‹ Eaux de ParisChapitre 2 sur 18 · M. LE DOCTEUR JOLLY · texte numérisé non relu

M. LE DOCTEUR JOLLY

Réponse à M. Robinet, rapporteur de la commission d'enquête administrative chargée d'examiner le projet de dérivation des eaux de la Dhuis sur Paris, par M. le docteur Jolly, membre de l'Académie impériale de médecine.

Union médicale, numéros des 14, 17, 19, 26 septembre

et S octobre 1861.

On trouvera peut-être un peu longue la réponse que nous avons cru devoir faire à la dissertation de M. le Dr Jolly ; mais on cessera d'être étonné quand on saura que M. le Dr Jolly a recueilli et reproduit presque toutes les objections que les mémoires de M. le préfet , le rapport de M. Dumas et celui de la commission d'enquête avaient laissées sur le carreau. C'est pour répondre de nouveau à ces objections que nous donnerons une aussi grande étendue à notre discussion f à propos de la lettre de M. le DT Jolly ;

car nous savons que cette lettre elle-même , insérée dans un journal de médecine qui s'adresse à la classe la plus éclairée du public, n'a pas trouvé beaucoup d'approbateurs.

Nous savons qu'elle est déjà presque oubliée ; nous savons même qu'imprimée à part et offerte au public , au Palais-Royal, dans les boutiques où se débitent toutes sortes de marchandises littéraires , cette lettre ne se vend guère , ou même pas du tout.

Mais la plupart des objections reproduites par M. le Dr Jolly ont été mises en circulation par différents moyens ; de là l'utilité d'une réfutation péremptoire. Puisqu'on revient à ces objections , il faut bien que nous y revenions aussi, sans cela nous aurions l'air d'abandonner le terrain à nos adversaires, et ce n'est pas notre intention. Nous nous croyons capable d'une résistance aussi tenace que peut l'être leur opposition ; cette résistance se fonde sur la conviction où nous sommes que nous défendons les vrais intérêts de la chose publique.

Qu'il nous soit permis d'abord de relever, comme elle le mérite , une tournure de phrase qu'on retrouve vingt fois dans la philippique du Dr Jolly. À tout propos il nous dit : Vous le savez, Monsieur. — Croyez-vous donc, Monsieur?

— Il y a un calcul que vous devez connaître , Monsieur.

— Vous devriez savoir, Monsieur. — Vous le savez sans doute, Monsieur. — Vous avez cru, Monsieur. — Les plus simples notions vous auraient appris , Monsieur, etc., etc.

Nous ne saurions nous méprendre sur le sens de ces locutions. Elles signifient que nous ne savons pas ce que nous aurions dû savoir, ou que nous n'avons pas pris la peine de l'apprendre ; enfin que nous avons donné dans le rapport de la commission d'enquête les preuves d'une ignorance déplorable.

Les quelques compliments qui émaillent la lettre de

notre collègue ne sont destinés qu'à faire ressortir la grossièreté de nos erreurs; car c'est doublement tirer sur un homme que le traiter de savant au moment même où Ton démontre son peu de savoir.

Nous n'emploierons aucun artifice pour répondre aux injustes attaques de M. Jolly. Nous ne lui dirons pas qu'il s'est savamment trompé, nous lui dirons tout simplement : « Vous ne connaissiez pas la question des eaux de Paris, « quand il vous a pris la fantaisie de la traiter ; vous ne « la connaissiez même pas au point de vue médical, et vous « n'avez pas eu le temps de l'étudier; de là une accumula- « tion singulière d'assertions hasardées et d'erreurs de tous « genres. Pour traiter des questions de cette nature , une « certaine faconde ne suffit pas. Le rapport de la commis- « sion d'enquête s'appuie, d'un bout- à l'autre, sur des « faits acquis et reconnus, sur des précédents d'une haute « valeur. Pour le combattre , il fallait démontrer l'inanité « de ces faits ; ce n'est pas ainsi que vous vous y êtes pris, « et nous allons vous démontrer que les prétendues preuves « que vous apportez à l'appui de vos raisonnements ne « sont que des exagérations, des erreurs ou des assertions « antiscientifiques. »

Pour commencer, nous croyons devoir reproduire ici la courte réponse que nous avons faite à M. le Dr Jolly, dans l'estimable journal de médecine qui a donné asile à sa longue lettre; on verra tout d'abord, dans cette réponse, avec quelle légèreté M. le Dr Jolly a traité un si grave sujet.

A. III. le docteur JOLL1

membre de l'Académie Impériale de médecine,

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