ÉBAUCHE D'DN GLOSSAIRE
différents. Dans ce cas évidemment 50 égale 5; 50 est identique à 5. De la même manière on rendrait 5 identique à tel nombre qu'on voudra, preuve certaine que, par luimôme, le nombre, le rapport, n'a aucune signification, aucune valeur déterminée.
Tout rapport est analogique, c'est-à-dire consiste dans une ressemblance, ce mol toutefois étant pris dans son acception la plus large. Tout rapport consiste dans une similitude. Il indique rapprochement et concours, communauté et convenance, assimilation et pénétration, fusion et, sous sa forme la plus générale, identité ou conftmon. Il indique encore : transition insensible d'un état à un autre, l'état neutre, ambigu, indécis, ondoyant; toutes choses qui sont encore des ressemblances, car, dans toute progression, le moyen terme participe de la nature de l'antécédent et de celle du conséquent, et, par suite, ressemble à l'un et à l'autre.
Le rapport entre la cause et l'effet semble, moins que tout autre, être l'affirmation d'une ressemblance. A y regarder de près, cependant, l'effet n'est que Y expression de la nature et de la puissance de la cause. C'est ce qui le distingue de la conséquence qui n'est que le développement du principe dont elle émane. Quand on dit qu'il n'y a rien dans l'effet qui ne soit dans sa cause, on pèche par exagération. Si je déchire le papier sur lequel j'écris, dira-t-on que cette déchirure était en moi ? J'avais la pensée, la volonté de cet acte, mais avant que je ne l'aie réalisé, il n'existait pas et ne pouvait par conséquent être en moi. C'est un fait nouveau qui se produit, un fait qui exprime mon activité et qui, à ce titre, porte tellement mon empreinte que c'est un adage commun que tout ce que nous faisons, que tout ce que nous créons, nous le créons à notre image et ressemblance et, en effet, il est impossible que la chose qui exprime ne ressemble pas en quelque manière a la chose exprimée.
La ressemblance étiologique, il est vrai, n'a rien de
1)L LANGAGE PHILOSOPHIQUE
commun avec celle qui existe entre un original et sa copie. Quoique d'une espèce particulière, elle est si réelle, cependant, que la connaissance des effets nous suffit le plus souvent pour nous donner une idée de la cause qui les produit. Plusieurs sciences n'ont môme pas d'autre objet que cette connaissance des causes déduite de l'observation de leurs effets.
Il n'existe point de rapports de dissemblance ou d'opposition. La sympathie est un rapport, point l'antipathie. L'antipathie n'est pas cependant l'antinomique de la sympathie, ni le contraste ou l'opposition, l'antinomique du rapport. Il y a contraste, opposition, antipathie là où manque le lien, où la conciliation n'est pas faite, où la ressemblance n'est pas aperçue.
Si des rapports de contraste étaient possibles, ils existeraient alors même que le contraste serait porté à son degré le plus haut. Il y aurait donc des rapports de contradiction, absurdité manifeste qu'aucune langue humaine n'a puissance d exprimer.
Nous ne nions pas qu'il n'y ait des rapports entre les choses les plus opposées. Loin de là puisque, toute différence étant, au fond, une opposition, ce n'est qu'entre les choses différentes ou opposées que peut régner un rapport; mais nous nions que ces rapports naissent de cette opposition, ou que cette opposition soit engendrée par ces rapports. En un mot, nous ne reconnaissons pas au rapport le pouvoir de lier et de délier, mais celui de lier seulement.
Les rapports, s'ils n'avaient pas de contre-poids, aboutiraient à l'identité, c'est-à-dire à la confusion. L'identité est donc la forme la plus élevée de la notion du rapport, forme à laquelle nécessairement on arrive si, en négligeant la diversité, on se préoccupe exclusivement des ressemblances ou des rapports.
