I.E MOxNDE INVISIBLE
pendant la vie terrestre. Ce n’est qu’après la mort, et après que les passions et les désirs inférieurs se sont dissipés, qu’il est possible à ces forces plus belles de se manifester. Et c’est pourquoi il existe un monde invisible supérieur, d’une beauté transcendante, d’une splendeur immaginable, que l’on a appelé le ciel.
Toutes les religions ont essayé de le décrire, mais toutes sont restées en deçà de la vérité. Nous avons des récits qui représentent le ciel avec des portes de perles, des rues d’or, des mers de feu et de cristal, des arbres portant douze sortes de fruits, des pierres précieuses et des joyaux d’espèces variées ; ce sont là des essais maladroits, mais qui nous offrent ce que l’auteur a pu imaginer de plus beau. Nous retrouvons des symboles analogues dans les manuscrits hindous ou bouddhistes; les mêmes arbres d’or et d’argent, portant des pierres précieuses en guise de fruits, situés dans les jardins des dieux, tentatives naïves mais sincères des écrivains primitifs pour peindre quelque chose qu’il ont vu, mais dont la splendeur est indescriptible.
De nos jours nous faisons un tableau différent dv monde céleste, un tableau d’une beauté plus raffinée, plus intellectuelle» d’un niveau<^)lus élevé, plus vraiment spirituel, dirai-je,pour ceux qui comprennent le sens de ce mot; mais, malgré tout, ces efforts qui nous semblent beaucoup plus satisfaisants, sont encore au-dessous de la réalité sublime. Il demeure vrai, comme on l’a écrit il y a longtemps, que « l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu, que le cœur de l’homme n’a pas su concevoir les choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment ». Mais il faut ajouter que ce n’est pas pour quelques fidèles seulement, mais pour tous, car tous, dans
ÉCHAPPÉES SUR l’OCCüLTISME
la mesure oü ils connaissent Dieu, doivent Taimer, Il n’y a pas de barrière, et ce monde céleste est bien le ciel pour tous ceux qui peuvent l’atteindre.
Chacun a sa récompense.
Au lieu de mettre les uns au ciel et les autres en enfer, comme le font les théologiens modernes, il serait plus juste de dire que tous les hommes passent par les deux états que représentent ces mois. Tous atteignent ce monde céleste après leur vie astrale, sauf les êtres si peu avancés ou si dégradés, qu’ils n’ont jamais eu une seul pensée, un seul sentiment altruiste. Dans ce cas, il ne peut y avoir de ciel pour de tels êtres, car les désirs, les sentiments égoïstes appartiennent exclusivement au plan astral et récoltent leurs fruits sur ce plan. Il y a des gens qui ne connaissent guère le désintéressement ; ces gens-là recueilleront la récompense du bien qu’ils ont fait, non dans le monde céleste, mais à un niveau moins élevé, dans les régions supérieures du plan astral. Comme on l’a dit il y a longtemps de ceux qui priaient dans les places publiques afin d’être vus des hommes : « Ln vérité je vous le dis, ils reçoivent leur récompense. » Aussi bien que ceux qui ont un idéal élevé, et qui n’ont pas ici-bas tout ce qu’ils désirent, ceux qui ont un idéal égoïste, ont aussi leur récompense après la mort. Dans la région supérieure du plan astral ils récoltent le fruit de leurs actions, ils se trouvent entourés de tout ce qu’ils ont désiré, mais ils n’ont pas naturellement les jouissances plus raffinées (qu’ils n’ont d’ailleurs pas désirées) parce qu’ils ne sont pas encore
LE MONDE INVISIBLE
arrivés à ce niveau. Cependant tous seront heureux à leur manière et en temps voulu. Les égoïstes souffriront sans doute beaucoup avant d’en arriver là, mais ils auront eux aussi leur récompense, comme tous d’ailleurs. On voit que ce n’est plus la croyance étroite des religions orthodoxes. Nous allons en effet un peu plus loin qu’elles, car notre système est scientifique, et n’admet pas un favoritisme qui ouvre aux uns le ciel dont il interdit aux autres l’accès.
Ce ne sont pas des suppositions; c’est la simple vérité; une vérité basée sur une observation attentive, et que peuvent vérifier ceux qui ont des yeux pour voir ces plans supérieurs. Ce monde céleste n’est pas non plus un pays de rêve, il est, au contraire, plein de vie et de réalité. C’est le plan de l’esprit divin, et il répond à tous les appels qui lui sont faits. Si un homme a en lui un trésor d’aspirations sublimes, il attire à lui, des plans supérieurs, un courant correspondant ; si au contraire il n’a qu’une petite parcelle de désintéressement, cette petite parcelle produira ses fruits. Il n’est pas question pour l’un d’être admis, et pour l’autre d'être laissé à la porte ; chacun obtient ce qu’il peut obtenir.
