‹ Eaux-fortes et tailles-douces [microforme]Chapitre 7 sur 41 · Outre-mer · texte numérisé non relu

Outre-mer

falaises grises, d'un gris tout particulier, mêlé de brun et de jaune. Elles se dressent en roideur audessus des flots. Est-ce dû à l'étrange lumière épandue parmi le brouillard léger? Mais cela ne ressemble à rien de ce que j'ai vu encore, cela a quelque chose de fantastique. Nous longeons les côtes anglaises, qui sont ici crayeuses. Et les teintes dont se revêtent leurs parois abruptes sont tellement extraordinaires que je me demande pendant un moment si je n’éprouve pas une illusion d'optique, si ce que je contemple est vraiment uner‘alité. Et Pourtant rien de plus réel ni de plus Prosaïque : des mines de craie. La Grande-Bretagne s'annonce donc à nous tout d'abord par ce trait pratique : une excellente matière à exploitation. Au delà sur les hauteurs s'étendent de gras pâturages rougis par les gelées d'automne, ondulent des champs aux nuances légèrement allumées.

Le vers de Virgile me revient à la mémoire :

« Et penitus toto divisos orbe Britannos Lo»

« Les Bretons sont séparés du reste du monde par la ceinture mobile des mers.» Voici les dernières terres de l'Europe, la limite extrême des régions habitables. Car plus haut sont les pays hyperboréens, les océans éternellement enveloppés de brouil- RE

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