‹ EadmerChapitre 60 sur 70 · Cur Deus homo · texte numérisé non relu

Cur Deus homo

De casu Diaboli.

Proslogion.

De similitudinibus.

De eminentiâ beatee Virginis. . De conceptione beatae Yirginis.

F. 126. Contra insipientem.

Viennent ensuite huit ouvrages de saint Augustin.

(2) Voici l'analyse de ce manuscrit :

Fol. 1. Tractatus de figurativis locutionibus.

F. 2. f Incipit epistola Willemi quôd non licet excommunicare. »

C'est la lettre LVI du livre I des Lettres de saint Anselme. Elle est adressée à saint Guillaume, abbé de Hirschau en Allemagne, et il ne lui dit pas du tout qubd non licet excommunicare. Ce titre est une fantaisie du copiste.

F. 4. Meditatio nostrae redemptioais.

Ainsi donc on retrouve le De Conceptione dans six, ou si l'on veut compter le manuscrit de Cluny consulté et édité par Gerberon, dans sept manuscrits, et sur ces sept manuscrits six l'attribuent à saint Anselme et un à Eadmer. Il ne serait pas possible d'expliquer cette attribution si cet écrit n^était ni de saint Anselme, ni d'Eadmer.

Ces sept manuscrits, ou plutôt ces six, — nous ne pouvons rien dire de celui de Cluny, — ces six manuscrits expliquent

Car Deus homo.

. De incarnatione Verbi.

, Proslogion.

Monologium. . De veritate.

De libero arbitrio.

De casu diaboli.

De conceptu virginali et origiuali peccato. Le catalogue indique ce traité comme celui qui a été édité par Gerberon, p. 49& de ses Œuvres de saint Anselme. C'est une erreur. C'est le De conceptu virginali (jui, dans l'édition des Œuvres de saint Anselme par Gerberon, suit immédiatement le Cur Deus homo.

F. 58. De processione Spiritus sancti.

F. 65. De concordia prœscientiaî et praedestinationis gratiee Dei cura libero arbitrio.

F. 72. Meditatio : Terret me vita mea. F, 72. Deploratio maie amissœ virginitatis. F. 73. Contra insipientem.

F. 76. De azymo et fermentato.

E. 77. Responsio ad Waleranum.

F. 77. De grammatico.

F. 81. De similitudinibus.

F. 99. De corpore et sanguine Christi.

Voici Vincipit textuel .-

Incipit liber B. Anselmi archiep. Cantuariensis de sacramenlis corporis Christi. — Le traité est incomplet et s'arrête à ces mots : Licet racio humana non comprthendal.

De antechristo.

De corpore et sanguine Christi.

De bonà occupatione.

Homilia : Intravit Jésus in quoddam.

F. 102. De conceptione beatee Virgini s.

C'est le traité édité par Gerberon, et qui nous occupe.

F. 106. De excellentià B V. M.

F. 111. Epist. ad Waleranum.

F. 112. Epist. S. Anselmi adepisc. Angl. de Concept. B. V. celebranda.

F. 113. De caritate. Il commence ainsi : « Incipit liber Anselmi qui dicitur caritas. Cogit me instantius, etc. » C'est un ouvrage de S. Bernard, attribué à saint Anselme par un copiste ignorant.

Il lui en attribue encore trois autres avec aussi peu de fondement. Puis viennent quelques autres écrits qu'il ne lui attribue pas, et en particulier les Questiones quodlibctales de saint Thomas, «: De Deo, angelo et homine d.

loi.

très bien l'absence du De Conceptione dans la presque totalité des manuscrits qui contiennent les œuvres de saint Anselme. La presque totalité de ces manuscrits n'altribue à saint Anselme que les œuvres qui sont entièrement de lui, tandis que les six que nous venons de citer lui attribuent à la fois les œuvres qui sont entièrement de lui et celles dont la doctrine seule est de lui, et où la rédaction est d'Eadmer. Il est à remarquer que les six manuscrits que nous venons d'analyser et où l'on trouve le De Conceptione parmi les œuvres de saint Anselme, placent également parmi les œuvres du sainl le De excellentiâ Beatx Marise, et le De Similitudinibus (V), c'est-à-dire des écrits qui sont plutôt d'Eadmer que de saint Anselme. Si le De Conceptione est un sermon de saint Anselme rédigé par Eadmer, il n'est pas étonnant qu'il se soit trouvé un certain nombre de copistes pour l'attribuer à saint Anselme, comme il s'en est trouvé pour lui attribuer le De excellentiâ B. Marise et le De similitudinibus.

Le manuscrit C.C.C. .371 acbève de nous fixer sur le De Conceptione.

