‹ Échappées sur l'occultismeChapitre 12 sur 27 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Goramençons par définir nos termes. Le mot « télépathie » vient de deux mots grecs, et signifie littéralement € sentir à distance », mais on l’emploie aujourd’hui comme synonyme de transmission de pensée ; il peut donc être étendu à toute transmission d’image, de pensée, de sensation, d’une personne à une autre, par des moyens non physiques et inconnus à la science ordinaire.

Le mot« mind cure » (cure par le mental) a une signification évidente, à moins que l’on n’intervrertisse l’ordre des mots; il ne veut pas dire « la guérison d’un esprit malade », mais «la guérison des maux physiques par le mental, ou tout au moins par des moyens absolument hors du domaine physique.

On voit donc que les deux choses se rattachent étroitement à riofluence et au pouvoir de la pensée, et, pour les comprendre, il faut d’abord saisir exactement ce qifesl la pensée. Consacrons donc quelques instants à étudier le processus de la peusée.

La pensée nous paraît être un processus instantané, nous avons môme un dicton: « Rapide comme la pcn-

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sée ». Tout rapide qu’il soit, ce processus n’en est pas moins plus compliqué qu’on ne le suppose. A cet égard il ressemble au processus par lequel la sensation, venant des différentes parties du corps, arrive au cerveau. Nous considérons aussi ce dernier processus comme à peu près instantané, mais la science nous prouve qu’il ne l’est pas. Quand, par exemple, nous nous emparons de quelque chose de trop chaud, nous le rejetons vivement; mais dans ce court instant, deux choses distinctes se sont passées. Les nerfs de la main ont pour ainsi dire télégraphié au cerveau le message suivant : « Cet objet est trop chaud > et le cerveau a renvoyé la réponse ; « Lâchez-le » ! et c’est seulement en réponse à cet ordre que la main a lâché l’objet. La vitesse à laquelle ces messages sont transmis, a été calculée par les physiciens ; donc le temps écoulé, bien qu’il nous paraisse inappréciable, peut être mesuré par leurs instruments.

Comment nous pensons.

Un processus analogue a lieu chaque fois que nous pensons, bien que seul un clairvoyant puisse voir ce qui arrive dans ce cas. Celui qui possède la vue du plan mental aperçoit, lorsque la pensée se forme, la matière du corps mental du penseur entrer en vibration. 11 voit ensuite cette vibration en faire naître une autre, une octave au-dessous pour ainsi dire, dans la matière plus grossière du corps astral du penseur; les particules éthériques du cerveau sont affectées à leur tour, et par elles la substance grise est mise en mouvement. Toutes

ces étapes doivent être franchies avant que la pensée puisse se traduire par des actes sur le plan physique ; on peut dire que la pensée doit traverser deux plans entiers et la moitié d*un autre avant de pouvoir produire des effets ici-bas. Il faut que je vous décrive la façon dont cela se passe, du point de vue du clairvoyant, afin que vous puissiez vous en faire une image mentale très nette.

Chaque cellule du cerveau physique, et, à vrai dire, chaque molécule de sa substance, est pénétrée par la matière astrale correspondante; au delà, ou plutôt à l’intérieur, elle a aussi de la matière mentale, plus subtile encore, l.e cerveau a trois dimensions, mais, pour notre démonstration, supposons un instant qu’on puisse Tétendre sur un plan, de façon à ne lui donner que l'épaisseur d’une molécule. Supposons également que la matière astrale et la matière mentale correspondantes puissent aussi être disposées en couches : la couche astrale un peu au-dessus de la couche physique, et la couche mentale au-dessus de l’astrale. Nous aurions de cette façon trois plans de matière inégalement denses, correspondant entre eux mais nullement reliés les uns aux autres, si ce n’est que çà et là la communication serait établie au moyen de fils conducteurs reliant les particules physiques aux particules astrales et se continuant jusqu’à la matière mentale.

Cela représente assez bien ce qui a lieu pour le cerveau de l’homme ordinaire. Chez l’adepte, ou homme parfait, chaque molécule a son fil de transmission, de sorte qu’il y a communication parfaite avec toutes les parties du cerveau sans exception ; l’homme ordinaire au contraire, n’a encore que très peu de voies de com-

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munication ouvertes. On sait aujourd’hui que le cerveau est divisé en plusieurs régions dont chacune correspond à des facultés spéciales. Chez l’hom ne parfait, toutes ces facultés sont pleinement développées, car les canaux appartenant à chacun sont en activité ; tandis que chez Thomme ordinaire, la plus grande partie des canaux sont encore inactifs, ou môme à peine formés, et les facultés correspondantes sont encore à l’état latent dans le cerveau.

