‹ EadmerChapitre 65 sur 70 · QUATRIÈME APPENDICE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME APPENDICE

ÉCLAIRCISSEMENTS SUR LA DOCTRINE DE SAINT ANSELME TOUCHANT l'iMMAGULÉE-GONCEPTION

Nous nous bornons à donner ici quelques-uns des nombreux documents qui se rapportent à cette question. Voici d'abord les textes de saint Anselme qui demandent des explications.

« Boso. — Quapropter sicut eorum quœ supra dicta sunt rationem aperuisti, sic peto ut eorum quœ sum adhuc quœsiturus,- rationem ostendas, Primum scilicet qualiter de massa peccatrice, id est de humano g-enere, quod totum infectum erat peccato, hominem sine peccato, quasi asymum de fermentato, Deus assumpsit. Nam licet ipsa hominis ejusdem conceptio sit munda, et absque carnalis delectationis peccato, Virgo tamen ipsa unde assumptus est, est in ini' quitatibus concepla, et inpeccatis concepit eam mater ejus, et cum originali peccato nata est, quoniam et ipsa in Adam peccavit, inquo omnes peccaverunt » (1). . .

« Anselmus. — (2) Virg-o autem illa, de qua ille homo assumptus est de quo loquimur fuit de illis qui ante Nativitatem ejus per eum mundati sunt a peccatis, et in ejus ipsa munditia de illa assumptus est. — Roso. — Placeret mihi multum quod dicisnisicum ipsedebeat a seipso haberemunditiam a peccato, videtur eam habereamatre, et

(1) C'est le disciple qui parle ainsi, et non le maître.

(2) Cette réponse d'Anselme ne suit pas immédiatement la question qu'on vient de lire. Dans sa réponse à cette question, saint Anselme ne dit rien de la Vierge son sujet ne le demandant pas.

nonper se mundus esse, sed per illam (1). — Anselmus. — Non ita est. Sed quoniam Matris munditia, per quam mundus est, non fuit nisi ab illo, ipsc quoque per seipsum et a se mundus fuit. — iCur Deus homo, lib. Il, cap. xvi.)

« Anselmus. — Virg-o quœ per fidem munda facta est, ut de illâ posset assumi, nequaquam credidit illum esse moriturum, nisi quia vellet : quemadmodum per prophetam qui de illo dixit : Oblatus est quia ipse voluit (Isa., lui, 7) didicerat. Quapropter quoniam vera fuitfides ejus, necesse erat ila futurum esse, sicut credidit. Quod si iterum te perturbât quia dico : neoesse erat, mémento quia veritas fidei Virg-inis non fuit causa, ut ille sponte moreretur ; sed quia hoc futurum erat. vera fuit fides (2). — Cur Deus homo , libr. II, cap. XIX.

« Qualiter autem Virgo eadem per fidem ante ipsam conceptionem mundata sit, dixi (lib. II, cap. xvi et xvii) ubi aliam rationem de hoc ipso, unde agitur hoc, reddidi. » — De conceptu virginali et originali peccato., cap. xviii.

« Etiam si in tota Virg-inis essentiâ peccatum esset, tamen ad hujusmodi conceptionis munditiam, per fidem munda fi eri posset. » — De concept, virg., cap. xix (3).

(1) Saint Anselme n'affirme clairement et certainement qu'une chose au sujet de la Vierge, c'est qu'elle fut •purifiée, locution qui a été employée en parlant de Notre-Seigneur lui-même, et qui n'implique pas la négation de l'Immaculée-Conception, comme on le verra par le passage du Père Passaglia cité plus loin.

Pourquoi saint Anselme ne rectifie-t-il pas la proposition émise par son disciple affirmant que la Vierge est née avec le péché originel, si cette proposition n'exprime pas sa propre pensée ? Outre que cette rectification n'était pas nécessaire pour la démonstration de sa thèse, on pourrait peut-être trouver une explication de son silence dans les paroles de Boson qui terminent le chapitre suivant : « An es oblitus quid objecerim excusationibus tuis in hujus disputationis noslrœ principio ; quia, videlicet, quod postulabam, nonfaceres doctis ; sed mihiet hoc ipsum meum petentibus ? Sustine igitur ut pro tarditate et hebeludine nostri ingenii qugeram quatenus mihi et illis etiam in puerilibus qusestionibus, sicut inccepisli facias. » — Cur Deus homo, Lib. II, cap. xvii.

(2) Ces paroles semblent indiquer que la Vierge n'a été purifiée que lorsqu'elle a été en état défaire elle-même un acte de foi. Mais rien ne prouve que telle ait été la pensée de saint Anselme; les explications de Jean de Ségovie qu'on lira plus loin prouvent au contraire fort bien qu'on peut donner à ces paroles du saint docteur un sens différent. En adoptant ce sens on ne peut tirer de ceè paroles une négation de l'Immaculée-Conception.

(3) Il est bon, croyons-nous, de rapprocher ce texte de saint Anselme d'un texte d'Eadmer que l'on peut regarder comme reproduisant la pensée de son maître. Dans le chapitre troisième du De exccllentiâ B. Mariœ ou il traite de l'Annonciation, Eadmerdit: « NuUi denique dubium castissimum corpus et sanctissimam animam ejus (Mariœ) funditùs ab omni fuisse macula peccati, jugi angelorum custodia protectam, utpote aulam quam suuset omnium Creator Deus corpo-

Pour bien saisir la doctrine de saint Anselme sur l'Immaculée- Conception, il est nécessaire d'étudier à fond et en entier les deux traités dont ces textes sont tirés. Nous donnons ici ces textes parce qu'ils sont nécessaires et qu'ils suffisent pour comprendre les explications contenues dans les, passages de certains théologiens que nous allons citer à titre de documents.

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