CHAPITRE U. — GLISSEMENTS ET EBOULEMENTS
L'éboulement est en général représenté par un amas de rochers ou de terres qui se détachent à un moment donné de la montagne avec laquelle ils faisaient corps et s'écroulent en niasse pour venir s'entasser au pied du versant qu'ils dominaient.
Il est évident que si les conditions sont favorables, l'écroulement passé, ils resteront immuablement fixés dans leur nouvelle position; mais si, au contraire, le sol qui les supporte est en forte pente, si leur base est exposée aux érosions des torrents, ils pourront parfaitement glisser en masse et, par suite, donner naissance à un glissement.
Inversement, un glissement se propage généralement de bas en haut et, quand il est important, il peut mettre à découvert des masses rocheuses désagrégées qui, manquant alors de point d'appui, s'effondrent en donnant naissance à un éboulement.
Ainsi donc, malgré le lien fréquent qui les unit, nous distinguerons ces deux phénomènes : le glissement et l'éboulement.
Pour qu'il puisse y avoir glissement, il faut qu'une masse de terre ou de roche désagrégée repose sur un lit imperméable de roche ou d'argile, en pente suffisante et sans aspérités importantes. Les eaux se trouvant arrêtées à la rencontre de la couche imperméable, servent de lubrifiant, en même temps qu'elles saturent la couche supérieure; celle-ci peut, dans ces conditions, prendre une consistance semi-fluide qui facilite son mouvement.
On peut donc çonchue quen pnncipe tout glissement peut être enrayé, puisqu'il suffit d'empêcher les eaux d'arriver en quantité suffisante jusqu'au plan de glissement (lit imperméable) ou même de les recueillir sur ce plan de glissement, de façon à ne pas leur permettre de saturer la masse des matériaux instables.
Des travaux de cette nature sont entrepris chaque fois que les intérêts en jeu sont suffisamment importants et qu'il ne s'agit que d'arrêter des glissements de faible étendue. Mais on concevra sans peine qu'en montagne, là où l'épaisseur de la couche en mouvement atteint souvent 5o et même loo mètres, où sa longueur peut être
usieiirs kilomètres et sa largeur tout aussi grande, le prix de nt des galeries de drainages suivant le plan de glissement, et lant leurs ramifications dans toutes les directions serait hors 'oportion avec le résultat à atteindre. En outre, les difficultés cution seraient souvent si considérables, qu'on ne trouverait ^tre aucun moyen pratique de les surmonter.
1 a donc dû se résoudre à chercher des solutions différentes de estion, suivant les cas particuliers qui se présentaient, ms en examinerons quelques-uns, tout en ne reprenant dans li a déjà été publié que les renseignements indispensables à étude.
) glissement du Sécheron. — Le glissement du Sécheron tué sur le territoire de la commune de Le Bois, canton et idissement de Moutiers, département de la Savoie, a son origine à 1,611 mètres d'altitude, à l'extrémité d'une )e allongée qui sépare la vallée du Doron de celle du torrent I. La base, qui se trouve à 868 mètres d'altitude, est proe par un torrent qui se joint à l'Isère en face d'Aigueblanche, ote de 660 mètres.
sommet du Sécheron est occupé par des rochers escarpés et s en éboulementsur une hauteur de 1 02 mètres, de sorte que sse eu mouvement ne commence qu'à l'altitude de 1,609 i^^tres.
longueur est d'environ 1,200 mètres et sa pente moyenne m. 53 par mètre. Elle a une largeur de 200 mètres, ce qui )nne une superficie de 26 hectares.
profondeur des terres instables est trop considérable pour )ir être mesurée exactement, mais l'examen des lieux et l'inson des bancs rocheux environnants permettent de l'évaluer ou tio mètres au moins en moyenne.
adoptant le minimum de cette estimation, soit 3o mètres, la j des terres en mouvement dépasserait encore 7 millions de îs cubes.