‹ Ebauche d'un plan de météorologie médicaleChapitre 2 sur 23 · ÉTUDE ANALYTIQUE DES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES · texte numérisé non relu

ÉTUDE ANALYTIQUE DES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES

L’homme vivant n’existe pas isolé dans l’espace : chaque acte du moi suppose le concours du non moi\ ses relations se multiplient à mesure qu’il approche du terme de son accroissement.

« D’abord attaché à sa mère , dit le Professeur Ribes , il s’harmonise ensuite avec l’air , la chaleur et la lumière ; il entretient avec les objets qui l’environnent un commerce perpétuel et d’incessantes relations. » Tour à tour en présence d’influences hostiles et de conditions favorables , il oppose aux premières une résistance énergique, et puise dans les secondes les éléments nécessaires à l’entretien de sa vie : démonstration permanente de cette spontanéité dont il ne se dessaisit qu’en devenant cadavre, et dont le dogme se trouve formulé dans ces trois mots du Père de la médecine : voüawv cpuateç iviTpoi (1).

Pour le physiologiste, l’air atmosphérique est l’immense réservoir où les plantes puisent le carbone nécessaire à leurs besoins, et les animaux l’oxygène nécessaire à leur vie. Tout ce que l’air donne aux plantes, les plantes le cèdent aux animaux, les animaux le rendent à l’air, dit Dumas (2); cercle éternel dans lequel la vie s’agite et se manifeste, mais où la matière ne fait que changer de place. Indépendamment de

(1) Hipp. , sect. 7, de morb. vulg,, p. 278.

(2) Essai de statique chimique des etres ori^anisés.

celte propriété de fournir une partie de leur aliment aux êtres vivants, ratmosplière intervient encore directement dans la conservation de la vie, en formant autour de ces êtres et du globe une enveloppe protectrice destinée à prévenir un refroidissement funeste par cela seul qu’il serait en quelque sorte indéfini.

Deux conditions président à l’influence physiologique ou morbide de l’air. Elles sont relatives, les unes au système vivant, les autres à l’atmosphère elle-même.

Les premières se composent de l’ensemble et de chacune des qualités que présente l’homme réuni en masses ou isolément étudié : les races j les nationalités , les professions , les formes de gouvernement, les croyances religieuses, le degré de civilisation et la moralité , pour les peuples-, l’âge , le sexe , la constitution, le tempérament, l’idiosyncrasie, pour les individus, sont autant de conditions qui interviennent dans la manière dont l’être humain reçoit l’influence atmosphérique , en est impressionné et réagit contre elle.

Les secondes ont rapport à l’ensemble et à chacune des qualités que présente le rnilieu ambiant , et sont constituées par tous les phénomènes désignés sous la dénomination générale de météores ( (j-sTa au-dessus , j’élève ) : l’air atmosphérique proprement dit, qu’il agisse, soit par sa masse, soit par ses éléments normaux^ soit par les qualités nouvelles qui résultent des agents nouveaux survenus dans sa constitution; — les innombrables modifications que lui font subir l’influence du globe terrestre et des astres , selon les régions , les époques de l’année et même les heures du jour, — telles sont les conditions qui interviennent dans l’action physiologique ou morbide de l’air.

Or, si l’on tient compte de la multiplicité de ces conditions

considérées dans l’iin on l’autre des deux facteurs mis en présence , si l’on considère surtout l’autonomie de la nature ^ c’està-dire celte faculté primordiale de la vie qui rend l’homme jusqu’à un certain point indépendant du milieu qui l’environne , on arrivera sans peine à en déduire :

1° Le caractère éminemment contingent et variable, soit des influences météorologiques en prenant ces mots dans leur plus large acception , sqit des phénomènes qui traduisent au dehors les modifications produites par elles sur le système vivant.

2° La variabilité extrême de ces modifications au triple point de vue physiologique, pathologique et thérapeutique (1).

Aussi l’étude complète et précise de ces influences météorologiques est-elle d’une difficulté, j’allais dire d’une impossibilité presque absolue. Le temps ni l'espace ne nous suffiraient pas pour un pareil sujet. Choisir et mettre en relief, dans ces agents si multipliés de la météorologie en rapport avec l’homme vivant, ceux qui me paraîtront les plus propres à faire voir le degré d’importance de son étude pour la connaissance et le traitement des maladies, tel est l’unique but de cette première partie.

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