On a souvent confondu la notion d'identité avec celle d'unité et cependant il est manifeste que l'identité est autre chose que l'unité, car l'identité suppose au moins
deux choses confondues entre elles, et ces deux choses ainsi identifiées entre elles n'en font pas une, mais, ce qui est fort différent, deviennent la même. Nous avons dit que le déterminé s'exprimait par oui et par non, et par plus et par moins ; nous ajoutons que l'indéterminé s'exprime par le même. Entre Y un et le même la distance est incommensurable. C'est a quoi on ne réfléchit pas assez et c'est de là que provient une foule d'erreurs.
L'indéterminé, quoique étant le passage de l'un à l'autre, n'étant ni l'absolu ni le relatif, il faut bien qu'il soit l'identité; car s'il exprimait des différences, ces différences, par hypothèse, ne pouvant être ni absolues ni relatives, que pourraient-elles être ? Par des motifs que nous exposerons tout à l'heure et dans la crainte d'être mal compris, nous ne dirons pas cependant que l'indéterminé soit l'identité ; nous préférons dire qu'il est la tendance à l'identité, qu'il est comme un acte continu d'identification.
La dépendance, la condition est-elle un rapport? Si elle est un rapport, le dépendant, le conditionnel, le relatif, en un mot, se confond avec l'indéterminé, et notre analyse, à peine commencée, s'écroule par sa base. Puisque rapport signifie convenance, similitude, comment une condition pourrait-elle être un rapport? Certainement si une chose n'existe qu'à la condition de l'existence d'une autre chose, ces deux choses, quand cela ne serait que par cela seul qu'elles coexistent, qu'elles ont cela de semblable d'exister, sont unies par un rapport, mais visiblement ce rapport ne consiste pas dans le fait même de condition.
Si la dépendance est un rapport, c'est-à-dire un lien, comme tout lien, elle suppose au moins deux choses reliées. Ici, nous n'en voyons qu'une que, à toute rigueur et par un abus de métaphore, on pourrait considérer comme telle, à savoir la chose dépendante. Quant à la chose dont elle dépend, l'état de dépendance de l'autre ne l'affecte en aucune manière. Un triangle dépend de l'existence et de l'arrangement de trois lignes, mais ces trois
lignes sont indépendantes du triangle, et t pouvant être disposées dans un autre ordre, en ligne droite, par exemple, elles existeraient fort bien sans lui. Si la dépendance est un lien, les côtés s'en trouvant affranchis, ce prétendu lien ne lie qu'une seule chose, le triangle, et par conséquent n'est pas un lien.
Dans une convention qui consacre ma dépendance, mes obligations, mes devoirs, je me dis lié par la condition que j'ai acceptée; mais celui qui me Ta imposée est si peu lié par elle qu'il peut la faire cesser par un simple acte de son bon plaisir. Si la condition était réciproque, ce serait autre chose. Il v aurait entre nous lien véritable, mais ce lien ne consisterait pas dans la condition elle-même; il consisterait ce qui est bien différent, dans la réciprocité.
C'est parce que la dépendance n'est pas un lien que la loi civile déclare nulle tout convention contractée sous une condition protestative, c'est-à-dire dont l'accomplissement dépend exclusivement de la volonté d'une seule des parties.
La fausse idée qu'on se faisait du rapport, la croyance plus fausse encore où l'on était que la dépendance constituait par elle-même un rapport, une relation avait fait donner le nom de relatives aux choses dépendantes et conditionnelles. Ce nom nous l'avons conservé parce qu'il a reçu la consécration de l'usage et qu'il y aurait puérile innovation à donner, pour antinomique à l'absolu, autre chose que le relatif; mais ce n'a pas été, on doit s'en souvenir, sans faire nos réserves contre les conséquences qu'on pourrait tirer de son étymologie.
Cette dissertation, un peu longue peut-être, sur les caractères de la notion de rapport nous a paru indispensable pour aider le lecteur, peu familiarisé avec ce point de vue si négligé jusqu'ici par les écoles occidentales, à comprendre ce que nous entendons par Y indéterminé. Nous allons, par une autre voie, continuer la même étude en faisant pour Y indéterm iné ce que nous avons déjà fait pour
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Vabsolu et pour le relatif, c'est-à-dire en l'examinant sous quelques-unes de ses diverses faces.
