‹ Echappé de la potence [microforme] (volume 2)Chapitre 24 sur 29 · DOTE SES ETES · texte numérisé non relu

DOTE SES ETES

quoi on a sanctionné les décisions des cours martiales ! Et ces faiblesses, ce manque absolu d’énergie et de calcul, ont abouti à quoi ? A l’incendie du Parlement parce que l’on donnait encore trop ! !

Voilà ce que l'on a gagné à flatter ses ennemis, à faire céder son devoir à ses intérêts

de partisan.

Si on veut prétendre que tel n’était pas

lPobjet du ministère à cette époque, on pourrait se convaincre de la vérité de l’accusation que je porte ici contre les libéraux du: temps, “d’avoir voulu flatter les tories,”? par la lecture d’ur discours de M. Gugy dans la séance de la chambre du 27 Février 1849,

dont voici un extrait :

“ Les ministres, en adoptant cet amende-

menti, (celui de M. Boulton)—au moins, c’est ainsi que je vois la chose, —ont déclaré qu’ils prenaient pour bonnes el valables toutes les décisions des cours martiales. Avec une décision pareille, il est bien clair que le ministère a fait un pas, je dirai même vingt pas, vers nous ; qu’il a voulu en effet se rapprocher du parti tory, en déclarant que tous ceux qui avaient ét$ condamnés par la cour martiale ne recevraient aucune partie de lacompensa-

tion voulue par la chambre. N'est ze pas là déclar-r que ceux qui étaient condamnés par

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les cours martiales étaient coupables ? Et maiatenant, comme pour nous, ces cours martiales avaient en effet droit de juridiction en cette matière, nous devons nous ranger avec le ministère qui admet cette opinion comme vraie.??

‘ Pouïraroi le ministère ne s'est-il pas opposé à l’amendement présenté à ses résolutions par l’hon. membre pour le comté de Norfolk ; (M. Boulton) à cet amendement par lequel on blème, on flétrit des gens qui se sont sacrifiés eux-mémes, qui se sont dévoués pour le salut et le bonheur de leurs compatriotes ? (Les exilés de la Bermude.)

‘ ENCORE UN COURT ESPACE DE TEMPS ET VOS CONCITOYENS VOUS FERONT MONTER LA HONTE AU FRONT AU SOUVENIR D’UNE PAREILLE LACHETÉ |! 2

“Ce n’est pas à moi qu’on pourra faire le reproche d’avoir sacrifié personne en cette occasion ; on comprendra que je ne fais qu'être consistant avec mes principes. Mais il y a des gens auxquels on pourra avec toute raison faire ce reproche qu’ils ont consenti à sacrifier ceux de leurs compatriotes qui ont pris part à la rébellion, il est vrai, mais qui ont expié leur mauvaise conduite, leurs actes imprudents, par un long exil et des confisca-

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tions qui entrainaient le deuil et l’indigence pour leurs familles.”

« Pour moi, si j'avais été pour quelque chose dans cette affaire, j’aurais préféré aujourd’hui partager leur honte que d’enrégistrer ici, comme vous le faites, un vote qui aura l'effet de valider les jugements de la cour exceptionnelle qui les a condamnés. Je suis heureux de dire que leur condamnation par celte Chambre n’est pas un acte dont -Je sois aucunement responsable ! C’est un acte dont je vois avec plaisir que le ministère Lui-méme a bien voulu prendre Ja responsabilité ! C’est donc un acte qui me rapproche de lui, ou plutôt qui LE RAPPROCHE BEAUCOUP DE NOUS ! !

Je voterai donc avec le ministère parce que, par son vote, 1 concourt avec nous pour reconnaître que les cours martiales étaient des cours légitimement constituées.

Voilà donc un tory de vieille roche qui félicite le ministère libéral d’alors de sacrifier les droits de ses compatriotes ! qui se félicite lui-même de ce que les ministres se rapprochent des tories,et qui, dit-il, ne peut se refuser à voter ds deux mains avec un ministère qui commet la lâcheté de sacrificr les droits des canadiens !