Ce manuscrit est incontestablement du douzième siècle, et même il remonte probablement au temps d'Eadmer, ou tout au moins au milieu du douzième siècle, c'est-à-dire à une époque fort rapprochée de sa mort ('2). Il ne contient pas VHistoria novorum; mais à part cet ouvrage d'Eadmer, il continent presque tous les autres (3), et il est exclusivement composé de ses œuvres. C'est bien un recueil des œuvres d'Eadmer que le copiste a voulu faire. Il a écrit à la première page ces mots significatifs :

Opuscula Edmeri cantoris.

La seconde page nous donne la table des matières (4).

(1) Le manuscrit Mert. XXII fait exception à demi. Il ne contient pas le De Similitudinibus, mais seulement le De excellentiâ B. Mariœ.

(2) M. Rule, qui a édité le Vila Anselmi d'après ce manuscrit, affirme nettement non pas qu'il paraît être, mais qu'il est du temps d'Eadmer. « Ms. C.C.C. 371 is a vellum quarto of the time of Eadmer himself. » — Préface, p. lxxviii.

(3) On n'y trouve pas le -Oe Similitudinibus.

(4) Voici cette table des matières :

Hœc continentur in tioc volumine :

Versus de sancto Dunstano.

Ymnus de sancto Edwardo rege et martyre.

Epistola ad Edmerum de matre Edwardi.

Scriptum ulrum Eboracensis ecclesia primatum super Scottos habeat.

L'insertion du De Conceptione dans un manuscrit de cette date, et de cette autorité, parmi les œuvres d'Eadmer, est une preuve que cet écrit est bien vraiment d'Eadmer, au moins dans ce sens qu'il a reproduit à sa manière la doctrine de saint Anselme sur rimmaculée-Conception. Il serait difficile d'expliquer la présence de cet écrit parmi les œuvres de saint Anselme dans un certain nombre de manuscrits, si dans cet écrit il n'y avait rien de saint Anselme. Il serait également difficile d'expliquer son insertion parmi les œuvres d'Eadmer dans un manuscrit comme est le G.C.C. 371, si Eadmer y était complètement étranger.

Le titre de cet écrit dans le manuscrit G. G. G. 371 n'est pas, selon toute apparence, le fait d'un copiste, mais bien d'Eadmer lui-même :

De conceptione sanctse Marise editumab Eadmero monacho magno peccatore.

Il n'y a qu'Eadmer lui-même qui puisse s'être qualifié ainsi. Il n'y a pas de raison de supposer ici une invention ou une falsification intéressée : on n'en saisit pas le but. Quant à Terreur, à une époque aussi rapprochée de celle oij Eadmer avait vécu, et dans le même pays, — car visiblement ce manuscrit a été copié en Angleterre — elle n'était pas possible.

A l'époque oii Dom Gerberon préparait son édition des œuvres de saint Anselme, Dom Jean Duchesne écrivait au « Très Révérend Père Dom Vincent Marsolle, supérieur général de la Gongrégation de Saint-Maur, en l'abbaye de Saint-Germaindes-Prez à Paris », une lettre datée « d'Evreux ce 18 sep-

Quale sit quôd Glastoniensis dicunt se corpus S. Dunstam habere. Vita S. Wilfridi archiepiscopi.

Vita S. Dunstani et qutedam miracula ejusdein. Scriptum de ordinatione beati Gregorii papœ. Scriptum de excellentià Beatae Marite.

Vita et miracula S. Oswaldi eboracensis archiepiscopi. Scriptum de beatitudine pereunid vitœ.

Vita S. Bregwini Cant. archiepiscopi.

Vita S. Anselmi archiepiscopi et quusdum miracula ejus. De conceptione sanctae Mariœ.

Vita Pétri primi abbatis cœiiobii S. Augustini Cant. Sententiade memoria sanctorum quos veneraris. Scriptum ad commovendum super se misericordiam S. Pétri apostoU. De reliquiis S. Andoeni et quorumdam aliorum sanctorum quae suât iu ecclesiâ , Cantuariensi. s

De Gabi'iele archangelo.

tembre 1673 » (l), Jans le but de lui communiquer ses observations au sujet de certains écrits attribués, selon Jui, à saint Anselme.

