‹ Ecchymoses Sous-Pleurales: Modes de Production - Importance Médico-LégaleChapitre 11 sur 19 · RE · texte numérisé non relu

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Dans le ventricule gauche, petits caillots fibrineux ; l’endocarde, la valvule auriculo-ventriculaire, les valvules sigmoïdes de l'aorte sont sains. Mêmes constatations dans le cœur droit. Ni rétrécissements, ni insuffisance d’orifice ou de valvule.

Les poumons pèsent ensemble 2620 gr. Ils crépitent au sommet et à la base, pas aux parties moyennes. Le lobe supérieur gauche, soufle sommet, sur une étendue de deux travers de doigt est de consistance dure. Il en est de même du lobe supérieur et du lobe moyen du poumon droit. C’est surtout la par= tie qui correspond aux deuxième et troisième côtes qui est dure.

Au point de vue du poids spécifique, on note la surnatation des deux sommets, l'immersion de fout le reste des deux lobes supérieurs et celle du lobe moyen du poumon droit. Tous les fragments pris en divers points donnent le même résultat. A la coupe, les parties antérieures, jusque vers le centre, sont atteintes d'hépatisation grise, s'étendant jusque vers le point correspondant à la courbure antérieure des côtes. Tout le reste est atteint d'hépatisationrouge, où d’un mélange d’hépatisation grise et d'hépatisation rouge.

La trachée et les bronches sont pleines de spume.

D. — La cavité est ouvert par une incision continuant celle du thorax et allant aboutir au pubis, en passant à gauche de l'ombilic.

Pas de péritonite.

Estomac petit et vide, à muqueuse saine. Intestins vides et normaux. Vessie contractéce el vide.

Le foie est congestionné ; il pèse 1650 gr. ; la vésiculé biliaire contient un peu de bile.

La rate, un peu molle, pèse 120 gr., elle ne présente pas d'altération.

. LPS dE:

Les reins sont trilobés, sans lésions ; le droit pèse 170 gr., le gauche, 140 gr.

À l'ouverture du crâne, rien à signaler. Le cerveau est de couleur et de consistance normales ; il ne présente ni congestion, niépanchement ventriculaire, ni hémorragie, niramollissement. Les méninges sont aussi normales. Les coupes de l’organe montrent son intégrité. En somme, rien dans les cavités crânienne et abdominale qui ait pu jouer un rôle important dans la mort de M...

E. — C'est dans la cavité thoracique, et, plus spécialement, dans les poumons, que sont les lésions significatives, celles qui

suffisent à expliquer la fin de M... Etces lésions, nous allons

montrer si elles relèvent du traumatisme subi par l’homme dont l’autopsie vient d'être relatée.

Un premier point se dégage nettement de l'examen du cadavre : c’est la large ecchymose dont la présence a été constatée en pleine poitrine. Par son étendue, elle fait déjà pressentir la violence du traumatisme dont elle a étéla conséquence. Or, au-dessous de la peau, l'infiltration sanguine fuse au loin, dans les interstices musculaires, attestant l'abondance relative de l’hémorragie, abondance d'autant plus notable qu'aucun vaisseau important n’a été lésé.

La fracture du sternum a dû exiger l'application d’une grande violence. La position de cet os, ses points d'union lâches et élastiques avec les côtes, lui permettent une assez grande mobilité. Enfin, la luxation des articulations de quatre côtes confirme de plus en plus cette idée d'une compression excessivement violente.

Je pense, en effet, que c’est plutôt d’une compression que d'uu choc qu'il s’agit ; et cette compression a dû s'exercer de telle sorte que la partie antérieure et la partie postérieure de

: la poitrine étaient rapprochées l’un de l’autre par l'effort. Un

choc, pour si violent qu'il fût, aurait pu, à la rigueur, fracturer

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le sternum, mais à une condition, c'est que la poitrine de Ja victime fût immobilisée en arrière. Dans d’autres conditions le résultat de la violence aurait été la chute de M... et non un désordre aussi important.

Il est done probable que le blessé, couché sur le dos, était immobilisé dans cette position. Le sol ou toute surface résistante aurait alors joué un rôle de fixateur et de point d'appui de la résistance. On comprend de cette façon que l’agresseur ou l’un des agresseurs ait pu, en appuyant son genou sur le sternum, exercer une compression suffisante pour le fracturer et pour produire les luxations chondro-costales. Mais, je le répète, la force employée a dû être peu commune, et il ne serait pas étonnant qu’elle ait nécessité la collaboration de plusieurs indi. vidus.

