‹ Ébauche de psychologieChapitre 4 sur 22 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Considérations générales sur le système nerveoi:.

Centres ou aoités nerifeuses ; leur associetloQ fonctioDoelle. — FonctioDS physiologiques de ces centres et de leors appendices. — Da cenreaa ; aperçu sur son rôle.

Le corps humain est animé par un grand nombre de centres nerveux plus ou moins unis ensemble, et tous associés dans un même but : l*entretien et la conservation de la \ie. Ce sont : le cerveau ou centre des centres; puis la protubérance annulaire, les pédoncules cérébraux, les centres du )3ijilbe rachidien et des sens externe];, les centres

de la moelle et peut-être le cervelet et les ganglions du nerf grand sympathique.

11 est incontestable que la moelle renferme en elle-même d'autres centres : ce qui le fait admettre, c*est que des tronçons séparés de son axe restent au plus haut point doués de la faculté réflexe, et, qu*en en piquant des points divers, il se produit des groupes de mouvements différents. Les physiologistes les moins aventureux accordent quatre centres distincts à la moelle.

Quant à chacun des ganglions lymphatiques, plus isolés les uns des autres que les précédents avec lesquels ils se relient par des nerfs sensibles et moteurs, M. G. Bernard a démontré le pouvoir réflexe de Tun d*entre eux, et des esprits sagaces acceptent comme vraie cette même propriété pour les autres ganglions. Allant plus loin et ne tenant pas compte de la réflectivité, ni peut-être même du tissu nerveux comme caractères essentiels aux centres, M. Virchow affirme que chaque système: tels les systèmes osseux, nerveux ou sanguins dépendent d*une masse de petits centres d'action qui veillent à leur développement. M. Paget, renchérissant, admet même que, pour les deux côtés symétriques du corps, il y a une différence dans les éléments formateurs.

Que les centres formateurs de Torganisme dépendent du tissu nerveux ou non ; qu*ils soient peu ou très-nombreux ; voire même qu'on transporte la puissance de développement à chaque cellule, il y a à dégager au-dessus de tous ces pouvoirs un inconnu qui les rallie en une action supérieure, les coordonne et les dirige dans un mouvement un et harmonique.

Ainsi qu'une saine physiologie permet de le comprendre, chaque centre ou unité nerveuse est composée uniformement : 1** de nerfs du sentiment; 2^ d'un noyau; 3® de nerfs du mouvement. C'est du moins ce qui existe chez

les animaux inférieurs où ces centres sont le plus indépendants. Et si Ton s*en rapporte aux Inductions que l*on peut tirer de l*anatomie comparée (1), il doit en être de même, en principe, des cenlres du système nerveux de rbomme; ceux-ci, quoique soumis au cerveau, peu distincts et solidaires les uns des autres, en sont cependant encore indépendants dans certaines limites. Pourquoi ne posséderaient-ils pas cette triple base fondamentale ?

Toutes ces unités agissent d*un commun accord dans chacune de leurs fonctions ; mais leur action harmonique est sous la direction d'un centre supérieur qui a en lui, au moins pour la plus importante part, les pouvoirs réflexes, sensitifs, moteurs, pensants et coordinateurs des mouvements (2), et qui, d*après des expériences positives, possède réellement une influence bien marquée sur toutes les actions de toutes ces unités associées: ce centre est le cerveau.

Le cerveau, d'une part, les uoités nerveuses et leurs appendices, de l'autre, qu'on peut appeleraussi centres inférieurs ou secondaires, président aux fonctions de la vie animale et à celles de la vie végétative. Les premières fonctions, appartenant au cerveau surtout, sont conscientielles le plus souvent dans leurs manifestations, et mettent l'être

(i) Voy. Opusc. iur la physioL phil., p. 81, par Duband (ob Gbqs). Paris^ Germer- Bai Ilicre, 1868.

(2) Les pli> Biologistes avaient allribaé cxclasivemeot au cervelet les foDclioDs de coordinateur des mouvements : il -est prouvé maintenant que, à son défaut, le cerveau le remplace parfaitement. Si le cervelet a des propriétés coordioatrices, ce dont il esi permis de douter, car il n*y a pas de faits cliniques à Tappui de cette assertion, elles ne doivent pas être les seules. N'est-il qu'un condensateur de la forcé nerveuse, où celle-ci est en réserve pour être di.'-tribuée partout ailleurs ? Cette opinion de M. Luys, basée sur des observations cliniques, est la plus probable. (Voy. Ann. méd, psych., p. 486, année 1869. Paris, V. Masson.)

jen r€)9(ioD avec ie noionde exV^ieMr et avec lui-même : on nomme cooscientiels les phénMirac^Qes qu<e, par une 6en3ation ou une reraémoration, Ton recoiviatl^u o^meot aaéme comme 8e passant dans Torganisme. Les secondes, appartenant plus à Taxe médullaire, sojni ioeonscienUelles le plus souvent dans leurs manifestations^ ou plutôt moins conscientielleSyCt président à la circulation, aux sécrétion^ et à la nutrition à partir de Tagrégation des éléments et^ au moins pour une bonxw part, à partir des principes iwnédjats et des cellules. Inutile presque de dire que ce qui est inconscientid, ce sont les phénomènes réels que Ton découvre par Texpérimentation et l'observution sur Tbommeet les animaux, et qui, dans chacun, existent d'uiie manière cachée et se passent à leur ifisu au moment /)ù la production en a lieu, mais pourtant sous la lumière d^une conscience vraie» quoique latente.

J*ai dit qu*une unité nerveuse, à son plus haut degré de perfection, est compose: 1® de nerfs du sentiratent ; â^ d'un noyau; 3^ de nerfs du mouvement.

