‹ Ébauche de psychologieChapitre 9 sur 22 · CHAPITRE IIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIÏ

De la motilité.

Condftioos des moayemenU. — Des moaremen» dai\^ les organes de la vie amimale et dans les organes de la Tie yégétalive.

Les iDouvemenis du corps sont les signes en aetkm de la pensée ; ils sont appropriés, soit au but de la tra-^ dulre, soit à eelui de Texécuter.

On les distingue en yolonlaires ou réfléchis ; en involontaires ou irréfléchis. Les premiers sont le plus souvent du domaine de la vie animale ; les seconds appartiennent pour la plupart à la vie végétative.

Pour qu'il y ait production de mouvements, il faut le conçois simultané des systèmes nerveux et musculaires. D*un côté : force nerveuse, impressions, puis sensations et idées ; et pour la possibilité de ces phénomènes, organes des sens, nerfs sensibles, centres nerveux et, définitivement, nerfs de transmission ou moteurs. De Tautre côté : des muscles ou des tissus contractiles attachés pour la plupart à des points d'appui fixes et à des leviers osseux ; ces parties organiques ont la propriété de diminuer de longueur en rapprochant leurs extrémités sous Tinfluence de l'excitation apportée par les nerfs destinés à provoquer en eux des mouvements.

Les mouvements des muscles, etc., en tant qu'ils se rattachent à l'action nerveuse (il n'est pas ici question des mouvements Browniens et vibratiles qui en sont indépendants), ont pour point de départ éloigné les im-

pressions produites sur les extrémités nerveuses des organes des sens, impressions transportées et recueillies en sensations et en idées dans les centres ; mais c*est seulement par les sensations ou les ordres transmis des centres aux nerfs moteurs que les muscles, etc., organes élastiques et passifs entrent en contraction.

Si Ton considère les mouvements dans la vie animale, il est facile de voir qu'ils dépendent : 1® d'une intervention de Tesprity comme ceux qui servent à la mise en rapport avec le monde extérieur, et en ce cas leur exécution se fait avec réflexion ; i? ou ils sont le résultat d'impressions senties, comme ceux que Ton produit en titillant la luette, la membrane pituitaire, etc., et alors ils sont irréfléchis.

i* Au point de vue psychique et mécanique, les premiers mouvements sont les types des autres ^l'idée qui est à leur base n'est autre chose qu'une sensation fixée : seulement ces mouvements, au lieu de se manifester à la suite d'une sensation immédiate comme lorsqu'il y a irréflexion, sont consécutifs à un souvenir évoqué ou à une sensation récente dont on se rend compte ; la pensée qui, au cerveau, en est l'ordonnatrice, est toujours acceptée et interprétée avec ponctualité par les centres secondaires; et, sous son influence, les muscles qu'ils font mouvoir par les nerfs moteurs se contractent avec un ensemble parfait.

Grâce à une éducation antérieure , les centres intermédiaires inférieurs , par ce qui appartient en eux à la vie animale, arrivent souvent, par habitude, à interpréter la pensée cérébrale comme par une imitation propre; et souvent, pendant que cette pensée , dont ils sont devenus les dépositaires, y veille à peine, ils deviennent presque indépendants dans les actes mouvementés qu'ils font d'ordinaire exécuter. Cette indépendance est comparable

à celle des soldats mettant à exécution les ordres de lear chef absent.

^ Entre toute idée réfléchie et reniémorée, cause de mouvements , et une sensation naissante non réfléchie , telle que celle qui est amenée par le chatouillement de la luette, cause aussi de mouvements, il n'existe que cette différence dans les deux phénomènes : à savoir que Tidée remémorée avec réflexion est une sensation qui renaît, tandis que la sensation productrice d'impulsion irréfléchie est une idée qui nait : c'est donc presque la même chose ; d'où il suit que , lorsque un mouvement accompagne la sensation en voie de formation et qu'il est irréfléchi , il est certainement de même nature que le mouvement causé par la remémoration d'une idée réfléchie ; il en est la genèse, pour bien dire, et, avant ce dernier, il en est,4lans l'ordre hiérarchique, un effet peut-être moins bien formulé , mais aussi positif de la pensée.

