CHAPITRE IL — GLISSEMENTS ET ÉBOULEMENTS
telle vigueur, qu'il n'est pas rare de trouver des rejets élancés de 3 mètres de haut et plus encore.
On peut donc espérer que dans peu d'années, la plaie béante ouverte dans le flanc de la montagne de la Roche-du-Guet aura disparu complètement et que seul un vigoureux peuplement, mélange de feuillus et de résineux , marquera la place des éboulements de 1799 et de 1891.
Dès 1898, d'ailleurs, tout transport de matériaux a été arrêté et le village d'Arbin s'est trouvé, grâce aux travaux exécutés, à l'abri des graves dangers qui le menaçaient. Le résultat obtenu a été des plus complets et des plus rapides, et ne laisse prise à aucune inquiétude.
La dépense totale des travaux de toute nature s'élevait, au 3 1 décembre 1 899 , à 37,736 francs, chiffre bien faible si on le compare à l'importance des dégâts causés par le premier éboulement et à l'importance bien plus grande de ceux qui étaient imminents.
Uéboulement du Bec-Rouge. — L'éboulement d'Arbin , ainsi qu'on l'a vu, n'aboutissait pas à un torrent, et par suite, sa consolidation était relativement aisée.
Il n'en est pas de même de l'éboulement du Bec-Rouge, commune de Sainte-Foy, arrondissement de Moutiers (Savoie), que nous citerons comme exemple du deuxième cas, alors que la base des matériaux éboulés est sapée par un torrent.
D'après les anciens du pays, le versant Ouest de la montagne du Bec-Rouge (ou montagne de la MoHuire) était autrefois recouvert par une belle forêt d'épicéas, et le sommet, situé à 2,5 00 mètres d'altitude , présentait l'aspect d'un petit plateau rocheux de 5o mètres de longueur sur 80 mètres de largeur environ.
Les bancs de roche éruptive , dont cette montagne est formée , étant disposés à peu près verticalement, il en est résulté que les eaux provenant des pluies et surtout des neiges se sont infiltrées entre leurs plans et que, sous l'action du gel et du dégel, il y a eu
xpansion qui s'est manifestée d abord à la surface par des cre*
; séparant les bancs les uns des autres.
aque année, ces crevasses ou fentes se sont agrandies, en
) temps qu'il s'en produisait de nouvelles, et cette situation a
jusqu'au moment où, l'équilibre étant rompu, les bancs infé-
I se sont séparés de la masse et ont été précipités jusque dans
Tent du Nant de Saint- Claude, qui coule à la base de ce
it.
ïst au mois de mai 1877 que se manifestèrent les premières
s de blocs.
s témoins de ce phénomène racontent encore aujourd'hui, avec
imotion communicative , le spectacle effrayant auquel ils ont
s bancs de rochers, cubant quelquefois plusieurs centaines de is, se détachaient tout à coup de la montagne et se précipi- ; dans le versant, dont la pente est d'environ 80 p. 100, avec itesse toujours croissante.
ns leur parcours du sommet à la base de la montagne, ces , se divisant en blocs et en fragments de toutes grosseurs, proient par leurs chocs réciproques un bruit terrifiant.
moins d'une semaine, tout le versant Ouest du Bec-Rouge iiné de fond en comble, et finalement recouvert par la masse ne de matériaux qui se détachaient de la montagne. s cultures du hameau du Miroir furent recouvertes de blocs; maisons furent détruites, et les habitants épouvantés durent her un refuge dans les localités voisines, pendant, cet éboulement ne changea pas tout d'abord le rédu torrent du Nant de Saint-Claude, les très gros blocs ayant une force d'impulsion suffisante pour arriver jusque dans son ais peu à peu, les dépôts s'accumulant les uns sur les autres, ;d de l'éboulement s'étendit et finit par atteindre jusqu'au it lui-même. De plus, ainsi que nous l'avons déjà constaté au
d'Arbin, des ravinements considérables se produisirent sur