Cetie leçon même ne fut pas comprise !

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Quand nous voyions le ministère recevoir des leçons de libéralis= de M. Papineau, cela ne surprenait personne, chacun étant dans son rôle. Mais voir un ministère libéral recevoir des leçons de libéralisme de M.

Gugy ! ! cela nous ;it comprendre, à ! campagne, combien les libéraux étaient décaus, combien ils reniaient leur passé ! Pour que Béelzébuth applaudît les bons anges, ildevenait clair qu’ils avaient perdu leurs ailes!

Le fait est que les'libéraux donnaient le baiser de paix au torysme en la personne de M.

Gugy ! ! Celui-ci n’approuvait certes pas ce que M. Papineau voulait ! ! Ce baiser de paix portait ses fruits un peu plus tard, quand les libéraux s’alliaient avec Sir Allan McNab, l'idole des incendiaires de 49 ! !

Depuis ce temps, nous avons vu les libéranx graviter sans cesse vers le torÿsme, et rompre de plus en plus avec les traditions qui formaient autrefois la base de la foi politique du peuple. Autrefois la qualité distinctive de nos chefs était le désintéressement personnel ; aujourd’hui l’évoisme, lPambition, le besoin de rester ministre sont tels que le mensonge, la corruption et dans une très-célèbre occasion, la moquerie du serment d’off-

ce, sont devenus les meiileurs moyens de.

conserver ses charges. Autrefois le mobile des hommes au timon des affaires était l’honneur, aujourd’hui c’est l’intérêt du parti, intérêt qui se résume invariablement dans la sordide cupidité de ses membres.

Autrefois, pour devenir chef politique du peuple du Bas-Canada, il fallait avoir acquis les plus hautes qualités intellectuelles et morales ; aujourd’hui, pour rester ministre, on dirait, en vérité, qu’il ne s’agit plus que de les perdre ou de ne les avoir jamais possédées, et même alors, on ne s’en croit pas moins, pour cela, du bois dont on fait les ministres.

On voudra bien me pardonner cette digression en faveur de l’importance du sujet.

Le lecteur se rappelle que j’ai laissé mon récitau moment où je voyais, de la lisière du bois, brûler diverses constructions dans la campagne.

Je retournai à ma cabane irrésolu, et complètement découragé. Ces vengeances ne m'’annonçaient rien de bon pour moi-même.

Il me faudrait donc passer aux Etats-Unis, car pour hiverner dans le bois, je n’y songeais plus ; j’en avais assez du langage des arbres!

Il y avait longtemps que je réfléchissais eur ma position, quand j’entendis au loin

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les trois coups promis. Je courus du coté d’où ils venaient et au bout de quelques instants me trouvai face à face avec un de mes amis.

—Et mon père, lui dis-je......

—]l m'envoie à sa place. 11 est surveillé de près, et on lui a signifié aujourd’hui que s’il ne disait pas le lieu de ta retraite, ses propriétés seraient brûlées. Cette exigence Pa fâché. Il a dit au colonel qu’il n’était pas homme à livrer son propre enfant quand même il saurait où le trouver, et que sion voulait brûler il ne demandait qu’une demi heure d’avis. Le colonel a trouvé cela insolent ; ton père lui a dit que tous les colonels de la terre ne lui feraient pas faire une chose déshonorante, et le colonel lui dit qu’il enverrait brûler ses propriétés demain.

Ton père te fait dire de t'en aller aux Etats. Unis. Tu as assez d’argent avec toi; si ses propriétés sont brulées, il dit qu’il pourra les rebâtir avec ses épargnes et te supplie de ne pas t’inquiéter de lui.

—Brave père, je ne te laisserai pas ruiner comme cela, répondis-je.

Partons de suite, je m’en retourne avec toi.

—Mais tu vas être pris.....,

Sans doute, Mais puisque c’est mai qui

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