Une autre raison, bien probante aussi, c'est la présence, à la surface des poumons, au voisinage des luxations, d’une part, d'une grosse ecchymose, résultat immédiat de la compression d'une côte ; d'autre part, des taches ecchymotiques sous-pleurales, qui sans avoir la signification absolue qu’on leur attribuait jadis, indiquent cependant l'arrêt plus ou moins subit, en tout cas rapide, de la respiration. Il y a donc eu, vraisemblablement, un certain degré de suffocation,

Arrivé au terme de cette discussion étiologique, il nous est donc facile d'expliquer les lésions pulmonaires révélées par l’autopsie. À la suite de ce violent traumatisme, les points sousjacents à l'application de la violence ont réalisé une pneumonie traumatique, qui s’est propagée de proche en proche, amenant progressivement la gêne respiratoire, le défaut d'hématose, et enfin la mort.

La pleurésie gauche, d'origine traumatique également, a joué un rôle effacé dans ce dénouement.

La gêne pulmonaire a provoqué mécaniquement de la stase du coté du cœur droit et de la circulation dans la veine cave

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AT inférieure, d'où la congestion passive signalée dans le foie. F. — De cet examen et de cette discussion se dégagent

les conclusions suivantes :

1° Les lésions constatées à l’autopsie du cadavre de M... (fracture du sternum,luxation des quatre articulations chondrocostales, pneumonie et pleurésie traumatiques) sont certainement le résultat d’une grande violence exercée sur le thorax de cet homme ;

2° ]l est vraisemblable que la victime était couchée sur le dos au moment du traumatisme. Dans tous les cas, le dos du blessé devait reposer contre un corps ou un plan résistant ;

3° La violence a dû produire une compression extrême et d’une certaine durée pour expliquer la présence d’ecchymoses sous-pleurales ;

4° La mort a été la conséquence du traumatisme ; elle ne ne peut être attribuée à un accident.

OBSERVATION Il (Rapport médico-légal établi par M.le Professeur Sarda)

et dû à l’obligeance du docteur Ardin-Delteil

Présence d'ecchymoses sous-pleurales dans un cas de fracture de la base du crâne

Je soussigné, docteur en médecine, chargé du cours de médecine légale à la Faculté de Montpellier, commis par ordonnance de M. Brousse, juge d'instruction, à l'effet d'examiner le cadavre du nommé Louis S..., 18 ans,manœuvre;,’ renversé le 46 courant, vers 6 heures du soir par un véhicule conduit par l’inculpé X..., de décrire les blessures apparentes ou cachées qu'il porte, en procédant à l’autopsie, et d'indiquer les causes de la mort, et si elles doivent être spécialement attribuées aux blessures produites par le choc du véhicule conduit

LA: 2 par X..., serment préalablement prêté entre les mains de ce magistrat, me-suis transporté, le 18 mai, à Cette, pour y procéder, à l'hôpital Saint-Charles, aux constatations ci-dessous :

A. — Le cadavre est celui d’un adolescent in peu grêle,

d'apparence chétive. Rigidité cadavérique. Lividité aux parties déclives, le corps étant dans le décubitus dorsal. Abdomen verdâtre. Cheveux courts, châtain foncé ; yeux noirs, ainsi que les cils et les soureils. De la bouche ct des narines s’écoule un liquide sanguinolent. Le cuir chevelu présente une plaie dans sa moitié gauche. Cetteplaie, à direction irrégulièrement reeliligne, s'avance en arrière, part de la racine des cheveux, en haut du front, et se dirige vers le sommet de la tête ; à son niveau, le cuir chevelu est décollé sur une assez. grande étendue ; elle occupe en longueur une étendue de 11 cent. 17/2. Les bords en sont nets, recouverts de sang coagulé, écartés l’un de l’autre de 1 à 3 cent. Elle a l’aspect général des plaies contuses. Au-dessous, le crâne est couvert de sang coagulé. La pression n'y fait pas constater d'écartement des parties osseuses. À côté de l'œil gauche, large escarre, du diamètre d'une pièce de 2 francs, entre l'œil et l'oreille ; une autre éscarre, plus petite, siège en avant du conduit auditif externe. A la dissection de la peau, on reconnait que ces escarres forment la paroi externe de deux petites poches à contenu huileux.

