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CHAPITRE II — GLISSEMENTS ET ÉBOULEMENTS

les eaux amenées des régions moyanne^ et supérieures pour les déverser au sommet de son aagle dans le chenal ouvert au milieu des déjections.

Ce chenal» presque rectiligne et dirigé du nord au sud, présente, sur une longueur de 65o mètres, des pentes excessives atteignant et dépassant même loo p, «oo. Les eaux rencontrant ensuite un plateau à faible pente formé par les éboulis, se jettent vers lest par un coude brusque et gagnent le bord oriental du côae qu elles suivent jusqu'au chemin des Galloqdês. Lancées librement sur un lit formé de matériaux meubles à pente excessive, elles Taffouillaient profondément et venaient ensuite déposer dans les vignes bordant le bas du c6ne i les boues et les pierrailles arrachées sur leur parcours.

Pour remédier à ce fâcheux état de choses, on établit en iSgS, dans la portion du chenal naturel présentant les inelinaisons les plus fortes I 18 barrages rustiques de q m. 5o de hauteur totale sur Taxe, Les chutes ainsi créées eurent pour effet de réduire la vitesse d'écoulement et la puissance d'affbuillenient des eaux, en même temp^ que les atterrissements des barrages jouaient le rôle de cales vis-à'*vis des deux berges meubles. En certains endroits oi!i le lit naturel n'était pas assez profond • on dut creuser un lit artificiel, d'une longueur totale de i5o màtres.

Au lieu de laisser les eaux divaguer sur le eône d eboulis et menacer ensuite les propriétés situées à lest, un canal rectiligne fut ouvert de main d'homme, sensiblement dans le prolongement du chenal, supérieur et vint aboutir au chemin des Calloudes. Ce canal , d'une longueur de 336 mètres, a 1 mètre de largeur au fond, une profondeur minima de 1 m. 3o et des talus inclinés h àb degrés.

Gomme on pouvait encore craindre un affouillement du lit nouveau, ^k seuils en pierre sèche y furent installés'; et poui^ empêcher les eaux de reprendre leur ancien cours, l'origine du canal fut munie d'un perré en pierre sèche de m. 5 d'épaisseur, de 6 mètres de longueur et de même débouché qu« le canaL Les

déblais provenant de Texécution de cet ouvrage furent jetés dans Tancien lit, de manière à rendre impossible tout retour des eaux.

Tous ces travaux furent achevés en 1896; depuis lors, on n'a exécuté aucun nouvel ouvrage de correction ; on s'est borné à entretenir les ouvrages existants.

Pour arriver à s'affranchir de cet entretien coûteux et pour obtenir des résultats définitifs dans la consolidation du sol , il fallait couvrir d'un manteau de végétation toute la surface de l'éboulement. Aussi, dès 1892, a-t-on exécuté dans la partie supérieure de la combe des semis de graines fourragères. Malheureusement, le succès n'a pas été aussi complet qu'on eût pu l'espérer; les sécheresses exceptionnelles de 1892 et 1898 ont détruit toutes les lignes herbacées du côté gauche de l'éboulement. Celles de la berge droite, exposées à l'est, mieux protégées aussi par les taillis de chêne qui les dominaient, sont encore en bon état aujourd'hui et, par la dissémination naturelle de leurs graines, étendent de plus en plus un tapis de verdure au milieu des surfaces arides et désolées.

En 1895, de nouveaux enherbements ont été exécutés sur une superficie de 8 hectares, dans la partie moyenne de l'éboulement; ils ont bien i-ésisté en général.

En même temps, on effectuait des plantations de résineux, pins sylvestres et pins à crochets, et de boutures de saule et de peuplier.

Ces plantations, poursuivies de 1898 à 1899, ont porté sur 96 hectares et ont donné lieu à l'emploi de 67,000 pins sylvestres, 68,000 pins à crochets, i5,ooo boutures de saule et i5,ooo boutures de peuplier.

En 1896 et 1896, on a parcouru le cône d'éboulis, soit environ la moitié des surfaces à traiter; la réussite a été presque complète. Les jeunes pins de cette époque ont actuellement une hauteur de 3o à 60 centimètres; la pousse de 1899 a atteint 90 centimètres. Quant aux boutures, elles ont trouvé dans la masse terreuse , encore un peu meuble, la fraîcheur nécessaire et ont prospéré avec une

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