DS A
ou sprers ”.
PR ire PEN
dr gs
Pre soratage seoanrar on cé RME NT ne voire
(XXIV-10). Tout brille. L'or palpite par toute cette gemme immense du firmament. Les arceaux de notre cloître se découpent majestueusement dans cet infini de gloire. Les coupoles de Jérusalem ruissellent l'or. Des sons de cloches vibrent, mêlent leurs oscillations lentes à l'idéal étincellement : ils sont comme la voix de la lumière...
-.. Départ dans la nuit. Le jour ne va pourtant pas tarder à se lever, mais l’on s’en croirait encore bien loin. Sous un dôme de lapis flamboient des luminaires d'or. L'atmosphère est calme. Comme nous descendons le Cédron s'annonce l'aurore, en tons très doux. Au-dessus de la ville quelques petits nuages se colorent de rose. Et puis c'est la sévère enceinte du Temple qui se veloute des plus fraîches nuances. Les frimas posés par la nuit se fondent, s'évaporent en fumée légère. Des pentes du mont des Oliviers que nous suivons maintenant, j'observe les jeux de la lumière sur les parois en porcelaines de la mosquée d'Omar. Tout Jérusalem baigne dans des blancheurs roses qui la font paraître jeune. Les pousses vertes qui tapissent l’Ophel ont une extraordinaire vigueur de ton.
Nous voici à l'entrée du désert de Juda. Les
monts de Moab ne présentent, ce matin, g''une line floue, embrumée. La conformation de c: désert est étrange: suite d’ondulations que recouvi: un épais velours brun. Tout au bout la Mer Morte étend sa plaque d'argent. A notre droite, là-bas, Bethléem étale son diadème de maisons blanches du sein desquelles fusent quelques élégants campaniles. D'un cône très élevé que nous venons de gravir, et sur lequel l'impératrice Eudocie avait fait construire un monastère dont il ne reste plus trace, l'œil embrasse de vastes espaces : l'A/exandreion que couronnait un château-fort, œuvre d'Alexandre Jannée, le désert avec ses reliefs capricieux, la vallée où le Jourdain coule dans un encaissement profond, la Mer Morte qui, à ce moment du jour, a l'air de lapis-lazuli, la chaîne de Moab plus distincte derrière son voile de moire. Et puis, 6 merveille! dans des lointains inaccessibles, dans les profondeurs de l'horizon, une tache blanche avec des reflets bleus et roses: les neiges éternelles de l'Hermon. Ah! jusqu'où le regard ne peut-il se porter à travers cette atmosphère si pure? Iln'ya plus pour lui de distances.
... Descente au couvent de Mäâr-Saba, dont nous apercevons les tours d'entrée. Un pâtre nous indique en riant le chemin. Nous passons près d’un campement de bédouins, au fond d’un ouady. Les tentes en peaux de chèvres sont noires et rapiécées. Toute la.tribu est dehors à se chauffer au soleil,
Roi) es initier, | tra aies LE
à Fée tapé 2e
Personne ne fait attention à notre caravane. Ils en voient sans doute tous les jours. Et qu'est-ce que cela peut bien leur faire, des européens ? Peut-être que nous leur sommes dignes de pitié. Nous sommes les pèlerins, les étrangers. Il nous faut visiter à la hâte ce pays, en recevoir une impression fugitive. Car bientôt le devoir quotidien nous reprendra, à la place marquée. Eux sont libres, ils possèdent la terre, ils errent à la suite de leurs troupeaux, sans soucis des lendemains, sans ambitions, ivres de lumière...