On peut se représenter ces canaux comme de petits conduits au travers desquels Thomme envoie sa pensée à son cerveau physique. Chez Thomme développé, chaque pensée a son canal approprié, par lequel elle peut descendre directement jusqu’à la matière correspondante du cerveau physique; mais chez l’homme ordinaire, la plupart de ces canaux ne sont pas encore ou* verts, de sorte que la pensée qui devait descendre à travers eux est obligée de faire, pour ainsi dire,un grand détour,et de s’exprimer par d’autres canaux qui ne sont pas appropriés. U lui faut circuler latéralement dans tout le cerveau mental, jusqu’à ce qu’elle trouve un chemin pour descendre, par un conduit qui ne lui convient nullement; et, lorsqu’elle arrive au cerveau physique, il lui faut circuler de nouveau, latéralement, jusqu’à ce qu’elle rencontre les molécules physiques capables de Tex primer.

On voit aussitôt combien unepensée,après un chemin si tortueux, doit être forcément gauche et maladroite; on comprend alors comment il se fait que cerlainesgens liaient aucune aptitude pour les mathématiques, ou bien aucun goût pour la musique ou les beaux* arts, suivant le cas, La raison en est que, dans la partie du car-

veau consacrée à celte faculté spéciale, les communications n’ont pas encore été établies, de sorte que toute pensée qui se rattache à ces sujets est obligée de descendre par des canaux impropres. Le cen^eau n'étant pas encore complètement actif, la pensée ne peut travailler librement dans toutes les directions. Le cerveau physique est une masse solide, et la matière astrale, ainsi que la matière mentale, le pénètre entièrement, de aorte qu’il n’y a, en réalité, ni couches, ni conduits, mais cependant cette image est assez exacte et montre bien le manque de communications entre les molécules mentales, astrales et physiques.

Représentez-vous maintenant ce qui se passe quand nous échangeons des idées ici-bas, sur le plan physitjue. Je formule une pensée, mais avant qu’elle puisse vous arriver, elle devra descendre de mon corps mental, à travers les matières mentale et astrale,, jusqu’à mon cerveau physique où elle se transformera en parole ou en écriture. Elle vous arrive alors par les ondes de l’air qui frappent votre tympan, ou par la lumière que renvoie à vos yeux la page imprimée ; l’idée pénètre dans le cerveau physique, mais ici encore il lui faut passer par l’astral avant d’arriver à l’homme intérieur, qui est l’homme véritable, le processus étant l’inverse de ce qui s’est passé en moi quand j’ai émis cette pensée.

Ainsi que vous le savez, c’est là un moyen bien compliqué, et le message est obligé de prendre une voie bien détournée ; vous êtes alors amené, tout naturellement, à vous demander si ce long détour est absolument nécessaire, s’il n’y a pas moyen de prendre un raccourci, de faire fonctionner le fil télégraphique à un point intermédiaire. Si le point de départ et le point

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lerminus sont tous deux sur le plan mental, si, pour monter ou pour descendre,le message doit traverser les niveaux astral et éthérique, n’y a-t-il pas de communication possible aux points intermédiaires, sans retarder le processus en descendant jusqu’au plan physique?

lî??.

Trois sortes de télépathie.

Là communication est en effet possible, et cela de trois manières ; c’est précisément à cette communication que l’on donne le nom de télépathie. On peut, quand les circonstances s’y prêtent, établir une communication directe entre deux corps mentaux, entre deux corps astraux ou entre deux cerveaux éthériques, ce qui nous donne trois sortes de télépathie. Commençons par la moins élevée.

Quand je pense fortement, avec mon cerveau physique, à une forme concrète et simple, je reproduis cette forme dans la matière éthérique et un clairvoyant peut la voir. Mais dans l’effort que je fais pour reproduire cette image, j’émets, tout autour de moi, des ondes éthériques assez semblables aux ondes que propage dans Teau, une pierre qui tombe dans une mare.

Quand les ondes mentales frappent un autre cerveau éthérique, elles tendent à reproduire en lui la môme image. Ce n’est pas l’image elle-même qui est projetée, mais une série de vibrations qui reproduiront l'image. Ce n’est pas comme un tuyau acoustique que la voix elle-même traverse, si bien qu’on peut entendre cette voix sur tous les points du parcours. Cela ressemble plutôt à un téléphone, dans lequel ce n’est pas la voix

LA TELéPATHIE ET LA « MIND CURE >

«lîe-même qui est transmise, mais un certain nombre de vibrations électriques produites par la voix, et qui, lorsqu’elles pénètrent dans le récepteur,sont de nouveau transformées en sons. Si l’on coupe le fil téléphonique, et que Ton écoute sans récepteur, on n’enlend rien ; les vibrations ne sont pas les sons, ceux-ci ne se reproduisent que dans certaines conditions déterminées.

C’est ainsi qu’une forme simple peut être facilement transmise d’un cerveau à un autre. C’est une expérience qu’il est aisé d’essayer, quand deux personnes s’intéressent suffisamment à ces choses pour se donner un peu de mal. L’une d’elles n’a qu’à penser fortement à une forme géométrique simple, telle qu’unecroixou un triangle ; et l’autre n’a qu’à attendre tranquillement et à noter les idées qui lui viennent à Tesprit. Il .arrivera assez souvent que la deuxième ou la troisième tentative sera fructueuse ; mais il y a naturellement des gens plus sensitifs les uns que les autres, et aussi des gens qui i>euvent former des images plus nettes que d’autres.

