CHAPITRE ill
LES MYSTÈRES ANTIQUES
Chaque nation, chaque race, chaque religion a toujours eu ses mystères. Mais le sens dans lequel nous employons ce mot aujourd’hui ne nous donne guère une idée juste de ce qu’il signifiait dans les temps anciens. C’est vers ces temps anciens que nous désirons ce soir diriger notre pensée.
Ce mot : « mystère » signifie : « ce qui est caché »; mais quand nous Pentendons employer à propos de questions religieuses, il nous semble suggérer beaucoup plus que cela. Nous avons été élevés dans une certaine foi religieuse d après laquelle les enseignements peuvent être compris par le moins intelligent. Si cette prétention était vraie, ce serait, de la part d’une telle religion, un aveu de faiblesse, car cela équivaudrait à dire qu’elle n’aura rien à donner à rhopame qui réfléchit. Mais cela n’est pas juste du Christianisme primitif, comme je l’ai montré dans ma première conférence. Ce christianisme-là avait son enseignement intérieur, comme toutes les grandesfois religieuses, de sorte qu’il pouvait être utile seulement à une seule classe d'hommes, mais à tous. Cependant, cette idée fausse que l’on a imprimée dans notre esprit d’une façon si
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persistante^ nous conduit à éprouver quelque défiance vis-à-vis des religions plus sages qui ont pourvu aux besoins de tous, et à les accuser de cacher inutilement une partie de la vérité ou de ne la donner au monde qu'à regret.
Autrefois, on ne pensait nullement ainsi ; on reconnaissait que : seuls ceux qui avaient atteint un certain niveau moral, étaient prêts à recevoir l’instruction supérieure; et ceux qui désiraient la recevoir se mettaient à l’œuvre afin de s’en rendre dignes. On a aujourd’hui une tendance à exiger toute la connaissance, sans avoir fait aucun effort pour s’y préparer, et à se plaindre qu’elle ne soit donnée que parcimonieusement, parce que les Grands Êtres dans leur sagesse, prévoient le danger qu’il y aurait à présenter certaines vérités à l’esprit de ceux qui ne sont pas préparés à les comprendre. Savoir, c’est pouvoir; et il est nécessaire que les gens fassent preuve de leurs aptitudes avant qu’on leur confie le pouvoir ; car le but est toujours l’évolution humaine, et ce ne serait pas servir les intérêts de cette évolution que de publier au grand jour les vérités occultes.
On admet en général qu’il serait dangereux de mettre de la dynamite entre les mains d’un enfant qui joue, et nous avons autour de nous des preuves abondanles que les quelques fragments de vérité occulte devenus publics, ont été bien mal employés. On accepte de plus en plus volontiers l’idée que la pensée et la volonté sont des forces, que la suggestion est un fait ; qu’en résulte-t-il ? Ne voyons-nous pas d’innombrables réclames offrant, moyennant finances bien entendu, de nous enseigner le moyen de réussir dans nos affaires
LES MYSTÈRES ANTiQUES
en exerçant une pression illégitime sur nos semblables, pour nous enrichir à leurs dépens ? L lorame peu avancé interprète toujours mal la moindie paice e e connaissance supérieure et s’en sert toujours ma , oui celui qui la comprend, il y a daus l’idée que nous sommes un avec la Divinité, une grande consolaliou et un motif puissant de se bien conduire ; et cepen an ce e même vérité a servi de prétexte à la plus sualité, parmi les Védantins peu évolués. Llnsloire de l’Atlantide est un exemple frappant des conséquences terribles qui peuvcût résulter du mauvais usage e a science occulte.
Les mystères Eleusis*
L’existence d’un enseignement secret se justifie donc pleinement, et on s’explique sa présence dans toutes les grandes religions du monde. Mais quoiqu on puisse le retrouver daus toutes, quand on parle de Mystères notre pensée se reporte vers un ou deux seulement d’entre elles; d’abord vers les mystères de Bacchus et d’Eleusis, qui se rattachaient à la religion do la Grèce antique, et en second lieu vers les Mystères plus anciens encore de l’Egypte et de la Chaldée.
Les ouvrages sur les Mystères sont peu nombreux,et ne nous donnent que peu de renseignements. Celui de Thomas Taylor est peut-être le meilleur, quoiqu’il contienne bien des inexactitudes. Son livre révèle cependant une intuition si profonde qu’il est bien difficile de ne pas croire que Taylor ait été lui-même en relation avec les écoles des Mystères dans quelque incarnation
ÉCHAPPÉES SUR f/oCCüLTlSME
précédente. Jamblique, initié lui-même, nous a laissé un écrit, mais il nous donne encore moins de détails
que Taylor; peut-être d’ailleurs, était-il lié et contraiul au secret.