Telle est la nature du monde céleste. Tous y sont heureux ; pas au môme degré bien entendu, ni de la même manière ; mais chacun est heureux dans la mesure où il est capable de l’être. S’il n’obtient pas plus de bonheur, c’est qu’il est incapable d’en saisir davantage. Tous les vases sont remplis jusqu’au bord, mais les uns sont plus grands, les autres plus petits, et chacun reçoit selon sa capacité.
Cette théorie, il faut bien l’admettre, est beaucoup plus rationnelle que celle que nous présente la théolo-
ÉCHAFPEKS SUR l/OGCULTISME
gie moderne. Mon intention n’est pas tant de vous donner aujourd’hui des détails sur les mondes au delà de la tombe, que de vous montrer qu’ils sont tous des parties d’un môme monde, qu’il n’y a aucune interruption entre eu^, mais que Tensemble est cohérent, rationnel, gradué. Quant à leur place, je vous ai dit qu’ils étaient ici môme, autour de vous. Mais, direz-vous, comment cela peut-il se faire ? Comment l’espace qui nous entoure étant plein de matière, peut-il exister en môme temps une autre matière, si ténue soit-elle ?
Interpénétration.
Je ne crois pas qu’il soit difficile de comprendre cela. C’est un fait scientifique bien connu que, même dans les corps les plus durs ici-bas, les atomes ne se touchent jamais ; chaque atome a son champ d’action et de vibration, chaque molécule a son champ de vibration, si petit soit-il ; il y a donc toujours de l’espace entre eux. Chaque atome physique flotte dans une mer astrale, dans une mer de matière astrale qui l’entoure, et pénètre tous les interstices de la matière physique. C’est ce qui explique un autre phénomène dont vous avez tous entendu parler, le passage de la matière à travers la matière aux séances spirites. La matière à l’état éthérique, ou à l’état astral, peut, avec la plus grande facilité, traverser la matière physique plus dense, tout comme si celle-ci n’existait pas, grâce à cette interprétation ; de sorte que ce phénomène qui paraissait si compliqué, devient très simple pour celui qui peut saisir cette idée.
LF. MONDE INVISIBLE
Un mol encore d’avertissement en ce qui concerne ce monde invisible. Ne vous imaginez pas que ces différents degrés, ces divisions de matière sont superposées les unes aux autres comme les rayons d’une bibliothèque. Représentez-vous bien que rinterpénétration ést parfaite, au dedans et autour de chaque objet physique. On sait déjà que l’éther pénètre tous les corps physiques. J’aimerais à vous montrer clairement, si je le pouvais, combien tout cela est naturel, et à vous mettre en garde contre les erreurs possibles qui proviennent de la supposition que tout ce qui existe au delà du plan physique n’est plus naturel, mais surnaturel. 11 n’en est pas ainsi. C’est superphysique si vous voulez, mais non pas surnaturel. Le système est toujours le môme et les mômes lois se retrouvent partout.
11 est vrai que ces plans s’étendent un peu au delà du nôtre. Lorsque nous considérons la terre, nous voyons d’abord une boule de matière solide entourée d’eau en grande partie. Au-dessus nous trouvons l’air, parce que la terre est entourée d’une atmosphère. Ces trois états de matière sont pénétrés par la matière astrale qui, étant beaucoup plus légère, s’élève cependant plus haut que l’atmosphère. S’il était possible de pénétrer au delà de l’atmosphère terrestre, on serait cependant encore dans le plan astral, parce que ce plan s’élève plus haut. Ce n’est pas qu’il ne se trouve pas ici aussi, mais il s’étend davantage, et forme par conséquent une sphère plus grosse que la terre.
Il en est de même du plan mental ; là nous avons une matière plus subtile encore ; elle pénètre toute la matière astrale et la matière physique, et s’étend encore plus loin que le plan astral. Cependant le plan mental
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de notre terre forme aussi une sphère qui, si elle esi beaucoup plus étendue que la planète physique qu’elle entoure, n’en est pas moins séparée, par des millions de kilomètres, du plan mental de n’importe quelle autre planète Mais au contraire, quand on passe au delà du plan mental et qu’on atteint le plan bouddhique, on ne trouve plus de divisions, car ce plan est commun à toutes les planètes de notre chaîne. Il en est probablement de môme, dans une plus grande mesure encore,, des plans plus élevés, mais je n’ai pas le temps d’en parler à présent, et ils dépassent le cadre de cette conférence.
