CHAPITRE V
LE MONDE INTISIBLE
L’enseignement théosophique au sujet du monde invisible est beaucoup plus précis, beaucoup plus net que celui que nous donnent généralement les religions on Angleterre ou en Amérique. Nous affirmons quil y a un monde invisible, que ce monde nous entoure ici même, en ce moment, qu’il n’est pas éloigné de nous et que, s’il demeure invisible, c’est tout simplement que la plupart d’entre nous n’ont pas encore développé les sens par lesquels on peut le percevoir. Pour ceux qui ont développé ces sens, ce monde n’est ni invisible, ni inconnu ; il est à leur portée et peut être exploré, étudié à loisir, tout comme n’importe quel pays ici-bas. Pendant des centaines, voire même des milliers d’années, d’énormes parties de la surface de la terre restèrent nconnues, jusqu’au moment où il se trouva des explorateurs qui voulurent bien se donner la peine de les parcourir, et qui étaient qualiliés pour cela. Môme à
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l’heure actuelle il reste encore des parties du monde dont on sait très peu de chose. Le Pôle Nord n’a pas encore été atteint, bien qu’il doive l’étre très probablement avant peu.
Les mondes invisibles n’ont pas toujours été invisibles pour tous, pas plus que quantité de contrées éloignées ne sont restées inconnues depuis l’origine du monde. 11 y a par exemple, dans l’Amérique du Sud, d’immenses étendues de forêts vierges qu’aucun explorateur récent n’a visitées, que le pied de l’homme n’a pas foulées depuis des milliers d’années, mais à une époque plus reculée encore, il y eut des races auxquelles tout ce pays n’était ni inconnu ni vierge, mais au contraire tout àfait fanailier, car c’était leur terre natale. De même ce monde invisible n’est inconnu que pour nous et actuellement; il n était pas inconnu aux hommes des grandes races d’autrefois; il n’était pas invisible aux plus avancés d’entre eux, aux voyants, aux prophètes et aux instructeurs.
Les Écritures sacrées des diverses religions nous donnent beaucoup de détails sur ce monde invisible, et en beaucoup de cas, ce qu’enseigne la Théosophie concorde exactement avec les anciennes croyances. C’est seulement de nos jours, et surtout parmi les fidèles de la religion la plus répandue en Occident, qu’il semble s’être élevé quelque incertitude au sujet de ce monde invisible. Comme on en a parlé d’une façon vague, qu’on y a pensé d’une façon vague, on a fini par croire que ce monde était lui-même vague, obscur et incertain. Les gens croient que, parce qu’individuellementils ne savent rien de certain là-dessus, on ne peut rien en savoir d’une façon certaine,et tout cela leur paraît lointain, brumeux, irréel. Je vais essayer de vous présenter l’enseignement
Ï.E MONDE INVISIBLE
théosophique à ce sujet, et de vous montrer que nous avons toutes sortes de bonnes raisons pour raccepteret pour comprendre que ce monde supérieur, bien qu’à présent invisible à beaucoup, n’est nullement irréel, mais est, en tous points, tout aussi réel que celui que nous pouvons toucher, voir et entendre.
Le premier point à saisir est que ce monde invisible est absolument la continuation du monde que nous connaissons et que les sens par lesquels on peut le connaître (latents en nous, bien que développés seulement chez un petit nombre), ne sont d’abord que l’extension des sens que nous possédons tous. C«la pourra peutêtre nous aider à comprendre la réalité de ce monde invisible, et à voir qu’il n’y a aucune difficulté à l’accepter. Malheureusement, ce que les gens en connaissent ou croient en connaître, leur a été enseigné parles religions, et les religions se sont arrangées pour le présenter d’une façon si peu scientifique, qu’elles ont simplement fait naître le doute dans l’esprit de tout homme sérieux, et a jeté le discrédit sur cette question.
Il arrive donc que, parmi les orthodoxes qui, de nos jours,croient le plus fermement au monde invisible, ceux qui sont le plussûr de savoirexacteraent ce que renferme ce monde, et ce que sera la destinée de l’homme après la mort, sont généralement les plus ignorants de tous. Or cela ne devrait pas être. Ce ne devrait pas être aux ignorants, aux fanatiques, à être sûrs de ces choses. Au contraire, les hommes les plus intelligents et les plus cultivés devraient être aussi les plus capables de comprendre les preuves de l’existence du monde invisible, et devraient être les premiers à croire à sa réalité.
Je veux d’abord vous dire quelques mots de la cons-
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titution de ce monde invisible et des sens an moyen desquels on le perçoit; ces deux sujets sont si étroitement unis qu’on ne saurait examiner l’un sans toucher à l’autre.
