‹ Eaux minérales des PyrénéesChapitre 7 sur 88 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

trouver leurs analogues dans une foule d'établissements thermaux des Pyrénées; c'est ainsi qu'en ne consultant que le thermomètre et le sulfhydromètre, on arriverait à trouver que l'eau de la douche à Baréges est analogue à celle de Richard supérieure, à Bagnères-de-Luchon.

Les chiffres suivants, que j'emprunte au travail publié en 1841 , par M. Gintrac, en fournissent la preuve :

Barèges, douche, temp. 45,00, sulfure de sod. 0,0434. Ludion, Richard, temp. 47,50, sulfure de sod. 0,0421.

Mais l'expérience donnerait un démenti formel à un pareil rapprochement ; disons tout de suite qu'une analyse chimique bien faite justifierait ce démenti.

Les données fournies par la chimie ne peuvent pas être inutiles au médecin, quand elles sont complètes et exactes. S'il arrive quelquefois que l'observation médicale n'est pas d'accord avec les prévisions de la chimie , n'en accusons ni la chimie ni la médecine , accusons plutôt le chimiste ou le médecin : l'harmonie qui existe entre les diverses sciences est trop grande pour que les données fournies par l'une d'elles soient en opposition avec celles que fournissent les autres. Quand les données de la chimie ne sont pas confirmées par l'observation médicale , nous devons tout simplement en conclure que l'un des observateurs a mal vu ou n'a pas tout vu; mais, encore une fois, ne fondons pas les accusations élevées contre les chimistes sur des données incomplètes qui ne prouvent pas ce que certaines personnes ont voulu leur faire prouver.

Qu'on n'aille pas croire que je prétends imposer au médecin les analyses chimiques comme un guide sûr et infaillible : loin de moi de pareilles idées; je crois que la connaissance exacte de la composition des eaux minérales constitue l'un des bons moyens dont le praticien peut se servir pour s'éclairer sur leurs vertus ; mais ce moyen serait insuffisant, s'il était employé seul, quel que fût le degré de perfection de l'analyse des eaux.

A mon avis, les chimistes, lorsqu'ils ont étudié les

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eaux minérales, n'ont pas tenu un compte suffisant d'une? foule de circonstances qui peuvent exercer une influence très-grande sur leur activité. C'est qu'en effet il arrive souvent que ces circonstances ne se dévoilent à l'observateur que lorsqu'il a passé plusieurs mois auprès des sources, et qu'il est rare qu'un savant consacre un temps aussi long à l'étude des eaux d'un seul établissement.

Jusqu'à ce jour, les chimistes et plusieurs médecins ont considéré les eaux sulfureuses des Pyrénéescomme étant d'autant plus actives qu'elles sont plus riches en soufre; et pourtant, avec un peu de rétlexion , on eût pu se convaincre aisément qu'il n'existe pas un rapport aussi marqué qu'on l'avait pensé entre la richesse des eaux en soufre et l'énergie de leur action sur l'économie.

A Luchon, par exemple, l'eau de la source la Reine fournit des bains qui sont tellement excitants que l'usage doit en être interdit à un assez grand nombre de malades ; et il arrive souvent que ces derniers s'accommodent beaucoup mieux de l'usage d'une eau qui renferme une quantité de soufre supérieure à celle de la Reine.

Quand on cherche la cause de ces différences, on ne tarde pas à la découvrir ; les anciennes sources de Ludion , et celle de la Reine en particulier , sont tellement altérables, qu'un séjour, même très-peu prolongé, au contact de l'air, en change complètement la nature ; les conduits dans lesquels circulent ces eaux se recouvrent de soufre dans la partie qui est au-dessus du liquide , les voûtes des réservoirs sont aussi recouvertes au bout de peu de temps de croûtes de soufre assez épaisses , et ce phénomène se produit quand même , comme cela a lieu pour la Grotte inférieure : le réservoir est bâti sur la source elle-même.

Ces dépôts de soufre, dans des endroits que le niveau de l'eau sulfureuse n'atteint jamais, ne peuvent provenir que du dégagement d'une quantité notable d'acide suifhydrique et de la décomposition de ce gaz par l'oxygène de l'air.

Plusieurs des sources nouvelles , quoique placées dans

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