CHAPITRE PREMIER. — TRAVAUX DE RESTAURATION
obligé de recourir à des ouvrages en bois qui , exposés à des alternatives fréquentes d*huniidité et de sécheresse, ne résistent pas assez longtemps pour permettre la constitution d'un abri protecteur.
Le principe des travaux de correction dans ces combes ne semble guère pouvoir être modifié. Il consiste essentiellement à maintenir dans le fond des ravins toutes les terres provenant du décapage superficiel, à y implanter une végétation forestière touffue qui, interceptant elle-même le passage de tous les matériaux, doit permettre aux plantations successives de s'élever progressivement jusqu'aux crêtes, en reposant toujours sur une certaine épaisseur de sol ameubli.
Dans ces terres noires, les fascinages, n'ayant rien produit, ont été remplacés par des clayonnages en branches de saules tressées au printemps ou à l'automne sur de gros piquets. On espérait que la végétation des saules serait assez active pour suppléer, au moment venu, à la disparition inévitable des piquets. Là encore, les résultats ont été des plus incertains, sinon totalement négatifs. On a enfin essayé de garnissages en branches dont l'effet, bien qu'avantageux dans certains cas spéciaux, ne parait pas devoir conduire à la solution générale du problème posé.
On ne peut guère songer à construire des ouvrages en pierre, les matériaux , qu'il faudrait amener de fort loin, et souvent sur des rampes excessives, devant atteindre des prix hors de proportion avec l'importance des combes de terre noire à corriger.
Peut-être pourrait-on utiliser la roche non délitée, en l'exploitant sur place , l'employant de suite et la recouvrant d'un enduit qui la mette à l'abri du contact de l'air. Elle serait, dans ces conditions, susceptible de résister fort longtemps et rendrait peut-être tous les services qu'on est en droit d'en attendre. C'est un essai à entreprendre; nous le recommandons à la bienveillante attention de nos jeunes camarades.
Quoi qu'il en soit, la question qu'il inq)orle d'élucider pourrait
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être posée dans ces termes : (fDans las combes de terre noire, comment maintenir d'une façon définitive et pratique dans le foud des ravins, tous les matériaux provenant du décapage superticiel?^
Parties d'un bassin de réception à comprendre dans un périmètre de restauration. — Enfin il arrive très souvent, presque toujours même, que Ton se trouve en présence de cas moins bien tranchés que ceux que nous venons d'examiner.
Ce sont des bassins de réception dont le sol , en majeure partie dénudé, est cependant entrecoupé de touffes de gaxon qui peuvent être plus ou moins denses et plus ou moins volumineuses, de façon à présenter toutes les transitions entre la pelouse complète et Tari*dite totale.
Ces terrains constituent les montagnes pastorales proprement dites exploitées pour entretenir le bétail en été.
On comprend que suivant l'état de la végétation qui les recouvre, ils soient soumis à un décapage plus ou moins intensif. En principe» quand ils alimentent un torrent dangereux, ils devraient presque toujours être englobés dans un périmètre obligatoire, de façon qu'il soit possible d'y installer la forêt, qui seule est capable d'empêcher une concentration trop rapide des eaux.
En pratique, il est indispensable de resti*eindre le ])érimèlre pour l'accommoder aux nécessités de la vie pastoi^ale. Rien ne prouve d'ailleurs que, dans un avenir peut-^être rapproché, les conditions économiques venant à se modifier, les propriétairos n offriront pas eux-mêmes la cession à l'Etat de tout le bassin considéré. L'expérience faite depuis une vingtaine d'années est très cou* cluante à ce point de vue et permet tous les espoirs. Cette conséquence inattendue de l'application de la loi du & avril 1 88si en commanderait à elle seule le maintien, dans ses dispositions géné« raies relatives à la constitution des périmètres obligatoires de res* tau ration.
Ainsi donc, chaque fois que le doute semblera possible sur la