‹ Ecchymoses Sous-Pleurales: Modes de Production - Importance Médico-LégaleChapitre 8 sur 19 · FT NT EN DC · texte numérisé non relu

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des chiens auxquels il injecte une solution de peptone pour rendre le sang moins coagulable, el il arrive par l’asphyxie à produire chez cet animal d'aussi fortes ecchymoses que chez l’homme ou, tout au moins, des ecchymoses bien plus nombreuses et plus visibles que chez un chien ordinaire.

La théorie séduisante de Corin nous a engagé à refaire ses expériences : nous avons pris à chiens {expériences XIV, XV et XVI) auxquels nous avons fait une injection de peptone dans la jugulaire (chacun reçoit 0,20 centigr. par kilog. de peptone de Witte de Rostok ; solution à 1 p.100).

Nous avons fait chez eux l’asphyxie par suffocation, ainsi que le rapportent plus loin nos expériences, et, à l’autopsie, tous ont présenté des ecchymoses sous-pleurales, mais en petit nombre : le premier en avait 5, le second T ou 8 ; nous avons noté, chez celui-là, des convulsions violentes au cours de l’asphyxie ; letroisième en avait une seule.

Ainsi, ces expériences n’ont pas donné les beaux résultats de celles de Corin : au lieu de les multiplier dans les mêmes conditions, l’idée nous est venue de nous servir d’une autre substance anticoagulante, l'extrait de sangsue, qui a l’avantage de n’exercer aucun effet sur la pression sanguine, au lieu que la peptone l’abaisse sensiblement.

Les expériences portent sur 3 petits chiens (éxp. XI, XI et XIIT), auxquels nous avons fait une injection préalable d’extrait de sangsue, (21 têtes de sangsues dans 42 centimètres cubes d’eau salée à 7 p. 100).

Nous employons le même genre de mort que pour les trois chiens précédents, l’asphyxie par suffocation :

Chez le premier (application d'un masque de poix sur les orifices respiratoires), nous trouvons deux ecchymoses seulement ;

Chez le second (introduction d'un corps étranger dans les voies aériennes), on n’en trouve qu'une seule ;

Chez le troisième enfin, on en voit deux.

Ces ecchymoses étaient toutes absolument typiques, rondes. régulières et de la grosseur d’une tête d’épingle, mais on voit que, sous le rapport du nombre, nous n’obtenons pas les résultats de Corin. |

Nous n'avons, pour nous en convaincre, qu'à jeter les yeux sur toutes les autres expériences se rapportant à l'asphyxie par suffocation; ces expériences nous apprennent que, dans ce genre de mort, sans injection préalable d'une substance anticoagulante, les ecchymoses sont tout au moins aussi fréquentes qu'après injection.

Il faut dire, pour être juste, que nous n'avons pas fait l'insufflation pulmonaire, mais les laches qui existaient étaient si nettes, si visibles, que nous avons cru pouvoir nous dispenser de cette opération.

Aussi, sommes-nous aulorisé, semble-t-il, à conclure que la fluidité du sang ne joue qu’un rôle bien minime dans la production des ecchymoses sous-pleurales.

Nous préférons accepter la théorie d'après laquelle la mort serait due à un spasme nerveux. Dans l’asphyxie mécanique, le sang ne peut plus s’oxygéner, 1l devient noir et se charge d'acide carbonique ; l’acide carbonique est un excitant du bulbe qui transmet son irritation aux pneumogastriques et aux nerfs bulbaires. Cette irritation amène une contracture puis une paralysie des vaisseaux, et la production d'ecchymoses chezles victimes s’expliquerait ainsi.

Cette théorie nerveuse, jointe aux théories respiratoire et circulatoire, expliquerait, d’après Wenzinger, tous les cas de production d'ecchymoses ; mais il est un point de la question très intéressant, celui de savoir à quel moment elles se produisent.

Brouardel à fait, à ce sujet, avec M. Descouts, des expériences {très Ingénieuses.