Vindéfini, qu'on a aussi appelé Yinfini-relctiif, est la transition entre le fini et l'infini, le rapport qui unit ces deux termes. L'indéfini n'accuse ni la présence, ni l'absence, mais plutôt l'indifférence de limites. Il participe de l'infini en ce qu'il n'a pas de limites extérieures et du fini en ce qu'il a une limite intérieure.
Deux exemples feront mieux comprendre cela que ne pourraient le faire six pages de raisonnements.
Tout le monde est d'accord que, au moins sous un certain aspect, le temps est indéfini. Il n'a certainement pas de limites extérieures, car qui pourra jamais s'imaginer un moment où le temps cessera de s'écouler ? Ce qui viendrait après cet impossible moment, ne serait-ce pas le temps encore ? D'un autre côté, est-il possible d'avoir l'idée du temps sans avoir aussi l'idée du moment actuel, c'est-àdire d'un instant qui limite à la fois le passé et l'avenir en imposant une fin à l'un et un commencement à l'autre? Quand nous parlons du moment actuel, nous nous exprimons mal, car le point dont il s'agit est indifférent ou arbitraire, car nous pouvons tout aussi bien prendre, pour limite interne du temps, le moment de la naissance de Socrate ou celui de la mort de Jésus.
Il en est de môme de l'espace, que personne assurément n'a regardé comme infini, puisqu'il est divisible S ni comme fini, puisque, au-delà des limites de l'espace, on ne peut concevoir que de l'espace encore. Or nous ne concevons l'espace qu'à la condition de nous en constituer le centre ou au moins de lui supposer un centre quelconque. L'espace c'est tout ce qui s'étend à ma droite et à ma gauche, par devant et par derrière moi, c'est tout ce qui s'étend à votre droite et à votre gauche, par devant et par derrière vous.
* Spinoza est cependant tombé dans cette erreur, mais plutôt, néanmoins, au point de vue des mots qu'à celui des choses, car ce qu'a appelait l'infini ('•tait, le plus souvent, Yindéftni lui-même.
Ce centre que noua sommes forcés de concevoir au temps et à l'espace est une limite véritable. C'est le point d'intersection, c'est le point de départ de rayons sans nombre et. sans limites, de sorte que l'indéfini c'est ce qui est limité dans un sens et sans limite dans l'autre.
Ce n'est cependant ni la limitation ni l'illimitation qui forme le véritable caractère de l'indéfini. Remarquons ces mots : le temps s'écoule, l'espace s'étend; il disent tout ce que les langues humaines peuvent dire de plus net de l'indéfini l .
L 1 absolu correspond à Y isolement, le relatif à la contiguïté, l'indéfini à la continuité. Quand on dit que l'étendue est indéfiniment divisible, cela veut dire qu'on peut continuellement la diviser. Quand les mathématiciens enseignent qu'on peut indéfiniment approcher de la racine carrée de 5, ils entendent par là qu'on peut continuellement ajouter au nombre 2, des quantités toujours de plus en plus petites, et qu'ainsi on approchera continuellement et de plus en plus du nombre qui, multiplié par lui-même, reproduira le nombre 5, sans cependant pouvoir jamais arriver à l'obtenir. Si nous ne pouvons jamais y arriver, est-ce par l'effet de notre impuissance? Non, car on démontre que ce nombre n'existe pas.
L'idée d'indéfini, on le voit, explique l'idée de mouvement continu, de tendance vers une limite externe que Ton considère comme reculant sans cesse mais qui, dans la réalité, n'est pas et ne peut <Hre atteinte précisément parce qu'elle n'est pas.
