‹ Echappé de la potence [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 29 · FEES EE · texte numérisé non relu

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troupes, reçurent des coups de feu et furent blessés. Un patriote, du nom de François Chouinard, fut tué. Un autre, du nom de Charles Pouliot, autant que je puis me rappeler, qui se sauvait avec un enfant de quatre mois dans ses bras, fut aussi tué et l’enfant grièvement blessé. La femme de Chouinard a reçu quelques secours, mais l'enfant, qu’elle supportait, n’a Jamais rien eu.

J’arrivai chez mon père le 9 au soir, tard.

Quand je l’avais laissé, il y avait au plus huit jours, je ne pensais pas y revenir sitôt et sous de pareilles circonstances. A mon départ, je me voyais armé bientôt de pied e.

cap; épée au côté, pistolets à la ceinture et bonne carabine au bras ; et voilà qu’au bout de huit jours je rentrais, non-seulement désenchanté et revenu de mes illusions,mais dans un danger imminent d’être arrêté et....., qui sait...... peut-être pendu ! car enfin, si je ne l’ai pas été, ça n’a pas été la faute de ceux qui étaient chargés d’exécuter les vengeances du gouvernement. Je ne leur fais certainement pas d’injustice en disant qu’ils onteu la plus sincère envie de me voir danser sur autre chose que mes pieds.

Je passai une nuit fort peu tranquille, et le peu de sommeil que je pus prendre fut fré-

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quemment interrompu par des soubresauts que me causait l’idée que quelqu'un mettait la main sur moi pour m’emmener, Je me levai vers deux heures et demie du matin, et descendis en bas, mais mon père avait encore moins dormi que moi, et fumait silencieusement près du poële :

—Eh bien ! me dit-il, après le plaisir vient la peine! Qu'est-ce que tu vas faire à présent ?

—Je ne serais pas fàché de le savoir !

—Tu vas certainement être arrêté !

—Peut-être vont-ils se tenir tranquilles ! Je n’ai pas tant fait, après tout !

—Comment, tu n’as pas tant fait? Mais y penses-tu ? ‘Tu as organisé les comités, tu étais capitaine d’une compagnie, tu t’es battu à Odelltown, tu as couru les campagnes pendant six semaines avêc une bible pour assermenter les patriotes ; et tu dis que tu n’as pas tant fait! Al: bien, je te dis, moi, que tu en as fait bisn plus qu’il n’en faut pour...... tu comprends...... et une larme coula lentement sur la joue pâlie du vieillard ! Mais se reprenant de suite :

Allons , allons, bonhomme ! se dit-il à lui-même, pas de faiblesse, c’est la part des

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femmes, cela ! plus l’adversité est forte, plus il faut regimber contre...

Tiens, Félix, j'ai plus pensé que dormi, cette nuit, dit mon père, [l ne peut rien sortir de bon d’une folie comme celle-là. A de pareils jeux on risque toujours sa tête, et la tienne ne tient pas beaucoup à tes épaules, aujourd’hui! Ça, c’est sûr! Tu sais bien d’ailleurs, que ce coquin de M...,.. net’aime pas. Tu es sur sa liste, à présent! La journée ne se passera pas sans qu’on vienne ici voir si tu yes! Si on te trouve, tu es ur homme mort. C’est inutile de se flatter, c’est comme Ça. Ainsi...see

A ce moment, nous voyons entrer précipitamment un de mes amis du village qui, avant de m’apercevoir, dit à mon père :

Que Félix ne reste pas ici. une minute ; parce qu’il va être arrêté. Puis, m’apercevant derrière mon père !

—Va-t-en, va-t-en tout de suite, me dit-il, M...... vient de donner l’ordre de venir te chercher.

— Comment diable a-t-il su que j'étais déjà arrivé ?

—S’il ne l’a pas su, il s’en doute. Dans tous les cas, voilà ce que je viens de voir et d'entendre. Je suis sorti à deux heures pour

aller chercher le Dr. pour Marie qui est malade,et en passant devant chez ce vieux misérable de M...... j'ai vu sortir D....

— Ah ! le gueux ! fit mon père.

—Puis le bonhomme lui a dit en fermant la porte :—je l’ai va avec sa tuque rouge et ses gros yeux de chat-huant comme Je vous vois là.—‘ Tiens ! commence par Félix. S'il est chez son père, le vieux a le nez long et ne le gardera pas long-temps. Vas-y tout de suite ! Je ne veux pas le manquer celui-là ; car il y a un an que je le guette.”

J’ai bien compris qu’il s’agissait de toi, et j'ai piqué droit à travers les champs pour venir t’avertir. Si les chemins avaient été beaux, je ne serais peut-être pas arrivé à temps, parce que D....a sa jument blonde ; mais par les chemins qu’il fait, il doit encore être à une bonne demie-lieue. C’est donc à-peu-près vingt minutes qui te restent ; ainsi, profites-en, tu vois que ça presse !

— Quoi! dit mon père, tu n’es pas arrêté chez le Dr. ; et si Marie est bien malade !

—Et si Félix est pris ! Arrêter chezle Dr!

C’était assez de retard pour tout perdre s’il avait dormi un peu dur ! Quand Marie saura pourquoi J'ai été si longtemps, elle me pardonnera bien. Allons, bonjour ; car je suis

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