‹ Échappées sur l'occultismeChapitre 13 sur 27 · CHAPITRE VllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllI

Le dictionnaire nous donne du mot magie la définition suivante : « emploi de moyens surnaturels dans le but <ie produire des résultats surnaturels *. En théosophic nous ne saurions admettre cette définition ; nous croyons en effet qu’il n’y a rien de surnaturel, et que. quelque étrange, quelque extraordinaire que puisse nous paraître un phénomène, il n’en est pas moins soumis à certaines lois de la nature. Nous savons bien qu’on ne connaît encore qu’un très petit nombre de ces lois et que par conséquent, il peut se produire beaucoup de choses qu’il est impossible d’expliquer ; mais en raisonnant par analogie aussi bien que d’après l’observation directe, nous acquérons la certitude que les lois ellesmêmes sont immuables, et que, toutes les fois que nous nous trouvons en présence de choses inexplicables, ces choses ne sont inexplicables que parce que nous ne connaissons pas les lois auxquelles elles obéissent, et non parce que ces lois ont été violées. Notre science est encore si bornée de tous côtés qu’il n’est pas surprenant que, de temps en temps, nous nous trouvions en présence de phénomènes que nous ne comprenons

ÉCHAPPÉES SUR l’occultisme

pas. Nous ne connaissons qu’une très petite partie de notre univers, la partie physique la plus dense, et encore ne la connaissons-nous que très imparfaitement, très superficiellement. Mais l’homme ordinaire ne se rend pas compte de l’étendue de son ignorance, aussi est-il très étonné et très offusqué, quand il se produit quelque manifestation qui dépasse les limites de son expérience infiniment restreinte.

Beaucoup de gens doutent de la magie, tout comme ils doutent de la télépathie, de la « mind cure », du mesmérisme, des apparitions, et du spiritisme. « Est-ce que la magie existe vraiment ? » disent-ils. Il y en a toujours qui doutent de tout ce qui est en dehors de leur expérience personnelle ; « Nous n’avons jamais vu ces phénomènes », disent-ils, « par conséquent, nous savons très bien que tous ceux qui les ont vus, sont ou des nigauds, ou des coquins, et qu’ils ont été trompés ou qu’ils veulent tromper les autres. »

Il est absolument inutile de perdre son temps à discuter avec des gens dont le cerveau est aussi peu développé ; il vaut mieux les laisser se vautrer en paix dans leur fatuité et leur ignorance invincible. Ils ressemblent à ce roi africain qui s’indignait en entendant un voyageur affirmer que, dans certains pays, l’eau parfois se solidifiait, ce qui était à ses yeux un mensonge éhonté. La glace était en dehors de son expérience personnelle, aussi niait-il qu’elle pût exister ; et c’est à ce même niveau intellectuel que se trouvent tous ceux qui se moquent, par ignorance, des choses qu’ils ne comprennent pas.

Si nous voulons essayer de corriger la définition du dictionnaire, nous pourrons dire que la magie est 1 emploi do forces inconnues jusqu’à présent, dans le but de

produire des résultats visibles. Dans beaucoup de cas, ces forces sont maîtrisées par la volonté humaine. Encore une fois, il y a des gens qui ne croient pas que des forces puissent être maîtrisées par la volonté, et, une fois de plus aussi, il faudrait savoir ce que ces gens connaissent. Les gens sans expérience, mais contents d’eux, nieront n’importe quoi. L'homme plus avisé qui a étudié, a appris à être plus prudent, et il substitue la recherche aux vaines affirmations. Une fois que Lon a adopté cette dernière attitude en ce qui concerne la production de résultats physiques au moyen de forces encore inconnues, on s’aperçoit bien vite qu’il y a de nombreux cas où les choses se passent ainsi, et que, en procédant par degrés, on peut rattacher ces cas à des phénomènes qui so produisent fréquemment,et sont facilement acceptés de tous.