Celle lettre qui n'a jamais été publiée, mais dont nous avons trouvé l'autograpbe dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale commence ainsi :

(( Mon très R""^ Père,

» Ayant esté employé pendant que je demeurois au Bec a collationner plusieurs traittés de S"* Anselme et ayant en ce temps-là et depuis fait quelques remarques sur quelques ouvrages qui lui sont attribués J'ai cru qu'il ne seroit peut estre pas entièremt inutile que j'en donnasse avis... »

Son avis est que le De Conceptione publié, en partie du moins, trente-trois ans auparavant par le P. Raynaud, sous le nom de saint Anselme, n'est pas authentique. Sa principale raison est celle-ci :

« Pour moy je crois que les ouvrages que Edinerus et nos anciennes croniques n'ont point marqués doivent estre bien examinés car lorsque je considère l'exactitude de ce fidelle compagnon de S"^ Anselme qui a marqué dans sa vie jusqu'aux plus petites actions de ce saint, j'ay de la peine à croire qu'il €ut manqué de marquer les œuvres qu'on attribue aujourd'huy à S"' Anselme et qu'il n'a point marquées, s'il en avait eu connaissance. »

Le P. de Colonia fait valoir la même raison dans son Histoire littéraire de la ville de Lyon. Après avoir fait connaître l'opinion de Gerberon et plusieurs autres critiques contraires à l'authenticité du De Conceptione attribué à saint Anselme, il dit : « La véritable raison qui me fait pancher (sic) du coté de ces derniers critiques, c'est le silence d'Eadmer. Ce disciple exact e t fidèle qui parle avec tant de soin des autres véritables ouvr âges de son maître, ne dit pas un seul mot de celui-ci, et c'est ce qui me détermine à n'en rien dire moi-même » (2).

(1) Nous donnons ici textuellement l'adresse telle qu'elle se lit au dos delà lettre qui n'avait pas d'enveloppe. Cette lettre se trouve dans le manuscrit latin 12 de la Bibliothèque Nationale, fol. 37.

(jjToni ir, p. 22 4.

Le manuscrit C.C.G. 371 nous donne la réponse à cette difficulté. C'est que le De Conceptione a été mis au jour, editum^ par le moine Eadmer, ab Eadmero raonacho, lequel môme s'appelle lui-même un grand pécheur, magno peccatore.

Voilà tout le mystère.

Eadmer dans sa Vie de saint Anselme, garde le silence sur le De Conceptione pour la même raison qui lui fait garder le silence sur le De excellentia Beatse Marise, le De beatitudine cœlestis patvise et le De Simili tudinib us ; c'est que cet ouvrage est de lui au moins au même titre, et de la même manière que les trois ouvrages que nous venons de citer.

Le De Conceptione est d'Eadmer au moins par la forme, et par l'adoption qu'il a faite des pensées et des sentiments de son illustre maître. Il y a mis tout son cœur pénétré d'un tendre amour de Marie, d'une dévotion ardente envers son Immaculée- Conception, et aussi d'une humilité profonde, et il a imprimé le sceau de cette humilité jusque dans le titre de cet opuscule (1).

Le De Conceptione est le plus beau cri de foi en Marie Immaculée qui ait retenti au moyen âge. Il était juste de démontrer jusqu'à l'évidence que ce cri de foi et d'amour sorti du cœur de saint Anselme est arrivé jusqu'à nous en passant par le cœur d'Eadmer.

Eadmer n'est pas seulement le biographe de saint Anselme : il s'est fait, sur plusieurs points, son porte-voix à travers les siècles. Il semble qu'il ait eu plus particulièrement à cœur de recueilhr pour les transmettre à la postérité les accents qu'inspirait à son saint maître sa dévotion extraordinaire envers Marie. Les deux plus beaux ouvrages qu'il ait composés, en dehors de ses écrits historiques, le De excellentia Beatai Marise et le De Conceptione sont dirigés vers ce but.

Le De Conceptione est un de ses plus beaux titres de gloire. Il met à sa physionomie déjà si attachante un de ses traits les plus purs et les plus doux, celui d'un tendre amour envers Marie immaculée. Nous dirions volontiers, en lui appliquant le nom que le souverain pontife Grégoire XVI a confirmé à la

(1) Cette humilité est bien davantage encore empreinte dans cet opuscule luimême, et, chose remarquable, elle y est ejiprimée dans les termes mêmes qu'on retrouve dans le titre et qui montrent clairement que ce titre \ient d'Eadmer luimême. Voici ce qu'il dit à Notre-Dame vers la fin de cet écrit :

« Domina, Domina, quùd ego qualiscumque homuncio, et vere magnus peccator hoc corde impuro de te meditari, fœtido ore effari, pollutis digitis ausus fui describere, parce, quaeso, parce et miserere. »

modeste société religieuse à laquelle nous appartenons, qu'il apprit à l'école de saint Anselme à être un vrai mariste. Ce litre lui est surtout acquis par la paternité du De Conceptione. Nous avons tenu à établir pleinement cette paternité afin de bien montrer qu'Eadmer fut un digne disciple de saint Anselme, le plus grand mariste du onzième siècle.

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