Rien de plus commun que d'entendre confondre Y infini et l'indéfini. La différence est grande cependant. Si de l'infini vous retranchez quelque chose, l'infini s'évanouira;
* Nous savons bien que le temps et Y espace correspondent à des connaissances et non à des notions, mais connus ici nous les avons considérés seulement sous leur aspect indéflni,nous en avons fait de pures notions. D'autres exemples auraient été préférables , mais ceux-là avaient le mérite de se rapporter à des idées comprises par tout le monde.
il ne restera plus que le fini. De l'indéfini, au contraire, on peut retrancher ce qu'on voudra, ce qui restera sera indéfini encore. Du temps écoulé avant la naissance de Socrate, retranchez celui qui s'est écoulé entre l'époque de la naissance de Socrate et celle de la guerre de Troie, ce qui restera, se perdant dans l'abîme du passé, n'en restera pas moins indéfini.
De Cela qu'on peut, sans le détruire, faire subir des retranchements à V Indéfini faut-il l'assimiler au fini? Ici encore, la différence est grande, quand d'une quantité finie on retranche quelque chose, ce qui reste est plus petit que ce qui existait en premier lieu. Or, rien de semblable ne se produit quand c'est de l'indéfini qu'il est question. Il n'est pas vrai que la série des nombre entiers soit plus grande que la série des nombres pairs ou que celle des nombre impairs. Pour que deux choses puissent être dites plus petites ou plus grandes, il faut que, étant finies et limitées en tous sens, elles puissent être comptées et mesurées; or, parce qu'elle est indéfinie, la série des nombres pairs est tout aussi innombrable et incommensurable que celle des nombres entiers. Les mathématiciens ne s'y trompent point : pour faciliter leurs calculs , ils distinguent plusieurs ordres d'indéfinis, mais jamais ils ne les supposent plus grands les uns que les autres.
Sans insister davantage sur les caractères de l'indéfini, remarquons que cette qualité n'est jamais attribuée qu'à des rapports. Plus tard, nous verrons que le temps et l'espace ne sont eux-mêmes que des rapports quand, du moins, on ne les considère que sous leur aspect indéfini. En géométrie, quand on dit que le polygone régulier inscrit, en multipliant ses cotés, se Bftpproche indéfiniment du cercle circonscrit, cela veut dire que le rapport de ressemblance existant entre ces deux surfaces va sans cesse en augmentant. En morale, quand on dit que l'homme est indéfiniment progressif, cela veut dire que le rapport de ressemblance existant entre lui et le type idéal de perfection qu'il
poursuit va aussi en augmentant sans cesse. Peut-être ne serait-ce pas abuser des mots que de dire que l'indéfini consiste dans le développement continu des rapports.
Proportion ou harmonie, rapport de la simplicité et do la composition, passage de la pluralité à l'unité.
Qu'est-ce qui fait la beauté d'un palais, d'une cathédrale? N'est-ce pas cette harmonie, ce concours, ces proportions, ce rhy thme qui font que d'une pluralité de détails ressort un caractère un, simple qui est comme l'individualité du monument? N'est-ce pas l'harmonie qui, dans un concert de mille voix différentes, fait une seule et unique voix?
L'harmonie est manifestement indéterminée. On ne peut comprendre qu'il existe plusieurs espèces d'harmonie. Si on dit que l'harmonie d'un poème n'est pas semblable à celle d'un tableau ou d'une statue, c'est que, au lieu de s'attacher à l'harmonie elle-même, on pense aux choses harmonisées. C'est précisément parce qu'elle est de nature indéterminée qu'on ne peut la comprendre que par sa fonction, qu'on ne peut dire ce qui la constitue. Ce serait la définir, et définir l'indéfini c'est lui enlever précisément ce qui fait son essence.
Comme le propre de l'harmonie est, pour ainsi parler, de faire jaillir l'unité du sein de la pluralité, on l'a souvent confondue avec l'unité. Mais c'est là une pure inadvertance, car l'harmonie suppose des parties, des éléments, des détails à fusionner, à faire concourir à un effet unique. L'harmonie n'est pas plus l'unité qu'elle n'est la pluralité : elle est autre chose ; elle est un rapport.
Nous avons vu que les mathématiciens se créaient à leur usage une sorte d'unité artificielle. Ils se sont attachés aussi à un aspect particulier de l'harmonie, à la proportion, à qui ils ont donné pour expression le nombre. Nombre et proportion sont synonymes et Pylhagore devinait Newton en confondant l'harmonie avec le nombre ou le rapport.