Si nous adoptons une définition de ce genre, il nous restera à définir ce qu’on entend par magie blanche et magie noire. Ces mots sont simplement associés au bien et au mal. Les forces inconnues de la nature ne sont, en elles-mêmes, ni bonnes, ni mauvaises, pas plus que les forces connues que nous appelons l’électricité, la vapeur, la poudre à canon. Toutes ces choses peuvent être employées pour le bien ou pour le mal, selon l’attitude mentale de celui qui les emploie. Tout comme la poudre à canon peut servir à faire sauter les rochers qui obstruent le chenal à l’entrée d’un port, ou au contraire, être employée par un homme pervers à détruire la maison de son ennemi, de même, des forces magiques inconnues peuvent être employées par le méchant h des fins égoïstes, et par l’homme vertueux à aider et à protéger ses semblables.

Les forces inconnues de la nature.

Voyons maintenant ce que sont quelques-unes de ces forces inconnues. Quand je vous ai parlé du mesmérisme, je vous ai dit que chacun de nous possédait une certaine quantité d’éther nerveux, et aussi de fluide vital qui circule avec cet éther nerveux. Ces deux fluides, vous vous en souvenez, peuvent être projetés par la volonté humaine, et en cela le mesmérisme peut revendiquer le droit d’être qualiflé de magie, puisqu’il consiste à diriger ces forces invisibles par la volonté, et à produire ainsi des résultats visibles. L’état du sujet mesmérisé peut être profondément modifié; non seulement celui-ci peut être victime de toutes sortes d’illusions, mais on peut aussi rendre un de ses membres tout à fait rigide et insensible à la douleur, ou mettre l’homme en état de transe. Nous pouvons donc dire que ces deux forces, la vitalité et l’éther nerveux, sont au nombre de celles qui peuvent être, et ont été réellement employées par la magie.

Une autre force puissante que l’on emploie plus fréquemment que toute autre est l’essence élémentale. Je ne puis me détourner de mon sujet pour décrire en détail l’essence élémentale, car cela demanderait une conférence entière. Je ne puis en donner qu’une esquisse et vous renvoyer, pour de plus amples informations, aux manuels théosophiques. En parlant de la réincarnation et des différents corps de l’homme, je vous ai expliqué comment l’ego, lorsqu’il redescend pour s’incarner, attire autour de lui de la matière des différents plans, pour pouvoir plus tard se construire des véhicules correspon-

clant à chacun de ces plans. Il ne faut pas oublier que toute cette matière (celle que Tego attire à lui pour son propre usage, tout comme le grand océan de matièrequi est en dehors de lui,) n’est pas morte, mais parfaitement vivante Cette vie est divine par son essence, puisque toute vie est divine ; mais elle est cependant à un degré d’évolution bien moins avancé que celle qui se manifeste dans le règne humain, le règne animal ou môme le règne végétal. Il faut donc se rappeler que cette matière a en elle une sorte d’essence vivante, et l’étude de l’occullisme nous permet de distinguer entre les nombreuses variétés de cette essence, et d’apprendre que ces espèces diverses peuvent être employées en magie à des fins différentes. La matière subtile et plastique des plans mental et astral, est très sensible à l’action de la volonté humaine, de sorte que la force vivante que cette essence lenferme, bien qu elle soit divine, est cependant dans une grande mesure à la disposition de tous ceux qui ont appris à s’en servir.

Nous rencontrons parfois dans la littérature théosophique le terme élémental : A proprement parler, ce terme ne s applique qu’aux créations temporaires dues à Faction de la volonté humaine sur cette essence vivante et la matière à laquelle elle est liée. De telles entités sont éphémères, et ne sont en aucune façon des êtres qpui évoluent. L essence divine dont elles sont composées a une évolution à elle, en tant qu’essence, mais l’entité temporaire ainsi formée n’évolue pas en tant qu'entité, et ne se réincarne pas. On peut dire qu’elle a, pour un temps, un corps et une âme, car la matière jointe à son essence vivante, forme un véhicule animé par la pensée projetée, et la durée de cette forme-pensée dépendra de

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la force de la pensée qui en est le principe vivifiant, et en fait une entité. Aussitôt que cette force s’évanouit, le corps de matière astrale ou mentale animée par l’essence élémentale, se désagrège ; l’essence et la matière retournent à Tatmosphère environnante d’où elles avaient été tirées.

