CHAPITRE II. ^ GLISSEMENTS ET ÉBOULEMENTS
pierre, pas un caiilou n'a franchi le seuil élevé à la base des drains. Le Sécheron n'a plus débité que de l'eau claire, à peine légèrement trouble au moment des crues. Ce n'est pas à dire, cepen dant, que la stabilité complète de ce terrain, aussi bouleversé, ait été obtenue immédiatement; mais les moiivements qui se sont produits ont toujours été localisés et n'ont jamais eu aucune répercussion sur la masse du glissement et sur le cours du torrent qui y prend naissance. Leur effet le plus sensible a été de couper et de détériorer certains drains, qu'il a fallu rétablir ensuite. Cette situation exige évidemment une surveillance assidue de la part du service des eaux et forêts qui, pour éviter des infiltrations dangereuses, doit procéder sans délai aux réparations nécessaires.
Le plus important de ces mouvements locaux s'est produit en 1897 et a affecté une longue bande de terrain sur la rive droite. Un des collecteurs de premier ordre a été bouleversé. Pour empêcher le renouvellement de cet accident, on l'a rétabli en 1898 sur le terrain stable qui limite le glissement. En admettant qu'un nouveau mouvement se manifeste ultérieurement, on n'aura plus à réparer que les drains collecteurs de deuxième ordre.
L'attention des agents des eaux et forêts s'est naturellement portée sur les causes qui peuvent déterminer ces mouvements, le grand principe du service étant toujours de chercher à remédier au mal, en s'attaquant à ses causes bien plutôt qu'à ses effets.
Malgré des observations précises faites plusieurs fois par an au moyen de profils transversaux piquetés à des distances très rapprochées et repérés de chaque côté sur des points fixes, malgré une surveillance assidue des phénomènes qui se produisent de temps à autre, il n'a pas encore été possible d'arriver à une certitude absolue. Cependant, on est porté à croire que s'il se manifeste quelques glissements locaux, le plus grand nombre des perturbations coiistatées doit être attribué au tassement sur place de l'énorme masse de matériaux accumulés sans ordre et renfermant de nombreuses cavités dues à l'amoncellement des quartiers de roc.
KALX ET FOBiTS. M. KUSS. U
26 BROUlcEMENTS, GLISSEMENTS ET RARRAGES.
En tuèuiç twi|)& que ïwx mskioXwMi en hm éUl le véeeau des diaïus, ou a coiiUuué la piant^tiou de (<»«tes U^ $\vchcm déttudées. Le mélèze^ le pjlu ^ylvesU^e, le piu noir d'Ai»(iricbe, kpÎA à €f(H cheU^ répicc<ik oui élé employée et pièces eibaetjm à rdkîiwl^ qui leur convient.
Les aunes plantés à l'ovine p^re^^aat un (lével^^p^aieftl e^tagéré, qui menaçait dait^tir lea esseibces pli^ préeieuoes d'iœ végétatioa moins rapide,, ock a été> défais \Si^^^ ^lig^ <k pco^ céder à des écloiicies. Elles. soiftt eondijûtes axe^la fim^ graaidk^ prvt- (leuce et de Carçoa à ae j^mmu;^, iateifjroïKkpirei k wa^ h^iâé déjà formé,,
A la Cu de 1^89,9:, la forêt était ire4{oik^i«é^. aw ies>dleujL \mvs iufé]:ieur& du glisseonent, ea voie de reiConsAitiiiiMk sujr let tiers supérieur (}ui , enti^renaieflit planté ^ ne, présentait «epi^aak encore aucun ma(ssi{ par suite d^ lalenteui* det k végétatio». sw u& xevsant élevé, e}q30sé en pLeiu nord et couvert de ueîg:evde!b&iisepteiid»re au 1 5 mai de Qbaque ani}4e..
Le total des dépeu3^^s,. arrêté au 3^1) décembre iiS^^^.,. s'est ékvé à 5 8,54 /i frs 9,7, soit à-eavirott î^,Mo. tk^oiics i)m liiî^atare cfe tewaîa consolidé et reboisé.
lie ^dsemeatde W^xArDwiiA^. — Le^ gli^sem^nte d«i genre du Sécheroa< sont raves. PljU3 généralement, il& se présentent soits forme de combes, d'étendjies. fort ^^iabies, occupant ime portion plus ou moins, considéral^le deabeqges et d^s^ versants qui bordont les torrents en. activité. Ils Q003litu^nJ; presque toujours, à eux seuls, la principale source des matériaux charrié» par ce» torrents, et c est à leur consolidatipn que. tendent la plupart des travaux de correction..