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La plus typique est la suivante : « Nous avons pris un chien vigoureux, dit Brouardel, nous avons pratiqué une fenêtre à la paroi latérale du thorax, laissant apercevoir la plèvre viscé-

rale (vous savez que la plèvre du chien est très blanche et cette blancheur même nous donnait une netteté d'observation absolue) ; puis, nous avons appliqué brusquement sur la figure du chien un masque de poix. Le chien se défendait, faisait des efforts inspiraloires considérables, la plèvre restait blanche ; puis, tout à coup, en une seule fois, elle se couvrait de taches et cela au moment précis où commence le second stade de l'as. phyxie, c'est-à-dire la contracture respiraloire. Nous avons répété les expériences, nous les avons variées en étranglant ou en pendant les chiens, le résultat a toujours été identique.

Le moment de l'apparition des ecchymoses sous-pleurales et

sous-péricardiques est celui qui précède immédiatement la mort ».

Les résultats de nos expériences ne concordent pas absolu. ment avec les données de Brouardel.

Avant d'entreprendre cette étude, il convient de se rappeler le mécanisme de la mort par asphyxie et, en particulier, par suffocation.

L'individu, chez lequel, pour une raison ou pour une autre, vient à se suspendre l’acte de l’hématose, exécute presque immédiatement des mouvements dyspnéiques, &’est-à-dire des mouvements inspiratoires rapides et forcés.

Vers le commencement de la seconde minute, ces mouvements inspiratoires sont remplacés par des mouvements plutôt expiratoires accompagnés de convulsions ; et après une grande expiration suivie d'inspiration, le sujet perd connaissance, la mort est apparente.

C'est ce qu'on peut nommer le premier stade. Au bout d’une minute, environ, commence un second stade, caractérisé par des mouvements d'inspiration, mais brusques el saccadés;

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les inspirations forcées se succèdent par petites séries, s'éloignent les unes des autres, leur intervalle durant quelquefois une minute et la mort survient après quelques convulsions ultimes ordinairement toniques au début, puis se terminant par une contracture tonique. C'est le troisième stade. le second ayant été marqué par la reprise des mouvements inspiratoires brusques et saccadés. Telle est la marche générale de l'asphyxie ; il estévident qu'elle peut être modifiée suivant l'intensité de la force qui s'oppose à l'arrivée de l'air et le degré de résistance du sujel.

Ceci posé, nous pouvons passer à nos expériences. Nous avons employé, pour étudier cette question, une autre méthode, moins élégante et peut-être moins mathématique que celle de Brouardel et de Descouts, mais capable cependant de fournir des données assez précises :

Elle consiste à sacrifier les animaux en expérience à différentes périodes de l’asphyxie et particulièrement de l’asphyxie par suffocation, où l’on rencontre le plus communément les taches ecchymotiques ; le genre de mort employé est très rapide, 1l consiste à sectionner le cou. Et, d'abord, il importait d'établir que cette mort traumatique n’est pas susceptible de provoquer la formation d’ecchymoses. Deux expériences furent faites sur deux cobayes témoins, la section du cou fut pratriquée chez ous les deux ; à l’autopsie, les poumons étaient congestionnés, mais il n y avait d’ecchymoses. Il fallait aussi éviter toute hémorragie ; pour cela, un lien passé à l’extrémité thoracique du cou était fortement serré à l’instant même où se pratiquait la section:

Voici quels sont les résultats de nos expériences :

Le premier animal (expér. IV), est arrivé au troisième stade de l’asphyxie ou stade des convulsions ultimes.

Le deuxième et troisième (exp. V et VI) ont atteint le second

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stade, celui des inspirations brusques et saccadées, et l'asphyxie a été immédiatement interrompue.

Chez le quatrième et le cinquième (exp. VII et VIIT), nous n'avons observé que les phénomènes asphyxiques caractéri sant le premier stade, c'est-à-dire les inspirations rapides et forcées de la première minute, suivies des mouvements expiratoires qui précédent la mort apparente.

Enfin le sixième et le septième (exp IX et X) sont sacrifiés : l'un après 60 secondes d’asphyxie, l’autre après 30 secondes : chez le premier on ne remarque que les inspirations forcées du début, chezle second les mouvements respiratoires sont à peine modifiés. 4

Ces expériences, au nombre de T, ont donné des résultats positifs, tous les animaux ont présenté à l’autopsie des ecchymoses sous-pleurales.

Nous avons donc le droit d'affirmer que ces lésions peuvent se produire dès les premiers temps de l’asphyxie, pendant le premier stade et au début de ce stade, en ce qui concerne du moins la suffocation.

CHAPITREIV

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