‹ Eaux minérales des PyrénéesChapitre 12 sur 88 · DE L'ACTION THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

DE L'ACTION THÉRAPEUTIQUE

Il n'est pas rare de voir les affections chroniques revêtir momentanément, sous l'influence des eaux, quelques-uns des caractères de l'état aigu, et disparaître ensuite avec plus de facilité.

L'effet salutaire des eaux n'est pas toujours immédiat ; il arrive souvent qu'il se produit avec lenteur et que la guérison n'est complète que longtemps après qu'on en a cessé l'emploi. Ceci est la conséquence nécessaire de la manière d'agir dont nous parlions tout-à-1'heure. Toute maladie purement locale pourra être promptement modifiée par leur usage; mais une maladie qui affecte le corps tout entier ou même une maladie locale qui est sous la dépendance d'un dérangement de l'ensemble des fonctions ne céderont qu'après le retour de ces dernières à l'état normal , et ce retour s'effectue ordinairement avec une certaine lenteur. C'est cette ressemblance dans la manière d'agir de toutes les eaux minérales qui a fait penser à quelques auteurs que la distraction , le voyage , le changement d'habitudes et de régime , le séjour dans un air plus pur, etc., contribuaient pour beaucoup à la guérison dans un grand nombre de cas. Il est certain qu'on ne saurait nier l'influence favorable que ces diverses circonstances peuvent exercer sur plusieurs malades; mais quand on voit les gens de la localité même trouver leur guérison auprès de certaines sources, alors qu'ils n'ont apporté aucun changement dans leur manière de vivre habituelle , et qu'ils ne se livrent à aucune des distractions que

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recherchent ordinairement les étrangers , on est bien obligé de reconnaître que l'action curative des eaux leur est propre et est souvent indépendante, de l'influence de tout changement dans la manière de vivre. L'analogie remarquable que présentent les eaux minérales les plus différentes , quand on les considère au point de vue de leur action thérapeutique, a porté certains auteurs à les regarder comme agissant toutes de la même manière; il n'en est pourtant pas ainsi , et s'il est vrai que certaines maladies cèdent avec une facilité à peu près égale à l'usage d'une eau minérale quelconque , il est aussi parfaitement démontré que d'autres ne peuvent céder qu'à l'emploi de certaines d'entre elles, et que le choix est loin d'être indifférent. C'est ainsi que les eaux de Vichy améliorent plus facilement que beaucoup d'autres certaines affections du foie, du tube digestif ou des voies urinaires; que les eaux de Balaruc sont recommandées pour la guéri son de certaines paralysies ; celles de Cauterets et de Bonnes , pour les affections de la poitrine ; celles d'Ussat, de Néris , pour les maladies nerveuses; celles de Barèges, pour les plaies d'armes à feu, etc. Le médecin devra se laisser guider dans le choix qu'il prescrira par la nature de l'affection, l'état du malade, son tempérament, par la période de la maladie ; il tiendra compte de la température et de la constitution chimique de l'eau, des ressources balnéaires de l'établissement thermal , etc. Les eaux acidulés, alcalines et les salines sont

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employées plus spécialement pour combattre les affections chroniques des voies digestives ; les sulfureuses contre certaines maladies des voies respiratoires , les maladies de la peau , les scrofules , le rachitis. Toutes sont plus ou moins utiles pour combattre le rhumatisme; mais si la maladie est compliquée d'un état nerveux, on se trouvera mieux de l'emploi des eaux à température modérée peu minéralisées que de celui des eaux trop chaudes et riches en éléments minéralisateurs.

Quand on cherche à s'expliquer le mode d'action des eaux , on éprouve quelque difficulté , si l'on ne tient pas compte des notions que nous avons exposées.

La difficulté diminue, sans cependant disparaître en entier, quand on distingue ce qui revient à l'eau et à la thermalité , de ce qui revient à la minéralisation. Cette distinction, qui date déjà de loin, a été admise par plusieurs auteurs, et, entre autres, par M. le docteur Gustave Astrié qui en a tiré un excellent parti dans le beau travail qu'il a adressé au concours ouvert par la Société de Médecine de Toulouse en 1853, travail qui a obtenu le grand prix de cette année (1).

(1) Les questions posées par la Société de Médecine étaient les suivantes :

Déterminer par l'observation la valeur thérapeutique des eaui thermales sulfureuses.

Préciser leurs indications et leurs divers modes d'adminis- 4ration dans les maladies chroniques.

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Pour bien étudier les eaux minérales , dit M. Astrié, il faut : 1° examiner avec soin ce qu'on peut appeler la matière médicale et pharmaceutique des eaux ; 2° procéder à la recherche analytique de l'action des divers agents que présentent au médecin les stations minéro-thermales. Cet ordre de recherches comprend :

A. L'action de l'aggrégat minéral.

B. L'action de la thermalité.

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