Ces formes-pensées peuvent cependant avoir beaucoup de force pendant leur vie, et leur emploi par la volonté du penseur est un des actes les plus communs et les plus efficaces de la magie. Ceux qui désireraient en savoir plus long sur ce sujet, n’ont qu’à consulter le livre qui s’appelle « Les formes pensées », livre que j’ai eu l'honneur d écrire en collaboration avec M‘^®Besant. Je recommanderai à tous ceux qui s’intéressent à ces questions, d’étudier ce livre avec soin, car les illustrations coloriées qu’ils y trouveront les aideront à comprendre promptement la façon dont ces forces agissent.

Les esprits de la nature.

Nous avons aussi à considérer une autre classe d’entités que Ton emploie fréquemment en magie ; cette fois il s’agit d êtres réels qui évoluent, et non plus de simples créations temporaires. Il y a tout un règne de vie qui n’appartient pas à notre ligne d’évolution mais qui lui est parallèle, et se sert du monde où nous vivons. Cette évolution comprend toutes sortes d’intelligences, depuis les entités qui sont au niveau de nos animaux, jusqu’à celles qui égalent ou même dépassent de beaucoup 1 intelligence humaine la plus élevée.Cette évolution ne descend pas normalement jusqu’au niveau le plus dense

<lu plan physique ; ses membres tout au moins ne revê* tent jamais de corps physiques aussi denses que les nôtres. La plupart de ceux dont nous nous occupons ici n’ont même qu’un corps astral, bien que nombre d’espèces descendent jusqu’aux sous-plans éthériques de notre plan physique, et revêtent un corps fait de leur matière, arrivant ainsi plus à portée de la vue humaine ordinaire. Il existe une multitude d’êtres de ce genre, et il y a parmi eux un nombre presque incalculable de tribus, de classes, d’espèces.

On peut, dans les grandes lignes, les diviser en deux classes principales : a) les esprits de la nature ou fées et A) les anges, ou comme on les appelle en Orient, les dévas. Cette seconde classe commence au niveau humain, mais s’élève à des niveaux bien au-dessus de ceux que l’humanité'^ jusqu’à présent atteints, de sorte qu’elle n’a à peu près rien à voir avec elle, si ce n'est dans un cas spécial dont je parlerai tout à l’heure.

Les esprits de la nature ont reçu des noms différents, suivant les pays et suivant lesépoques.Gesont ceux que l’on désigne sous le nom de lutins, follets, sylphes, kobolds, gnomes, salamandres, ondines, fées, et bonnes dames. Chaque pays a ses légendes racontant leurs apparitions accidentelles. On suppose généralement qu’ils ont été créés de toutes pièces par la superstition popu laire, et d’ailleurs on leur attribue beaucoup de choses qui ne résistent pas à un examen scientifique. Cependant, ils existent et, de temps à autre, quoique bien rarement, ils se montrent aux humains. Normalement ils n’ont rien à voir avec notre humanité, et la plupart évitent plutôt qu’ils ne la recherchent, la présence de l’homme dont les émotions déréglées, les passions et

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les désirs leur causent souvent beaucoup de trouble et d^ennui. Cependant, dans des circonstances excep* tionnelies, quelques-uns d'entre eux ont été amenés à se rapprocher des hommes jusqu’à devenir leurs amis. Ils ont naturellement des facultés, des pouvoirs à eux, et on peut parfois les amener ou les forcer à mettre ces pouvoirs au service de l’étudiant en occultisme. Bien qu’ils ne soient pas encore parvenus à Tindividualité, et correspondent sous ce rapport à l’animal plutôt qu’à l’homme, leur intelligence est cependant, en beaucoup de cas, égale à celle de l’homme. Ils semblent pourtant n’avoir eh général aucun sentiment de responponsabilité, et la volonté est moins développée chez eux que chez la moyenne des hommes. Le magicien peut donc facilement les dominer par le mesmérisme, et les employer au service de sa volonté. Il peut leur faire faire beaucoup de choses, et tant que la tâche qu’il leur prescrit n’est pas au-dessus de leurs forces, ils l’accomplissent fidèlement et sûrement.