Les différents états de matière,
11 est évident que la matière existe à différents états, et que ces états peuvent changer avec la température. Nous avons ici-bas trois états bien connus de matière : solide, liquide et gazeux, de plus les hommes de scionce reconuaissent que toutes les substances peuvent être amenées à ces trois états si l’on fait varier convenablementla température et la pression. Il y aencore, je crois, quelques substances que les chimistes ne sont pas parvenus à faire passer d’un état à un autre, mais, la théorie généralement admise est qu’il n’y a là qu’une qiie.stion de température. De même que l’eau peut devenir de la glace à une certaine température et de la vapeur à une autre, tout corps solide connu peut devenir liquide ou gazeux dansdes conditions données, tout liquide peut devenir solide ou gazeux, tout gaz peut être liquéfié et môme solidifié. Nous savons qu’on a liquéfié l'air,et que quelques autres gaz ont été amenés à l’état solide.
Puisqu’il en est ainsi, on a supposé que toutes les substances pouvaient passer d’un état à un autre, grâce , à la pression ou à la chaleur. La chimie occulte nous parle d’un état supérieur à l’état gazeux, auquel on peut ramener toutes les substances; de sorte qu’un corps simple, comme l’hydrogène par exemple, peut exister à l’état éthérique aussi bien qu’à l’état gazeux. On peu
le monde invisible
avoir Vor, l’argent, ou n’importe quel autre corps simple, soit à l’état solide, soit à l’état liquide, ou encore à l’état gazeux,grâce à une température suffisante; en poussant l’expérience plus loin, ces corps pourront être amenés à l’état supérieur que nous appelons l’état éthérique. Si l’on peut faire cela c’est que l’éther postulé par la science, n’est pas, d’après la chimie occulte, un corps homogène, mais simplement un autre état de matière : ce n’est pas un nouveau corps, mais une espèce quelconque de matière à un état particulier. De même que nous avons autour de nous des corps simples qui sont solides à l’état normal mais qui peuvent être ameoés à l’état liquide ou à l’état gazeux, comme le fer ou le plomb, d’autres qui sont liquides à l’état normal comme le mercure, d’autres enfin qui sont gazeux comme l’azote, nous avons aussi un grand nombre de subslaoces qui sont à l’état éthérique habituellement, mais que l'on peut amener à l’état gazeux par des moyens spéciaux. Il n’y a là rien d’impossible ni d’irrationnel ; le plus grand sceptique admettra que les choses peuvent bien se passer ainsi; la science ne dit non plus rien à l’encontre de cette théorie. L’éther est môme une hypothèse abs^3lument nécessaire, et il n’y a dans ce que je suggère qu’une seule idée nouvelle, c’est que cet éther n’est pas pour nous une nouvelle substance mais un état de matière. On parle sans cesse en science de l’atome d’oxygène, de l’atome d’hydrogène, de l’atome de toutes les soixante ou soixante-dix substances appelées par les chimistes corps simples ou éléments parce qu’ils ne sont plus décoraposables, chacun de ces éléments ayant son atome, mot qui d’après sa racine grecque, signifie « ce qu’on ne peut couper ni subdiviser »•
ÉCHAPPÉES SUR l’oCCULTISME
La science occulte nous dit que beaucoup d’hommes de science ont souvent soupçonné que ces corps simples n’étaient pas des corps simples à proprement parler, et pourraient être subdivisés; que ce qu’on appelle communément un atome d'oxygène ou d’hydrogène, n’était pas quelque chose d’ultime, n’était pas par conséquent un véritable atome, mais une molécule qui, dans certaines circonstances, pouvait se diviser en atomes.