Un auteur français du nom de Foucart a récemmem publie quelque chose sur le sujet: enfin un chapitre du livre de M. Mead, Orphée, résume tout ce qui est conmi des savants, et ce chapitre devrait être lu par tous ceux qui 3 intéressent à ce côté de la vie antique.
Les renseignements que je vais vous fournir ont été obtenus d’une façon toute difl'érente, nou par l’étude des iragments htléraires qui nous restent, mais par la recherche directe, et par le souvenir. J’ai déjà eu l’occasion de dire que quelques-uns des membres de notice société s’occupant d’observer minutieusement les archives d^es incarnations passées, afin d’étudier les lois qui président aux renaissances, et de voir comment les actions d une vie produisent leurs résultats inévitables dans la suivante. Au cours de ces recherches il apparut que plusieurs de ces membres avaient joué un rôle dans ces Mystères, et y avaient été régulièrement inilés. II ne faut naturellement pas confondre ces initiations avec celles qui séparent les étapes du Sentier de
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mais ceux à qui la promesse a été donnée peuvent relele disciple de son serment, et cela a été fait en ce qui
LES MYSTÈRES ANTIQUES
concerne certaines parties de l’enseignement. La raison en est que le monde a aujourd’hui quelque peu évolué: ou tente donc une nouvelle expérience, et bien des choses que Ton enseignait sous le sceau du serment sont maintenant publiées dans la littérature théosophique^Beaucoup de ces choses étaient considérées comme secrètes et sacrées ; aujourd’hui, si elles ne sont plus secrètes, elles n’en sont pas moins toujours sacrées. Si je ne peux donc pas vous dire tout ce que les anciens Mystères d’Eleusis révélaient à l’étudiant, je puis cependant vous en donner une esquisse assez complète.
Le premier point sur lequel je désire insister est que Taccusalion d’indécence que leurs ennemis portèrent si souvent contre eux, ne repose sur aucun fondement, tout au moins ne peuvent-ils s’appliquer à leur période de prospérité. Il ne faut jamais oublier que la plupart des renseignements que nous possédons sur les Mystères, nous viennent de vieux écrivains chrétiens peu scrupuleux et âpreraent hostiles. Or, bien que ces auteurs se défendent avec indignation contre l’insinuation que leur Église ne possède pas de mystères dignes de ce nom, et assurent que les leurs sont tout aussi bous, aussi profonds, et d’une aussi grande portée que ceux de leurs rivaux païens, ils n’en portent pas moins les accusations les plus extravagantes et les plus abominables sur la moralité de ceux qui participent h des rites autres que les leurs.
ÉCHAPPÉES SUR l’oCCüLTISME
Les procédés des moines»
C’est à peine si nous pouvons nous figurer jusqu’à quel point nous sommes mal renseignés sur ces controverses des origines de l’Église, ne les connaissant que par un côté, et combien nous sommes à la merci de sectaires malveillants et peu scrupuleux. Nous avons eu en Europe un âge sombre qui a duré plusieurs siècles, pendant lequel la sauvagerie des chrétiens fit disparaître toute science, toute connaissance, et à peu près toute espèce d’art ; une période pendant laquelle seuls les moines et les prêtres savaient lire, de sorte que tout ce que nous possédons d’histoire des temps primitifs, tout ce que nous avons de littérature classique nous est venu par leur intermédiaire, puisque eux seuls copiaient les manuscrits. Aujourd’hui, avec la presse, toutes les connaissances sont répandues à profusion; aussi avons-nous peine à nous imaginer la puissance dont les moines du moyen âge disposaient. On peut parfois retrouver çà et là quelques vieux manuscrits, mais la grande majorité de toute cette littérature des temps anciens a passé par la censure de l’Église au temps de son plus grand fanatisme.
Un autre point important est celui-ci : ces moines n avaient aucune idée de ce que nous entendons aujourd hui par probité littéraire. Pas un qui ne fût disposé à citer sans autorisation, des passages entiers, car ils ne voyaient aucune raison de ne pas se servir de matériaux utiles, quel que fût l’endroit où ils les trouvaient, et ils ne mentionnaient la nom de l’auteur que lorsqu’ils
LES MYSTÈRES AÏSTIOUEB
oroyaient que cela pouvait ajouter de la force à leurs arguments. Souvent aussi, lorsqu’ils avaient à dire une chose qu’ils jugeaient bonne, ils l’attribuaient à quelque auteur bien connu, afin d’attirer davantage l’allenlion
du lecteur. En citant, dans leurs controverses, des passages de leurs adversaires, ils n’essayaient nullement d’ètre justes envers leurs ennemis, ou dexpo^ek eur cas avec impartialité. Ils avo^^nt eu.vmêmes qu’ils ne citent que ce qui vient à l’appui de leur argument du moment, qu’ils utilisent tout ce dont ils croient faire quelque chose d’édifiant, et ignorent le reste. E est ainsi que nous n’avons que des exposés très partiaux des opinions véritables de leurs adversaires, et de celte façon, nous obtenons de ce que ceux-ci enseignaient ou croyaient, une idée à peu près aussi fausse que celle que nous aurions de la théologie catholique, si nous nous en rapportions, pour essayer de la comprendre, à la parole du protestant !e plus enragé.
