‹ Éboulements, glissements et barragesChapitre 20 sur 29 · CHAPITRE IL — GLISSEMENTS ET EBOULEMENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL — GLISSEMENTS ET EBOULEMENTS

dation et de restauration, il fallait permettre l'accès de la combe, tant à l'entrepreneur et à ses ouvriers, qu'aux agents de l'Administration chargés de la direction et de la surveillance.

Il n'existait en effet, dans les bois communaux de Montmélian, qu'un étroit sentier escarpé, souvent interrompu par les ronces et les rejets du taillis et sans communications avec les chemins des Galloudes et de Mollard-Portier, desservant le cône d'éboulis.

Le chemin de MoUard-Portier, avec des rampes assez fortes, se rapprochait beaucoup du sommet des cultures et il suffisait de quelques lacets pour l'amener à la lisière du bois. Ce tracé fut adopté; le chemin rectifié fut prolongé avec une pente de 1 5 p. i oo et une largeur de i m. 5o jusqu'à la rencontre de l'ancien chemin forestier. Celui-ci, ramené à une pente plus régulière, devint un chemin muletier, aboutissant au plateau de Sorplat, après un parcours de 8,128 mètres.

Un sentier nouveau , ayant o m. 76 de largeur et 1 5 p. 1 00 de pente, fut ouvert à partir de ce plateau et, passant au-dessus de l'éboulement, vint par plusieurs lacets toucher le côté gauche de la combe et rejoindre le chemin de Mollard-Portier, après avoir traversé le cône de déjection. Divers autres sentiers perdus permirent l'accès des pépinières ou des falaises abruptes de la berge droite. Ouverts en 1892 et 1898, leur développement total atteignait 6,070 mètres.

Les éboulements continuels qui se produisaient dans la combe ne permettaient pas de s'y aventurer sans danger et il eût été de la plus extrême imprudence d'y installer un chantier. Aussi dùt-on se résoudre, dès l'abord, à précipiter les matériaux instables et à taluter la berge droite trop escarpée. Ce travail dangereux fut exécuté par des ouvriers suspendus à de longues cordes, qui seules les empêchaient de rouler dans l'abîme s'ouvrant sous leurs pieds. Le cube total des matériaux ainsi déplacés pendant les années 1892 et 1898 s'est élevé à 17,559 mètres cubes.

Los travaux de fixation proprement dits commencèrent immé-

Ii6 ÉBOULE^fENTg. GLISSEMENTS ET BARRAGES.

diatement après. Il importait tout d'abord d'arrêter les infiltrations provenant des précipitations atmosphériques et de capter les sources dont les eaux détrempaient le sol, en augmentant sa densité et en facilitant le glissement sur le plan incliné et lisse constitué par la roche en place.

Ce résultat a été atteint en ouvrant g5i mètres de drains.de premier ordre ayant i m,5o d'ouverture en gueule, o m. 70 de largeur au fond, ^ mètres de profondeur moyenne et t.Bgd mètres de drains de second ordre, dont les dimensions principales étaient o m. 80 d'ouverture, o na. ko au fond, 1 mètre de profondeur moyenne. Ces fossés étaient munis, à la partie inférieure, d'un pavage de o m. 10 d'épaisseur minin^a, disposé en forme de cuvette. Afin d'éviter qu'ils ne fussent comblés et mis hors d'usage par la chutQ de leurs parois terreuses, on a pris soin de les remplir de pierres de toutes dimensions, les plus grosses dans le fond, en ménageant un passage pour faciliter l'écoulement des eaux.

Dans la partie moyenne de l'éboulement, jusqu'à l'origine du cône de déjection, on a établi des drains d'un troisième type, à dimensions réduites, le but de ces fossés n'étant plus de capter des sources, mais simplement de recueillir les eaux atmosphériques avant qu'elles aient pénétré dans le sol nu et encore meuble. Ces drains n'ont que m. 5o de profondeur; on en a ouvert 2,39/1 mètres pendant l'année 1898.

Les drains de premier ordre suivent la ligne générale du thalweg de la combe; ceux de deuxième ordre, installés dans les berges, suivent les lignes de plus grande pente locales. Ils se greffent sur les premiers drains sous un angle plus ou moins aigu et sont disposés comme les nervures d'une feuille. Des regards établis de distance en distance permettent de vérifier le bon fonctionnement du système et la quantité d'eau qui s'écoule.

Enfln, à l'origine amont du cône d'éboulis, un grand fossé collecteur, ayant les dimensions d'un drain de premier ordre, et disposé en plan suivant la forme d'un V très ouvert, reçoit toutes

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