En ce cas, il a fallu descendre jusqu’à l’état éthérique de la matière physique, nous ne sommes donc, en somme, qu'un degré au-dessus de la méthode ordinaire au moyen du langage ou de l’écriture, et ce que nous avons là ressemble assez à la télégraphie sans fil de Marconi. Voyons maintenant si on ne peut pas arriver au même résultat à un degré plus élevé, sur le plan astral.

Cela est non seulement possible, mais cela se fait constamment autour de nous, bien que nous ne le remarquions pas. Le corps astral est le véhicule de l’émotion et de la passion, comme nous l’avons vu dans des conférences précédentes, de sorte que ce qui sera transmis

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d'une personne à une autre à ce niveau, sera une impression d'une nature passionnelle ou émotionnelle* Étudiez le fait par vous-mêmes, dans la vie de famille. Quand un membre de la famille se trouve dans un état de grande dépression, les autres sont facilement affectés pareillement. Si Tun d’eux est très irritable, on s’aperçoit que les autres deviennent à leur tour moins calmes et plus promptement affectés que d’habitude. Cela veut dire que quiconque cède à une puissante vague d’émotion de quelque nature soit-elle, propage autour de lui une certaine vitesse vibratoire astrale, qui tend à reproduire chez les autres la môme émotion lorsqu’elle atteint leur corps astral.

Pour les morts cela est plus important eucore, car ils n’ont plus que leur véhicule astral, et sont, par conséquent, plus sensibles à ces vagues d’émotion que les vivants qui sont, dans une certaine mesure, protégés par la densité et l’épaisseur de leur corps physique. Aussi quand un homme s’abandonne égoïstement à son chagrin, il cause souvent, chez celui qu’il pleure, un état de dépression profonde et douloureuse. Au contraire s’il pense à son ami avec amour, et en désirant ardemment son progrès, il pourra l’aider au lieu de le retarder, parce que ces sentiments se reproduisent fidèlement dans le corps astral du défunt. Voilà donc un cas de télépathie réelle, de sensation à distance.

Avançons maintenant d’un degré encore, et voyons si la pensée ne peut communiquer directement de corps mental à corps mental sans passer par le plan astral. Cela aussi est possible et se fait souvent, mais ce ne peut être un moyen régulier de communication qu eutie des âmes très développées. Un être assez évolué est

capable d’envoyer ses idées à travers l’espace, avec — c’est le cas de le dire, — la rapidité de la pensée; mais chez les hommes ordinaires^ une telle faculté est rare. Cependant cela se rencontre parfois quand il existe une sympathie peu commune entre deux personnes, et je suis sûr que quand l’humanité sera plus avancée, ce sera notre moyen ordinaire de communication. Les Maîtres de Sagesse s’en servent déjà pour instruire leurs élèves, et ils peuvent de cette façon expliquer facilement les idées les plus compliquées.

Nous nous trouvons donc en présence de ces trois sortes de télépathie, chacune consistant simplement à transmettre des vibrations dans leurs milieux respectifs; l’observateur superficiel ne saura pas toujours les distinguer entre elles, mais le clairvoyant développé les reconnaîtra sans peine. Nous pouvons d’ailleurs, dans une certaine mesure, avoir des preuves de l’une ou l’autre de ces sortes de télépathie dans notre vie quotidienne, car il arrive souvent qu’un ami pense, en même temps que nous, à un même sujet qui ne s’était pas présenté à notre esprit depuis peut-être plusieurs mois.

Mind Cure *

On voit aussitôt qu’il existe des rapports étroits entre la télépathie et la « mind cure », cette dernière ayant

1. Nous conservons dans le texte les mots anglais, que Ton trouve d'ailleurs dans les traductions d’ouvrages traitant de ces questions ; la chose étant peu connue en France, n’a pas encore reçu de terme spécial; (N. D. T.)

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pour but de faire passer, de l’opérateur au patient, de bonnes et réconfortantes pensées. Il y a plusieurs sortes de « mind cure * et elles diffèrent considérablement dans leurs enseignements; elles s'appellent respectivement « Christian science », « Mental science », « Mindhealing » etc. (Science chrétienne, science mentale, cure mentale) ; mais toutes s’efforcent de produire des guérisons physiques par des moyens non physiques. On a, en général, une vague idée, que la Théosophie est l’ennemie de tous ces systèmes; il n’en est rien. La Théosophie n’est Tennemie d’aucune forme de croyance; au contraire, elle cherche ce qu’il y a de bon en chacune, le fait ressortir, l’explique, et combine le tout de façon à en faire un système harmonieux. Elle n’est opposée qu’à l’interprétation erronée,au mauvais usage des dogmes ou des pratiques ; elle cherche non pas à attaquer les religions diverses, mais à les comprendre intelligemment, à prendre impartialement à chacune d’elles ce qui lui semble beau et vrai. Nous croyons que les gens pieux ont grand tort de se quereller, comme ils le font, pour des bagatelles. Tous s’entendent sur les grands principes du bien et du mal ; tous sont d’accord pour déclarer qu’il faut faire le bien et éviter le mal. Qu’ils s’unissent donc pour convertir le reste du monde à cette foi-là, et qu’ils laissent de côté la discussion de détails de peu d’importance, jusqu’à ce qu’ils soient parvenus à accomplir cette tâche. Il semble que le simple bon sens devrait leur montrer qu’il faut agir ainsi. Combien peu de gens sont disposés à en convenir, môme un instant I

