‹ Eaux-fortes et tailles-douces [microforme]Chapitre 13 sur 41 · D IS · texte numérisé non relu

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from his mind. »— Life of Cardinal Newman. Vo. E, ch. II, P- 34.

La citation faite par M. Barry est tirée de Autobiographical Memoir. Voici ce que j'y trouve à ce sujet : « He had over-read himself, and being suddenly called a day sooner than he expected, he lost his head, utterly broke down, and, after vain attempts for several days, had to retire. » Newman en écrivait à son père, le 1° déc. 1820 : « ... my nerves quite forsook me, and I failed. » — Voir Letters and Corresp. Vol. I, ch. I of the Autob. Mem., p. 40.

1. Victor Hugo faisait, bot: an mal an, ses quatre-vingts vers par jour. Je me rappelle un joli mot qu'a dit à son propos Alexandre Dumas, je crois, dans un discours prononcé à l’Académie Française : « A vingt ans, Victor Hugo monta dans son cerveau et n’en redescendit plus. »

tour vicaire de Saint-Clément, vice-principal de St. Alban's Hall, « Tutor » d'Oriel, et enfin, en 1828, curé de Sainte-Marie d'Oxford, la paroisse de l'Université. Il occupera cette charge jusqu’en 1843, où il donnera sa démission après un sermon d’adieux qui est resté dans toutes les mémoires comme l’une des expressions les plus achevées de la parole humaine !

1. En voici la péroraison : « O ma mère, d'où vient donc que tant de belles choses furent répandues sur toi sans que tu saches les conserver ? D'où vient que tu portes tes enfants et que cependant tu les renies? Comment ne sais-tu pas utiliser leur zèle et n’as-tu pas l’Ââme de prendre de la joie à leur amour ? Pourquoi tout ce qu’il y a de noble dans la parole, d'attendri et de subtil dans la dévotion, tes fleurs et te‘ espérances, se détache-t-il de ton sein sans trouver un refuge entre tes bras ? qui t’a marquée de ce destin d’avoir « des entrailles qui avortent « et des mamelles desséchées ? » Qui t'a fait l’étrangère même de ton sang ? qui a rendu ton regard cruel à tes petits? Tes enfants, le fruit de tes entrailles, qui t’aiment, qui voudraient se sacrifier pour toi, tu les regardes toute tremblante, comme de mauvais présages, tu les tiens en aversion comme s'ils t’offensaient, ou au mieux tu ne fais que les supporter comme s'ils n'avaient droit qu’à ta patience. Tout le jour, tu les fais venir oisifs : tu les supportes uniquement ainsi. Ou bien encore, tu les presses d'aller où ils seront mieux reçus ; tu les vends pour un rien à l'étranger de passage... à quoi donc veuxtu finalement en venir? Et vous, Ô mes frères, bons cœurs pleins de tendresse, amis fidèles et très affectueux, si vous connaissez quelqu'un qui par la plume, ou par la parole, vous ait aidés un peu à bien agir, s’il vous a jamais révélé de vous-mêmes ce que vous saviez et ce que vous ignoriez, si dans vos âmes il a lu vos besoins, deviné vos sentiments et s’il vous a fait du

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C'est dans la chaire de Sainte-Marie que Newman à prononcé cette série de sermons qui ont rendu son nom à jamais célèbre et ont fait de lui le premier per- Sonnage de l'Angleterre.

Chaque dimanche, vers les quatre heures, la fleur d'Oxford se portait dans le vieux temple gothique Pour ÿ assister à un office religieux qui consistait Surtout en une homélie ou un discours donné par le jeune ministre, La curiosité d’abord l'y avait attirée. L'on avait voulu voir si le prédicateur soutiendrait ce . renom de talent original qu'il s'était fait pendant ses études universitaires. Et voici que la réalité dépassa toute attente. D'année en année, l'on se pressait plus nombreux aux pieds de sa chaire. Sa parole était un événement. Un frisson sacré Parcourait l'assemblée distinguée et recueillie quand on le voyait Paraître dans le chœur, grand et mince, avec un visage pâle, des traits creusés par la méditation, un front tout plein de pensées, une attitude où tout annonçait la conscience d’un rôle Surnaturel à remplir. Quel était donc le Caractère de son éloquence ? Chaque peuple a peut-être un genre d'éloquence à lui. Pour ce qui est des anglo-saxons, il ne semble