Le torrent de Saint-JuUe»,,- affluent de UArc (Sav,oie),. en offi^ un exemple remarquable, bsii de la pointe du Valloti., à Taititudo de 2,787 mètres^ il a uxiQ Ipugueur totale de près de 10 kilomètres.
CHAFITBR Pï. — GLISSEMENTS ET ÉBOCLEMENTS. 27
SttF les sept premier kiloixiètres, il n'est bordé que par d'immenses escarpements rocheux et en grande partie dénudés à gauche, et par des lierges stables à droite, à peitie traversées, par eudroili, de sorfeees en déeapage.
Mais, au septième kiloi»ètre , A aborde et longe , Sttr uï^e longueur de fihj Hiètres seulement, un veirsant conslil!i»é eivlièrement par de fer terre, au sommet duquel se trouve bâti le vilfege d-e Morrt-I>em8.
Dans ce passage*, la* pente de son lit atteint en moyenne Sa centimètres p« mètre. Avec une valeur aussi ronsidérable, de^affouillements importante devaient se produire , d'awlant plud énergiquement que la rivé opposée (gauche) est constituée par une falaise roeheuse à pev pvès verticale et totalement intiflbuiHiable.'
Avant les travaux dont nous allons parler,- le versavit de Mo**- Denis, rongé par la base, glissait sans cesse et s'éboulait par morceaux s«<^cessife qui disparaissaient, entraînés^ par le tiorrent.
A la suite d'observations portant sur près de dix années, il fut eoAstaté que ce seul glissemenl fom*mssait 76 p. 100 des matériaux charriés per le Sain^Jtulien. La correction du torrent dépendait donc presque e^refcimvemeiit de la consolidation de cette masse instable.
E)'u4ie surface totale rfen^viron* 90 hectares, le glissement de Mont-Denis s'avaflce* de près^de 700 mètres dans les terres. Sa pente atteint en moyenne 60 p. loo*. ST)n point le plus élevé est à Taltit-iide de 1 ,4 00 mètres et sa base agio mètres.
H est dominé, et pour ainsi dire prolongé, par un immense versant à pentes relativement douées, très bien gazonné et irrigué sur la majeure partie de sa surface par le canal de la Biaillière. A son extrémité inférieure, k l'altitude de 1,6/io mètres, ce canal laissait se perdre son excès d'eau qiii venait tomber directement au milieu du glissement de Mont-Denis. Comme, par sa disposition, il servait de collecteur aux eaux pluviales de toute la région supérieure, ses apports considérables contribuaient dans une large mesure à activer l'instabilité du terrain. De plus, ouvert dans un
sol sablonneux, il donnait lieu en tout temps à de nombreuses infiltrations dangereuses.
Il fut donc décidé, dès l'abord, de maçonner toute la partie du canal qui dominait le glissement, puis de prendre, à son extrémité, les eaux en excès et de les conduire aussi rapidement que possible au torrent de Saint-Julien, au moyen d'un canal spécial également maronné dans ses parties perméables et dont le tracé reposerait entièrement sur un sol parfaitement stable.
Ce premier travail fut exécuté dès 1891. Le type adopté pour la section du canal fut une portion d'arc de cercle en maçonnerie de pierre sèche, avec des ressauts de 20 centimètres de hauteur, rapprochés de façon que la pente du radier ne dépassât jamais 1 5 centimètres par mètre.
La dépense s'éleva à 4,i58 francs.
Il devenait possible, dès lors, d'espérer que le glissement prendrait une assiette définitive, si on empêchait les érosions le long de sa base. La forme du terrain et la nature du roc qui constituait la berge gauche s'y prêtant admirablement, on s'arrêta, après de minutieuses études, à l'idée de dériver le Saint-Julien par un canal souterrain creusé entièrement dans le rocher. Cette solution fut considérée comme la plus rapide, la plus complète, la plus sûre et même la moins coûteuse à donner au problème proposé.
Le canal fut percé pendant les années 1896 et 1896.
On trouvera dans une notice spéciale due à M. l'inspecteur adjoint Mougin, tous les détails des études entreprises à celte occasion, et l'historique complet de la marche des travaux.
Il nous suffira de rappeler ici que la galerie souterraine fut ouverte suivant une direction rectiligne avec une pente uniforme de i5 p. 100, et qu'elle présente la forme d'un tunnel de chemin de fer à deux voies. Son débouché mesure lili mètres carrés. Sa longueur totale est de 900 mètres; enfin, son orifice inférieur domine de 82 mètres le lit du Saint-Julien.
Un barrage de dérivation ferme complètement l'ancien lit à