U atome ultime»
En continuant ce processus de dissociation on s’aperçoilr qu’on arrive à la fin à un nombre infini de vrais atomes physiques qui sont tous les mômes. Ce qui veut dire qu’il n’y a qu’une seule substance au fond de toutes celles que nous connaissons ; et que, ce qu’en chimie pous appelons les atomes d’oxygène, d’hydrogène, d’or, d’argent ou de platine, ne sont en réalité que les différentes combinaisons de ces atomes ultimes. Quand on les divise, on retrouve une série d’atomes tous identiques, si ce n’est que certains sont positifs, d’autres négatifs, ou, pourrait-on dire, les uns mâles, les autres femelles. Si nous pouvons nous rendre compte qu’il en est ainsi, (et noubliez pas que non seulement la science occulte nous l’enseigne, mais que beaucoup d’hommes de science en ont l’intuition), nous n'avons jusqu’à présent aucun obstacle sur notre route. Si nous admettons qu’il en soit ainsi, nous verrons immédiatement que toutes sortes de possibilités nouvelles s’offrent à la chimie. S’il est vrai que toutes les subtances ont la même base, et qu’il n’y a qu’à les élever à une température suffisante, ou à
LE MONDE INVISIBLE
les araener à un état particulier pour s’en assurer, on voit aussitôt qu’il est possible de les transformer ; qu’en dissociant un corps simple nous pourrons réunir les atomes d’une façon différente et, de cette façon, changer réellement ce corps simple en un autre corps simple laissant de côté divers éléments dans certaines combinaisons, et, en en prenant d’autres qui n’y étaient pas auparavant. Il semble évident qu’on puisse opérer de tels changements, et on se trouve alors bien près d’admettre la transmutation, théorie d’après laquelle les alchimistes affirmaient pouvoir changer le plomb, le cuivre ou d’autres métaux en or ou en argent. La chose n’est pas absolument impossible si notre théorie est vraie, car en réduisant le plomb ou le cuivre à leurs atomes ultimes, et en apportant quelques variations dans les nouvelles combinaisons de ces atomes, nous pourrions en faire des métaux tout à fait différents. La chose paraît donc réalisable si nous adoptons celte idée que les hommes de science ont proposée théoriquement, mais que la chimie occulte affirme comme un fait *.
1. Depuis que cette conférence a été faite, ce que je suggérais comme des hypothèses a été confirmé en grande partie par des découvertes scientifiques récentes. La transmutation est maintenant reconnue, du moins en ce qui concerne la production du radium. Or il est évident que si elle peut se produire pour un élément, elle pourrait aussi bien sc produire pour d’autres encore. IJ ne reste donc plus qu à trouver le processus, puisque le principe est établi. On admet généralement aujourd’hui que toutes les substances ne sont que les modifications d’une seule substance, et, ce que l’on suppose actuellement être l’atome ultime, s’appelle maintenant « électron». Il paraît plus probable cependant que l'élecfron n*est pas CO que nous appelons en théosophie l’atome physique, mais plutôt 1 atome astral, bien qu’il soit difficile de parler avec certitude tant que la science n’aura pas précisé un peu plus sa découverte.
ÉCHAPPÉES SUR l’occultisme
Nous arrivons donc àla fin à l’atome physique ultime^ et nous nous apercevons alors que celui-là est réellement un atome en ce qui concerne le plan physique. Nous ne pouvons plus le dissocier et conserver cependant de la matière à l’état physique ; on peut pourtant le dissocier, mais la matière passe alors dans un domaine tout à fait diflérent, dans une partie de ce monde invisible dont je vais vous parler. On ne peut plus l’appeler physique, car elle a cessé d’obéir aux lois auxquelles toute matière physique obéit. Le plus grand froid que nous connaissions ne la contracte plus, la chaleur la plus forte ne la dilale plus, bien qu’elle paraisse cependant pouvoir être affectée par les températures solaires. Elle ne semble plus obéir aux lois ordinaires de gravitation, bien qu'elleait ce qu’on pourrait appeler, à mon avis, une sorte de loi de gravitation qui lui est propre.
Il est très difficile d’exprimer en paroles, et sur le plan physique, cette conception d’une matière plus siib-' tile formant le monde supérieur. A vrai dire il faut reconnaître qu’il est même impossible de l’exprimer complètement, mais je dois au moins affirmer nettement que les plans supérieurs au plan physique succèdent naturellement à ce deriiier et s’adaptent à lui, ils n’en sont pas séparés et ne sont pas absolument différents de lui. Nous n’avons donc qu’à supposer une seule division plus subtile de la matière que nous connaissons et une vitesse vibratoire beaucoup plus grande pour réaliser un des aspects du plan astral, quoiqu’il y en ait beaucoup d’autres plus difficiles à saisir.
LE MONDE INVISIBLE
Les plans de matière subtile.
Oq a trouvé qu’au-dessus de l’atome physique dont nous' veuous de parler, existait, pour cette matière plus subtile, une uouvelle série d’états, correspondant assez bien à nos états solide, liquide, gazeux et éthérique, tii poussant assez loin la dissociation, on obtient un autre atome, l’atome de ce monde astral. Puis on peut recommencer le processus, et, en dissociant cet atome astral, on se trouve en présence d’un monde plus subtil encore, toujours composé de matière, mais d’une matière tellement plus ténue qu’aucun des attributs de notre matière physique ne saurait lui convenir, si ce n’est la possibilité de se subdiviser en molécules et en atomes. On voit donc ((ue l’on arrive à ce nouveau plan d’une taçon logique, et qu’on n’est pas obligé de faire un saut, du monde physique que nous connaissons, ou croyons connaître, dans quelque région spirituelle dont on ne pourrait se faire aucune idée r.iisonnable niclaire. Ces nouvelles régions sont à la vérité invisibles, mais elles ne sont pas pour cela totalement incompréhensibles, surtout si on en aborde l’étude de cette manière.
