‹ Ebauche d'un glossaire du langage philosophiqueChapitre 3 sur 39 · IV AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

IV AVERTISSEMENT DE L'ÉDITEUR

lât pour toujours, c'était bien l'heure, pour les philosophes, de rechercher les causes secrètes d'une si grande perturbation et de sonder d'une main ferme les assises rudement ébranlées des croyances modernes.

Le Socialisme qui, pendant vingt ans, avait fait avec tant de superbe et si peu de miséricorde, la critique passionnée de tous les principes et de toutes les parties de l'institution sociale, avait, à son tour, besoin d être jeté au creuset. Pourquoi s'était-il, avec tant de hauteur, séparé de la Révolution? Pourquoi, de son côté, la Révolution était-elle demeurée, par ignorance ou par orgueil, indifférente aux travaux des écoles socialistes? Cette divergence entre deux branches sorties toutes les deux du tronc de la philosophie, n'était-elle point au fond la raison de l'échec que subissaient à la fois le Socialisme et la Révolution? Leurs forces ne s'étaient-elles pas amoindries en se divisant? Leurs lumières n'eussent-elles point jeté plus d'éclat si elles avaient brillé au même foyer?

Quoi qu'il en soit, l'ancien dogme n'ayant plus de prise sur les intelligences, ni les vieilles croyances sur les cœurs, on se trouvait, et l'on se trouve encore, forcé de conclure ou que le genre humain doit désormais se passer de dogme et de croyances, ou qu'il doit continuer, sur d'autres errements, la rénovation intellectuelle et morale entreprise par les libres penseurs des trois derniers siècles.

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