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CHAPITRE II. — GLISSEMENTS ET ÉBOULEMENTS

Au 3i décembre 1899, ces clayonnages existaient entre les barrages 1 et l^ s et 2^, 3 et 3*, 3^ et 4*, et les plantations étaient termiaées sur les atterrissements des barrages 1, i\ i^, s, â^ <î^ 3, 3\ 3^ 3*^ 3^\ 4, 4\ /i^ ainsi que sur les berges les avoisinan t.

Bien que ces travaux ne soient pas encore complets et qu'il faille envisager qu une période de six à huit ans sera indispensable pour les terminer, on peut cependant considérer le glissement du Vernet comme définitivement consolidé dès à présent

Les travaux exécutés dans le lit principal ont d'ailleurs été accompagnés par la correction des affluents les plus importants du Nant- Trouble, Sans vouloir entrer dans le détail, ce qui nous écarterait trop du sujet tout spécial que nous avons en vue, nous croyons cependant devoir relater encore ce qui a été fait dans le Naut^de^rArête, parce qu'il s'agissait là aussi d'arrêter un glieK sèment.

Le bassin de réception de ce petit torrent était formé par une combe entièrement enherbée, mais remplie d'eau et tout entière en mouvement. Des crevasses nombreuses indiquaient le glissement assez lent, mais continu, qui se produisait dans la masse. Avant de se précipiter dans le couloir rocheux et escarpé qui le conduit au Nant^Trouble, le Nant-de-l' Arête se divise en deux branches qui se rejoignent ensuite en enserrant entre elles un îlot constitué par un affleurement de schiste assez résistant.

Un barrage fut construit dans chacune de ces branches; chacun de ces ouvrages devant servir de base à la correction est entièrement encastré dans le roc.

En 1897, un second échelon fut construit à l'amont de chacun d'eux et, la base des terres instables se trouvant dès lors à l'abri des affouiliements, on put, dès 1898, procéder au drainage de toute la superficie. Ces drainages se composèrent essentiellement de 3,700 mètres de drains de deuxième ordre et d'une rigole pavée, à ciel ouvert, servant de collecteur et venant déboucher sur la cuvette du barrage n"* 1 .

Le montant total des travaux exécutés dans le Nant-Trouble et ses affluents s'élevait, au 3i décembre i899,à2 53,ooo francs, et on ne peut guère estimer à moins de 100,000 francs, les ouvrages restant à faire.

Conclusions sur les glissements. — Les trois cas que nous venons d'examiner, et qui ont donné lieu chacun à un travail de restauration spécial: drainages, dérivation et enfin barrages, représentent les trois espèces auxquelles il est presque toujours possible d'assimiler un glissement en montagne. Si on veut bien remarquer que tous les exemples que nous avons choisis se rapportent à des glissements étendus, en pleine activité et d'une consolidation particulièrement difficile, on en conclura que les moyens mis en œuvre, et qui ont donné des résultats complets, agiront avec au moins autant d'efficacité dans presque tous les autres cas, généralement moins ardus qui se rencontrent dans la pratique.

Il est cependant encore une situation que nous devons signaler. Il peut se faire que les terres en mouvement au lieu d'aboutir dans le fond du ravin n'y arrivent qu'après une chute sur une berge rocheuse, c'est-à-dire que le plan de glissement se trouve situé à une certaine hauteur au-dessus du fond du lit. Gomme toujours, il est indispensable, là encore, de maintenir la base du glissement; aucun barrage ou mur de soutènement ne pouvant résister à la poussée qui s'exercerait normalement sur lui , le plus simple paraît être d'obtenir l'exhaussement du lit du torrent par une série d'ouvrages superposés, de façon à atteindre, avec les atterrissements successifs, le niveau du plan de glissement.

On rentrerait alors dans un des cas précédemment examinés.

Ainsi que nous l'avons exposé précédemment, les glissements provoquent souvent des éboulements. Presque toujours ceux-ci s'arrêtent d'eux-mêmes, quand on arrive à fixer les terres en mouvement.

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