Aux portes du monastère, D'une fenêtre de la tour, un moine laisse descendre un panier où nous mettons nos passe-ports et certificats d'entrée délivrés par le Patriarche de Jérusalem. Car c'est toute une affaire que de péaétrer dans cette espèce de forteresse. Nos papiers sont en règle, et l’on nous ouvre. Mâr-Saba est une des curiosités de la Palestine. Le monastère primitif, c'était ces anfractuosités du rocher qui tombe ici presque à pic dans le Cédron. Les solitaires vivaient dans ces grottes naturelles que l’on voit toujours. L'on nous indique celle qu'aurait habitée saint Jean Damascène. C'est un trou. Un homme ne peut s’y tenir debout. L'on vivait sans doute en plein air, et cela servait seu-
lement pour le repos de la nuit. Dans une autre
« cellule » est entassée une multitude de crânes et d'ossements. Le nombre des moines s'étant accru,
il a fallu pour voir à les abriter, car les grottes naturelles ne suffisaient plus. Dans ces conditions, le cénobitisme pur n'était plus pratique: la vie en communauté s’imposait. L'on peut suivre ici en quelque sorte l'évolution de la forme monastique,
depuis les premiers essais en des constructions très humbles, aussi voisines que possible des habitations fournies par la nature, jusqu'au couvent moderne dont l'ampleur supplée à l'élégance.
Je ne sais rien de plus pittoresque ni de plus âprement solitaire que le lieu où s'élève Saint-Saba. Il domine l'abime au fond duquel coule le torrent. Aux alentours, c'est le désert le plus nu, montagnes et vallées d'où la vie est absente. Mais l'ardente iumière poétise cette désolation...
Au retour, la nuit nous prend quand nous sommes encore loin de Jérusalem. L'abondante clarté de la lune nous guide. Oh! que ses pâleurs ont de charme ! Dans le silence et le rêve de ce nocturne, le Cédron que nous longeons met un bruit de source. :
... Au matin, le ciel est gris, et d’une monotonie désespérante. Dans l'après-midi, quelques éclaircies se font dans ce terne. Ourlets d'ouate très blanche ou amoncellements violets ; entre, des mor-
PC 7 SA ee ms re tm, Re OS 3e 2m am IL pi stetseere
PR ME rem mn nc
ceaux d'opales, des fragments de saphirs et de turquoises, ou encore des retailles d'émeraudes. Et toutes ces teintes sont d’une discrétioninfinie... Je vais marcher dans la vallée de Josaphat. Quelle nature abrupte, tourmentée! Rien pour reposer la vue au sein de cette gorge où tout respire la mort. C':st étroit et profond. Les archéologues nous sent qu'elle s'est exhaussée beaucoup à force d'engloutir des débris. Alors, qu’était-ce donc autrefois ? Un puits sinistre. Quand le Temple s'élevait làhaut, comme ce bijou de marbre et d'or devait avoir une étrr nge beauté dans ce paysage! N’avait-il pas quelque chose d’exotique? Sa finesse, sa merveille divine ne contrastait-elle pas avec ce cadre d'un dessin si farouche? Je rencontre des aveugles, et beaucoup de lépreux : spectacle horrible! La vue est blessée par cette absolue misère humaine, et aussi l'odorat. Ces lépreux exhalent un relent fé-
tide qui empoisonne l'air tout autour d'eux. On a
beau vouloir les secourir, leur faire l’aumône, leur dire un bon mot : le dégoût vous surmonte, le cœur vous manque, et vous vous enfuyez comme devant la mort. Que dis-je. Un cadavre a sa majesté. Tandis que ces pauvres êtres difformes, tordus, au visage rongé, aux membres qui pourrissent, aux plaies distillantes, n’inspirent que l’effroi. I1 semble que ce n'est plus là la forme humaine. Ah! que devient notre pauvre nature sous l'empire de ce mal ?