Nous savons qu’il y avait, au sujet des mystères, une controverse particulièrement violente, et que les auteurs chrétiens n’hésitaient jamais à se servir de toutes les armes pour faire triompher leur argument. S’il existait une calomnie populaire, ils s’en emparaient avec empressemenl,et l’amplifiaient ; peut-être même la croyaientils, en leur esprit prévenu. C’est ainsi qu’ils acceptèrent et répétèrent ces accusations d’indécence concernant la célébration des mystères, et qui n’avaient aucun fondement.
Quelquefois, dans leurs répliques, nous apprenons, par hasard, ce dont l’opinion populaire les accusait eux^ et nous commençons à voir quelle créance il faut accorder à de tels récits. La rumeur publique rendait l’Église
ÉCHAPPÉES SUR L^OClULTlSME
chrétienne coupable des crimes les plus abominables; i l’accusation la plus commune consistait à répandre que .t les chrétiens offraient des sacrifices humains dans leurs | réunions secrètes, et allaient jusqu’au cannibalisme. Cette assertiçn qu’ils tuaient et mangeaient des enfants J revient à maintes reprises, et il n’est pas difficile de voir | comment elle prit naissance. Les chrétiens célébraient H l’eucharistie, les portes closes, et en parlaient comme \ d’une réunion dans laquelle ils se partageaient le corps et le sang du Fils de l’Homme. 11 est aisé de voir com- [ ment une telle phrase a pu être mal interprétée parles ; ; ignorants, et combien les simples rumeurs publiques I sont indignes d’arrêter l’attention de rhislorien, dans | une querelle de théologie. Ü
Pendant la longue période d’épanouissement des 'i\ mystères, la discipline la plus sévère fut imposée aux j candidats, et la plus grande pureté fut conservée ; mais j il est probable qu’au jour de la décadence de la Grèce 'f et de Rome, les mystères mêmes eurent leur part de la i corruption générale, de même que, on se le rappelle, les agapes chrétiennes dégénèrent en de folles et répré- ê hensibles orgies. Les mystères bachiques en vinrent, | à la fin, à n’êtreplus que des festins; lorsqu’on considéra \ Bacchus ou Dionysos comme le dieu du vin, au lieu de reconnaître en lui la manifestation du Logos, source de toute vie et de toute force. La force et la vie avaient { il est vrai quelquefois, pour symbole, le vin, ou plutôt le jus du raisin, et c’est ainsi que l’interprétation populaire et erronée prit naissance. Mais cela n’arriva que vers la fin de l’Empire, alors que tous les véritables mystères avaient disparu à l’arrière-plan, et qu’il ne restait plus que leur coque extérieure. Il ne faut pas les
LES MYSTERES ANTIQUES
juger d’après ce qu’ils étaient devenus à cette époque, pas plus que nous ne devons juger la grande nation romaine d’après le misérable état dans lequel elle était tombée lors de la décadence. Voyons plutôt ce qu’ils étaient à l’apogée de leur gloire et de leur utilité.
Ce qiVétaienl les Mystères,
Gomme on le sait généralement, il existait deux classes de mystères : les Mystères majeurs et les Mystères mineurs. Ce qu’on ne sait pas généralement, c’est qu’il y eut toujours, après eux et au-dessus d’eux, le véritable Mystère du Sentier, auquel les précédents conduisaient. L’enseignement occulte a toujours été identique, et la porte du Sentier est toujours ouverte à tous ceux qui sont prêts à la franchir. Les qualités requises n’ont jamais varié, car elles ne sont pas imposées arbitrairement, mais sont essentiellement nécessaires à l’avancement. Aujourd’hui le Sentier et quelquesunes de ses étapes, ainsi que les qualités requises, sont décrits dans des livres et dans des conférences, tout comme ils le furent, il y a bien longtemps, dans la littérature hindoue. Mais, en Grèce et à Rome, aucune information précise ne semble avoir élé donnée sur ces points, et l’existence môme de la possibilité d’un tel avancement, n’était certainement pas connue des initiés des Mystères majeurs, avant qu’ils ne fussent prêts à entendre l'appel mystique intérieur.
