnibus episcopis Britannige, depositoStygando, décréta est Laiifranco Cadomensi abbali. — Order. Vit. Hist., eccl. lib. IV, cap. x.
(3) Will. Malm., De Gest. Pont. Angl., lib. I ; Eadm. Hist. nov-, lib. V; Lanfr., Epist. m.
(4) Will. Malmesb. De Gest. Pont. Angl. Lib. I.
décisions prises à ce sujet furent-elles ensuite, méconnues? Nous ne savons au juste. Toujours est-il qu'il s'éleva plus tard sur ce point de regrettables discussions. A la fin de 1108, Turgot, prieur du monastère de Durham, fut élu évèque de Saint-André. C'est à l'archevêque d'York qu'il appartenait de le sacrer. L'archevêque d'York déclara qu'avant de sacrer le nouvel évèque de Saint-André, il exigeait qu'il lui fît profession d'obéissance. Turgot refusa. De là des discussions qui se prolongèrent pendant plus d'une année. Comme ce démêlé tournait au scandale, et que le diocèse de Saint-André en éprouvait un dommage considérable, le roi d'Angleterre, Henry Beauclerc, cédant aux prières du roi d'Ecosse, y mit un terme. Il ordonna à l'archevêque d'York de sacrer Turgot sans exiger de lui aucune profession d'obéissance, sauf à revendiquer ses droits plus tard devant un tribunal compétent, et à condition que l'évêque de Saint-André ferait, même après son sacre, la profession demandée, si elle lui était imposée par des arbitres autorisés. L'archevêque d York obéit (1). Mais la question ne fut pas tranchée de si tôt, car les mêmes dissentiments se reproduisirent avec plus de force encore en 1122 à l'occasion du sacre de Robert élu à la place d'Eadmer pour ocuper le siège de Saint-André. Après de longues discussions il fut sacré, lui aussi, par l'archevêque d'York sans lui avoir fait profession d'obéissance (2).
Une autre preuve que la question resta pendante, c'est qu'à la mort de Turgot, en 111.5, le roi Alexandre, craignant qu'elle ne fût tranchée en faveur d'York, sonda secrètement le nouvel archevêque de Cantorbéry, Radulfe, pour savoir s'il serait
(1) « Per annum et eo ampUus dilata est ejus (Turgoti; ordinatio propter dissenbiones Eboracensis Ecclcsice atqne Ecclesiée sancti Andreae Scotie. Illa namque ordiiiationem et subjectionem primatis Scottorum sibi ex quodam quasi jure exigit; isti vero e diverio affirmât ex nullo antiquitatis vel coasuetudinis jure alii)uid se debere. Sed ne diutius pastorô viduata vacillaret ecclesia, rogatus a rege Scotorum rex Heniicus prsecipit ut Eboracencis archiepiscopus Thomas junior hune sine uUâ subjeclionis exactione consecraret, salvà utriusque ecclesiae auctorilate, ut poslea ubi et quaudo et a quibus ratio exigere'ur, debitus finis contro versiam utriusque partis dirimeret. (Simeonis Dunelm. Hist. recj., § 162, p. 201.) Edit. Thomas Arnold dans la collection Rerum Brilannicarum scriptores.
(i) Ipso autem anno, quatuor ante mortem suam mensibus, in episcopatum S. Andréas, quœ in Scotia est, fecit eligi R,obertum priorem canoaicorum regularium apud Sconam. Sed ejus ordinatio multo est tempore dilata propter subjectionem debilam quam ab illo secundum consuetudinera exigebat Turstanus Eboracensis archiepiscopus. Scotli autem e contra dicebant stullà garrulitate hoc nulla deberfieri autoiitate vel consuetudine. — (Ibid. , § 210, p. 275). Cf. Warthoa. Anglia sacra, pars, ii, p. 237.
disposé à sacrer le successeur de l'évêque de Saint-André, quand il l'aurait désigné. Il lui écrivit en ces termes :
« A son seigneur et très cher Père Radulfe, le vénérable » archevêque de Cantorbéry, Alexandre par la miséricorde de » Dieu roi des Ecossais, salut et l'assurance de son dévoue- » ment et d'un fidèle service.
« Nous portons à votre connaissance, excellent Père, que » l'évêque de l'Église de l'apôtre saint André, Mgr Turgot, est » mort le deux des calendes de septembre. Nous sommes » vivement contristé de nous voir privé d'un aussi grand se- » cours. Comme Nous avons confiance en vous, Nous vous » demandons vos conseils et votre assistance pour lui donner, » selon Dieu, un successeur capable de nous instruire utilement » et de nous conduire Nous, et Notre peuple, par des chemins )> agréables au Seigneur. Nous vous demandons aussi de vouloir » bien vous rappeler ce que Nous vous avons déjà insinué dans » une autre circonstance au sujet des évêques de Saint-André. » D'après un usage qui date des anciens temps, il n'appartenait » qu'au souverain Pontife ou à l'archevêque de Cantorbéry de » les sacrer. Nous avons suivi cet usage, à l'exemple de nos )) prédécesseurs, et Nous l'avons regardé comme autorisé jus- » qu'au temps de Lanfranc. Mais ^Igr l'arciievêque Lanfranc, » Nous ne savons comment, en notre absence et en l'absence de » ceux qui auraient pu soutenir nos intérêts, avait cédé son droit » sur ce point pour un temps à Thomas, archevêque d'York, » Avec l'appui de votre autorité, si vous voulez bien Nous n l'accorder, Nous sommes disposé à ne plus laisser subsister cet » arrangement. Veuillez donc nous écrire de votre propre main, » en secret, si Nous pouvons compter sur votre concours, que » Nous vous demandons très humblement, pour réparer le tort )) qui Nous a été fait, à Nous et à l'Église de notre royaume » (1).