Tous les âges sont représentés parmi ces victimes : des enfants à côté des vieillards, des jeunes femmes avec leurs maris et leurs bébés. Chose étrange ! Tandis que dans d’autres Pays on isole les lépreux, on les ostracise de la société, ils peuvent ici circuler en toute liberté. Ou du moins,, si je n’en ai pas vu à l'intérieur de la ville, on n’a qu'à en sortir pour en apercevoir. Leur place accoutumée est près de la porte dite des « Brebis» par où les pèlerins descendent vers le Cédron et le jardin de Gethsémani. Ils s'échelonnent un peu tout le long de la route, pleurent, lamentent, font des gestes de désolation Pour exciter notre pitié, comme si de les voir et surtout de les sentir ne nous suffisait pas. De leurs loques infectes s'allongent vers nous leurs bras et leurs mains, si défigurés que cela « n’a plus de nom dans aucune langue », pendant que leurs voix éraillées crient: « Bacchiche, bacchiche!» Se trouventils réellement bien malheureux? Ont-ils conscience réelle d’être les rebuts du monde? Ou ne se mêle-til pas à leur plainte beaucoup de comédie ? N'est-ce pas un jeu pour provoquer des aumônes plus abondantes? Car la plupart n’ont pas connu d'autre état que celui qui est le leur à jamais. Dans ce pays on est lépreux de père en fils. J'allais dire que c’est une condition comme une autre, Le petit village de Siloë, sur l’autre versant de la vallée de Josaphat, si pittoresque — de loin —avec ses maisons grises
dont les reliefs s'accusent à peine dans les lignes générales de la montagne, ne se compose que de lépreux. Ils y forment une colonie en quelque sorte autonome et ont le privilège de se marier entre eux, et par conséquent de propager sans fin leur triste héritage de dégradation. C’est de là qu'ils partent chaque matin pour venir se poster le long des routes que suivent les étrangers pour aller au mont des Oliviers. Et le soir, la moisson faite, ils s'en retournent, les uns sur de petits ânes, mais presque tous à pied, vers leurs taudis. Et c'est, dans les rayons du -ouchant, une procession d'êtres maudits qui regagnent leur enfer d’où est aussi bannie toute espérance humaine. Car la lèpre ne se guérit pas. Pour ces misérables, la fin de leurs maux n'est que dans la mort. Quelle existence! Et se peut-il que l'Etat pousse l'incurie au point de ne pas se soucier de ces gens qui sont une menace pour le corps social tout entier ? Pourquoi ne leur ménage-t-il pas des hôpitaux spéciaux où ils recevraient du moins quelque soulagement ? Surtout, pourquoi leur permetil de contracter entre eux des alliances par le moyen desquelles se propage indéfiniment leur mal ?— Ah! le Christ Jésus n’est plus là pour s’apitoyer sur cette épouvantable misère et prononcer sur elle la parole de salut !...
-. Visite à ce que l'on appelle le « Tombeau des Rois». C'est une merveille égale, par certains côtés, à celle des Pyramides. Un large escalier, à plusieurs marches, taillées à même le roc. Au bas, dans la paroi d’en face, deux grandes cavités servant de citernes. La paroi latérale gauche est percée en forme d’immense arche cintrée, donnant sur une sorte de cour intérieure, ou de salle carrée, à ciel ouvert. Dans l’une des murailles, ou plutôt l’un des pans du rocher qui la borde, a été pratiqué comme un vestibule ou portique, lequel est surmonté d’une corniche et d'une frise très fines où les grappes de raisins s'enlacent aux feuilles d'acanthe à travers les métopes; je distingue aussi deux Couronnes et une admirable guirlande toute en feuilles d'acanthe. Ce morceau de sculpture, encore qu'à moitié brisé, me ravit par sa perfection. Deux colonnes, dont les chapiteaux et les fûts gisent à terre, encadraient ce portique. A droite, un bassin creusé dans le roc contenait l’eau nécessaire aux ablutions qui étaient de rigueur avant la visite des tombeaux. Et cela explique également la Provenance des citernes ménagées près du grand escalier et alimentées par la pluie du ciel. Dans le flanc gauche du portique est une ouverture d'à peu près un mètre de haut et que l'on fermait avec une pierre taillée comme une meule de
moulin. La pierre, qui est encore là, se trouve engagée dans une sorte de rainure ou rigole où il était relativement facile de la faire rouler. La pierre qui scellait le tombeau de Jésu: devait être ainsi; et je comprends maintenant le mot des saintes femmes venues pour oindre le corps du divin Maître: « £t dicebant ad invicem : quis revolvet nobis lapidem ab ostio monumenti ?... Elles se rendirent au sépulcre de grand matin, comme le soleil venait de se lever. Elles disaient entre elles : qui nous roulera la pierre loin de l'entrée du sépulcre ? Et levant les yeux, elles aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée. » (Marc XVI-2-3-4.) Cette porte basse franchie, nous nous trouvons dans une immense salle, laquelle conduit à une infinité d’autres, servant comme d’antichambres à des tombeaux ; fours ou lits de pierre dans lesquels les cadavres étaient couchés enveloppés dans leur linceul. Que de temps il a dû falloir pour achever cette nécropole ! Et combien de vies humaines ont été dépensées pour édifier ces tombeaux de rois! L'on se demande comment l'exécution d’une pareille chose a été possible. C’est titanesque.