B. — Le cuir chevelu enlevé, la calotte crânienne parait tout d’abord intacte ; mais en disséquant la région temporale gauche pour faciliter le passage de la scie destinée à détacher la voûte crânienne, on aperçoit un trait de fracture, sans écartement n1 enfoncement des fragments, commencant tout à fait sur les limites de la région temporale, un peu au-delà de la ligne courbe temporale,à 2 cent., environ de la suture temporopariétale.Cette fracture se dirige tout d’abord d'avant en arrière etde haut en bas sur l’écaille du temporal, puis se coude bras-

ar ONER PES

MOTORS

quement pour descendre vers la fosse zygomatique. Ces premières constatations achevées, la calotte crânienne est détachée par un trait de scie circulaire. On aperçoit alors, entre la dure-mère et l’écaille du temporal, un caillot volumineux de sang, qui a décollé la dure- mère, et qui se prolonge, le long du bord antérieur du rocher, jusque vers le trou déchiré antérieur. Le décollement de la dure-mère s'étend jusqu'à ce niveau. Pour procéder à ces dernières constatations, il a fallu enlever le cerveau. Le caillot enlevé, on retrouve au-dessous de lui la fracture de tout à l'heure, qui traverse l'étage moyen de la base du crâne, parallèlement au bord antérieur du rocher et à quelque distance de celui-ci, gagne la selle turcique, qu'elle traverse, envoie un prolongement sur la lame quadrilatère du sphénoïide, qu'elle détache à la base, séparant ainsi les deux apophyses clinoides postérieures du reste de l'os, et se continue dans l'étage moyen du côté droit, pour se terminer au niveau de la base du rocher de ce côté. Dans la fosse occipitale droite ,se trouve une félure de ? centimètres environ.

Le cerveau est, à sa surface, sillonné de veines gorgées de sang. Les coupes pratiquées dans l'organe montrent partont un pointillé rouge, résultat d’une congestion intense et d'hémorragies capillaires.

C. — La bouche est pleine de sang noir, ainsi que la partie supérieure de l’æsophage. Kestomac contient un demi-litre environ de sang et de liquide stomacal.

Le larynx, la trachée, les grosses bronches, ne présentent rien d'anormal.

La plèvre droite adhère dans toute sa moitié supérieure à la paroi costale. Le poumon droit est un peu congestionné au sommet. Le poumon gauche présente, à la base, en avant, de larges taches ecchymotiques très peu profondes (1/2 millim.) Il est, par ailleurs, normal. Le péricarde est vide etsain. Le

LE 1708 cœur, petit, vide de sang, ne présente aucune lésion ; l'aorte est grêle : les gros vaisseaux sont normaux.

Le foie, la rate, les reins, l'intestin, la vessie ne sont pas

altérés.

D. — La fracture si étendue du crâne suffit à elle seule à expliquer la mort rapide de S ... Cette fracture fa été le ré-

sultat de la compression exercée sur la surface osseuse par un corps contondant, dont l'application a dû se faire un peu ‘ obliquement. La roue d’un véhicule a bien pu produire semblable accident, si, comme il est probable, le blessé a été projeté à terre.

Cette fracture a été suivie d’une hémorragie provenant probablement de la lésion de l'artère méningée moyenne, dont le résultat est le caillot décrit ci-dessus. La compression exercée sur les centres nerveux par cet épanchement, somme toute abondant, dans une cavité inextensible comme la ca-

vité crânienne, a dû Jouer le rôle principal dans la mort des... te muqueuse de l’arrière-pharynx, immédiatement et intimement accolée à l’apophyse basilaire fracturée et à la face inférieure du corps du sphénoïde, a été déchirée au niveau même de la fracture, d'où la présence du sang dans la pris che, l’æsophage et l’estomac.

La congestion du sommet du poumon droit n’a pas pu jouer un rôle quelconque dans la mort du blessé. Il en est de même des taches ecchymotiques de la base du poumon gauche, qui ont succédé probablement à une compression du thorax, laquelle n’a pas laissé de traces extérieures.