Nous qui étudions la Théosophie ne sommes donc nullement opposés à la « mind cure », bien que nous

n'approuvions pas quelques théories qui s’y ratlachenl. L’idée principale est belle et juste,c’est la croyance au pouvoir de la pensée. Ce n’est pas une idée nouvelle, car les vieilles religions l’ont toujours enseignée : vous la trouverez, par exemple, nettement exposée dans le premier chapitre du livre bouddhiste Le Dhammapada dont j’ai donné, dans ma conférence sur le Bouddhisme une citation tirée delà belle traduction de Sir Edwin Arnold. Dire que les partisans de la « mind cure » ont découvert le pouvoir de la pensée, est une erreur qui montre une complète ignorance des grandes religions de rOrient. Ce qui est vrai, c’est qu'ils le prouvent pour la première fois à nombre d Occidentaux, Nous devons par conséquent leur être reconnaissants d’arracher quelques personnes au matérialisme, et de leur faire ouvrir les yeux à quelque chose de plus élevé et de plus rationnel ; c’est là un grand pas, et une fois qu’il est franchi, le progrès ultérieur devient facile. Félicitonsles donc d’avoir travaillé à élever les pensées de leur génération ; bien qu’il y ait, dans leurs théories, des détails plus ou moins admissibles, ils restent néanmoins dignes du respect que nous leur devons.

Je vais maintenant énumérer brièvement les quelques dogmes que je ne puis admettre. Nous passerous ensuite à une tâche moins ingrate en exposant les idées que nous partageons avec eux.

Quelques objections.

Tout d’abord, je n’ai jamais compris qu’on fasse une religion d’un procédé médical ; on pourrait aussi

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bien ériger en religion l’homéopathio ou l’hydrolhérapie. Je proposerai donc à ceux qui Iravailient sur des bases intellectuelles aussi peu satisfaisantes, d’étudier le système grandiose que nous offre la Théosophie, système qui éclairera leur intelligence, et leur fournira une théorie rationnelle de l’univers.

Une des principales écoles de«mind cure»nie d’une façon absolue, l’existence de la matière; c’est celle qui s’intitule « Christian science », bien qu’il soit difficile de voir sur quoi elle se fonde pour prendre un nom pareil ; mer l’existence de la matière n’est ni chrétien, ni scientifique. Ce ne peut être en tous cas scientifique, puisque la science ne connaît que la matière et s’en sert dans toutes ses expériences.D’autre part, celte doctrine de la non existence des choses matérielles n’est pas chrétienne mais païenne ; elle est enseignée dans un des plus vieux mystères philosophiques de l’Orient.

11 y a cependant une profonde vérité dans cette affirmation si on la comprend bien. Toute manifestation vient de l’Absolu,et y retournera probablement^un jour. Toute manileslation est donc par cela même transitoire, et, en l’envisageant au point de vue de l’éternité, on peut la déclarer éphémère, momentanée, peu digne d importance. Mais dire que la matière n’existe pas peut amener des équivoques,car elle est une des manifestations du Logos, tout comme l’esprit qui est à l’antre pôle. Le Seigneur Bouddha a dit que deux choses étaient éternelles; àkâsa, et nirvâna; ce qui d’après le contexte, semble signifier matière et force. En cela, la science moderne est d’accord avec lui, et il me sembla

plus vrai et plus sûr d’admettre que, tant que la manifestatioüexiste,cha(|ue espèce de matière existe réellement sur son propre plan. Il est vrai que, quand nous sommes sur le plan physique, la matière physique seule est réelle pour nous, la matière astrale et la matière mentale demeurant invisibles à nos sens inférieurs. Quand nous élevons notre couscience à des plans supérieurs, les choses sont renversées, mais c’est notre conscience qui a changé de point de vue, et non la manilestation du Logos. Aussi,tout en reconnaissant que les choses invisibles sont plus importantes, nous prélérons cependant considérer la matière comme réelle, tant que nous sommes à son niveau. Il semble d’ailleurs peu logique de nier d’abord rexisteir e du corps, et puis de prétendre par cela môme améliorer sa condition, car comment peui-on guérir ce qui n’existe pas?