Mais il me tarde de revoir le jour. Les œuvres des hommes peuvent être étonnantes. Je leur préférerai toujours celles de Dieu. Le ciel me paraît plus beau au sortir de ce palais funèbre. Et je trouve l'air délicieux. L’horizon, au couchant, est comme un
champ de roses. Aux portes da couvent, deux bédouins, amis de nos Pères, viennent nous saluer. Ils arrivent de leur désert, du pays de Morb. Ce
sont des hommes superbes ; leur physionomie est
fine et profonde ; leurs yeux noirs et calmes réfléchissent comme des lointains. L'on me dit des merveilles de leur intelligence et de leur loyauté, Ils sont armés de pied en Cap, et si naturellement élégants dans leurs amples burnous
... Le jour s'annonce très beau, Le firmament, entièrement libre de vapeurs, est d'un azur plutôt pâle. Un étincellement remplit l'atmosphère. Je remarque les plus charmants effets d'ombre et de lumière dans le bois d'oliviers qui s'étale sous mes fenêtres... Voici que le ciel se clarifie de plus en plus. Impossible d’apercevoir une tache blanche dans la vaste coupole bleue. Pas une note discordante. C’est pur et d’une sérénité divine, c’est éclatant d’or.
Je m'en vais vers le mont des Oliviers tout baigné de clartés chaudes, tandis qu'une ombre violette descend des murs de Jérusalem jusque dans le lit du Cédron. Par une échappée je vois un coin de la Mer Morte; l’onduleux désert où les mêmes con-
De NN er SE
HE | | Ï Î | à À j î
ER 2 ot LIRE LT LT M © ASS
1 8 Tarn CURE rt LU but ht obé mn T2 Mind si routes) régner
trastes de lumière et d'ombre sont si saisissants ; et là-bas, fermant l'horizon, les remparts de Moab. Comme ils se dessinent avec netteté! Leur ligne sévère semble se fondre, s'attendrir sous la draperie dont elle est tendue et dans laquelle entrent les nuances les plus fines. Quelle surnaturelle poésie empreint ce paysage !
... Je pars pour Jaffa, d'où je me rendrai par mer en Galilée. Le ciel est d’une limpidité absolue. Les sommets se détachent en clair sur le saphir de l'horizon. Que le mot d'infini s'applique bien à ce firmament dont l'orbe s'enfonce dans les espaces ! Par l’échancrure des vallées, le regard se pose sur un lit de vapeurs bleutées dans leque s’enroule Moab. Ah ! cette chaîne d'Arabie! Quand il n'y aurait que cela à voir dans toute la Palestine, le voyage en vaudrait encore la peine. L'on ne se lasse pas de contempler cette forme immuable où flotte avec tant de grâce aisée un tissu idéal.