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bien ainsi... celui-là, gardez son souvenir dans les temps futurs, lorsque vous n’entendrez plus sa voix et priez qu’en toutes rencontres, il reconnaisse la volonté de Dieu et soit prêt à l'accomplir ! » — (Ce sermon fut prononcé le 25 septembre 1843, dans la chapelle de Littlemorse. }

pas qu'ils se fassent de l’orateur le même idéal que nous. Nous, ce que nous demandons à la parole, c'est la vie, le mouvement, les envolées magnifiques. Nous ne sommes pas toujours très sévères pour les idées, et nous passons à la forme des défaillances, pourvu que l'orateur nous fasse vibrer, nous soulève et nous emporte. Il y a cependant un genre, cultivé dans les académies, et qui diffère beaucoup, par la noblesse constante des idées, l'élégance et même la recherche du style, du ton ordinaire des discours. Les sermons de Newman pourraient se rapprocher de notre éloquence académique s’il était permis de dire que l'orateur avait, en les préparant, visé à l'effet littéraire. Peut-être est-il plus simple d'admettre qu'ils ne sont pareils à rien de ce que nous avons chez nous, dans le genre sacré ou profane, et qu'ils portent la marque d’une originalité profonde qui n’est semblable qu’à elle-même.

Ces sermons étaient écrits d’un bout à l’autre. L'orateu: ne se contentait pas d'en élaborer avec soin la substance ; il les rédigeait et leur donnait une forme définitive. Ils se distinguaient par une grande pénétration psychologique. L'on s'étonnait que cet homme qui vivait assez à l'écart, qui se plaisait dans la solitude, pût connaître si bien le monde, analyser avec tant de sûreté et de finesse les contradictions et les subtilités de la nature humaine. Comme s'il fallait absolument se mêler à la société

Pour en comprendre la vie ondoyante et diverse ! Comme si le plus sûr moyen d'arriver à connaître les autres n'était pas de se replier sur soi-même et de Parcourir les détours les Plus fuyants de son être !

Quant à la forme, elle était aussi près que possible de la perfection. De tous les classiques anciens, Cicéron est celui que Newman étudia le plus. Il chérissait le prince des Orateurs antiques pour l'élévation de sa philosophie, et pour la beauté du moule dans lequel il avait coulé ses pensées. Son style se ressent de ce commerce : style à la fois fluide et précis où il n'y a pas un mot, pas une expression qui ne soit au service de l'idée, style qui se déroule en périodes admirablement cadencées, style plutôt harmonieux que plastique, moins coloré que sonore. Et à travers tout cela courait un souffle de piété naïve et tendre, un accent religieux souvent prophétique, qui semblait comme l'écho d’un verbe intérieur tout embrasé de foi et d'amour.

L'action oratoire était nulle, j'entends que l’orateur ne faisait aucun geste, n'avait recours à aucun de ces moyens qui nous paraissent Pourtant d’un si puissant effet. Il lisait son discours : chaque phrase était débitée avec une certaine rapidité, puis il y avait une Pause, et ainsi jusqu’à la fin. Mais sa voix était si extraordinairement musicale, d’un timbre si doux, si clair, si argentin, si Pur, que c'était un enchantement pour l'oreille. Et Ja passion voilée, concentrée, qui

l’animait, se communiquait à tous, et le rendait irrésistible. Newman a été le plus grand orateur sacré de l'anglicanisme. C'est par son éloquence, faite d'âme et de génie, nourrie de la moelle des Ecritures, traversée d’éclairs infinis, qu’il est devenu l’homme le plus marquant de son église, et qu'il a été porté à la tête d’un mouvement qui devait avoir Pour son avenir

personnel et pour celui de milliers d'’âmes des conséquences si imprévues !,

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1. C'est dans l'ouvrage intitulé : Vewman — An appreciation, par Alexander WuyTe, (Longmans, Green, and Co. 1902, p. 38 et seq.), que nous avons puisé le plus de renseignements concernant son talent oratoire. En voici quelques extraits :

