CHAPITRE II. — GLISSEMENTS ET ÉBOULEMENTS
On estima, au moment des études, qu'en asséchant une couche de â mètres d'épaisseur, on obtiendrait un résultat satisfaisant, surtout si on complétait le travail en éloignant des terres instables toutes les eaux qui pouvaient y arriver des régions supérieures.
Les travaux furent exécutés en 1887 et 1888. Ils comprenaient :
1® Un seuil en maçonnerie de mortier devant former une tête inébranlable à l'aval de la sortie des drains et empêcher les affouillements par les eaux claires;
9** 2,3 1 a mètres de drains de premier ordre et 7,029 mètres de drains de second ordre;
3^ ii5 regards disposés à intervalles réguliers, de manière à permettre de vérifier le fonctionnement des drains;
4° Un chemin muletier de 3 kilom. 800 pour faciliter l'accès des travaux.
Les drains de premier ordre ont été ouverts à une profondeur moyenne de 2 mètres avec une largeur de m. 70 à la base et de 1 m. 5 en gueule.
Le fond, bien dressé suivant le profil en long du projet, a été pavé en cuvette; puis, sur ce pavage et à une distance de m. 10 de chaque côté de son axe, on a placé des pierres ayant au moins o m. 3o de longueur, o m. do de largeur et o m. 20 d'épaisseur, appuyées les unes sur les autres par leur sommet, de manière à ménager un passage suffisant aux eaux; après les avoir fortement calées, on a rempli le reste du fossé avec des pierres dont les plus grosses ont été placées dans le fond et les plus petites par-dessus, afin de prévenir, en cas d'éboulement accidentel se produisant sur le drain , l'obstruction du passage réservé aux eaux.
Les drains de premier ordre ont tous été tracés suivant les lignes de plus grande pente, afin d'assurer le rapide écoulement des eaux, de faciliter l'entraînement immédiat des petits graviers et du
sable et d'empêcher complètement les infiltrations qui se produisent si fréquemment dans les canaux ouverts latéralement sur le flanc des montagnes. Les pierres remplissant le fossé de drainage assurent, en outre, la stabilité de ses berges, tout en permettant le passage des eaux à travers leurs interstices. De plus, aucun conduit ouvré n'entrant dans la construction de ces drains, on a toujours sous la main et sans frais les matériaux nécessaires pour les réparations, qui peuvent ainsi s'exécuter sans délai et très économiquement.
Les drains de second ordre ont été construits suivant les mêmes principes, mais avec des dimensions réduites. On ne leur a donné qu'un mètre de profondeur moyenne, o m. io de largeur à la base et m. 80 en gueule. Les dimensions des pierres formant voûte pour le passage des eaux ont été réduites à o m. 3o de longueur et o m. 1 5 de largeur et d'épaisseur.
Des regards ont été établis de 2 en îî mètres et à tous les points où des drains de deuxième ordre venaient rejoindre des drains de premier ordre.
Les quatre faces constituant les parois verticales du regard ont été faites en maçonnerie de pierre sèche de m. 20 d'épaisseur et disposées de manière à ménager un vide central carré de o m. 3o de côté que l'on a recouvert au moyen d'une dalle de dimensions légèrement supérieures.
Le chemin d'accès a été ouvert sur une largeur en déblai de 1 mètre, avec une rampe uniforme de i5 p. 100.
En 1888, on avait préparé une pépinière locale destinée à fournir les plants de résineux nécessaires à la création d'un peuplement forestier sur toute la combe.
En 1889, on a commencé le reboisement par la plantation de 5 0,0 00 aunes ou saules appelés à fournir par leur végétation rapide un premier abri au sol.
L'effet de ces premiers travaux a été immédiat et des plus concluants. Depuis 1888, il y a donc douze ans révolus, pas une