... Le petit chemin de fer circule entre les monts, suit les sinuosités des ouadys. De chaque côté, des pentes qui s'élèvent insensiblement jusqu’à des sommets arrondis trônant dans une gloire teintée d'azur. Dans notre compartiment est un rabbin. Il lit sa bible dans un texte encadré de commentaires. Je lui
trouve l'air très juif, je le prends pour un pur fils d'Israël. Sa figure, pas belle, est assez douce. Nous échangeons quelques mots. ]1se montre poli, Courtois, presque obséquieux. Or, peu d'instants après, l'on m'apprend que ce monsieur n'est juif que Par... vocation. C'est tout simplement un Allemand qui, de ministre Protestant, est passé au rabbinisme. Il apporte à ses nouvelles fonctions un zèle de converti. Le monsieur qui l'accompagne, véritable israélite celui-là, et directeur de la banque juive de Jérusalem, a dit tout à l'heure à quelqu'un : « Nous n'avons guère confiance en ces sortes de conversions. Nous les soupçonnons d'être intéressées. »
À mesure que nous descendons, l'air s'attiédit. Par une fenêtre ouverte entre une brise qui est comme un velours. Partout des anémones et des touffes d'asphodèles. Les montagnes s'écartent. Nous débouchons dans la magnifique plaine de Saron qui ne demanderait qu'à être intelligemment cultivée Pour produire au centuple. Je vois, de ci de là, des oliviers ; quelques rares laboureurs préparent le sol ; plus loin, des bergers font paître leurs troupeaux. Par endroits s'élèvent de longues haies de nopals. Et toute cette nature baigne dans une splendeur douce. l
À Jaffa, nous logeons à l'hôpital français, situé sur une hauteur. C’est un bâtiment à trois ailes, avec cloître ouvrant sur la mer qui est d’un bleu léger et
En Lau vue GRR 39,
amant tabs enr er
brillant, pâle saphir semé d'or, Dans l'après-midi, visite à un baron russe, qui a une riche collection d'antiques. 11 y a là des choses fort belles, des sculptures par exemple, à côté d'autres dont la valeur est surtout archéologique. Dans le jardin fusent les essences des tropiques. De là l’on domine une immense étendue d'orangers dont le feuillage sombre s'étoile de fruits vermeils... Je reviens par le long de la rade. Le brisement éternel des lames sur les récifs m'émeut. Le soir, la lune argente la ville et les flots...
... Lever d'assez bonne heure. Des caravanes de chameaux passent sous nos fenêtres. Leurs clochettes font une musique très douce dans la douceur du ma“in. J'aime à voir passer ces bêtes lentes et tran': ‘'1es en lesquelles s'incarne une part de la poésie orientale. Le ciel est voilé comme les musulmanes : un peu de bleu ou de vert ou d'opale perce à travers le tissu de neige. Nous pensions ne nous embarquer que demain. Or, le domestique vient nous avertir que le paquebot partira aujourd'hui même, à onze heures. Cela nous désappointe. Cr nous voulions visiter Jaffa tranquillement. Mais le voyage offre de ces imprévus. Après déjeuner, course à la tour des Grecs, qui s'élève haute et roide
Parmi des cyprès, des palmiers et des orangers. Du sommet la vue est charmante, On est là comme dans ur ilot encerclé d'émeraude. Des milliers d'orangers partent de ce centre et déroulent sur de vastes espaces leur verdure mate tachetée de points d'or. Que j'aime cette fraicheur! Depuis des mois je n'ai Contemplé que des rochers transfigurés, il est vrai, par l'adorable lumière. Ici, c'est du printemps. Quelle vigueur, quels parfums dans cette végétation qui ondule à mes pieds! De loin en loin, des palmiers émergent de la foule des orangers et vont Porter très haut leurs panaches aristocratiques. Ils ont l'air de sentinelles gracieuses au milieu d'un jardin de roi ; ils versent autour d'eux une protection sereine. En somme, Jaffa est noyée dans la verdure dont les tons tranchent sur les sables qui lui font comme une ceinture d'or...