Mais un grand nombre de gens étaient admis aux Mystères dont nous parlons. Un auteur classique mentionne même une réunion de trente mille initiés, ce qui,
ÉCHAPPÉES sua l’occultisme
si l’on considère la population relativement restreinte de la Grèce, nous montre clairement que l’organisation des Mystères n’était nullement aussi exclusive qu’on le suppose généralement. Nos recherches nous ont prouvé que tous les gens d’un esprit sérieux et réfléchi, étaient naturellement attirés vers eux comme vers le centre de la science religieuse. On se demande parfois comment de grands peuples, tels que les Romains et les Grecs, pouvaient se contenter de ce que nous appelons communément leur religion, chaos de mythes invraisemblables, dont beaucoup ne sont même guère décents, présentant des dieux et des déesses très humains par leurs actes et leurs passions, et se querellant entre eux. A la vérité personne ne s’en contentait, et ce ne fut jamais ce que nous appelons une religion, bien que tout cela fût sans doute accepté littéralement par le peupk ignorant. Mais tous les hommes cultivés et réfléchis étudiaient l’un ou l’autre des divers systèmes philosophiques, et la plupart étaient même initiés aux écoles des mystères Cet enseignement supérieur dirigeait leur vie et remplaçait ce que nous entendons par religion, à moins qu’ils ne fussent franchement agnostiques, comme
le sont la plupart des gens cultivés de nos jours.
De plus c’était par l’enseignement des raptères que les hommes apprenaient pour te première fois ce que signifiaient vraiment les mythes de la religion exotérique, car, à l’origine, ces mythes avaient un sens qui, pour l’étudiant théosophe, est parfois bien transparent. Dans mon livre : De Vautre côté de la mort *, j’ai expliqué la
1. La traduction de cet ouvrage sera probablement publiée ultérieurement comme aussi ; Le côté caché des choses du même auteur. (N. D. T.).
LES MYSTÈBülS ANTIQUES
sigaificatioîi qao Toa doaaaît daas les Mystères aux histoires de Tantale et de Sisyphe ; le mythe de Tityos est visibleiueat un symbole des conséquences de certaines passions dans le monde astral, tandis que la légende de Perséphone ou Proserpine est évidemment une parabole occulte figurant la descente de Tâme daas la matière.
Rappelez-vous comment Thistoire nous raconte que Proserpine fut enlevée pendant qu’elle cueillait latlaur de Narcisse, et vous aurez aussitôt l’idée d’un rapport avec cet autre mythe. Narcisse était, dit la fable, un jeune homme d’une extrême beauté qui tomba amoureux de son image renvoyée par l’eau d’un étang ; il fut tellement attiré par celte image qu’il tomba dans l’étang, se noya et fut ensuite changé par les dieux en une jolie fleur. On voit aussitôt qu’une telle histoire ne pouvait avoir qu’un sens symbolique, et à la lumière de la doctrine philosophique des æons, il n’est pas difficile de l’interpréter. Tous les systèmes analogiques de philosophie nous enseignent que l’âme n’était pas, à l’origine, immergée dans la matière, et ne devait pas l’être nécessairement, si elle n’avait pas été attirée par son image dans les états inférieurs de la matière, si souvent symbolisés par l’eau. Trompée par ce reflet, elle s’identifie avec la personnalité inférieure,etelle est,pour un temps, complètement plongée dans la matière ;le germe divin demeure cependant, et bientôt elle se dégage comme une fleur qui s’épanouit. Or remarquez que c’est lorsque Proserpine se baisse vers Narcisse qu’elle est saisie et emportée par le Désir, qui est le roi de ce monde inférieur ; et, bien que les efforts de sa mère réussissent à l’arracher à la captivité complète, elle est cependant obligée par
ÉCHAPPÉES SUR I.’OCCULTÎSME
la suite de passer une moitié de sa vie dans le monde inférieur et Taulre moitié dans le monde supérieur, c’est-à-dire en partie dans les incarnations, et en partie hors d’elles.
Les Mystères mineurs.
C’est là un exemple de la manière dont ces fables étranges, et en apparence sans but, étaient reprises par reuseignementdes mystères et rendues par lui iuminea-' ses et belles. Les explications concernant la vie astrale étaient données dans les Mystères mineui's, dont c’était principalement le sujet. Le centre de leur culte et de leur activité était à Agra,et ceux qui étaient initiés s’appelaient les Mysles et portaient comme robe mystique, une peau de faon tachetée, symbolisant le corps astral. Tout clairvoyant reconnaîtra immédiatement la justesse d’un tel emblème, et les étudiants lliéosophes qui ont examiné les illustrations de mon livre : Uhomme visible et invisihle^se rappelleronlles stries et les taches indiquant les diverses passions et émotions, et les changements rapides comme 1 éclair, qui sont les caractéristiques de ce corps. La môme idée était exprimée par la peau de léopard que revêtait le prêtre égyptien initié, pour offrir le sacrifice, et par la peau d antilope ou de tigre si souvent portée par les Yoguis orientaux.
