‹ Echappé de la potence [microforme]Chapitre 9 sur 16 · DES DÉBENTURES PAYABLES DANS 20 ANS · texte numérisé non relu

DES DÉBENTURES PAYABLES DANS 20 ANS

et presque tous ceux que l’on voulait indemniser étaient des pauvres qui attendaient après -et argent pour se rebâtir une chaumière, ou même pour se procurer à eux et à leurs familles le pain qui leur manquait depuis longtemps! La grande majorité des réclamations étaient de cinquante louis! Cela représentait trois louis ou moins de revenu. Ÿ avait-il la plus légère apparence de bon sens dans la prétention que ces gens ne vendraient pas leurs débentures et se contenteraient d'en percevoir l'intérêt du gouvernement ?

Etait-ce la peine de se déranger pour aller chercher 6, 9 ou 12 piastres d'intérêt ? Qu'est-ce que cette misère pouvait produire de soulagement dans une famille? On avait alors

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l’audace de prétendre que l’on voulait soulager les pauvres, et c’étaient précisément les pauvres que l’on maltraitait par ce système ! |

Un homme qui avait droit à £b500 recevait £30 d'intérêt du gouvernement. Cela faisait au moins un revenu appréciable; et une débenture de Æ£500 avait une valeur réalisable, représentant à peu de chose près sa valeur nomingle. On avait une assez bonne chance de la vendre au pair, ou à un faible escompte, parce que cela valait la peine d’être acheté, ou d’être conservé si on ne trouvait pas son prix. Mais une débenture de £100, de £50, qu'est-ce cela valait? A peine 50 ‘0 de sa valeur nominale! Cela a été dit alors, représenté à satiété par les membres et les journaux de l'opposition. On ne les a pas écoutés et on a passé outre, faisant la sourde oteille au bon sens comme on avait manqué à sa parole, à la foi jurée, quand, après avoir si fortement blâmé le ministère Draper, on faisait pis que luil La conséquence des lâchetés de 49 a été que beaucoup de débentures, celles des pauvres, ont été achetées à 70 « d’escomptel Ceux qui avaient

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réellement besoin d’être indemnisés n’ont rien eu ou à peu près; ceux qui ont profité de la mesure ont été précisément ceux pour lesquels elle n’avait pas été faite!

Les £100,000 votés alors ont à peine produit £30,000 aux victimes, mais les mangeurs de chrétiens se sont enrichis! Le gouvernement paie donc aujourd’hui environ 20 °% sur la somme qu’il a réellement versée aux malheureux de 37 et 38. Car les £6,000 environ d'intérêts qu’il paie aux détenteurs actuels des débentures ne représentent, quant aux victimes des troubles, que les £30,000 que celles-ci ont reçus. Sous prétexte d’indemniser des malheureux, on a donc fait un splendide présent de £60,000 environ aux spéculateurs sur le pain du pauvre!

Voilà comme on s’est moqué du bon sens, et de ses devoirs, et de la foi jurée, et de la justice, et des malheureux, et du public!

Le gouvernement, de l’aveu de tous les journaux ministériels et de l'opposition d’alors, pouvait emporter une mesure complète et juste. Mais on a voulu flatter le parti tory et lui céder quelque chose, afin de le pacifier. Voilà pourquoi on a fait ue er à relative

aux exilés de la Bermude, qui a conduit à cette autre exception plus odieuse encore, de payer le Dr Nelson, quoique l’un des exilés de la Bermude, en récompense de ses odieuses calomnies contre M. Papineau; et de né rien donner aux autres! Voilà pourquoi on a sanctionné les décisions des cours martiales! Et ces faiblesses, ce manque absolu d'énergie et de calcul, ont abouti à quoi? A l'incendie du parlement parce que l’on donnait encore trop !

Voilà ce que l’on a gagné à flatter ses ennemis, à faire céder son devoir à ses intérêts de partisan. |

Si on veut prétendre que tel n’était pas l’objet du ministère à cette époque, on pourrait se convaincre de la vérité de l’accusation que je porte ici contre les libéraux du temps, par la lecture d’un discours de M. Gugy dans la séance de la chambre du 27 février 1849, dont voici un extrait :

“Les ministres en adoptant cet amendement (celui de M. Boulton),—au moins, c’est ainsi que je vois la chose, —ont déclaré qu’ils prenaient pour bonnes et valables toutes les décisions des cours martiales, Avec une déci-

ÉCHAPPÉ DE LA POTENCE. 71 sion pareille, il est bien clair que le ministère a fait un pas, je dirai même vingt pas, vers nous ; qu’il a voulu en effet se rapprocher du parti tory, en déclarant que tous ceux qui avaient été condamnés par la cour martiale ne recevraient aucune partie de la compensation voulue par la chambre. N'est-ce pas Jà déclarer que ceux qui étaient condamnés par les cours martiales étaient coupables ?

Et maintenant, comme, pour nous, ces cours nartiales avaient en effet droit de juridiction sn cette matière, nous devons nous ranger “vec le ministère, qui admet cette opinion romme vraie.

“Pourquoi le ministère ne s'est-il pas opposé à l’amendement présenté à ses résolutions par l’hon. membre pour le comté de Norfolk (M. Boulton), à cet amendement par lequel on blâme, on fiétrit des gens qui se sont sacrifiés eux-mêmes, qui se sont dévoués pour le salut et le bonheur de leurs compatriotes (les exilés de la Bermude) ?

{ENCORE UN COURT ESPACE DE TEMPS ET VOS CONCITOYENS VOUS FERONT MONTER LA HONTE AU FRONT AU SOUVENIR D’UNE PAREILLE La- CHETÉ |

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