ceux qui se sont occupés de ces questions savent bien que môme une grande partie du monde physique est inaccessible à nos sens; que toute sa partie éthérique est pour nous non existante, et ne se manifeste qu’en nous transmettant les vibrations lumineuses,mais nous pouvons démontrer qu’il est une hypothèse nécessaire à 1 explication des faits. Nous recevons aussi des vibrations de la matière plus subtile, et, de môme que sans
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voir l’éther, nous en constatons et en ressentons constamment les effets, de même si la matière astrale et la matière mentale sont invisibles à la vue ordinaire, leurs vibrations nous affectent, et nous en sommes conscients de diverses façons. Nous utilisons même habituellement quelques-unes d’entre elles, comme nous le verrons en étudiant la télépathie, dans une prochaine conférence.
Il est important pour ceux qui veulent étudier les données théosophiques de bien comprendre cette idée des différents plans ou degrés de matière dans la nature, plans qui forment chacun, en un sens, un monde à part, bien que dans un sens plus élevé, ils soient tous les parties d’un seul et immense tout. Si nous pouvons vous persuader d’étudier ces choses, vous verrez que nous ne vous demandons pas de croire à un miracle, mais plutôt d’examiner un système que nous vous présentons à titre d’hypothèse, bien que pour nous ce ne soit pas une hypothèse, mais un fait réel.
Quels sont ces mondes? Ils nous entourent à chaque instant et partout, bien qu’ils soient invisibles. Nous n’avons qu’à nous servir des sens qui leur correspondent, pour en avoir conscience; car chacun d’eux est plein de vie, tout autant que ce monde physique que nous connaissons. De même que la terre, l’air, l’eau sont toujours pleins de formes vivantes et variées, le monde astral, le monde mental sont eux aussi remplis de formes vivantes appropriées, et parmi les habitants de ces deux parties du monde inconnu se trouve la foule immense de ceux que nous appelons les morts.
LE MONDE INVISIBLE
Les sens subtils
Comment apprend-on à connaître ces mondes? Comme je l’ai dit,en développant les sens correspondants. Cela in^plique, ce qui est d’ailleurs vrai, que l’homme a en lui cette matière plus subtile, qu’il n’a pas seulement un corps physique, mais qu'il a également en lui la matière physique plus subtile que nous appelons éther, la matière astrale, puis la matière mentale dont les vibrations produisent la pensée. Cela n’est nulîemeat irrationnel,et si l’on accepte cette hypothèse,on verra aussi que les vibrations de la matière de l’un de ces plans peuvent se communiquer à la matière correspondante en l homme, et atteindre ainsi l’égo au moyen de ce véhicule, tout comme les vibrations de la matière physique se communiquent aux sens au moyen de son organisme physique sur ce plan. Le processus est analogue dans les deux cas.
La façon la plus commode de se faire une idée des sens subtils c’est d’examiner d’abord les sens que nous avons actuellement. Toutes les sensations qui nous arrivent du dehors sont des vibrations. La chaleur, par exemple, la lumière, ne sont que des vibrations de vitesse dilférenle. 11 semble qu’il existe un nombre infini de rythmes vibratoires, et nous ne pouvons assigner aucune limite, soit vers le haut, soit vers le bas, à cette échelle de rythmes différents. Or parmi cette série infinie de vibrations, un très petit nombre seulement nous est accessible sur le plan physique. Seul un très petit nombre de vibrations rapides sont perçues par notre œil et nous donnent la sensation de lumière. Tout
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ce que nous voyons, nous le voyons soit parce qu'il émet, soit parce qu’il réfléchit quelques-unes de ces vibrations.
La gamme des vibrations.
Beaucoup d’expériences ont prouvé qu’il existe des Yibràtions autres que celles que nous voyons. Si nous prenons un prisme de sulfure de carbone, et que nous le fassions traverser par un rayon de soleil, nous obtiendrons, sur une feuille de papier, ou sur une étoile, ou sur n’importe quelle surface blanche, un spectre aux magnifiques couleurs. Ce spectre très beau e.st aussi très petit. Si, au lieu de mettre la feuille de papier qui réfléchit ce que nous voyons, nous mettons la plaque sensible d’un appareil photographique (en prenant soin naturellement d’exclure toute autre lumière que celle qui arrive à travers le prisme) nous aurons la reproduction d’un spectre qui aura plusieurs fois la longueur de celui que nous voyions.
Il est beaucoup plus étendu à l’extrémité violette, car la plaque peut être impressionnée par les rayons ultraviolets qui n’affectent pas l’œil. Nos yeux sont absolument aveugles à cette portion du spectre, qui n’en existe pas moins et que l’on utilise dans plusieurs branches
de recherches scientifiques.