Les nerfs du sentiment sont des filets partant d'organes périphériques spéciaux, aboutissant à des centres et affectés à recevoir et à transmettre à ces centres des impressions internes et externes. Ces organes spéciaux appelés sens varient de structure anatomique, et c'est cette structure qui détermine la nature des impressions et non la composition du nerf (1), ni l'agent nerveux (2). Les impressions reçues se dirigent, par un courant centripète, de l'extrémité radicale des nerfs à leurs centres réceptifs propres, et de là au cerveau où presque en même temps

(i) M. Valpian a démoDlrè que les nerfs sensibles el moteurs sont iodifféremmeDl conducteurs du ^entiment et du mouvement. (Vny. Leçons sur laphysioL, p. %8i. Paris, Germi-r-Baillière, 1866.)

(2) Voy. Physiol. phil , p. 290, par DuitA>D (de Gros.) Paris Germer- Baillière, 1866.

elfes sont perçues. Les deux iemps 4e «eeUe opénitioDy impressioii et perception, forment la sensation.

Les centres nerveux sont des récepteurs conscients ou en apparence ineonscients des impr^sions ; des iransformàteurs de ces îaipressions en sensations, et, par ces dernières, des propagateurs de mouyemenis ii«rs les nerfs Q)oteurs. Par dessus tout, lis sont encore des orgues fixant en eux-mêmes les sensations, où elles deviennent des idées permanenteç touiovrs jou sauvent actives, oonscientielles ou ineonscientielles. Ge^tte dernière assertion d'un pouvoir psychique, déjà adn^s comn^e incontestable pour le cerveau, est confirmée pour les centres inférieurs, par l'effet dçs réactions qui, en eux, s'opèrent en s'adap-r tani» dans un but déterminé et intentionnel, aux ordres venus d'abord du <;erveau, aiiisj qu'il arrive lors des aoies par habitude ; eile Test encore par les réactions harmoniques ayant Ueu après l'irritation des nerfs sensitifs de la moelle sur un animal privé d'encépbale.

Le cerveau est une masse nerveuse renfermée dans la boite crânienne. Les deux hémisphères dont il est formé sont symétriques et présentent chacun deux substances : i® la grise, privée de sensibilité et composéel^urtout, d'après M. Jacubowiteh, de cellules' de deux sortes jointes entre elles par des fibres, et dont les unes seules sont unies aux fibres nerveuses sensibles, et les autres seules sont unies aux fibres nerveuses motrices ; ^ la blanche, formée de fibres conductrices. Au pourtour est la première : elle est la partie active des manifestations mentales centripètes et centrifuges; les unes et les autres cellules qui la composent et communiquent entre elles, sont à la fois sensibles et motrices. De plus^ cette substance est insensible, ce qui fait qu'aucun effort de penser, ni même aucune simple lésion ne dérange ses fonctions. Au milieu est la s^con^e: elle établit les commimiica|Li<^s de l9 ^ub^tance

grise avec elle-même et avec les auires cencres. Le cerveau, comme récepteur suprême des sensations, comme formateur le plus essentiel des idées et coordinateur des mouvements^ ce qui ne peut avoir lieu que par une action idéale intelligente, nous a paru résumer en lui les fonctions de tous les autres centres.

La substance grise du cerveau, par sa continuation dans les centres inférieurs de Taxe cérébro-spinal dont la composition est identiquement la même, outre rinfluence sur eux de ses fonctions pensantes, exerce aussi en eux et par elles sans doute, une influence régulatrice et excitatrice; elle y équilibre Faction nerveuse de même qu*elle peut en rompre Tharmonic. Chez Thomme, cette puissance à Taide de la pensée comme levier, est absolue dans certaines circonstances : elle va jusqu*à donner la mort ou ranimer la vie lorsque celle-ci parait s*éteindre; mais à mesure que Ton descend Téchelle des êtres, cette puissance diminue, et dans les animaux situés en bas de réchelle organique, chaque centre devient presque indépendant.

Chez rhomme doiïc,. lé cerveau domine à un haut degré les fonctîons intelligeRies et physiologiques des autres centres crâniens et exlra-ci*àniens, ou mieux celles de toutes les autres unités nerveuses. Je dis plus, et la démonstration s'en fera plus loin : ce qui partiellement, dans ces centres et leurs nerfs, peut se passer à part sans lui, se passe aussi toujours par lui, au moins avec une certaine intervention active de sa part. Ils sont dans Terreur, ceux qui soutiennent le contraire. De ce que la vie se prolonge parfois sans le cerveau, chez des mammifères

nférieurs^ des oiseaux, etc., il y a loin de là à la démonstration que, même chez ces animaux, le cerveau n*ait aucun rôle sur les fonctions dites végétatives.

On a comparé le cerveau à Tégard des autres centres

et de leurs appendices à ce qu*est un cocher qui dirige tout un atlelage avec les rênes qu*i! a dans les mains (1) ; ou mieux encore on l'a comparé à un général et ceux-ci à des soldats agissant avec accord sous son influence, pour la conservation de Tétre humain [i) ; celle dernière comparaison, quoique laissant à dire, est la plus juste : c*est un général, mais dont Taclion pénètre officiers et soldats ; il est présent partout, s*il n*cst pas tout : sa puissante autorité s'étend à Torganisme entier, lequel est Texpression exacte de la pluralité dans Tunité.

(1) Woy.Anat. eomp. du syii. nerv, dans ses rapp. avec l'int par Gratiolbt

(1) Voy. Phys, phil., p. 373, par Dubànd (db Gros), et aoss' Pexceileol ouvrage inlilalé : La psych, angl. contemp., par Ribot, p. 97. Pari», Ladrange, iS70. (Extraits de la Phys. ofeommon lift de 6. Lbwb )

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