11 est donc des mouvements analogues aux précédents, mais irréfléchis : ce sont ceux qui, classés parmi les mouvements involontaires , se produisent suriout dans la vie organique sous le nom de mouvements réflexes : ils se rattachent aux centres nerveux secondaires , et , par eux , au cerveau. Accomplis par les muscles des viscères, ils sont réguliers, intermittents dans leurs manifestations, et ils succèdent à des impressions nerveuses senties, différenciées et non éprouvées sciemment au cerveau, impressions qui agissent sur les nerfs moteurs de ces muscles, par l'intermédiaire des centres nerveux inférieurs où elles ont été nécessairement perçues. La certitude de la perception de ces sensations naissantes est admise par les plus éminents psychologues. Pour M. Herbert Spencer (1), le phénomène réflexe est

(1) Voy. oay. cité de Ribot, p. 191 (Ext. de General Synthesis)»

déjà un mode de la vie psychique, et pour M. 6. Lewe (i), il n*est possible qu'autant qu'une sensation est reçue dans un centre inférieur. Mais Taxe cérébro-spinal, par la substance grise ou Timpression sentie se convertit en mouvement, étant en rapport continu avec la substance grise cérébrale, organe où elle est aussi la condition de la transformation des impressions reçues en sensations, puis en idées et en mouvements, nul doute que les sensations prétendues inconscientes de la vie organique ne soient aussi connues au cerveau, dans ce que Ton nomme le sensorium commune ou foyer perceptif commun.

Ce qui porte à le croire, c*est que chez Thomme où les centres inférieurs se confondent plus ou moins, agissent simultanément et sont, dans leurs propriétés, comme absorbés par le centre cérébral, des sensations venues d'impressions sur les nerfs sensibles du grand sympathique, sont transmises au cerveau dans des maladies internes, ou lorsqu'il y a exagération des fonctions physiologiques des viscères ; c'est ensuite que, par remémoration, l'on peut renouveler ces impressions douloureuses pendant le sommeil provoqué; et ce qui le prouve par-dessus tout, c'est encore qu'à l'aide d'une idée formulée dans cet organe important, pendant le même sommeil provoqué, on active ou l'on paralyse à volonté, les fonctions motrices des centres secondaires auxquels président les nerfs moteurs des organes de la vie végétative. Ces mouvements et ces sensations sous l'influence de la pensée auraient-ils lieu, à notre choix, dans les tissus des viscères, si d'habitude, sans que nous le sachions et par l'intermédiaire intelligent du cerveau et de ses appendices, il n'y avait pas en ces points, des mouvements locaux qui répondissent par lui à des sensations locales 7

(1) Yoy. id., p. 885 (Ext. de Phytiol. of cam.).

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Mais si Faetion Ai cerreau pénètre les pieors, et si ces cemres oui, en dernier neseort et en double, leurs propriétés pensantes au eervean, dant en l'absence de cekii-ei chez rhomme, ces foyers secondaires de pensée ne manquent pas d'iaîciatîve, d'accord et d'indépendance, poisqoe le fioetus vil sans cerceau et sans cervelet dans le ventre de sa mère, et présente barmonie de formes et de fonctions. Aussi, éa moment que les actions réflexes ont Mea des nerfs sensibles aux nerfs moteurs sur le tronc d'un animai décapité, dles le doivent à la substance grise de k moeOe, siège de sensations et point de départ de mouvements aussi bien que le cerveau, et j'ose dire même plus, organe d'intelligence. Car, si les centres infiérieiirs n'^aient le si^e de conceptions intdlectuelles fixes, instinctives, veillant avec une consdenee même indépendante à l^r- OKttie des sensations et des mouvements provoqués, tel qu'il arrive dans la déglutition, le péristaltisme, la sécrétion des glandes, etc., ces phénomènes auraient-ils lieu ainsi qu'il arrive aux oiseaux auxquels on a enlevé le cerveau?

C'est indubitable, tout mouvement ne peut être que la réponse d'une sensation ou d'une idée, qu'il soit déterminé d'emblée ou non par le cerveau ou les autres centres : seulement dans les actions, réflexes inconscientes, puisqu'il y a instantanéité entre l'impression éprouvée dans les nerfs sensibles et les mouvements communiqués par les nerfs moteurs, il y a nécessairement irréflexion de même que lorsqu'on agit par instinct. C'est sans doute Tobservation de cette action intelligente des centres inférieurs qui a conduit M. Herbert Spencer à définir l'instinct : une action réflexe composée (1).

On ne peut pas, du reste, ne pas iM^corder, non une

(i) Voy. OQT. citent Hibat, p. 191 (£xt. de Spécial Synth,).

certaioe dose de sensbOhé, ee qui est hors de doate» mais de eonnaissanees ioteDectueDes aux centres inieriears, dès lors que ees centres, dans les actes appris par habitude, fonctionnent avec inleUigenee alors même qu^ils sont dans une indépendance manifeste da eerveaa.

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