Tout cela sans doute semblera bien étrange et bien nouveau à quelques esprits, mais n’importe quel occultiste confirmera ce que je viens de vous dire quant à l’existence de ces créatures, et à la possibilité de les utiliser, quand une fois on les comprend, pour l’accomplissement de desseins variés.J’ai moi-même beaucoup étudié ce sujet, et il faut par conséquent m’excuser si je parle d’uue façon aussi positive, aussi affirmative, de beaucoup de choses qui sembleront peut-être, à la plupart d’entre vous, douteuses ou dépassant la partie de la crédulité humaine. Enumérer en détail toutes les sortes d'esprits de la nature équivaudrait à écrire une espèce d’histoire naturelle du plan astral, et leur des-

cription remplirait plusieurs gros volumes. Cependant <?elui qui veut s’occuper sérieusement et avec fruit de ce qu’on appelle la magie pratique, ne doit pas seulement pouvoir reconnaître immédiatement ces milliers d’espèces, mais il lui faut encore savoir lesquelles sont les plus aptes à le servir dans n’importe quel but.

Les forces auxquelles j’ai fait allusion sont celles qu’on emploie le plus souvent dans les espèces les plus communes de magie ; mais, en plus de cela, l’étudiant en occultisme a à résoudre d’énormes réserves de forces d’espèces variées que le monde scientifique ne connaît pas encore. Il y a une pression éthérique, tout comme il y a une pression atmosphérique;mais l’homme de science ne pourra jamais utiliser celte force, ni même en démontrer l’existence, avant d’avoir inventé une substance imperméable à l’éther, de façon à pouvoir construire une chambre ou un récipient dont on pourra, en pompant, faire sortir l’éther, tout comme ou fait sortir l’air du récipient d’une pompe à vide. Il y a des procédés connus de la science occulte pour arriver à ce résultat, et se servir de la prodigieuse pression éthérique ainsi canalisée. Il y a aussi de puissants courants électriques qui peuvent être captés et amenés au niveau physique ordinaire par quiconque les comprend. On peut enfin, libérer une énorme quantité d’énergie rien qu’en faisant passer la matière d’un état à un autre ^

Il y a donc dans la nature beaucoup d’énergie de toute sorte à la disposition de celui qui sait s’en servir,et toute

1. V. les théories de G. Le Bon sur l’évanouissement de la Matière (N, D. T.).

la.

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cette énergie peut être dirigée parla volonté humaine. Un autre point qu’il ne faut pas oublier c’est qu’il y a autour de nous tous ceux que nous appelons les morts, ceux qui ont récemment abandonné leur corps physique, et restent encore tout près de nous dans leur corps astral, Eux aussi peuvent être influencés soit par le mesmérisme, soit parla persuasion, tout comme les vivants ; et, dans beaucoup de cas il nous faut tenir compte de leur intervention, et de la mesure dans laquelle on peut utiliser leur pouvoir de manier les forces astrales.

Magie évocatrice

L’étude de la magie peut se diviser en deux parties, d’après les moyens employés, car on trouve deux méthodes de magie, la magie qui procède par évocation, et celle qui procède par invocation, en d’autres termes, la magie qui commande, et celle qui demande.

Étudions d’abord la première. L’unique force employée dans toute magie de celte espèce, c’est la volonté humaine, bien qu’elle agisse par différents moyens. Grâce à elle la vitalité, l’éther nerveux peuvent être dirigés; toutes les variétés d’essence élémentale guidées, choisies et groupées en forces simples ou complexes, suivant le but qu’elles doivent servir. De cette façon, par une espèce de magnétisme, on peut maîtriser toutes les sortes d’esprits de la nature, dominer la volonté des vivants et des morts, et faire de ceux-ci des instruments aux mains du magicien. On ne peut guère assigner de limite à la puissance de la volonté humaine bien dirigée; cela dépasse tellement ce que peuvent s’imaginerla moyenne des

hommes, que les résultats auxquels on arrive ainsi leur semblent étonnants,surnaturels.Quand on étudie ce sujet, on en arrive peu à peu à comprendre ce que signifient ces mots, que la foi, quand elle est assez forte, peut soulever les montagnes et les jeter à la mer. Cette façon orientale de dire les choses ne semble guère exagérée quand on considère quelques exemples authentiques de ce que ce pouvoir merveilleux est parvenu à accomplir.

