CHAPITRE IL — GLISSEMENTS ET ÉBOULEMENTS
Les éboulements. — Caractères génératix. — Mais il n'en est pas de même quand Téboulement tient à la constitution géologique, à la disposition des roches, et surtout quand il affecte une étendue considérable de terrain. Pour mettre un terme aux dégâts qu'il occasionne, on doit intervenir avec vigueur.
Nous en rapporterons deux exemples principaux : l'ébouleraent d'Arbin , sur lequel on nous permettra de nous étendre quelque peu, en empruntant les principaux renseignements que nous fournirons à la notice rédigée par M. l'inspecteur adjoint Mougin, qui a dirigé les travaux, et l'éboulement du Bec-Rouge, qui affecte le torrent du Nant-de-Saint-Glaude, commune de Sainte-Foy (Savoie).
Dans tous les éboulements que nous avons été appelé à étudier, la situation peut se caractériser d'une façon générale par l'effondrement brusque d'un versant de montagne, recouvrant de débris de pierre et de terre les terrains situés en aval et y détruisant toute végétation. De cette substitution d'un versant dénudé, recouvert de terres ameublies à un versant précédemment boisé ou gazonné, résulte une propension considérable au ravinement et par suite à la formation de laves désastreuses; quand, en outre, le pied de l'éboulement est sapé par un torrent, les terres éboulées ont toujours une tendance prononcée au glissement.
De là, deux natures de travaux distinctes.
Dans le premier cas, on cherchera à éviter les ravinements, en établissant sur la surface de l'éboulement une série de rigoles pavées ou de drains de deuxième ordre, destinés à canaliser les eaux de pluie et à les empêcher d'affouiller. On procédera , le plus rapidement possible, au gazonnement et au reboisement de toute la surface.
Dans le second cas, lorsque le pied de l'éboulement est sapé par un torrent, le premier travail à entreprendre sera d'établir dans le lit de ce torrent une série d'ouvrages de correction, de barrages destinés à éloigner le cours des eaux du pied de la berge instable et à relever le profil en long, de façon à permettre à cette berge de
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pieodre ooe pente d'équilibre. Ce résultat dotoms^ i f estera à e)béeoter les laèsmet travaux que cetui ^oe Béas Yei»>n3 de détoilier pouF k premier cas..
On eomprendr» que ee pr^amme, si sîmpie à indiquer dans ses grandes lignes, com^p^^rte dans lai pvaliiqiie de nombreuses diffieultés et qs'il soit presqjue touJMnr» uëeessaire de reeourir à des travaux accessoires. 0» en prendra m« i^e par la description détailiiéa de VAenàem&aA. d' ArbioL.
L'ébùukmmt dÀrM». — Lé itk mai fS^fy une masse énorme de terre et dé roebers^toB[l]Mlîé sKvec foaeas, doi versant Sud-Est de la luontegne de la Roclie>'du-«6aety et renaît s^arrèter k qu^ques mèlores à peine du viiiag^e^ d'Arbin.
liU Roche-'dut'Guet, mtinée dans le* département de h Sai^e, acroadissement de Chambéry, apparti^it àt cette lotfgue bande rocheuse^ idvmée de trois ehaînes principales parallèles, qui, partant du Vercorsr s^ eonitiaueiit par la €hdrtreuae et les Bauges pour se terminer dan» le Faucigny à lat vallée de l'Arve;
Leur direction générale est dui sud^^uest au nord^est
Les terraîns^ qui constituent ie plus ordînaîremeut ce long massif appartiennent au Crétacé inférieur,, principal^nenft aux étages urgonien etnéocomien; les sommets sont parfois^ formés de calcaires d«s type» Sénonien et Aibiem
La montagne da la Rociie-*du«*Guet, appelée aussi montagne de kl Tliuile, du nom d'uni petit village situé sur son versant Nord, est uiii éperon avancé enbe la vallée du Grésivaudan et celle du lac dui Bourget
Les versants Sud-Est et Sud-Ouest, qui regardent l'Isère, sont Ibrt abrupts^ (l^ur pente dépasse parfois loo^ p. lo^o) et ils sont siirmontt^s par une faiaîse absolument à pic,^ de- r oo ài 1 6«o iliètires de- hauteur. Cette assise dé la montagne est constituée par des caloaires- blancsy compacts, à Requimmor-Aminofûa: Itens ses parties basses^ et moyennes, partout oili on pperçoit le rocher, sa surface
CHANTRfi IL — GLISSEMENTS ET ÉkOULEHERTS. 39
offre d^ oihdli^tki» très iioiic€&^ p<^e& «mune ^s utârbre par ractiou (lu grand glacier des Alpes.
ht se4, d'épûsaetikir inégale^ se cotopoee de petite» pierrailies , pi'iMliiiît deki déM^galîoii de k £dLaiser d'ancMU» dépôts- glaeiaires et. de gros» Uoc^ptoweriiUht ptobaUeuMiit. de k dâslœatioa et de la ekttte d'iAoe f^f tie du kaat iroebeiu supétieiif .
