Paul VERLAINE, Poésies religieuses. Page
porte dans l'idéal. De longs et tranquilles bercements achèvent en grâce cette vision de rêve...
20 octobre.
-..Admirables jeux de lumière dans ce ciel lavé par la pluie. A l'horizon très lointain un petit nuage s'irise. À notre droite le soleil que dérobent des flocons violets projette ses rayons en forme d'éventail. Le firmament au point où sa courbe touche la mer, se ouate de nuées blanches, bleues et roses. Mais tout l’espace au-dessus de nos têtes est d’un bel azur sans tache, dont la nuance pâlit ou bien se fonce,
Le vent souffle avec force. Aux crêtes des vagues luisent des teintes glauques. Notre route est comme bordée de larges et fraiches émeraudes qui s’effritent, s'émiettent, se dissipent en Poussière cristalline et sonore, s’évanouissent en poudroiement neigeux, pour se reformer diaphanes et pures et se briser à nouveau, se pulvériser finement...
Le soleil se couche splendide. Son globe d'or va bientôt s’engloutir dans l’abime qui le sollicite. Mais de quelle pompe il entoure sa fin! Voici que des collines admirablement sculptées nous le cachent. Tout:le fond du ciel n’est plus qu’un immense cercle incandescent d'où rayonnent des traits aplatis dont les uns plongent tout droit dans les flots moirés,