Je crois que cette négation de la matière n’est en substance qu’une réaction contre la vieille et laide croyance à un diable personnel. Nos amis sentent, par intuition, que l’idée d’un mal qui nous serait imposé du dehors est absurde, puisque chacun se fait sa propre destinée bonne ou mauvaise. Ils disent donc qu’il n’y a de mal que celui que nous faisons, que tout e.st subjectif; puis coinme ils se trouvent constamment aux prises avec la matière et ses propriétés, ils retombent dans la vieille erreur qui consistent à identifier le mal avec la matière, et en arrivent à conclure que le mal n’existe pas. Il est assez étrange de voir réapparaîire la théorie de l’évêque Berkeley, dans un milieu si différent, et cela nous rappelle immédiatement le mot de Swift à ce sujet: « If Berkeley says there is no matter, then surely it is no matter what he sayç. » (Si Berkeley dit qu’il n’y a

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pas de matière, ce qu’il dit ne signifie rien du tout

Mais la partie de cette théorie contre laquelle je suis obligé de m’élever énergiquement, c’est qu’on puisse se procurer la richesse en exerçant une influence illégitime sur autrui. Demander de l’argent pour guérir le malade à l’aide de la cure mentale me semble peu honorable ; mais se servir de la puissance du mental pôur soutirer de l’argent à autrui d’une façon illégale, c’est prostituer et avilir cette science supérieure qui devrait être sacrée et ne servir qu’à des fins désintéressées. Celui qui veut obtenir la richesse par l’effort mental, doit la rechercher par les voies légitimes seulement ; d’ailleurs il devrait bien plutôt essayer de limiter ses désirs que d’augmenter ses possessions, car là seulement est le sentier de la sagesse.

D’autre part je connais aussi bien que personne^a valeur de la foi et de l’affirmation, mais la vérité m’em* pêche de nier qu’un corps puisse être malade. L’homme véritable, l’égo, l’âme n’est pas malade, et dans ce senslà on a raison de dire que nous ne sommes jamais mala des, mais ce n’est pas ainsi qu’on l’entend généralement. On déclare nettement que le moyen de se débarrasser du mal de tôle consiste à dire: « Je n’ai pas mal à la tête », affirmation qui pourra devenir vraie mais qni est fausse au moment où on la fait. Je ne dis pas qu’on ne puisse arriver à produire un résultat par la répétition de cette affirmation mensongère, mais il me semble que le mensonge est un mal bien plus sérieux que le mal

1, Il y a là un jeu de mots intraduisible ; a matt€T > veut dire € la matière », mais la locution familière, c it is no matter > veu( dire cela ne signifie rien, n’a aucune importance. (N. O. T.)

de tête ou le mal de dents qu’elle finit par faire disparaître. Tout le monde peut dire avec raison: «Je ne veux pas avoir mal à la tête ou mal aux dents et, en s’opposant ainsi h la douleur de toutes ses forces, il arrivera probablement à la faire disparaître. Un tel effort de volonté est légitime, voire môme admirable; la concentration de pensée qu’il implique est un très bon exercice pour qui que ce soit. On peut ainsi diriger sa pensée contre la maladie, et de cette façon en repousser les attaques, l’éviter tout à fait si elle ne s’est pas encore installée dans le corps, ou aider grandement les remèdes, si elle est déjà en possession de l’organisme. Le pouvoir de la pensée est immense, on ne saurait donc l’exagérer.

Pouvoirs de la pensée.

Ceci nous amène à cette partie de l’enseignement des « mental scienlists » que nous pouvons approuver sans réserve. Quand ils exhortent leurs clients à avoir toujours des pensées gaies, à rejeter la crainte et l’anxiété, à éviter soigneusement les critiques qui ne font qu’augmenter le mal sur lequel elles attirent l’attention, noua ne pouvons que les féliciter pour ces paroles et d’autres encore.

Je lis dans un de leurs livres ce conseil: « Si vous vous sentez déprimés, si vous sentez venir de tristes pensées, hâtez-vous de penser à quelque chose de gai. Vous n’avez pas de temps à perdre dans l’abattement. » Au .sujet de la crainte ils redisent sans cesse que la plupart des choses que nous craignons n’arrivent jamais,

ÉCHAPPÉES SUR l’OCCüLTISME

et que, qu’elles arrivent ou non, nous doublons notre peine en souffrant par anticipation, ce qui est très vrai et très bon à dire. Parfois cependant ils vont trop loin. J’ai lu par exemple que si on n’avait pas peur de la maladie, on ne serait pas atteint ce qui naturellement est faux, puisqu’on attrape parfois des maladies dont on ne soupçonnait pas l’existence. Si on ne craint pas une maladie, il y a plus de chance pour qu’on ne l’attrape pas ; on peut cependant y succomber, si l’on est surmené, et si les forces physiques ne sont plus assez actives pour repousser l’infection. Sous cette forme exagérée, cette remarque n’est donc pas tout à fait juste.

