‹ Ébauche d'une pathologie de la civilisation animaleChapitre 4 sur 11 · LE · texte numérisé non relu

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Quand nous parlons de civilisation animale, nous voulons dire : répercussion de la civilisation humaine sur la vie des animaux, et surtout exploitation rationnelle de l’animal, application à l'élevage des techniques industrielles. Le sens pur du mot « civilisation » est manifestement beaucoup plus noble ; il n’est pas dans notre intention de le définir. Ici nous nous en servirons seulement pour désigner tout ce qui peut

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éloigner l'animal de l’état de vie où il se trouverait sans l'intervention de l’homme. Cependant nous ne voudrions pas que cet ouvrage prenne l’air d’un plaidoyer à la J.-J. Rousseau en faveur de « l’état de nature » ; l’état de nature pour l’homme c'est la civilisation ; pour conquérir et conserver un bien si précieux, il a besoin d’une base de prospérité matérielle et de luxe dont l’animal sera un des innombrables facteurs. Dans ces conditions, il nous paraît infiniment normal que l’homme modifie à sa guise les espèces et les races qu’il trouve dans la nature puisqu'il y est le seul à posséder pleinement le merveilleux privilège de choisir.

Aussi loin que nous puissions remonter dans l’histoire, nous trouvons la vie de l’animal intimement mêlée à celle de l’homme. Celui-ci utilise les bêtes pour sa nourriture, pour le travail, pour la chasse, pour la guerre. Il en choisit même certaines comme compagnes familières, soit qu'il les prenne en amitié, soit que leur beauté ou la valeur que la société leur attribue flatte sa vanité. Par le miraculeux prestige des arts, il les décrit et les représente. Et nous ne sommes pas bien sûr que l'élevage et les modes d'utilisation de l’animal ne soient pas déjà parvenus au point de perfection où nous les voyons de nos jours, tant ces grandes civilisations de l'antiquité entièrement écroulées, — dont le temps nous laisse cependant quelques admirables vestiges, — recèlent d’étonnants secrets. Toutefois le monde grec et latin ne se servait pas des animaux autant que nous ; il trouvait dans ses esclaves une main-d'œuvre facile et peu coûteuse. Aussitôt l’esclave disparu, l'animal prend un rôle plus important ; le cheval surtout pour lequel on découvre un meilleur mode d’attelage. Nous ne parlons pas des bœufs, des moutons et des chèvres

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