« It was from the pulpit of St. Mary's that he (Newman) began to conquer and to rule the world... Principal Shairp, for one, has a most admirable picture of Newman in the pulpit. He begins by telling us how simple and unostentatious the service in St. Mary's was when Newman was the preacher. « No pump, no ritualism », are Shairp’s words, « nothing but the silver intonation of Newman'’s magic voice. Newman's delivery had this peculiarity. Each sentence was spoken rapidly, but with great clearness of intonation, and then, at the close of every sentence, there was a pause that lasted for several seconds. Then another rapidly but clearly spoken sentence, followed by an other pause, till a wonderful spell took hold of the reader. The look and the bearing of the preacher were as of one who dwelt apart, and who, though he knew his age well, did not live in his age... The subtlest of truths were dropped out as by the way in a sentence or two of the most transparent Saxon... and the tone of voice in which all this was spoken sounded to you like a fine strain of unearthly music. »

L'auteur cite encore un passage d'un article paru il y a plus

Avant de s'engager dans cette période troublante, Newman va Cependant visiter un millieu qui ne laissera pas d'influer sur l'évolution future de sa mentalité. Il n'est pas encore sorti de son ile ; i! n'a même pas fait ce traditionnel tour de France qui semble obligatoire pour les fils de l'aristocratie anglaise. Sa Connaissance du monde extérieur est toute livresque. Or, l'occasion va lui être offerte de prendre contact avec de très vieilles civilisations et de les observer, non plus à travers le prisme des histoires plus ou moins déformantes, mais de ses propres yeux.

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de quarante ans dans la Saturday Review et qui avait pour auteur Dean Caurcu :

« Dr. Newman's sermons Stand by themselves in modern English literature ; it might even be said, in English literature generally... We have learned to look upon Dr. Newman as one of those who have left their mark very deep on the English language. Little, assuredly, as their writer originally thought of such a result, the sermons have proved a permanent gift to our literature, of the purest English, full of spring, clearness and force. Such English, graceful with the grace of nerve, flexibility, and POWer, must always have attracted attention ; but his English had also an ethical element which was almost inseparable from its literary characteristics. »

Et WuavyTe ajoute : «It is Froude’s description of Newman in the pulpit I am specially in quest of ». Cette description se trouve dans la Revue Goo Words, pour 1881 :

« No one who heard his sermons in those days can ever forget them... a sermon from Newman was a poem, formed of a distinct idea, fascinating by its subtlety, welcome — he, welcome ! — from its sincerity, interesting from its originality ; even to those who were careless of religion, and to those who

Son ami de cœur, Hurrell Froude, est très souffrant de la poitrine. C'est le mal romantique. Son père, qui occupe une haute situation dans l'église officielle, décide de le conduire dans un climat plus doux, et il invite Newman à les accompagner !, Et les

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wished to be religious, it was like the springing of a fountain out of a rock. »

Et enfin, il y a ce témoignage tombé d'une plume anonyme :

« Action in the common sense there was none. His hands were literally not seen from the beginning to the end. The sermon began in a calm, musical voice, the key slightly rising as it went on ; by and by the preacher warmed with his subject, till it seemed as if his very soul and body glowed with suppressed emotion. The very tones of his voice seemed as if they were something more than his own. The great church, the congregation all breathless with expectant attention... »

Voir aussi Newman, par William BARRY, traduct. Clément, (Paris, Lethielleux), p. 61 et seq.

1. Hurrell Froude mourut le 28 février 1836, chez son père, au presbytère de Darlington. « Au printemps de 1838, parut la première partie de ses Remaïns, et en 1839, la seconde, C'est le journal intime de ses crises d'âme, sa Correspondance, quelques sermons, et des fragments d'études diverses. Les deux premiers volumes, publiés en 1838, contenaient les documents les plus significatifs, entr'autres le journal intime et la correspondance. Là, presque à chaque Page, Se rencontraient des propositions hardiment catholiques, des condamnations prononcées d’un ton tranchant et méprisant contre le protestantisme, des hommages rendus à l'Eglise de Rome, et surtout des malédictions irritées contre les Reformers anglais du XVI° siècle. Dans le monde protestant, l’émoi fut grand et prit le caractère d’un scandale. » — Voir La Renaissance catholique en Angleterre au XIX* siècle, par Paul THUREAU-DANGIN, 1° partie, ch. III, p.:145-146, (Paris, Plon, 1908).

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