CHAPITRE PREMIER. — TRAVAUX DE RESTAURATION
nécessité de comprendre certaines surfaces dans un périmètre, tranchons la question en faveur de la négative et attendons. Si à la suite des premiers travaux ou d'une aggravation des dégâts, ces mêmes surfaces apparaissent comme absolument indispensables pour obtenir la correction du torrent considéré, on pourra toujours, en fin de compte, procéder à une re vision du périmètre primitif et on sera d'autant mieux armé alors pour démontrer l'existence d'un danger fié et actuel, qu'on aura l'expérience des travaux déjà entrepris et d'observations poursuivies pendant plusieurs années.
Action des eaux dans les bassins de réoeption. — Dans toutes les parties stables, c'est-à-dire sans glissements de ces montagnes pastorales, les seules que nous envisagions pour l'instant, les eaux superficielles se rassemblent rapidement et creusent « au moment des crues, des ravins qui, d'abord à peine perceptibles, ne tardent pas à augmenter d'importance au fur et à mesure qu'augmente le volume des eaux.
On connaît, par les publications de nos prédécesseurs, toute la puissance d'aiïooillement que prennent ces eaox, d'abord claires ou à peu près, accumulées dans les ravins sur des. pentes exces^ sives. Nous n'avons pas à revenir sur cette question, aujourd'hui parfaitement élucidée.
Il nous sufiira de constater que leur action se résume en un affouillement suivant le profil en long, c'est-à-dire un abaissement progressif du lit, d'où résulte une augmentation de hauteur des berges et un élargissement incessant des profils en travers du ravin dont les talus doivent nécessairement prendre la pente d'équilibre et, par conséquent, s'ébouler à mesure que s'accroît leur hauteur.
Cette double action , affouillement du profil en long et éboulement des berges, met en mouvement les premiers éléments importants du charriage des matériaux.
Il importe d'y remédier tout d'abord. G*est donc par cette région supérieure qu'on commencera la correction d'un torrent et il
1^2 EBOULEMEMS, GLISSEMENTS ET BAKRAGES.
sera de toute nécessité de la comprendre dans un périmètre obligatoire.
Travaux de correction dans les bassins de réception.
— H est évident que dans toutes les parties où le sous-sol rocheux a été mis à découvert, il n'y a qu'à laisser les choses en état. Tout au plus devra-t-on, dans certains cas spéciaux, procéder à des défenses de rives au moyen de quelques gros blocs disposés au pied des berges et assez volumineux pour résister par leur propre poids à tout entraînement par les eaux.
En général, la roche n'apparaît pas dans ces ravins de montagne qui sont presque toujours creusés dans la terre mélangée de pierres et de pierrailles.
Leur profil est d'ordinaire fort évasé et le lit relativement large. Le but de la correction doit donc être uniquement de s'opposer à l'affouillement, sans chercher à obtenir un relèvement du lit parfaitement inutile. H suffit, pour y parvenir, de construire quelques barrages rustiques entièrement en pierre sèche, de l'un quelconque des types déjà connus que l'on pourra d'ailleurs modifier à son gré. Dans le sens du profil en long, ces barrages pourront être disposés à une vingtaine de mètres les uns des autres, quand la pente ne dépassera pas 3o p. loo. On pourra les éloigner davantage avec une pente plus faible, et il sera, au contraire, nécessaire de les rapprocher dans des pentes plus fortes.
Quand le lit sera suffisamment large (6 à *jo mètres, suivant l'importance du ravin) , ces ouvrages seront établis sans hauteur, c'est-à-dire que le milieu de leur couronnement sera, au parement amont, exactement au niveau de ce lit.
Ils constitueront alors simplement une série de points fixes qui opposeront un obstacle absolu à la modification du profil en long. Ils serviront en même temps par leur couronnement à guider les eaux et à les éloigner du pied des berges qui seront préservées de toute érosion.