Nous ne connaissons pas la réponse de l'archevêque Radulfe au roi Alexandre. Mais il est probable qu'elle ne fut pas favorable. La concession faite par Lanfranc n'était pas aussi facile à révoquer que le roi le supposait. En 1115, cette concession ne pouvait être révoquée. Mais en 1120 les circonstances étaient bien changées. Le roi d'Ecosse ne l'ignorait pas , et Radulfe, tout en étant surpris du choix d'Eadmer, ne put s'étonner de le voir revenir à la charge. Alexandre avait pris cette fois — c'est
(1) Ilist. nov., lib. V.
au moins ce que Radulfe dut penser ■ — un moyen fort habile pour le mettre dans une sorte de nécessité de sacrer le nouvel évèque de Saint-André. Il ne pouvait guère refuser Eadmer : un tel choix honorait trop l'Eglise de Cantorbér}-, et personne ne pouvait trouver mauvais qu'il le sacrât puisqu'il était son moine, son secrétaire, son confident, son Qls bien-aimé.
Tout en dépendant de l'archevêque d'York, l'Eglise d'Ecosse ne cessait pas de dépendre de celui de Cantorbéry. Qu'elle se plaçât sous l'entière dépendance de Cantorbéry, elle était affranchie de celle d'York. Après tout qu'avait-elle à perdre à s'attacher à Cantorbéry? Le primat exigeait de ses évèques, avant de les sacrer, une profession d'obéissance. Mais l'archevêque d'York ne l'exigeait-ii pas également?
N'ôtaient-ce pas ces considérations qui avaient inspiré au roi d'Ecosse la pensée de demander à l'archevêque de Cantorbéry le nouvel évêque de Saint-André, de porter ses vues pour remplir ce siège sur un de ses moines, et, ce qui était plus significatif encore, sur un de ses moines universellement connu par son attachement aux privilèges de l'Eglise primatiale? Il était vraiment difficile de ne pas interpréter sa démarche dans ce sens. Les termes même de sa lettre autorisaient cette interprétalion. Elle ne s'adressait pas à un archevêque quelconque, mais à un archevêque qui s'intéressait au bien de l'Eglise de Saint-André ; le roi s'excusait auprès de lui d'avoir laissé si longtemps cette Eglise sans pasteur, et le priait de l'aider à lui en donner un (1). Il traitait le primat comme son père spirituel et prenait humblement le titre de fils.
Mais le primat pouvait-il enlèvera l'archevêque d'York ce qui, par suite de l'usage établi, était devenu son droit? Dans les circonstances oij il se trouvait alors, il le pouvait sans aucun doute.
Il est vrai que, d'après les conventions faites en 1072 à l'Assemblée de ^Yinchester, ce droit avait été reconnu et devait être respecté; mais, d'après ces mêmes conventions, Tarchevêque d'York devait faire profession d'obéissance à l'archevêque de Cantorbéry. L'archevêque de Cantorbéry avait un droit rigou-
(1) Verens enim summum Pastorem me graviter offendisse, cum gregem suum ne. gligeatià meà aliiscjue forsan criminibus impedientibus pastoris penuriâdesolatum, et a tramite veritatis in pluribas exorbitatura diu permiserira, filiali eliam timoré . tiraens la bac re eum amodo offeadere, ad vestrae fontem discretionis recurro, ut prjstinœ memor esistens dilectionis inter nos habitae, me filium vestrum paterno affectu spiritualiter quamdiua vobis adoptatum, vestri raunimine consiUi iuhâc re tueamini. » Eadm., Hist. nov., lib. V.
reux et certain à cette profession. Or, en 1120, l'archevêque d'York était Turstin. Sans tenir le moindre compte de l'usage établi et de l'exemple de ses prédécesseurs, Turstin avait absolument refusé de faire profession d'obéissance à l'archevêque de Cantorbéry. Il avait réussi à se faire sacrer à Reims par le pape Callixte II, et, après son sacre, il s'obstinait à refuser cette profession d'obéissance au primat. Ne déchirait-il pas ainsi luimôme le contrat de l'Assemblée de ^Yinchester par lequel chacun des deux archevêques s'était engagé à respecter les droits de l'autre? Le droit en vertu duquel l'archevêque de Cantorbéry réclamait la profession d'obéissance de l'archevêque d'York était plus ancien, plus certain, et de plus grande importance que le droit invoqué par l'archevêque d'York de sacrer l'évêque de Saint-André. Une occasion se présentait pour l'archevêque de Cantorbéry de faire sentir, en usant de représailles, ses torts à l'archevêque d'York : lui était-il interdit d'en profiter? Radulfe ne le crut pas.