Nous ne pouvons qu’admirer aussi la façon dont nos amis ont compris l’effet de nos pensées sur autrui, et, par conséquent, la responsabilité que nous encourons par le seul fait que nous pensons. Nous voyons cela constamment dans la bonne littérature de la « mental science, » Nous y trouvons par exemple que: « les fausses conceptions de la Divinité, et surtout la croyance à un châtiment éternel inspiré par la vengeance, ont imprimé leur influence malsaine jusque dans les tissus de notre corps ». Voilà une vérité qui pourra surprendre; elle est cependant évidente; les gens qui se croient orthodoxes feraient bien de la méditer sérieusement. On s’étonne de constater parmi nous tant de maladies, et surtout des maladies nerveuses, alors que, pendant des générations, toute l’atmosphère a été remplie de pensées d’égoïsme et de crainte, inspirées par les questions religieuses, chargée des formes pensées que des hommes frappés de terreur ont projetées en imaginant un Dieu courroucé, un diable à cornes et à queue, un enfer avec des flammes, et d’autres productions abominables

LA télépathie et LA « MIN H CURE » '^07

nables provenant des imaginations maladives d^ecclérdastiques. Celte idée-là aussi a beaucoup de vrai, comme tout théosophe le comprendra facilement.

Je suis également tout à fait de l’avis de nos amis lorsqu’ils affirment que si un homme se croit un pauvre ver de terre, un misérable pécheur, plein de dépravation naturelle,c’est le meilleur moyen pour lui de devenir la créature déplaisante qu’il s’imagine être. S’il se méprise il est probable qu’il deviendra méprisable ; s’il se respecte au contraire, il est probable qu’il deviendra digne de respect. S’il comprend qu’il est une étincelle de la Vie Divine, et que par conséquent, il peut tout faire par le Christ qui est en lui et qui le soutient, il est peu probable qu’il soit jamais emporté par les tempêtes de la passion, et qu’il cède jamais aux tentations persistantes. 11 est vrai nous sommes tous des pécheurs, mais nous n’avons pas besoin d’aggraver nos fautes en devenant de misérables pécheurs; et quant au ver de terre, il y a longtemps que nous avons dépassé, ce stage et nous n’évoluerons pas en formulant des absurdités. Il est probable que nous serons encouragés à ne plus pécher et à devenir vertueux si nous comprenons notre véritable rang, notre dignité, bien plus que si nous admettons ou feignons d’admettre une fausse et dégradante conception de l’homme. Le «misérable pécheur» peut s’excuser en s’abritant derrière des platitudes sur la faiblesse humaine; mais l’étincelle divine sait que l'homme est en réalité responsable de ses actes et de son évolution, et qu’il peut devenir ce qu’il veut.

Il y a un passage que j’ai rencontré dans un livre traitant de la cure mentale,et que je voudrais vous citer littéralement, car il renferme une très belle idée, aussi

ÉCHAPPÉES SUR l’oGCULTISME

Ihéosophique que quoiquece soit qui ait paru dans les ouvrages de nos propre instructeurs : Mêlez de Tamour au pain que vous pétrissez; ineltez de la force et du courage dans le paquet que vous ficelez pour la femme dont l’air est las ; donnez de la confiance et de la droiture en môme temps que la pièce de monnaie avec laquelle vous payez Thomme aux regards soupçonneux L’expression en est singulière, mais la pensée est vraiment touchante, et c’est bien là notre conception théosophique que toute rencontre est une occasion, et que tous ceux qui se trouvent, môme par hasard sur notre chemin, sont des gens que nous devons aider. C’est ainsi que l’étudiant de la Bonne Loi passe à travers la vie, semant les bienfaits autour de lui, faisant le bien partout et sans bruit, même si ceux qui profitent du bienfait ou de l’aide, ne savent pas d’où il leur vient. Tous, riches ou pauvres, nous pouvons répandre ces bienfaits, tous ceux qui peuvent penser, peuvent envoyer des pensées de bonté et d’assistance, et ces pensées-là ne manquent jamais leur but, ne le manqueront jamais, tant que l’univers existera. Il est possible que vous n’en voyiez pas les résultats, mais ceux-ci n’en existent pas moins, et vous ne savez pas quel fruit pourra germer de la petite graine que vous semez en passant, sur votre sentier d’amour et de paix.

Comment on guérit.

Si nous passons maintenant des principes généraux aux cures qui sont fréquemment effectuées, il nous reste à étudier comment elles sont produites.il existe plusieurs

méthodes, qui, je crois, peuvent se ranger dans quatre catégories ; pourtant j’aurai à parler d’une cinquième qui n’a rien à voir avec les cures ordinaires que nous allons examiner,maisquidoilcependantêtre mentionnée ici pour que la liste soit complète.

1. La première méthode est celle qui consiste à nier l’existence de la matière et de la maladie, et qui cher- <îhe à guérir le malade en lui faisant croire qu’il va bien. Dans ce cas l’influence hypnotique intervient souvent pour une bonne part; on espère que si un homme se croit vraiment bien portant, son mental agira sur son corps {qui cependant n’existe pas !) et le forcera à se mettre en harmonie avec lui, donc il se guérira. Les « scicn- ^tistes » ne veulent jamais employer à ce propos le mot ordinaire « cure > (guérir) mais ils se servent du terme des Écritures « healing » de façon à donner une sorte de prestige religieux à ce qui se passe, et à suggérer une comparaison avec les miracles de la Bible. Il me semble qu’il vaut mieux débarrasser le sujet de tous les fermes qui pourraient l’obscurcir en faisant intervenir le sentiment dans des faits positifs. Nous disons d’ordinaire que le médecin guérit (cures) par son habileté ; pourquoi abandonner ce mot latin pour le terme saxon {heal) quand nous parlons des résultats de la « mind cure » ?