Un exemple intéressant est celui des photographies de soleil prises par le professeur Haie et d’autres. Un de» éléments qui existe en grande quantité dans le soleil est le calcium, dont les rayons sont invisibles pour nous, mais apparaissent dans la partie ultra-vio-
LE MONDE INVISIBLE
leite du spectre,et produisent par conséquent une impression sur la plaque photographique.
Sir Robert Bail écrit: «Les images du soleil que Pou obtient par celte lumière invisible sont très différentes de celles que donnent les photographies ordinaires. Sur ces dernières, les nuages brillants qui forment la photosphère sont représentés ; ils consistent en masses de particules solides de carbone chauffées jusqu’à produire une incandescence éblouissante. Flottant au-dessus de cette région se trouvent les puissantes vapeurs de calcium, Leur lumière moins intense ne peut être photographiée au milieu de l’éclat de la photosphère ; mais quand on a tamisé cet éclat on obtient des images de ce qui est en vérité un nouveau soleil, ou plutôt des images de ces énormes volumes de vapeurs de calcium, dont nous aurions, sans ce moyen, ignoré l’existence. Dans quelques cas le professeur Haie nous a donné de remarquables images doubles d une même partie du soleil, mais prises avec deux lumières différentes. Ces images accusent des différences considérables dans le détail, provenant du fait que les parties du soleil qui émettent une sorte de lumière, ne sont souvent pas analogues à celles qui émettent une autre lumière. Ces images révèlent donc la structure du soleil, comme elle n’avait jamais été révélée auparavant. »
La description d’une expérience scientifique comme celle-là est pleine d’intérêt pour l’étudiant en occultisme ! car elle prouve ce qu’il sait déjà si bien, que le môme objet, vu en même temps par deux observateurs^ peut très bien ne pas avoir pour chacun d’eux le même aspect. Les deux photographies du soleil prises, l’une à la lumière ultra-violette de calcium,l’autre à lamanière
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ordinaire, produisent des résultats très diflérents. Cependant chacune d’elles est parfaitement juste, et ce que Ton voit dans chacune existe réellement. De la môme manière, si deux hommes regardent simultanément un ami, l’un en se servant de la vision clairvoyante, l’autre de la vision physique ordinaire, ils verront chacun leur ami d’une façon très différente ; et cependant chacun d’eux aura raison en ce qui concerne son mode de vision. La clairvoyance, comme la lumière ultra-violette, révélera beaucoup de choses que l’on ne pourrait jamais voir sans elle, et pour la môme raison ; car elle aussi nous fait percevoir des vibrations qui, sans elle, reste-raient hors de notre portée.
J’ajouterai ici un tableau des vibrations reconnue^; actuellement par la science, tableau publié par l’École polytechnique de Paris.
Tableau des vibrations dont les effets sont reconnus et étudiés.
Nombre de vibrations par seconde
Octave
^ Son.
ao»
Inconnu
LE MONDE INVISIBLE
Nombre de vibrations
Octave
par seconde
Electricité.
Inconnu.
^ Chaleur.
Lumière.
Rayons chii
1 Inconnu.
( Rayons X.
Inconnu.
Si nous considérons maintenant Tautre extrémité de la série, les vibrations très lentes, nous en trouvons un certain nombre qui sont assez lentes pour affecter la matière pesante de l’atmosphère, frapper le tympan de notre oreille,et pour donner la sensation du son. 11 peut et il doit y avoir un nombre infini de sons qui sont trop aigus ou trop graves pour que Toreille humaine les perçoive, cette oreille est donc sourde à tous ces sons innombrables. S’il y a des vibrations très lentes qui produisent le son, et d’autres extrêmement rapides qui produisent la lumière, que font toutes les autres? Il y a cependant des vibrations intermédiaires : ce sont les phénomènes électriques de tous genres,les rayons Rœntgen par exemple. En fait, tout le secret de ces rayons Rœntgen ou rayons X, est qu’ils élargissent pour ainsi
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dire notre champ visuel, en nous faisant percevoir quelques rayons de plus, quelques-uns de ces rythmes vibratoires plus rapides qui sans cela nous échapperaient.
Extension de nos facultés.