E. — En conséquence je crois pouvoir conclure : 4° La blessure du crâne révélée par l’autopsie a été la cause de la mort de Si:

2° Il est certain que cette fracture a résulté de la compression, sur la tête du blessé, d’un corps contondant lourd ;

3° La roue d'un véhicule me parait RÉEL apte à produire une lésion de ce genre.

ni cé :

NCDE. QUE EXPÉRIENCES SUFFOCATION = £ -GENRE ÉTAT ÉTAT = | ANIMAUX OBSERVATIONS = DE MORT LES POUMONS DU COEUR 1 I Présence d’un| Ils sont congestion-| Sang noir, ds corps étrangerinés sur les bords ; on|pas de caillots. Chien dans les voiesres-|[ne remarque qu’une 4 kilogr. 300 |piratoires (Epon-|ecchymose surle bord Exp. pers. ge). Mort en 15|postéro-inférieur du minutes. poumon droit. Après insufflation, faite une % heure après, une deuxième ecchymose apparaît sur le bord inférieur du poumon gauche.

9 II Application d'un! Poumons très ané-| Rien de par- ; masque de poix|miés ; pas de taches, |ticulier. Chien |devant les orifices|même après insufflapoids : 3 kil.ides conduits aé-|tion faite deux heures Exp. pers. riens. Mort 6|après.

minutes.

3 III Obstruction des] Présence d'ecchy-| Rien de par-| L'asphyxie a été Chien orifices aAériens|moses nombreuses|ticulier — Pas/accompagnée de poids : 10 kil.|par un linge. —|très nettes sur les|de caillots. convulsions vio- Exp.pers. |Mort : {2 minutes.|poumons, aux bords lentes. 10 juillet. inférieurs surtout,

Expériences faites dans le but de rechercher le moment où se produisent les ecchymoses

Expérience IV

(Personnelle. — 12 juillet)

Lapin, poids, 4 kilog 500 grammes.

Saffocation par oblitération des orifices respiratoires à l'aide d'un linge.

4 minutes après, l'animal, ayant traversé les diverses phases de l’asphyxie, est pris de quelques convulsions indiquant une mort prochaine (3° stade de l’asphyxie).

Nous enlevons l'obstacle et pratiquons la respiration artificielle. Le lapin, quelques minutes après, recouvre tous ses mouvements, les fonctions redeviennent normales. Nous sectionnons la tête à l’aide de forts ciseaux.

. À l’autopsie, les poumons msufflés présentent des ecchymoses ponctuées, de la grosseur d’une tête d'épingle. d’un rouge vif. On les observe sur les deux surfaces externe et interne des deux poumons ; on en voit à la base.

Cœur. — I bat encore au moment de l’autopsie, il continue à battre 10-minutes après l'avoir détaché du thorax. A l’ouverture, le sang est noir mais nous ne trouvons pas de caillots.

Expérience V (Personnelle. — 12 juillet) Cobaye, poids, 600 grammes.

Suffocation par l'oblitération des orifices respiratoires à laide d’un linge.

ee.

Deux minutes après, l'animal est pris de mouvements d’ins- piration brusques, saccadés (2° stade de l’asphyxie). Nous enlevons alors l'obstacle et nous pratiquons la respiration arlificielle : la respiration redevient normale, les battements du cœur réguliers. Nous sacrifions l'animal par section brusque de la tête au niveau de la partie supérieure du cou à l’aide de forts ciseaux.

A l’autopsie, la surface des deux poumons est parsemée de taches ecchymotiques rondes, très nettes, très régulières, d’un rouge vif, plus foncées au centre qu’à la périphérie. Sur le lobe supérieur du poumon gauche, se trouve une plaque- marbrée composée de petites eechymoses se confondant par leurs bords et occupant les 2/3 inférieurs de la surface interne du lobe.

Expérience VI

(Personnelle. — 13 juillet)

Cobaye, poids 500 grammes :

Même genre de mort que précédemment. Nous attendons, comme dans l’expérience V, que se manifestent les phénomènes caractéristiques du deuxième stade de l’asphyxie, c’està-dire les inspirations brusques et saccadées ; ce que nous observons environ 90 secondes après le début de l'expérience.

L'obstacle est enlevé, respiration artificielle, section de la têle.

À l'autopsie, présence de taches ecchymotiques sur les deux poumons.

Expérience VII

(Personnelle, — 15 juillet)

Chien, poids 8 kilogs.

Le chien effectue presque aussitôt des mouvements ins-

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