Vulgairement, nous ne saurions trop le redire, on con-
fond l'idée de nombre avec celle de quantité ou de collectivité, parce que, toujours, à l'idée de nombre, on ajoute une autre idée. Si, en effet, 4 signifie quatre parties, c'est une collectivité qu'il exprime, mais en lui-même il exprime v tout autre chose. 11 signifie quatre fois; il signifie proportion quadruple ; il exprime qu'il faut répéter quatre fois une certaine unité pour la rendre identique à une certaine pluralité, ou rendre une certaine pluralité quatre fois plus petite pour la rendre identique à une certaine unité. 11 exprime, en quelque sorte, la condition d'identité; et une condition, par elle-même, n'est certainement pas assimilable à une quantité.
La proportion, le nombre, la mesure ne sont pas toute l'harmonie. L'harmonie est aussi le rhythme, l'accord, l'arrangement, enfin tout ce qui relie la pluralité à l'unité, tout ce qui donne un caractère de simplicité à la composition la plus multiple.
Universalité, aspect des choses sous lequel elles se confondent de manière à ne plus être plusieurs et cependant à ne pas être une ; aspect des choses sous lequel l'entendement les considère comme étant la même chose.
Universalité est évidemment synonyme d'identité et de confusion. L'être qui ne serait qu'universel se confondrait avec tout et ne se distinguerait de rien; il n'aurait aucune individualité et ne pourrait, à plus forte raison, avoir de personnalité. Il ne serait pas non plus une collection, car une collection suppose des parties distinctes, déterminées, nombrables, et il répugne que le déterminé entre comme élément dans l'indéterminé, et que l'indéterminé ait des éléments, des parties », un pareil être n'est donc pas possible. L'universalité à elle seule ne peut donc pas constituer l'existence ; elle n'en est qu'un aspect et cet aspect de l'existence n'est point particulier à un seul être, mais
* Une proportion n'est pas composée de parties; elle est formée par un enchaînement de termes
il est commun à tous, car chacun d'eux nous le concevons comme relié à tous les autres, et, par conséquent, à ce point de vue, ne faisant avec eux que le même être.
Toute collection, toute totalité a nécessairement des limites extérieures ; l'universalité n'en saurait avoir, car l'idée de limite implique celle de différent et par conséquent est étrangère à celle du même. Cela n'empêche pas que, sous la plume de beaucoup d'écrivains qui, cependant, ont des prétentions à l'exactitude du langage, universalité ne soit pris souvent comme synonyme de totalité.
L'universalité ne doit pas non plus être confondue avec l'unité ou avec l'individualité, car l'universalité est divisible. Seulement elle ne l'est qu'à la manière de l'indéfini. Qu'on retranche dans un sens de l'indéfini une partie limitée, ce qui restera sera encore, dans l'autre sens, sans limite; qu'un des éléments identifiés vienne tout à coup à se distinguer des autres, les autres, pour cela, n'en resteront pas moins identifiés. On n'aura pas détruit la notion première; seulement on aura deux notions différentes : la notion de l'indéfini telle qu'on l'avait auparavant et la notion d'un fini qu'on n'avait point.
Sans répugner ni à l'un ni à l'autre des deux termes de fini et d'indéfini, d'unité et de pluralité, l'universalité est autre chose qu'eux. L'universel, Yunus-diversus, est le lien, le rapport qui les associe. Placez-vous au point de vue de la sensibilité, les êtres vous paraîtront former une totalité, me collection; au point de vue de la raison pure, vous n'apercevrez plus qu'une individualité dont l'unité est la négation de toute pluralité. Faites actuellement iatervenir le sentiment des rapports, concevez le rapport si étroit, la similitude si entière que l'être un que vous considériez se confonde avec la pluralité des autres ; le résultat de cette identification sera que la collection et l'individualité disparaîtront pour faire place à X universalité.
On se demandera, puisqu'il n'existe aucun rapport entre