D’une façon générale, les Mystères mineurs se rapportaient surtout au monde astral, et les Mystères majeurs au monde céleste. Ils enseignaient bien plus
1. Librairie de l’Art Indépendant, 10, rue Saint-Lazare, Paris JX'*
LES MYSTÈUES ANTIQUES
encore,mais ils corameuçaient par montrer d’une façon très nette, que certains résultats découlent inévitablement de certaines actions, et que, par conséquent, la vie de l’homme sur le plan physique est surtout importante comme préparation à ce qui doit suivre. Les Mystères mineui's montraient, d'une façon vivante, la partie astrale de ces résultats,accompagnant leur enseignement de frappantes leçons de choses, tirées de la vie réelle. Aux premiers jours, quand Thiérophante qui dirigeait les études, décrivait l’effet de quelque vice ou de quelque crime particulier, il se servait de ses pouvoirs occultes pour présenter, sous forme de matérialisation, quelque bon exemple du résultat fatalement produit par ses paroles ; parfois même, nous dit-on, il donnait à la victime le pouvoir de parler, et d’expliquer l’état dans lequel elle se trouvait, pour avoir négligé sur terre les lois éternelles qui gouvernent les mondes. Ouelquefois il matérialisait, pour l’édification des néophytes, une image vivante de quelque victime de sa propre folie.
Aux jours de la décadence, il n’y eut plus d’hiérophante capable de produire ces démonstrations occultes, et en conséquence, elles furent remplacées par des acteurs qui représentaient les victimes^ ou parfois par des images terribles, projetées au moyen de miroirs concaves, ou même par des statues habilement exécutées oii par des automates. Tous ceux qui y assistaient savaient très bien que ce n’étaient là que des représentations, et personne ne fut jamais conduit à les prendre pour des réalités. Cependant quelques-uns de nos écrivains ecclésiastiques ne comprirent pas cela, et certains ont dépensé beaucoup de temps et se sont
ÉCHAPPÉES SUR l’OCGULTïSME
évertués avec beaucoup d’ingéniosité à découvrir des « tromperies » qui n’avaient jamais trompé personne, les intéressés encore moins que les autres. Un certain Hippolyte qui paraît avoir été le Robert Houdin de l’époque. déploie un zèle remarquable dans ce genre d’exercice, et la façon dont il explique que l’on pouvait produire des lueurs mystérieuses, ainsi que ses suggestions relativement à l’usage d'encre invisible, sont d’une lecture très divertissante.
Nous devons donc admettre que le but principal des Instructeurs, dans les Mystères Mineurs était d’informer leurs élèves, d’une façon complète, des résultats précis produits dans la vie astrale par les pensées et les actes physiques. Cependant ils donnaient quelques enseignements sur la cosmogonie. On expliquait très à fond l’évolution de l’homme sur la terre, en s'aidant de scènes et de figures à l’appui, produites au début par la matérialisation, mais imitées plus tard de diverses manières. Les directeurs semblent toujours avoir reconnu deux classes parmi leurs élèves, et avoir choisi parmi eux, ceux qu’ils jugeaient capables de subir un entraînement spécial pour développer leurs facultés psychiques.
Ceux-ci recevaient des instructions spéciales sur la façon d’employer le corps astral jcomme véhicule, et on leur enjoignait certains exercices pour développer en eux la clairvoyance ou la prévision.
Les initiés avaient un certain nombre de proverbes ou d’aphorismes qui leur étaient particuliers, et dont quelques-uns étaient vraiment très caractéristiques et d’un ton très théosophique. « La mort c’est la vie ; la vie c’est la mort », est une maxime qui se passe d’interprétation
LES MYSTERES ANTIQUES
pour Vétudiant théosophe, qui comprend^ au moins dans une certaine mesure, combien la vie est plus réelle et plus active sur n’importe quel autre plan que dans cette prison de chair. « Quiconque recherche le réel pendant la vie,le recherchera après la mort; quiconque recherche l’irréel pendant cette vie, le recherchera aussi après la mort», est encore une maxime parfaitement d’accord avec les faits de l’existence post mortem que nous fait connaître si pleinement la théosophie, et qu affirme énergiquement cette grande vérité sur laquelle nous avons si souvent besoin d’insister : que la mort ne change en rien l'homme réel, mais que ses dispositions et ses façons de penser demeurent exactement ce qu’elles étaient auparavant.
Les Mystères majeurs.
Si nous considérons maintenant les Mystères majeurs, nous voyons que le centre de leur célébration était Eleusis, près d’Athènes. Leurs initiés s’appelaient « Epoptaï » et leur robe de cérémonie n’était plus une peau de faon mais une toison d’or, d’où tout naturellement le mythe de Jason et de ses compagnons. Cette toison symbolisait le corps mental, et le pouvoir de s’en servir délibérément. Ceux qui ont vu l’éclat radieux de tout ce qui appartient au plan mental, qui ont remarqué les tourbillons innombrables produits par l’émission incessante de formes-pensées, et leurs chocs incessants et qui savent que, parmi les couleurs, le jaune brillant manifeste spécialement l’activité intellectuelle, reconnaîtront que c’était là une représentation assez exacte.