Mais pour que cette puissante machine qui s’appelle la volonté puisse travailler efficacement, il faut que le magicien ait confiance en lui. Or il pourra acquérir cette confiance de différentes façons,suivant la tendance de son esprit. Les magiciens se divisent, à ce point de vue,en quatre grandes catégories bien que si nous voulions entrer dans le détail, il nous faudrait considérer les subdivisions et les modifications variées de chacune de ces classes.

Quatre sortes de magiciens*

Il y a d’abord les hommes qui possèdent une volonté de fer, et qui ont tellement confiance en eux et en leur puissance,qu’ils dominent la nature par leur seule force dhirae, et arrivent à leurs fins rien que par l’acharnement qu’ils mettent à les poursuivre. Le magicien de cette espèce comprend que sa volonté est la seule force motrice, et il ne soucie pas de rechercher par quels intermédiaires cette force peut agir. Il ne se soucie pas des méthodes, et ne sait même peut-être pas qu’elles existent, mais il vient à bout de tous les obstacles rien que par la force. Il fait ce qu’il veut, simplement parce

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qu'il croit fermement qu'il le peut, et qu'il y arrivera. De tels magiciens sont rares mais il y en a pourtant, et s'ils n’ont pas de bons motifs, ils peuvent être très dangereux. Ils n'ont pas besoin d'apprendre à acquérir la confiance, ils semblent la posséder naturellement.

La seconde espèce de magiciens acquièrent la confiance nécessaire pour commander,en étudiant, le moyen d'arriver à bien connaître le sujet dont ils s'occupent et les forces qu’ils emploient.Onpeut les appeler les magiciens scientifiques, car ils étudient à fond la physique astrale et mentale ; ils connaissent toutes les espèces d'essence élémentale et les différentes sortes d'esprits de la nature, de sorte que, dans chaque cas, ils savent se servir des moyens les mieux appropriés à obtenir les résultats qu'ils désirent, avec le minimum d'efforts et de difficultés. Comme ils connaissent à fond leur sujet, ils s'y sentent à 1 aise et ils sauront se tirer d'affaire dans tous les cas qui pourront se présenter.

Beaucoup de ces magiciens là étudient également outre les forces, les époques et les saisons convenables J ils savent à quel moment il leur sera plus facile de produire un résultat donné, et ils arrivent ainsi à se procurer ce dont ils ont besoin avec le moindre effort possible. Cette question des époques, des saisons et des influences périodiques est extrêmement intéressante ; mais cela nous entraînerait trop loin, car Texaminer reviendrait en somme à discuter et à étudier toute la question de l'astrologie. Qu'il nous suffise de savoir pour 1 instant qu’il y a des époques, des circonstances où l'on peut plus facilement tenter certains efforts, si bien que ce à quoi on ne pourrait arriver (si même on y arrivait) qu'avec les plus grandes difficultés, à un

certain moment, devient relativement facile à un autre moment. Une telle théorie implique Texistence^ d’influences » planétaires ou autres, agissant sur notre monde et au dedans de lui, et la connaissance parfaite de ces influences et de leurs combinaisons devient naturellement nécessaire pour celui qui s’occupe de magie pratique.

Une autre espèce de magicien acquiert par la foi ou la dévotion la confiance qui assurera l’obéissance. Celuilà aura une foi si ferme en son maître ou en son dieu, qu’il sera absolument sûr qu^un ordre quelconque donné au nom de ce maître ou de ce dieu sera immanquablement exécuté. Je ne parle pas seulement des résultats qui peuvent se produire ainsi sur le plan astral ou sur le plan mental, mais encore d’effets physiques visibles et précis. Nous n’avons qu’à relire l’histoire de l’église pour rencontrer des guérisons merveilleuses de maux physiques, causées par une foi de ce genre. Le récit des guérisons de Lourdes en France et de ce Kusch en Irlande, guérisons absolument prouvées, montre que beaucoup de maux purement physiques ne résistent pas à la foi profonde. Quiconque aura, de cette manière, acquis la confiance indispensable, verra sa volonté devenir si puissante qu’il pourra, par elle, produire les résultats les plus inattendus.