Beaucoup de gens croient que nos facultés sont limitées, qu’elles ont des bornes précises que nous ne pouvons dépasser. Il n’en est pas ainsi. De temps à autre, nous rencontrons une personne anormale qui perçoit naturellement les rayons X, et qui peut ainsi voir plus de choses que les autres. Mais, sans aller aussi loin, nous pouvons trouver parmi nous beaucoup de vues différentes. Prenons un spectroscope, c’est-à dire une série de prismes disposés de telle façon, que le spectre ainsi produit, au lieu d'avoir quelques centimètres de long, a environ un mètre, mais est beaucoup plus faible. Faisons arriver ce spectre sur une grande feuille de papier blanc, et demandons à des amis de marquer, au crayon, l’endroit où s’arrête pour eux la lumière, jusqu’où va le rouge d’un côté, le violet de l’autre, nous serons tout étonnés de voir que quelques-uns verront plus loin à un bout, d’autres à l’extrémité opposée. Il se pourra même que l’un d’eux voie beaucoup plus loin que la plupart des gens, aux deux extrémités du spectre: dans ce cas nous sommes en présence de quelqu’un qui est en voie de devenir clairvoyant.
On pourrait croire qu’il n’y a là qu’une question d’acuité de vision ; mais ce n’est pas cela le moins du monde. C’est la vue qui est capable de percevoir des séries différentes de vibrations. Sur deux personnes dont la vue est également bonne, il pourra y en avoir
LE MONDE INVISIBLE
une qui ne voit bien que les rayons violets, et Tautre les rayons rouges. C'est ce qui nous explique que certaines personnes ne voient pas certaines couleurs. Mais quand nous trouvons une personne qui peut voir très loin aux deux extrémités du spectre, nous avons là qüelqu^un qui est en partie clairvoyant, qui peut répondre à plus de vibrations, et c’est pourquoi cette personue voit davantage.
Il peut y avoir, il y a certainement des entités, des choses qui ne réfléchissent pas les rayons lumineux que nous voyons, mais réfléchissent ces rayons que leur vitesse vibratoire fait échapper à notre perception. Quelques-unes d’entre elles peuvent donc être photographiées, quand bien même nos yeux ne sauraient les voir. On a souvent obtenu ce qu’on appelle des photographies d’esprits, bien qu’on doute de leur authenticité parce que, ainsi que le savent très bien tous les photographes, on peut les produire facilement, soit en exposant légèrement les plaques au préalable, soit par d’autres procédés. Cependant si on en peut produire d’artificielles, il n’en est pas moins certain qu’il en existe de réelles.
Expériences du Docteur Baraduc.
Les expériences récentes qu’a faites à Paris le D** Baraduc, prouvent, d’une façon évidente, qu’il est possible de photographier ces vibrations invisibles. A un de mes voyages à Paris, il me montra une série de photographies dans lesquelles il avait réussi à reproduire les efièts de l’émotion et de la pensée. Une entre autres
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représentaut une petite fille qui pleure son oiseau favori, laisse voir une singulière espèce de réseau, produit par l’émotion, et qui enveloppe à la fois l’enfant et l’oiseau. Une autre, sur laquelle on voit deux enfants qui viennent d’avoir peur, montre un nuage tacheté et frémissant. La colère provoquée par une insulte se manifeste par une quantité de petites formes percées ayant l’aspect de taches ou de globules inachevés. Une dame, qui a vu la collection après moi, décrit « une photographie représentant le miaulement d’un chat, dont la joie sonore se traduit par un nuage aux teintes délicates ».
Le docteur emploie la plaque sèche sans contact, avec ou sans objectif, et il opère dans l’obscurité complète, à travers du papier noir ou dans une chambre obscure, La plaque est posée près du front, du cœur ou de la main du sujet. € La force vitale, dit le docteur, est éminemment plastique, et, comme l’argile, reçoit des impressions aussi vivantes que si elle était modelée par la main invisible de quelque esprit sculpteur. Ces photographies de fantômes, ces images télépathiques de l’invisible, sont produites par la concentration de la pensée. Ainsi, un officier fixa sa pensée sur un aigle, et la forme majestueuse de cet oiseau se dessina sur la plaque. Une autre montre la silhouette d’un cheval. » Quelquefois des visages apparaissent sur les plaques,et le docteur décrit en particulier le cas où la pensée d’une mère a produit le portrait de son enfant mort. 11 nous donne aussi le récit plein d’intérêt d’une impression produite pendant une visite astrale.
« Un phénomène surprenant de photographie télépathique nous est rapporté par un praticien de Bucharest, le D' Hasdep. Lui et son ami, le D’’ Istrati, s’intéres-
LE MONDE INVISIBLE
sant aux phénomènes télépathiques, ils résolurent de tenter Tépreuve photographique de façon à voirs’il était possible de projeter une image à distance sur une plaque préparée. Le soir fixé pour Tépreuve décisive arriva.