70 ÉCHAPPÉES SUR l’oCCULTISME
Dans celte classe, comme dans la classe inférieure, il y avait deux sortes d’initiés : ceux auxquels on pouvait apprendre à se servir du corps mental,et à former autour de lui le véhicule temporaire, mais résistant, de matière astrale, parfois appelé « mayain rupa »; et ceux, en très grande majorité, qui n’étaient pas encore préparés à ce développement, mais qui néanmoins pouvaient être instruits de ce qui touche le plan mental, y compris les pouvoirs et les facultés appropriés. De même que dans les Mystères mineurs on apprenait quel était le résultat exact, après la mort, de certaines actions et de certains genres de vie sur le plan physique, de même dans les M ystères majeurs on apprenait comment les causes générées dans l’existence terrestre, produisent leurs résultats dans le monde céleste.
Dans les Mystères mineurs, la nécessité et les moyens d’arriver au contrôle des désirs, des passions et des émotions, étaient clairement mis en évidence; dans les Mystères majeurs le même enseignement était donné pour le contrôle du mental. On continuait aussi à présenter l’autre aspect de l’enseignement théosophique, celui de la cosmogenèse et de l’anthropogenèse, et on poussait cette étude beaucoup plus loin. Au lieu de n’être instruit que des grandes lignes de l’évolution, par la réincarnation et les races antérieures à travers lesquelles l’homme a progressé en ce monde, les initiés recevaient alors une description complète du système tel que nous le connaissons maintenant, y compris les sept grandes chaînes, et leur rapport avec l’ensemble du système solaire. Leurs expressions différaient des nôtres, mais les enseignements étaient essentiellement les mêmes; là où nous parlons de vagues et d’effusions de vie divine.
MYSTÈRES ANTIQUES
ils parlaient d’æons et d'émanations, mais sans aucun doute iis avaient une connaissance exacte des faits, et ils représentaient à leurs élèves, sous forme de visions, les processus cosmiques et leurs analogies terrestres. Gomme dans le cas des états post mortern^ ces représentations furent d’abord produites par des méthodes occultes, et plus tard, quand celles-ci tirent défaut, on eut recours à des mécanismes ou à des images dont hys résultats étaient bien inférieurs.
Pour enseigner, par la loi des correspondances, la vérité de révolution cosmique, on se servait de tableaux ou de modèles, et l’on montrait ainsi le développement du germe, comme nous pourrions le faire au moyen d’un microscope. Il se peut donc que la représentation théâtrale de quelques-uns des processus de la reproduction ait donné lieu, par une fausse interprétation, à l’idée d’indécence; et ainsi fut semée la graine d’où gerrnèrenl plus tard les sottes et fausses accusations de chrétiens ignorants et d esprit étroit.
On s'est demandé parfois pourquoi l’on se donnait tant de peine pour expliquer les processus compliqués de l’évolution passée, qui, après tout, n’ont aucune inlluence évidente sur la vie pratique. On ne peut que répondre que l’homme a besoin de savoir comment il en arriva à être ce qu’il est, pour comprendre l’avenir qui s’étend devant lui, et apprendre d’après son progrès dans le passé, le moyen d'avancer dans les vies à venir. On se rend compte de Timportance que les Grands Êtres, fondateurs des religions, attachent à ces choses, en constalant que dans toutes les religions du monde, même dans celles des sauvages, on trouve, ne fût-ce que sous la foi’ine de mythes extravagants et obscurs, les
ÉCHAPPÉES SUR l’oCCULTISME
traces de tentatives d'explication de Torigine du monde et de celle de l’homme. Nous en avons un exemple dans la première partie du livre de la Genèse qui raconte les choses selon la tradition juive. Dans le message le plus récent que nous ayons reçu de la Grande Fraternité qui surveille et dirige les événements de ce monde, nous voyons une fois de plus quelle position importante est assignée à l’origine de l’homme et du système cosmique,d’après rétendue consacrée à ces sujets dans l’œuvre monumentale de Blavatsky : La Doctrine secrète.
Les symboles usités.
Parmi les nombreux faits intéressants qui se rattachent aux mystères, se trouve l’emploi, dans les cérémonies, d’instruments symboliques, sur la signification desquels il est peut-être nécessaire de nous étendre un peu. L’un d’eux était le thyrse, baguette terminée par une pomme de pin, et que fréquemment l’on disait creuse et remplie de feu. Le même instrument symbolique se retrouve dans l’Inde où l’on emploie généralement une tige de bambou à sept nœuds. Quand un candidat avait été initié, on l’appelait souvent : « celui qui a été touché par le thyrse montrant par là que ce n’était pas seulement un emblème, mais que cet emblème avait une utilité pratique.