2. La seconde méthode considère avec raison que toute maladie représente, dans l’économie, une disharmonie d’une espèce ou d’une autre; ceux qui appliquent cette méthode tendent donc à faire renaître l’harmonie, souvent en transmettant eux-mêmes des vibrations à leurs patients. L’opérateur s’efforce de se mettre dans un état d’harmonie, de paix et de dévotion profonde; il projette

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alors snr le patient cette influence, et il essaie de l’en envelopper. Le praticien de cette catégorie, pas plus que celui de la première, n’a besoin de savoir ce qu’a réellement le patient ; la nature de la maladie lui importe peu ; dans tous les cas, c’est une disharmonie, et il peut la guérir en rétablissant l’harmonie.

3. La troisième classe de praticiens ne fait qu’infuser au patient de la vitalité, sans s’occuper non plus beaucoup de la nature de la maladie, bien que quelques-uns essaient de diriger le courant de leur vitalité sur la partie malade du corps. Beaucoup de gens qui sont eux-mêmes en bonne santé, irradient ainsi autour d’eux, sans s’en douter, beaucoup de vitalité,si bien que les faibles et les malades se sentent mieux et plus forts en leur présence.

4. Notre quatrième classe adopte ce que nous pouvons appeler, par comparaison avec les autres, une méthode scientifique. Les praticiens essaient de trouver le mal, se représentent mentalemeot l’organe malade comme il devrait être. Ils croient que leurs fortes pensées vont modeler la matière éthérique et lui donner la forme voulue, et qu’ils aideront ainsi la nature à construire de nouveaux tissus bien plus vite que cela ne lui serait possible autrement. Il est évident que cette méthode demande plus de connaissances que les autres ; pour réussir, il faut tout au moins connaître un peu d’anatomie et de physiologie.

Différentes sortes de maladies*

Toutes ces méthodes réussissent parfois, sans aucun doute, et elles réussiraient plus souvent encore si elles

étaient appliquées d’une façon pins scientifique et avec une plus grande connaissance du corps humain et de sa structure. Considérons les diverses classes de maladie auxquelles nous sommes sujets. Les partisans de la « mind cure > ont raison de dire que la plupart d’entre elles proviennent d’un manque d’harmonie entre les particules physiques et les particules éthériques, dans quelque région du corps, le plus souvent dans le cerveau. Rappelez-vous qu’il y a chez l’homme un rapport étroit entre le corps mental, le corps astral et le double éthérique, de sorte qu’il est parfaitement possible d’influencer l’un par les autres. Toutes les maladies nerveuses impliquent une condition discordante et désordonnée du double éthérique ; il semble souvent en être de môme pour les maladies des organes digestifs, le mal de tête ou l’insomnie. Dans tous ces cas, il faut d’abord calmer les vibrations irrégulières et rapides^ et donner à la nature l’occasion de reprendre le dessus. La pensée forte, sereine, persistante de l’opérateur tend à produire cet effet, et laisse le patient calme et fortifié.

Le système qui consiste à infuser de la vitalité est également bon dans ce cas, à condition qu’il ne soit pas appliqué de façon à aggraver les symptômes d’agitation. Dans presque tous les cas de maladie, c’est déjà un grand pas vers la guérison que de détourner l’esprit du malade de son mal, de l’encourager et de le calmer. Beaucoup de docteurs de la vieille école font plus de bien par la confiance qu’ils inspirent que par leurs médicaments.

Mais il y a une troisième catégorie de maladies où il s’agit d’une lésion ou d’une blessure. La « mind cure » y peut-elle quelque chose ? La première et la

ÉCHAPPÉES SUR l’occultisme

seconde méthode semblent être, dans ce cas, moins efficaces, bien qu’en encourageant et en calmant le malade, on augmente toujours sa chance de guérisom La troisième méthode aiderait aussi la nature dans sonœuvre de restauration; mais de tels cas sont mieux traités par la quatrième méthode qui consiste à s’efîorcer de se représenter la partie lésée comme si elle était saine, et d’aider ainsi à édifier de nouveaux tissus. Mais ce n’est là, bien entendu, qu’un expédient pour hâter le processus naturel de guérison.