Le sMftioet de U Roekt^ur&fteA se trémie à i^sto mètres aoidessuâi du aiveaiu. de la mes^ et W poaiL du ebevutt de fer de Paris à Tuxwpaur le Mofti-Cettid, jieté sur le ekemiE de graoftde eonuxuiaîeatîoQ b^ t^ de CJbanhéty à AlWtville^ à 3oo mètres^.
Depuis le village d'Arbin (àtei nirètres) jyus^uà 55o mètres d'altiitttde^ le sot est eett^ert de. «uJAures^ de veirger» et surtout de vi^^ft dettidnt usi Mm estinité dans k légiiMi; fma^ vieuit im maigre taijyy» de clhèiM» oeyés^ djans^ uiOt océaft de buis s'étendâtat jusqu'au pied même de la falaise calcaire.
La |«iite: dii taijytiâ^ est asses. uuiJbrme;. il fau4. cependant noter udi petiib piaAtam, »tiié à 3e e- mètirea. euvireiii aui-desaous du semfiiftii^ ^na L'eUi ap^lk W SorpkL ïVaftè» k tradition, ce serait à> cet eadcek <|ue ËUiurii IV et Sdlly, eu i6oq> et piuâ tard, k uacécbaij ds Cailinal lAÎnreojt établi» «ks« batiierie» fousi bembarder et réduire la foctec^se de Mei3iiiftéiiaH9i. Qui^i €[Ukii etti aeîit, ii ne re^e a>ujf(Huid'hui atuieuaa temn de fbrtificaikiii;. k i^égétaHiou Carestîjèr(^ ai tant, euiHahir,. et les retcanckeiaents eli k sentks q^ui y couduisaiL.
Avant Téboulement, le eoukir de» Sœurs^ suî^vaii k ligpâ de piitts gjL^ande pente y deseendait de Ue^émité Ësti diii Soc]^ et s'étendaitljuâq^Là Tenti^ée ménoiedu village- d'Anbiiii, focmant à peu piiàs>le tbaiw.eg d'une cembe très évaaée, oïLjaiUissaîtiàj 885 mètoes* d'aiiil;udfi une source désignée: sojus TappeUatioa^ de PierrerGombet (pierre où L'on boit).
La majeure partie du bois appartieni^ à^kaornoiuiie de Moolané^ liaa, k reste est di.¥isé entre (^eiquea propriétaires* padicjiiiers.
léSb eommutta d'Acbia compte^ /u8â liabitaais;. son tenritoine %ab
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presque entièrement enclavé dans celui de Monlmélian, qui l'ejH serre de trois côtés.
Dès 1799, un glissement ou un éboulement de terrain s'était produit au milieu de la forêt communale de Montmélian, dans la combe du versant Sud-Est de la montagne de la Roche-du-Guet. Toutefois, le dommage fut assez restreint et l'amas des matériaux s'arrêta à la limite supérieure des cultures et des vignes. Peu à peu , le chêne et le buis reprirent possession des éboulis et, sauf une légère excroissance en bas du bois et une combe peu profonde vers le plateau de Sorplat, rien ne pouvait faire soupçonner un mouvement du sol d'époque récente.
Le souvenir même du phénomène commençait à s'effacer, et c'est à peine si quelques vieillards se rappelaient en avoir entendu faire mention jadis par leurs parents. Rien d'ailleurs ne faisait présager une nouvelle catastrophe.
Tout à coup, le 16 mai 1891, vers 7 heures du soir, les habitants d'Arbin, attirés hors de chez eux par un bruit formidable, virent une masse énorme de terre et de rocher se détacher de la montagne, rouler avec une vitesse grandissante, s'étaler sur l'emplacement des cultures et des vignes, et s'arrêter enfin à 5 00 mètres seulement des premières maisons.
Dans les environs du point de départ de l'éboulement, on voyait nettement la roche en place, polie, qui avait servi de plan de glissement. Au-dessus de cet affleurement, des traces d'humidité marquaient l'emplacement de la source de Pierre-Gombet, et indiquaient nettement que les eaux étaient loin d'être étrangères à l'accident.
Les choses demeurèrent en cet état jusqu'au mois d'août, et l'émotion causée par le phénomène était déjà apaisée, l'éboulement n'inspirait plus aucune terreur, si bien que les propriétaires commençaient à débarrasser leurs vignes des blocs et des pierrailles qui les avaient endommagées.
Malheureusement, les 21 et 29 août 1891, un orage très violent, suivi d'une pluie diluvienne éclata sur la région. La combe.