Ce thyrse représentait la moelle épinière se terminant au cerveau, et le feu qui y était enfermé était le serpent de feu sacré, que l’on appelle en sanscrii^kundalini >. L’instructeur le magnétisait et le posait sur le dos du
LES MYSTÈRES ANTIQUES
candidat afin d’éveiller la force lalente eu celui-ci. îl est probable qu’on s’en servait aussi pour produire la transe hypnotique, et il est très possible que le feu qu’il renfermait n’était pas seulement du magnétisme animal mais de l’électricité. La force latente de knnd&- Uni se rattache étroitement au développement occulte, et à diverses méthodes de magie pratique, et toute tentative faite pour t’éveiller ou l’employer sans un maîti'c qualifié, est dangereuse.
Les jouets de l’enfant Bacchus ou Dionysos forment un autre groupe de symboles intéressants. Comme j«e l’ai dit, Dionysos était un des noms donnés au Logos,et son enfance signifie simplement le début de la manifestation. On le représente enfant,jouant avec une toupie, une boule, un miroir et des dés. Vous pensez sans doute que ce sont là des symboles incompréhensibles, mais si vous pouviez les roir, vous comprendriez aussitôt que ces jouets représentent la matière dont sont construits les mondes. La toupie c’est l’atome qui tourbillonne constamment, et ces atomes sont les briques avec lesquelles est construit l’édifice du système solaire. Les dés ne sont pas des dés ordinaires, mais sont tous différents, car ce sont les cinq solides platoniciens,les seuls solides réguliers qui existent : le tétraèdre, le cube, l’octaèdre, le dodécaèdre et Picosaèdre. Eux auss peuvent être considérés, quoique d’une autre façon, comme des matériaux de construction. Ils représentent les atomes des différents pians de sa nature, non pas la forme réelle de ces atomes, et ils indiquent à l’étudiant en occultisme pratique certaines qualités fondamentales de ces atomes, et la direction dans laquelle leur force peut se déverser. Nous pouvons en
ÉGHAPPéES SUR l’OCCULTISME
faire une série de sept en ajoutant le point au commencenient, et la sphère à la fin ; nous aurons alors un ensemble d’une signification profonde et cachée. La boule avec laquelle joue l’enfant est naturelleinent ia terre, son miroir est la matière astrale qui reflète toutes choses en les renversant, et que, pour cette raison, on symbolise si souvent par Peau, comme dans I histoire de Narcisse. Il est très intéressant de remarquer combien tous ces points, d’abord étranges et incompréhensibles, deviennent aussitôt clairs et lumineux lorsqu’on les étudie et qu’on en pénètre le sens.L’étudiant théosophe notera avec intérêt que la représentation de la terre par une boule, indique, chez les instructeurs, la connaissance de sa sphéricité ; et que l’atome dessiné par Besant dans la Sagesse Antique ^ est assez bien représenté par une toupie.
U école pythagoricienne.
Beaucoup d’anciennes écoles de philosophie travail laient parallèlement à celles des Mystères. L’école pythagoricienne surtout semble se rapprocher des idées théosophiques modernes. Elle partageait ses étudiants en trois degrés qui correspondaient à peu près exactement à ceux des premiers chrétiens, qui, eux, les appelaient respectivement : Purification, Illumination, et Perièclion, cette dernière comprenant ce que saint Clément appelle la connaissance scientifique de Dieu.
1. Consulter, pour les détails La Chimie Occulte, par A. Besant et C. W. Leadbeater Cet important ouvrage doit paraître prochainement en français (N, D. T.). •
LÈS MYSTÈRES ANTIQUES
Dans les systèmes pythagoriciens, le premier ordre était celui des « Akoustikoï » ou Auditeurs, qui ne prenaient aucune part aux discussions ou aux discours, mais gardaient un silence absolu aux réunions pendant deux ans, et se contentaient d’écouter et d’apprendre. A la fin de cette période, s’ils avaient d autre part donné satisfaction, les étudiants pouvaient entrer dans le second ordre des « Matheraatikoï ». Les mathématiques qu’on y apprenait ne se bornaient pas à ce que nous désignons aujourd’hui sous ce nom. Nous éludions aujourd’hui cette science pour elle-même ; pour eux, elle n’était que la préparation à quelque chose de plus vasle, de plus élevé et de plus pratique. La géométrie, telle que nous la connaissons actuellement, était enseignée au dehors, dans la vie ordinaire, comme préparation. Mais à l’intérieur de ces grandes écoles, on allait jusqu’à 1 étude et à l’intelligence de la quatrième dimension, jusqu’aux lois et aux propriétés de l’hyperespace.