Et nous voici à bord du paquebot. L'on nous signale, mouillant au large, le yacht de John Alexander Dowie Le fondateur du sionisme est venu en Palestine puiser ans doute de nouvelles inspirations. Ce « second Elie »— Comme il s'appelle modestement — voyage plus confortablement que son grand ancêtre, car son yacht est fort beau et grand. Et de peur que le vent de l'esprit ne manque dans la voile, il a pourvu son bateau d’une puissante machine à vapeur : on n’est pas plus prévoyant. Ce restaurateur du prophétisme est donc, par certains côtés,
more ncronne,
ne -
ae
SRE sonne mr ing
SE
PR
Ru
très moderne. Je doute qu'il ait beaucoup de succès en Orient. Au scepticisme gouailleur avec lequel on en parle, je vois que l'on estime à sa valeur sa parodie de religion. D'ailleurs les gens d'ici ne sont pas assez riches pour être l'objet de son zèle, Ce prophète nouveau genre aime en effet à se faire des rentes et cultive surtout les bonnes bourses. N'est-ce pas incroyable qu'il ait pu exploiter tant d'adeptes ? La bêtise humaine n’a vraiment pas de limites...
Et le départ est retardé de bien des heures. (C'était bien la peine de tant se presser ! Le commissaire du bord vient causer avec nous. C'est un homme aimable et un grand artiste. I] voyage surtout pour Son art. [1 va à la conquête de la lumière orientale, du divin ciel. Nous allons voir ses études. Il en a d'admirables avec leurs vermillons, leurs pourpres ardentes, leurs saphirs, tout le chatoiement des teintes. Mais qui exprimera jamais les mystères inaccessibles de la clarté orientale 2
Vers le soir, bel effet de soleil sur la mer calme. Il se dérobe derrière des nuages légèrement bleus à travers lesquels filtrent ses rayons : c'est, dans l'infini où il s'endort, une projection de tubes cristallins,
très fins à leur sommet, et qui s'évasent en touchant les flots... |
++. Dans la baie de Caïffa. Il n'est que sept heures. Le ciel est assez triste. On dirait que le soleil est tout enveloppé de langes. Le mont Carmel apparaît avec ses belles taches de verdure, ses rochers blancs, sa route tracée en diagonale et conduisant à la cîme célèbre. Là-bas, Ptolémais ou Saint-Jean d'Acre, d’une seule couleur grise, tantôt ressort en clair et tantôt s'efface. La baie est superbe comme harmonie de ligne. C'est, je crois, le seul port de toute la côte de Syrie. Et tant de Souvenirs dorment dans ce cadre. Bonaparte a poursuivi jusqu'ici son rêve oriental. Entre Caïffa et Ptolémais, comme au milieu de la courbe majestueuse dessinée par le rivage, des palmiers s'élèvent parmi les sables des dunes : c’est une évocation du désert. Mais la lumière n'est pas bonne, ce matin. Par les très beaux jours, par les levers roses ou les couchants embrasés, cela doit être charmant à voir, ces ondulations dorées d'où fusent ces longues tiges couronnées d’un bouquet de feuilles déchiquetées.
++. Dans l'après-midi, nous allons par la grève — seule route praticable—à Saint-Jean d'Acre, Des chameaux, chargés d'outres suintant l'huile d'olive, arrivent des régions du Hauran et de Galaad; ils s'en vont à la file, lentement, harmonieusement.
ae
snersoteiites
Muntinonhotenas "PSC S Pret poeme Eté tumees , see ire 2
Ce ee 2
PS der Dre reponse
rer
FR Porta rmem À for de
ten Tr ER
nn 7 ELERe PER ter en Mona NT RARE ES
RE nt
Rs
ant none 252 0, 92 om eg