Le Hasdeu, avant de se coucher, plaça son appareil au pied de son lit. Le D** Istrati était à ce moment à plusieurs centaines de milles. Il avait été convenu que ce dernier, avant de s’endormir, concentrerait sa pensée afin d'essayer d’impressionner la plaque préparée par son ami à Bucharest. Le matin suivant, en s’éveillant, le D" Istrati fut convaincu d’avoir réussi, car il en avait été assuré en rêve. 11 écrivit à un ami commun qui se rendit aussitôt chez le D*" Hasdeu et trouva celui-ci en train de développer la plaque en question. Sur cette plaque se voyaient trois silhouettes distinctes,dont Tune était particulièrement claire et ressemblante. Elle représentait le D*" Istrati regardant avec fixité l’appareil dont l’extrémité était illuminée par une lueur phosphorescente qui paraissait émaner de l’apparition. Quand le D' Istrati revint à Bucharest, il fut surpris de la ressemblance de son portrait fluidique qui révélait le type de sa physionomie et ses caractères les plus marqués, bien plus fidèlement que les photographies obtenues par les procédés ordinaires.
Nos facultés supérieures
Toutes ces expériences nous montrent que beaucoup de choses, invisibles à l’œil humain, sont visibles par la plaque photographique; et il est bien évident que si notre organe visuel pouvait être rendu aussi sensible que
ces plaques, nous verrions beaucoup de choses auxquelles nous sommes actuellement aveugles. Or T homme est capable non seulement de devenir aussi sensible que les plus sensibles des produits chimiques, mais encore de les dépasser en sensibilité, et il peut alors se procurer quantité d’informations au sujet de ce monde invisible.
Il en est de même de l’ouïe. Nous n’entendons pas tous de la môme façon, et par là je ne veux pas dire que quelques-uns entendent mieux que les autres, mais qu’ils entendent des sons que les autres ne pourraient jamais entendre, quelque intenses que soient ces sons. Cela encore peut être démontré. Certains sons produits par des machines peuvent devenir si aigus qu'on ne les entende plus; la machine allant de plus en plus vite, les sons deviennent de moins en moins perceptibles, et finalement ne le sont plus du tout, non pas qu’ils aient cessé, mais parce que la note est devenue trop élevée pour être appréciée par roreille humaine. L’observation la plus agréable que je connaisse, et que tout le monde peut faire, pendant les nuits d’été, à la campagne, est celle du cri delà chauve-souris. C’est un son très aigu, d’une acuité que l’on peut comparer au tranchant d’un rasoir ou à la pointe d’une aiguille, et qui ressemble au cri de la souris, haussée à plusieurs octaves. Il est à la limite des sons perceptibles; aussi quelques personnes ne peuvent-elles l’entendre, ce qui nous montre qu’il n’y a pas de limites bien tranchées et que l’oreille humaine varie considérablement dans son pouvoir de répondre aux vibrations.
Si donc nous ne pouvons répondre qu’à certains groupes très restreints de vibrations, il est aisé de voir
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quel changement se produirait pour nous si nous devenions capables de répondre à toutes. La vue éthérique dont nous parlons quelquefois n’est que la faculté de répondre à un plus grand nombre de vibrations physiques: la plus grande partie de la clairvoyance dont font preu /e les désincarnés aux séances spirites, est de cet ordre. Ceux-ci en effet lisent quelques pages d’un livre fermé, ou une lettre enfermée dans une boîte. Les rayons X font pour nous quelque chose d’analogue ; iis ne nous permettent peut-être pas de lire une lettre, mais de voir à travers les objets matériels, d’apercevoir une clef dans une boîte en bois, ou les os du corps humain à travers la chair. On possède cette vue-là, comme je Tai dit, lorsqu’on est capable de répondre à plus grand nombre de vibrations physiques.
Poussons maintenant la chose un peu plus loin; allons au delà des seules vibrations de la matière physique,et imaginons-nous capables de répondre aux vibrations de la matière astrale;nous faisons aussitôt la conquête d’un monde nouveau, et nous pouvons voir les objets d’un plan plus subtil quoique encore matériel. Dans tout cela, bien qu’il puisse y avoir beaucoup de choses qui ne nous soient pas familières,il n’y a rien de manifestement impossible. Ce n’est que la suite progressive des facultés que nous conuaissons déjà et dont nous nous servons, ce monde de matière astrale succédant à celui qui nous est si familier. Il n’y a rien d’irrationnel dans cette idée. En déclarant que l’homme peut devenir conscient de ce monde inconnu et le décrire, la théosophie, et avec elle toutes les religions de l’Orient, n’affirment rien de déraisonnable ; car ce n’est pas là une suggestion absurde et grotesque, touchant au charlatanisme
ÉCHAPPÉES SUK l’OCCÜLTISME
et à l’imposture, comme on le croit si souvent. Le système entier est absolument scientifique, et on peut y arriver en suivant des procédés d’investigations purement scientifiques.
