‹ Ecchymoses Sous-Pleurales: Modes de Production - Importance Médico-LégaleChapitre 7 sur 19 · CHAPITRE Hl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Hl

La première théorie en date pour expliquer la formation des ecchymoses sous-pleurales est la théorie respiratoire. Lorsque, dans le cours de l’asphyxie, les puissances musculaires persistent à produire la dilatation du thorax, ie vide créé dans la poitrine ne peut plus être comblé par l'entrée de l’air et c'est le sang, qui, à chaque inspiration, se précipite avec force dans le vaisseau pulmonaire. Cette violente irruption est la cause des ruptures vasculaires.

Cette théorie, longtemps en faveur, ne peut être admise aujourd'hui. Des expériences nombreuses ont montré que les ecchymoses peuvent ne pas se montrer au moment des inspirations ; ce n’est donc pas le vide intra-thoracique qui est la cause de la production de ces lésions.

D'après une autre théorie, dite circulatoire, les ecchymoses s’observeraient toutes les fois que « la force propulsive du cœur est diminuée, toutes les fois aussi qu’il y a un obstacle au cours du sang, soit dans les veines pulmonaires, soit dans l’aorte » (Tardieu). Or, si, à l'exemple de Descouts et de Grosclaude, on pend un chien, en laissant libre la circulation générale, ce qu'on peut obtenir en passant la corde entre la trachée et la colonne vertébrale, on trouve cependant des ecchymoses sous la plèvre.

D'autre part, si on provoque la mort par asphyxie et hémorragie d’une façon quelconque, ou par hémorragie seule, on peut ne pas rencontrer les taches de Tardieu.

Cette théorie circulatoire n’est donc pas satisfaisante : toutefois, elle nous amène à parler du rôle de la fluidité du sang dans la produelion des ecchymoses.

Cette question a été sinon résolue, du moins très bien étudiée par Corin. |

Corin part de ce principe que ces lésions sous-pleurales sont d'autant plus fréquentes que le sang est plus fluide, et il compare les ecchymoses observées chez l'homme avec celles observées chez le chien. Dans le premier cas, elles sont plus nombreuses, plus nettes ; dans le second cas, elles sont plus rares, plus pelites, et 1l attribue ces différences à la qualité du sang qui, chez le chien, se coagule plus vite que chez l’homme.

« J'ai fait, dit-il, chez le chien, le chat, le lapin, plus de 150 asphyxies variées, (pendaison, strangulation, garotte, submersion, etc.; et jamais je n'ai pu, chez eux, à moins de précautions particulières, obtenir ces beaux semis d’ecchymoses punctiformes ou lenticulaires qu’on observe chez l’homme. » Il ajoute qu'il ne s’agit pas là d'un vice de forme puisque, à l'exemple de Legroux, ila insufflé les poumons et que ses résultats ont été les mêmes en pratiquant l’autopsie quelques minutes ou quelques jours après la mort.

C'est dans la qualité du sang qu'il cherche l'explication de ce fait: « La coagulation plus rapide constatée chez le chien, le chat et le lapin est la cause de la rareté des ecchymoses sous-pleurales visibles chez ces animaux. Les déchirures vasculaires peuvent être aussi nombreuses el aussi importantes que chez l'homme, le sang se coagule trop vite pour permettre à l'épanchement de devenir abondant ».

Pour confirmer cette théorie, Corin fait des expériences sur

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