Ceux qui désirent comprendre ces plans de la nature, qui veulent se faire une idée de la beauté et des merveilles de ces mondes supérieurs, pourront satisfaire leur désir en étudiant la littérature théosophique. Je leur recommanderai d’étudier mon livre intitulé: De Van-tre côté de la mort, et aussi deux de nos manuels théosophiques, Le plan astral et Le dévachan ^ S'ils lisent ces livres attentivement, ils apprendront tout ce que nous savons actuellement de ces mondes invisibles, et je puis les assurer qu’ils penseront avec nous que tout ce système est si logique, si cohérent, si facile à comprendre, que rien n’y rebute l’esprit, qu’il n’exige point de gymnastique mentale ni de sauts périlleux, pour franchir les points faibles où la raison ne se sent plus sur un terrain solide, mais qu'il permet au contraire une ascension graduelle et sûre d’un niveau à l’autre, car nous n’essayons de forcer les convictions de personne.
1. Librairie de l’Art Indépendant, 10, rue Saint-Lazare, Paris.
LE MONDE INVISIBLE
Là raison et te bon sens»
On s’apercevra vite, eu l’étudiant, que le système que nous présentons est absolument rationnel dans toutes ses parties, qu’il est môme la véritable apothéose du bon sens, comme à vrai dire tout ce que je connais d’occultisme. Quant à ce prétendu occultisme qui fait violence à notre foi, qui recommande toutes sortes de pratiques étranges et contre nature, il y a beaucoup de bonnes raisons de s’en défier, et de soupçonner que ce n’est pas un occultisme de bon aloi. Dans toutes les circonstances qui peuvent se présenter, l’homme doit toujours faire usage de sa raison et de son bon sens. Je ne dis pas qu’il n’y ait que la raison qui puisse nous aider, il existe une certitude spirituelle qui vient de loin, et au sujet de laquelle on ne peut raisonner; mais cette certitude provient d’une connaissance antérieure. L’homme qui éprouve cette certitude absolue et intuitive, à propos d’un fait quelconque, a eu connaissance de ce fait auparavant dans une autre vie; son âme en a donc encore connaissance, et sa conviction est basée sur l’expérience et la raison, bien que les anneaux de la chaîne du raisonnement au moyen duquel il est arrivé à cette certitude, échappent à la mémoire de son cerveau physique. Mais de telles intuitions sont rares, et la raison doit guider toutes nos croyances. Il est certain qu’un système qui fait violence à notre raison doit être immédiatement rejeté. En théosophie nous insistons toujours particulièrement sur le fait qu’une foi aveugle est une entrave qui s’oppose au progrès spirituel de l’homme. Celui qui désire avancer doit rejeter cette foi aveugle; il lui faut appren-
ÉCHAPPÉES son l’occultisme
dre qu’aucun livre n’est infaillible, car notre connaissance de la vérité est progressive, nous en apporte chaque jour quelque nouveau fragment.
La théosophie n’a pas de dogmes à exposer à ses étudiants, aucun credo révélé une fois pour toutes aux saints. Elle a une certaine quantité de connaissances à leur offrir pour qu’ils les examinent mais ils ne doivent jamais oublier que ceux auxquels incombe la tâche d’écrire des livres et de faire des conférences, sont des étudiants aussi, qui observent et qui apprennent constamment. Ceux qui veulent suivre le développement de la pensée théosophique devront lire les éditions récentes des ouvrages, et non les éditions anciennes, car, dans l’intervalle qui les sépare, de nouveaux faits ont été observés.
Il y a des membres qui préféreraient qu’on leur donne un credo bien déQni, parfait, qu’ils pourraient apprendre une fois pour toutes de façon à se dispenser de penser ensuite. Mais nos écrivains ne peuvent satisfaire ce désir, car bien que les idées théosophiques soient religieuses au plus haut point, elles sont étudiées d’un point de vue absolument scientifique.
C’est eu effet la mission de la théosophie de rapprocher ces deux modes de pensée; de montrer qu’il n’y a nécessairement aucun conflit entre la religion et la science, mais qu’au contraire la science est l’auxiliaire de la religion, tandis que celle-ci reste le plus élevé de tous les objets qui peuvent s’offrir à l’examen scientifique. Ceux qui étudieront l’enseignement théosophique, s’apercevront comme nous, qu’il devient plus intéressant et plus attrayant d’année en année, qu’il satisfait de plus en plus leur raison, tout en réalisant toujours
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davantage leurs aspirations les plus haute?' Ceux qui l’étudieront ne s’en repentiront jamais ; dans toutes leurs vies à venir, ils trouveront de nouvelles raisons de se réjouir d’avoir entrepris l’étude de celte Religion-Sagesse, si compréhensible et si belle, que de nos jours nous avons appelé Théosophie.
Note.— Depuis que ce chapitre a été revu pour la seconde édition de cet ouvrage, d’autres faits importants ont été découverts, concernant la structure du < Monde Invisible », et ont paru dans Oeealt Chemisiry, surtout dans l’appendice surL’élher de 1 espace, A, Beaant et C.-W. Lcadbeüler.