La vérité sur l'invisible.
Quand l’homme devient capable d’étudier ce monde nouveau,en se servant de ces facultés nouvelles,de quoi s’aperçoit-il? Afin de vous faire comprendre ce qu’est le système dans son ensemble, je vous dirai que l’homme s’aperçoit alors que ce monde invisible est divisé en deux parties : le monde astral et le monde mental. Ces deux parties correspondent, non pas d’une façon précise mais en général, à l’idée que se font les orthodoxes de l’enfer et du ciel ; toutefois, s’il est vrai que de terribles souffrances peuvent être endurées dans la région inférieure du plan astral, ces souffrances,de quelque nature qu’elles, soient, ne sont pas un châtiment, mais une purification. La souffrance a toujours et partout pour but d’améliorer l’homme, elle fait partie d’un système dont le but est l’évolution do l’homme; elle n’est pas un châtiment éternel, incompréhensible,infligé dans un esprit de vengeance, mais simplementla manifestation d’une loi de justice parfaite, qui donne à chacun ce qu’il mérite non comme récompense oucommepunition, mais comme résultat scientifique de ses actes.
Si quelqu’un se brûle en mettant la main au feu, il ne lui vient pas à l’idée qu’on a voulu le punir ; il sait que c’est la conséquence naturelle de son acte, et que les vibrations trop rapides de la matière incandescente
LE MONDE INVISIBLE
ont détruit sa peau et ont causé les diverses désintégrations qui se produisent. De la même manière, la souffrance qui suit le mal n’est pas une punition infligée du dehors» mais simplement et d’une façon absolue, la conséquence de nos actes, conséquence qui est l’œuvre d^une loi inflexible. Toute la souffrance que nous endurons n’est donc que le résultat d’une loi ; elle a pour but de nous purifier, de nous aider, et sans aucun doute elle atteindra ce but.
Le monde astral inférieur correspond donc beaucoup plus justement au purgatoire, qu’à la conception ordinaire et blasphématoire de l’enfer.Il n’y a heureusement rien dans l’univers entier qui corresponde le moins du monde à cet enfer-là. Mais, s’il n’y a pas de souffrances éternelles, telles que nous les a représentées l’imagination désordonnée et le cerveau malade des moines du moyen âge, il y a indubitablement des cas de souffrances individuelles ; mais même cette souffrance, si terrible qu’elle soit parfois, est ce qu’il y a de mieux pour l’homme. Car c’est pour lui la seule manière de se débarrasser du désir qui s’est emparé de lui, du mal qu’il a laissé croître en lui ; c’est la seule manière de s’affranchir de toutes ces entraves, de façon à recommencer dans de meilleures conditions, lors de sa prochai ne existence, ses tentatives pour atteindre l'évolution supérieure.
La vie céleste»
La seconde partie de la vie post mortem, la vie au ciel, est également le résultat de nos actes, mais dans
ÉCHAPPÉES SUR l’OCCULTISME
ce qu’ils ont de plus noble et de plus élevé. C’est là que toute la force spirituelle mise en mouvement par l’horame durant la vie terrestre, produit son plein effet. Dans ce cas, il s’agit encore d’un résultat purement mathématique, en rapport avec la quantité d’énergie émise, car la loi de la conservation de l’énergie régit ces plans supérieurs, aussi bien que le plan physique. Les sentiments profonds qu’inspire à l’homme un idéal élevé ou une affection intense et désintéressée,vouée soit à son dieu, soit simplement à ceux qui l’entourent (qu’il s’agisse d’un amour impersonnel et sublime s’étendant à tous les hommes, ou d’une affection plus ordinaire, qui s’épuise entièrement sur un ou deux êtres) tous ces sentiments sont autant de forces spirituelles à différents niveaux et à différents degrés d’intensité. Tous représentent de l’énergie émise qui ne peut produire son plein effet dans cette vie physique parce que nos pensées,üos aspirations les plus élevées, appartenant au royaume de l’âme libérée, ce plan inférieur n’offre pas de champ propre à leur réalisation.
Personne ne comprend mieux cela que l’artiste ou le poète qui essaie de les réaliser. L’homme qui peint un tableau ou qui écrit uu poème, espère ainsi communiquer aux autres ce que lui a révélé la vision de ce monde supérieur : mais nul ne sait aussi bien que lui à quel point l’expression de sa pensée le trahit, et combien ce qu’il peut faire de mieux, la reproduction la plus satisfaisante qu’il puisse donner, sont encore inférieurs à la réalité.
Puisqu’il en est ainsi, cet idéal, ces aspirations plus élevées, demeurent une colossale réserve de force, qui ne peut jamais être épuisée sur le plan physique ou