11 est bon de se rappeler que dans ce cas, comme dans les autres, c’est toujours la volonté de l’homme qui agit, sans que le grand Être invoqué ait besoin d’intervenir. Je sais que beaucoup de chrétiens sincères attribuent les guérisons au Christ lui-même, parce qu’elles ont été opérées en son nom; mais s’ils étudient ce sujet à fond, ils verront bientôt que des cures absolument ana-

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logues et tout aussi étonnantes, ont été obtenues au nom du Seigneur Bouddha ou de quelque autre grand maître ou grand instructeur, par des hommes également sincères. C’est la foi puissante qui donne la force, quelle que soit d’ailleurs la base de cette foi. L’Être dont on invoque ainsi le nom peut ne rien savoir de ce qui se passe ; en tous cas s’il en a connaissance et s’il intervient, nous pouvons être sûrs que ce sera en fortifiant la foi et la volonté de son adorateur, plutôt qu’en se servant de sa propre force.

Une dernière classe de magiciens comprendra ceux qui croient à l’efficacité de certaines cérémonies ou de certaines formules. Pour eux, et entre leurs mains, les formules ou les cérémonies sont efficaces ; dans la plupart des cas, ce n’est pas cependant parce qu’elles pos*^ sèdent une vertu intrinsèque, mais parce que le magicien croit fermement que quand il s’en sert, certains résultats s’ensuivent infailliblement. Si nous lisons les ouvrages racontant les travaux des alchimistes au moyenâge, nous verrons que ces hommes avaient beaucoup de cérémonies de ce genre, et que la plupart d’entre eux se seraient cru incapables d’obtenir les mômes résultats sans l’entourage auquel ils étaient habitués. Ils portaient des robes diverses, se servaient de signes cabalistiques, agitaient au-dessus de leur tête des épées magnétisées dans un but précis; ils brûlaient des parfums ou répandaient des essences. Il est vrai que quelques-unes de ces choses ont en elles-mêmes une certaine puissance, mais, dans la majorité des cas, tout cela ne fait que donner confiance à l’opérateur, fortifier sa volonté et l’amener au point voulu. Les maîtres ou les Écritures lui ont dit que tous ces accessoires sont utiles, et qu’il réussira cer-

iainement s’il les emploie. L’homme livré à lui-même pourrait hésiter et prendre peur, mais avec ses robes, ses signes et ses armes il se sent si sûr du succès qu’il va jusqu’au bout sans frayeur.

Trois espèces de forces.

Le magicien, à quelque classe qu’il appartient, aura à sa disposition les forces de trois plans différents: le plan mental,le plan astral, et les sous-plans éthériques. Toutes ces forces peuvent être dirigées par la volonté humaine, et lorsqu’il se sert de l’une ou de l’autre, le magicien fait aussi vibrer les autres. S’il a tant soit peu d'esprit scientifique, il choisira entre elles et s’épargnera ainsi beaucoup de mal. Les magiciens des autres catégories mettent en mouvement beaucoup plus de force, emploient beaucoup plus d’énergie qu’il n’est nécessaire ; ils arrivent toutefois à leurs tins, mais c’est souvent en causant des agitations superflues, en se fatiguant plus qu’ils ne le devraient.

Sans entrer dans les détails, il n’est pas difficile de voir comment celui qui comprend les choses peut choisir les matériaux. S’il a affaire à un homme très développé intellectuellement, et très réceptif sur le plan mental, il communiquera avec lui à ce niveau, au moyen de pensées précises ou par l’entremise des esprits de la nature résidant sur ce plan. Si au contraire il a affaire à un homme profondément émotif, il trouvera probablement plus facile de l’influencer à ce niveau ;jl lui enverra donc des formes-pensées revêtues de matière astrale ou il se servira des esprits de la nature d’une espèce infé-

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rieure, dont le corps est fait de la matière de ce plan. S'il a affaire à un homme très matériel, complètement plongé dans le plan physique, il semble rationnel d’employer les forces et les intelligences qui se revêtent le plus facilement de matière physique. Mais dans tous les cas, la puissance motrice invisible est toujours la volonté indomptable de l’opérateur, quels que soient les canaux par lesquels elle juge à propos de se manifester.

La magie dans la religion^

Nous trouvons dans les cérémonies de presque toutes les religions du monde de nombreuses traces de cette magie évocatrice. Vous vous rappelez peut-être qu’en vous parlant du Bouddhisme, j’ai attiré votre attention sur une des maniiestations de ce pouvoir magique, celle qui se produit lorsqu’on chante le Pirit. Vous en renconirerez beaucoup aussi dans les récits des anciennes cérémonies égyptiennes. Nous avons même, dans la liturgie de l’église chrétienne, des restes de magie d’une origine beaucoup plus récente.

