EBAUCHE I>'UN GLOSSAIRE
Yun et le plusieurs, comment il peut se faire que le sentiment en découvre. C'est qu'on aura perdu de vue Je fait initial sur lequel repose toute la théorie de la connaissance, à savoir que, si, entre l'un et le plusieurs, il n'y a aucun rapport ni pour la sensibilité ni pour la raison qui ne voient là que des antinomies, il en existe, au contraire, pour le sentiment qui, lui, ne connaît pas d'antinomies et ne perçoit que des rapports.
Une preuve, d'ailleurs, que la notion d'universalité est bien une notion de Tordre indéterminé ou sentimental, c'est que l'épithète universel ne peut jamais s'appliquer qu'à des rapports. Qui jamais aura l'idée d'une individualité universelle, d'une collection universelle? Tandis qu'à chaque instant on parle de la gravitation universelle, c'est-à-dire de ce rapport, de cette ressemblance qu'ont les corps de s'attirer entre eux; tandis que tous nous admirons l'harmonie universelle, c'est-à-dire la proportion, l'accord qui partout éclate. Ce n'est donc pas à tort que nous soutenons qu'il n'y a d'universel que ce qui est commun, que ce qui est le même.
Nous ne traitons ici que de catégories, c'est-à-dire que des caractères essentiels aux notions dont se compose la connaissance. Nous devrions donc ne rien dire de Yunivers qui n'est pas une qualité, une catégorie mais l'objet d'une association de notions, c'est-à-dire d'une connaissance véritable. Mais l'idée d'universalité rappelle si naturellement cette connaissance qu'il est bien difficile de séparer deux choses aussi étroitement unies.
Dans la connaissance que nous avons de l'univers, la notion des rapports prédomine, mais précisément parce qu'elle n'est plus seule, elle ne revêt plus son caractère transcendental d'identité, mais se présente seulement dans son rôle d'enchaînement et de lien. L'univers, c'est l'enchaînement des êtres; l'univers c'est l'harmonie, c'est la beauté, c'est le cosmos; l'univers ce sont les êtres reliés et harmonisés, c'est-à-dire associés entre eux.
La question de savoir si l'univers est limité est une question oiseuse, car, nous le répétons encore, par luimême un enchaînement, un rapport ne saurait avoir ni mesure ni limite. Tout rapport est indéfini de sa nature ; on peut, il est vrai, demander si le nombre arithmétique des êtres est limité. Ceci est autre chose. Cette question, dont nous n'avons pas à nous occuper en ce moment, sera résolue dans un sens ou dans un autre, suivant la signification qu'on attribuera au mot être, suivant la conception qu'on se formera de l'existence.
Nous avons dit que les catégories ou formes essentielles des notions dont se compose la connaissance étaient au nombre de trois, ni plus ni moins; que toutes les notions que nous pouvons posséder étalent des notions rationnelles ou absolues, des notions sentimentales ou indéterminées, ou enfin des notions sensibles ou relatives.
Pour nous faire une idée plus nette de ces formes essentielles de la notion, nous les avons considérées sous divers aspects. De là le tableau suivant qui renferme les principaux dérivés logiques des mots absolu, relatif et indéterminé.
Il est clair que ce tableau pourrait s'étendre beaucoup plus loin, et embrasser même presque tous les mots dont