‹ Echappé de la potence [microforme] (volume 2)Chapitre 8 sur 29 · FRE · texte numérisé non relu

FRE

Wa

Al at LA FE 4e Las Run he LS En LA AR Éd) Er

pour arriver à lui. À ma grande surprise j’entrai sans difficulté et Côte me dit :

—Mon cher Poutré, nous venons d’être informés que les troupes viennent dans la direction de Napierville. Elles sont encore à huit lieues d'ici ; conséquemment eiles arriveront après-demain matin sur les dix ou onze heures. On dit qu’elles forment un corps de près de 5,900 homines. Partez au Jour demain matin, et rendez-vous à Lacolle où les armes doivent être arrivées maintenant. Il doit y avoir cinq mille fusils et des munitions. Prenez des voitures : Je vous donne carte blanche pour la dépense, et faites que le tout soit ici à midi au plus tard. Choisissez des hommes actifs et de bonne volonté pour vous aider et faites toute la diligence possible.

Si nous avions eu alors, tous tant que nous étions, notre froide raison et j’oserais dire notre simple bon sens, j’aurais dû, moi pour un, voir que tout cela était une moquerie et un mensonge, depuis le premier mot jusqu’au dernier. Dans l’état où étaient les chemins, —on sait dans quel état ils sont toujours en Novembre—ce n'étaient pas cent cinquante voitures qui pouvaient transporter cinq mille fusils et des munitions en proportion. Or, prétendre faire décharger d’un bateau les fusils

CD

et les munitions ; les charger sur les voitures, qu’il fallait commencer par trouver, el les amener à Napierville pour midi, c’était tellement une impossibilité physique qu’un pareil ordre ne pouvait venir que d’une tête en désordre ou d’un homme qui voulait nous jouer jusqu’à la dernière minu:e.

Mais l’ordre était donné si sérieusement et avec tant de bonbomie apparente ; maître Côte avait l’air si joyeux de pouvoir enfin nous annoncer que les armes tant désirées et tant promises étaient enfin là à notre portée ; nous avions tant de désir de toucher enfin de bonnes armes au lieu de nos mauvais fusils de chasse qui n’avaient jamais tué que des perdrix ou des lièvres, et qui semblaient avoir peur de déplanter un Anglais, que nous accucillimes la nouveile avec des hourras sans fin au lieu de nous appliquer à lanalyser, ce qui nous en eût de suite fait voir la fausseté.

Je me donnai bien garde d’attendre le jour, et je partis de suite pour Lacolle, déterminé à tout faire pour remplir ma mission à mon honneur. Chemin faisant, je m’arrêtai à chaque maison où J’espérais trouver un cheval et une voiture, et J’ordonnai plutôt que je ne demandai aux gens de partir immédiatement pour aller chercher des armes à Lacolle,

ar 44:

a Jai et fe} * or ne NS LE YA ë ANT KA

Le

Page 1