ES
LS Es Le
Le
/ GS: CRT FATPSS RITES
nier ces armes tant désirées et si longtemps promises.
Nous avions reçu ordre de nous tenir prêts à agir pour le commencement de Novembre 1838. J’avais reçu le grade de capitaine d’une compagnie. J'étais tout feu, mais je ne pouvais me défendre d’une certaine inquiétude, quand je songeais que nous n’?avions pas encore reçu un seul fusil ni un seul canon. On nous disait bi: : de ne pas être inquiets et qu’au mon."n, où nous en aurions besoin, tout viendrait à point; mais il me semblait que ‘venir à point” devait signifier plutôt avant la bataille qu'après.
Néanmoins, le ler Novembre, l’ordre de se-rendre à Napierville ayant été donné, je m'y rendis avec ma compagnie le 2 au soir :
nous étions au moins 8,000 hommes dans le village. Les volontaires s’étaient retranchés à Odelltown. Nous fûmes informés qu’ils avaient fortifié l’église, et que c’étaient là qu'ils devaient attendre notre attaque. Le cimetière. comme d’habitude, s’étendait autour de l’église, et était fermé par un mur de pierre que l’on n'avait pas eu le temps de créneler.
L'attaque d’Odelltown ayant été décidée,
nous fimes la revue de nos forces et de nos
| ; | + | ki El i] |
armes. Nous étions plus de 3,000 hommes et nous avions en tout 400 fusils de chasse, dont cent environ partaient, pour ainsi dire, quand cela leur plaisait. Et les armes des Etats- Unis venaient toujours sans arriver jamais.
Le 6 Novembre au soir ordre est donné de se tenir prêts à aller attaquer Odelltown de bonre heure le lendemain matin. Nous tenions donc enfin une bataille et nous allions rencontrer ces volontaires qui faisaient tant les bravaches quand ils avaient affaire aux femmes et aux enfants.
Un millier d'hommes furent commandés quoique nous n’en pussions armer que quatre cents; maisil était entendu que ceux qui n’avaient pas d'armes s’empareraient des fusils à mesure que leurs porteurs tomberaient dans la mêlée.
En 1838, la campagne était loin d’être défrichée autour d’Odelltown comme elle l’est aujourd’hui. Le bois n’était qu’à une très petite distance du cimetière. C’est le côté qui fut choisi pour l’attaque. En quelques minutes nous franchîmes la distance qui séparait le bois du mur de clôture du cimetière, et à l’abri de ce mur nous commençàmes un feu parfaitement nourri contre l’église où les volontaires se tenaient. Ceux-ci avaient placé un canon
ns DE ue
près de l’église dans notre direction, mais il leur servit peu car nous choisîmes un tireur de première force qui avait près de lui plusieurs fusils constamment chargés avec lesquels il abattait sûrement tous ceux qui se présentaient pour faire partir le canon. Après une heure ou deux de fusillade qui n’eut que peu de résultat, la retraite sonna, et notre bande reprit le chemin de Napierville. Nous revinmes à la charge le lendemain matin pour arriver au même résultat. N’ayant pas de canon, nous ne pouvions attaquer serieusement l’église ni essayer d’en déloger les volontaires. Après leur avoir tué quelques hommes et enavoir perdu des nôtres, nous renonçâmes à l’attaque et retournâmes passer la nuit à Napierville. Nous avions nerdu,dans les deux rencontres, 48 hommes, les volontaires, nous dit-on, environ une centaine, car nous tirions mieux qu'eux. Ce résultat ne me-
nait évidemment à rien. :
En retournant à Napierville, je parvins à
me faufiler près du Dr. Côte, etje luidemandai sinous n’allions pas avoir d’armes et surtout de canons.
—Que voulez-vous que nous fassions, lui
dis-je, sans canon, pour déloger cette canaille-là de l’église ? Si nous n’avons pas d’armes, mieux vaut tout abandonner! Où sont
les armes que vous nous avez promises ? Sans armes, vous savez bien que vous nous menez à la boucherie.
Quoiqu'il essayât de faire bonne contenance, je vis bien, à son expression embarrassée, $ qu’il n’avait rien de bon à m’apprendre. Il d me parut cacher une idée qui l’obsédait et je ne lui trouvai pas le même air que d’habitude. Il me recommanda d’aller le voir à Napierville.
Je commençai alors seulement à me douter que quelque chose n’allait pas bien. 11 me revint à l’esprit plusieurs circonstances que ma préoccupation d’une idée fixe m'avait empêché de juger sainement. Plus je songeais à tout ce que j'avais vu et entendu depuis huit jours, plus je me disais en moimême : ‘‘Ilest clair que ces gens là nous trompent et que nous n’aurons pas d’armes.
Après tout s’il était vrai que des dépôts d’armes existassent de l’autre côté des lignes, quoi de plus simple que de nous les donner quand nous étions à Odelltown, qui est presque sur la ligne ? Y avait-il du bon sens à K nous mener deux fois nous battre sans armes “ quand on prétendait en avoir des dépôts dans Ai Je voisinage ?”
[l m'en eoûtait de oroire à une aussi atroce
LT
rade SE
UE
Date
es Fi ‘A ml ‘À Pie A re
os TO ee
supercherie que celle d’assembler quelques milliers d'hommes sur la promesse de leur fournir de quoi se battre et de se moquer d’eux ensuite. Il y avait quelque chose de si infâme dans le fait de soulever une population pour la livrer ensuite aux vengeances du gouvernement, que je sentais le sang me monter à la tête quand je songeais à ia possibilité de voir ce soupçon se réaliser. Je savais parfaitement qu'après ce que j'avais fait, après mes courses dans les campagnes, mes co!lections d’argent, mes assermentations, et enfin ma présence dans les rangs des patriotes, en armes contre le gouvernement, je n’avais aucune grâce à attendre ni aucune indulgence à espérer. Je ne pouvais me faire à l'idée de m'être battu comme un sot pour des gens qui se moquaient de moi et de mes compatriotes. Je sentais ma gorge se serrer de colère à l’idée d’avoir été aussi impudemment berné. Je me dis donc: ‘ Nous allons voir ce soir ce que l’on va nous dire. Il faut que ces bêtises finissent ! Aller "nous battre contre des murs avec des balles! nous y serons encore dans deux mois ! Si nous avions seulement deux petits canons ; comme nous délogerions vite cette canaille de volontaires ! Et dire que depuis deux mois on nous pro-