D'ailleurs il était le primat de la Grande-Bretagne. Sa juridiction et son autorité s'étendaient sur les évêques d'Ecosse aussi bien que sur ceux d'Angleterre, et il ne commettrait, en sacrant l'évêque de Saint-André, aucun empiétement. Tout ce qu'on aurait pu lui reprocher, en d'autres temps, c'eût été de manquer de délicatesse. Mais en il20 on ne pouvait pas raisonnablement lui adresser ce reproche. Il lui en coûtait de se priver d'un auxiliaire aussi précieux qu'Eadmer ; mais tant de raisons lui commandaient ou du moins lui paraissaient commander ce sacrifice qu'il s'y décida.
En cette circonstance Eadmer n'avait qu'à obéir. Sur l'ordre de son archevêque il partit pour l'Ecosse. Yoici, au moins dans ses parties les plus importantes, la lettre dont il était muni :
« A son cher seigneur et ami Alexandre, par la grâce de Dieu » roi des Ecossais, Radulfe archevêque, salut et ses prières.
« Nous rendons d'innombrables actions de grâces à Dieu qui, » dissipant tous les nuages, a ouvert vos veux pour vous faire » connaître ce qu2 vous aviez besoin de connaitre,,et pour vous » faire demander ce que vous deviez demander. Je rends grâce )) aussi à votre noblesse de ce que par vos légitimes prières vous » avez resserré les liens qui nous unissent et accru notre intimité. » Yotre demande va pourtant bien loin. C'est comme si vous » m'arrachiez un de mes yeux, comme si vous me coupiez la » main droite. Mais je ne peux que louer votre juste désir et y
» répondre, selon Dieu, dans la mesure de mon pouvoir. Seule- » ment qu'il me soit permis de le dire sans offenser Dieu et sans » vous blesser vous-même, c'est malgré moi que je favorise » votre dessein. Je m'y décide parce que je n'ose résister à la » volonté de Dieu que je vois se manifester par votre démarche. » Je ne voudrais pas non plus m'exposer à perdre votre amitié. » Je consens donc à ce sacrifice. Mais j'y consens malgré moi. )) C'est malgré moi qu'à mon âge et dans mon état d'infirmité, je » fais autour de moi la solitude, que je me prive de la consola- » tion et de l'assistance d'un père, et des conseils et des secours » d'un fils plein de sagesse. C'est vraiment une grande habileté » de votre part de nous dépouiller ainsi d'un si grand homme, M d'un liomme d'une aussi bonne renommée, aussi utile à l'Eglise » de Dieu, aussi recommandable par sa vie et ses mœurs, si » bien initié dès son enfance aux lettres divines, et très propre » à traiter au besoin les affaires du siècle. Si une telle demande, » venant d'un pays aussi lointain, nous était adressée par un » autre que vous, tenez pour certain que nous ne laisserions pas » s'éloigner le confident de notre cœur. 3Iais à vous nous ne » voulons rien refuser de ce que nous pouvons vous accorder » selon Dieu. Nous vous envoyons donc le sujet que vous de- » mandez, nous vous l'envoyons entièrement libre de tout en- » gagement, avec la mission de savoir de vous d'une mn- » nière certaine si votre demande tend à l'honneur d-e Dieu » et de la. sainte Eglise de Cantorbéry votre mère. Conduisez » cette affaire avec^jeaucoup de prudence et en suivant de » bons conseils. Il y a une foule de gens qui cherchent à entra- » ver ce sacre et à l'empêcher s'ils le peuvent. Notre avis serait » donc que l'évêque à sacrer nous fût renvoyé le plus tôt pos- » sible, de peur qu'à la faveur d'un ajournement il n'arrive ce » que nous craignons, et ce que nous ne voudrions pas. Toute » la communauté de notre monastère vous salue ; ses membres » vous sont tous dévoués. Nous nous unissons tous pour vous » prier de traiter nos frères qui sont dans votre royaume de » manière à mériter la reconnaissance de Dieu et la nôtre. » Adieu » (1).
Ce que Radulfe craignait, c'était l'intervention du roi d'Angleterre. La demande du roi d'Ecosse avait promptement été connue à York et on l'y avait interprétée, comme à Cantorbéry, dans le.
(l) Hist, nov., lib. V-
sens d'un rapprochement vers l'Eglise primatiale. On y avait vu un indice certain que le roi Alexandre, pour couper court aux discussions avec les archevêques d York, était dans l'intention de faire sacrer le nouvel évêque de Saint-André par l'archevêque de Cantorbéry. Turstin avait aussitôt écrit au roi Henry Beauclerc pour le prier de s'y opposer. L'émotion était grande à York. On avisait aux moyens de parer le coup dont on se sentait menacé, et les intrigues allaient bon train. Il était donc prudent de terminer cette affaire au plus vite. Eadmer partit en toute hâte.