Tous les étudiants en occultisme savent très bien par exemple, que l’eau est de toutes les substances, celle qui se charge de force le plus facilement. On peut aisément l’imprégner d’une € influence » quelconque qu’elle retiendra très longtemps intacte. Du reste nous pouvons nous rendre compte de ce lait sur le pian physique, car nous savons que l’eau qui est restée la nuit dans une chambre à coucher sans être couverte, n’est pas buvable,parce qu’elle a absorbé toutes ies impuretés rejetées par les corps physiques des dormeurs. On

peut de même la charger de magnétisme de toute sorte, dans un bon ou dans un mauvais but, comme on peut s*en convaincre en lisant les récits d'expériences mesmériques dans les livres consacrés à cette étude.

Ce fait semble avoir été bien connu de ceux qui établirent les cérémonies de l’Église chrétienne primitive. De nos jours encore, à la porte des églises catholiques, se trouve ce qu*oa appelle un bénitier ; les fidèles en entrant trempent leurs doigts dans l’eau bénite et font ensuite le signe de la croix. Si on leur demande la signification de ce rite, ils répondent que cela chasse les mauvaises pensées ou les mauvais sentiments, et qu'ils se purifient ainsi pour l’office auquel ils vont prendre part. Le protestant ignorant et vantard considère sans doute cet acte comme inspiré par la plus basse superstition ; mais cela montre tout simplement, comme toujours, qu’il lie connaît pas ce dont il parle.

Tout étudiant en occultisme qui prendra la peine de lire, dans le missel catholique, la cérémonie par laquelle on procède à la bénédiction de Teau, ne pourra pas manquer d’être frappé du fait qu il s’agit là, sans aucun doute, d'une cérémonie complète de magie. Avant la bénédiction, le prêtre doit prendre de l’eau propre et du sel propre ; il commence d’abord par exorciser Teau et le sel. Il récite à cet effet certaines formules que, par déférence, on a appelé des prières, et qui sont en réalité des € adjurations » de Fespèce la plus forte. Il « adjure» le sel et l’eau, dans un langage très net, commandant aux influences mauvaises de s’en échapper, afin que ces substances deviennent propres et pures, et ce faisant, il pose, à plusieurs reprises, la main

sur les vases renfermant l’eau et le sel. La cérémonie n est évidemment qu’une cérémonie de mesmérisme, et 1 influence mauvaise, s’il y en a une, est certainement chassée quand le prêtre a fini ses dévotions. Ayant alors purifié ces substances, c’est-à-dire fait disparaître tout ce qu’il pouvait y avoir de mauvais en elles, il se met à les magnétiser avec force dans un but spécial et précis. Il récite de nouveau quelques adjurations, fait le signe de la croix au- dessus des substances en question tout en prononçant les paroles puissantes, avec la ferme volonté de bénir. G est-à-dire qu’il sature le sel et l’eau de sa propre influence magnétique, dirigée par sa volonté vers un but bien défini et, toutes les fois que cette eau sera employée, elle chassera les pensées ou les sentiments mauvais. Enfin, dans un dernier effort, le prêtre jette le sel dans l’eau en faisant une croix^ et la cérémonie est achevée.

Je suis certain que beaucoup de prêtres accomplissent cette cérémonie tout simplement comme une forma-, lité, sans y mettre ni pensée, ni force. Mais je sais aussi qu il y en a beaucoup d autres pour lesquels la liturgie est uue réalité, et qui mettent dans leurs actes toute la force dont ils sont capables. Dans ce cas naturellement, 1 eau est fortement chargée d’un puissant magnétisme et produit des effets magnétiques certains. J’ai moimôme souvent accompli cette petite cérémonie, comme prêtre de ce qu’on appelle la section ritualiste de l’Église anglicane,et je puis certifier que je croyais pour ma part, très fortement à l’efficacité de l’opération, et je suis certain que l’eau que je magnétisais ainsi était réellement efficace pour ce à quoi elle était destinée. Un sensitif qui entre dans une église catholique peut dire, en tou-

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