Dans un autre ordre de maladies, un poison se répand dans le corps ; d’autres encore ne sont en réalité que l’histoire de la vie d’un microbe; comme c’est le cas pour la plupart des maladies infectieuses. Il serait difficile d’agir directement sur elles par la«miDdcure mais celle-ci peut être d’un grand secours en donnant au malade plus de force, ce qui permet aux gardiens naturels de l’organisme de chasser l’intrus. On m’a dit que le chef d’une des écoles les moins scientifiques de « mind cure » avait récemment donné l’ordre à ses adeptes de ne pas traiter les maladies infectieuses. Si les partisans de la « mind cure » voulaient examiner la chose d’une façon scientifique et rationnelle, et étudier ce que peut faire vraiment le traitement mental, et ce qu’on peut lui demander d’accomplir, bien des ennuis, bien des dangers leur seraient évités. S’ils pouvaient comprendre que, dans beaucoup de cas, la cure mentale est un auxiliaire précieux du traitement ordinaire, mais ne peut pas toujours le remplacer, cette méthode serait plus efficace qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Il est évident que des maladies différentes doivent être soumises à des traitements différents, et que, s’il

LA TÉLÉPATHIE ET LA € MÎND CUIÆ >

^st probable qu’il existe en effet une panacée universelle pour tous les maux physiques, aucune des méthodes dont je viens de parler ne la renferme. Le centre vigoureux de pensées calmes que produit la seconde méthode ne peut que faire du bien à tout le monde, mais envisagé comme moyen de guérir une blessure par exemple, ’Ce n’est là qu’un gaspillage de forces ; c’est à peu près comme si l’on versait un baquet d’eau sur un homme pour lui laver le doigt I Et puisque c’est un effort aveugle (en ce qui concerne la blessure du moins), il ne peut jamais arriver à la concentration d’un effort fait sur le quatrième plan, de produire le modèle qui aidera la nature à réparer les dégâts. II est probable qu’un grand Adepte pourrait hâter le processus naturel, de façon à causer une reconstruction presque instantanée des tissus détériorés ou détruits ; mais la pensée d’un homme ordinaire n’est jamais assez forte pour cela, et il ne peut espérer arriver à un résultat que par une action continue.

Le grand principe guérisseur.

5. Il existe cependant une autre méthode dont nous connaissons peu de chose, quoiqu *il en apparaisse de l emps à autre des signes évidents. Quiconque en entend parler ou lit quelque chose là-dessus ne doit pas s’imaginer aussitôt qu’il possède ce pouvoir, et cependant la fatuité humaine est si grande, que chacun de nous est vite porté à le croire. Nous qui avons pour rôle d’écrire et de faire des conférences, nous ne le savons que trop bien. Si pour encourager quelques étudiants sérieux, nous se-

ÉCHAPPÉES SUR l’oCCÜLTISME

savons de décrire la vue du plan bouddhique, immédiatement quelqu’un qui a peut-être eu, une fois en sa vie, im aperçu de l’astral, viendra nous déclarer que ses expériences sur le plan bouddhique ont été bien plus grandioses que celles que l’infortuné conférencier a essayé de décrire.

Bien que certain que l’information sera aussitôt mal appliquée je dois vous dire qu’il y a une autre méthode se rattachant au grand principe guérisseur qui existe dans la nature, à celle puissante force vitale venant de quelque niveau beaucoup plus élevé, qui peut, dans certaines circonstances et pour un temps limité, être transmise par l’intermédiaire d’un homme, sans que celui-ci ait conscience de la façon dont cela se produit, et sans que sa volonté intervienne.

Dans ce cas son attouchement seul guérira, et il seim ble qu’il n’y ait aucune limite à la puissance ainsi manifestée, ni aucune maladie qu’elle ne puisse guérir. Nous en savons peu de chose, si ce n’est que c’est un pouvoir que possède une des grandes hiérarchies de dévas, ou d’anges, comme diraient nos amis orthodoxes. Ce pouvoir existe sans aucun doute, mais c’est tout ce que nous pouvons alflrmer. Noire président, le colonel Olcott, le posséda pendant un temps ; et il efifeclua des cures merveilleuses tant qu’il eut ce pouvoir.

II résulte donc de tout cela que, grâce à cette idée de la € mind cure » des milliers de gens ont été amenés à accepter le pouvoir de la pensée comme une réalité, et à comprendre qu’il y a quelque chose en dehors du seul monde de matière physique. Cela, du moins, est une bonne chose, et nous devons, en toute justice, féliciter la « mind cure » de ce résultat. Mais ceux qui l’étudient

devraient apprendre qu’il ne faut employer ce pouvoir que dans un but altruiste ; ils devraient aussi essayer d’élever leurs pensées vers quelque chose de plus haut que la simple guérison du corps physique.

En effet, ceux qui ne voient rien au-delà n’auront plus rien à taire dans l’avenir, car, à mesure que le monde évoluera, il arriv era sûrement un moment où la maladie disparaîtra parce que l’homme aura appris à vivre pure~ medt, sainement et d’une façon rationnelle. Taudis que s’ils appliquent leur science à un but élevé, quittant le monde physique pour le monde mental, la guérison du corps pour le développement de Tâme, ils pourront devenir des forces puissantes coopérant à l’évolution du monde.

Qu’ils pensent donc moins au corps et plus à l’âme, à la vie ; moins à chasser les souffrance physiques qu’à taire disparaître Tignorance et les préjugés; moins à la santé du corps et au gain personnel, qu’à l’amour, à la compassion et à la fraternité. De cette façon leur rnou'vement, qui s’étend rapidement, deviendra une force par le bien dont on ne pourra trop haut estimer la valeur, un b en fait universel qui demeurera et portera ses fruits dans les siècles à venir.

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