Cet enseignement ne peut être compris que dans son ensemble, et non par fragments, et il faut le considérer comme une introduction au développement astral. Il permettait à l’homme de comprendre toutes les octaves de vibrations, ce domaine immense dont la science ne sait rien encore, les rapports occultes entre les nombres,les couleurs et les sons, les diverses sections à trois dimensions du grand cône de l’espace, et la forme véritable de l’univers. Il y a beaucoup à gagner dans les mathématiques, pour ceux qui les entreprennent du bon côté ; elles nous aident à voir de quelle façon les mondes sont construits, car, comme on l’a dit autrefois: € Dieu géomélrise. »
Le troisième degré des Pythagoriciens était celui des
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« Physikoï >, non des physiciens au sens moderne du mot, mais des étudiants de la véritable vie intérieure, qui apprenaient à reconnaître la vie divine sous tous ses voiles, et étaient ainsi à même de comprendre son évolution. On exigeait de tous ces élèves une vie de la plus grande pureté. Dans quelques-unes des écoles la vie de l’étudiant était divisée en cinq étapes qui correspondent assez bien aux cinq stages du Sentier de Probation tels qu’ils sont décrits dans notre littérature.
Les Mystères grecs reçurent différents noms suivant l’endroit, mais ce qu’on vient d‘en dire s’applique à tous. Il y avait en Crète les mystères de Zeus ; en Argolide ceux d’Héra ; à Athènes ceux d’Athénée ; en Arcadie ceux d’Arténius ;à Egine ceux d’Hécate ; en Phrygie ceux de Rhéa. Il y avait aussi ce qu’on appelait le culte des Kabeiroï,en Égypte,en Phénicie et en Grèce; enfin les mystères très intéressants de Mithra en Perse^ et ceux d’iris et d’Osiris en Égypte.
Les Mystères d'Égypte .
A ces derniers se rattachèrent beaucoup de choses qui sont spécialement intéressantes pour nous. Le fameux « Livre des Morts » était un de leurs manuels. Les chapitres que l’on a retrouvés dans divers tombeaux, n’en représentent qu'une très petite partie, et encore bien défigurée. L’ensemble devait former une espèce de guide du plan astral et renfermait un certain nombre d’instructions destinées à aider les trépassés dans les régions inférieures de ce monde nouveau pour eux. L’esprit égyptien semble avoir procédé d’une façon extrê-
LES MYSTÈRES ANTIQUES
mement ordonnée et formaliste ; l’auteur dresse un tableau de toutes les variétés imaginables d’entités qu’un mort peut rencontrer, et combine avec soin le charme spécial ou parole magique qu’il croit le plus efficace pour vaincre l’entité si elle se montre hostile.
Les initiations égyptiennes étaient toutes organisées suivant le même plan général. Le candidat était revêtu d’une robe blanche, emblème de la pureté qu’on exigeait de lui, et que symbolisait également le bain préliminaire, d’où l’on tira l’idée du baptême chrétien. Il était amené devant une assemblée de prêtres initiés, dans une sorte de caveau ou de souterrain. On mettait d’abord à l’épreuve la clairvoyance qu’on lui avait appris à développer, et on lui faisait lire, à cet effet, une inscription gravée sur un bouclier d’airain dont on lui présentait le côté nu. Puis on le laissait veiller seul. On lui avait appris certains mantrams ou mots magiques, qui étaient censés devoir maîtriser certaines classes d’entités, et. pendant sa veillée, on faisait passer devant lui diverses apparitions, les unes terrifiantes, les autres pleines de séduction, afin d’éprouver son courage et son sang-froid. Il chassait toutes ces apparitions, se servant pour chacune du mantrara ou du signe approprié ; mais à la fin, toutes venaient l’assaillir à la fois, et on lui avait appris à so servir, dans ce dernier effort, du mantram le plus puissant (celui que l’on appelle en Orient le Raja mantram) au moyen duquel on pouvait vaincre toute espèce de mal. Il n’apparaît pas clairement que la majorité des candidats égyptiens ait su, comme nous le savons aujourd’hui, que tous ces charmes et tous ces mantrams n’étaient donnés que pour aider la volonté de l’homme, ce que, sans aucun doute, les initiés supé-
ÉCHAPPÉES SUR l’occultisme
rieurs comprenaient parfaitement. A vrai dire, suffisent seuls le courage et la pureté parfaite quand ces vertus s'allient à la connaissance acquise.
D autres cérémonies des Mystères égyptiens sont intéressantes pour les nations occidentales, une partie de leur rituel se trouvant mêlée d'une façon curieuse à nos enseignements religieux, quoique absolument détournée de son sens et matérialisée. Bien qu’au temps relativement récent dont nous parlons, le rituel fut dépouillé de beaucoup de sou ancieuoe splendeur, il n en était pas moins encore très impressionnant. A m moment, le candidat se couchait sur une croix de bois bizarrement creusée, et, après certaines cérémonies, il tombait en transe. Son corps était alors emporté dans les caveaux, sous le temple ou la pyramide, tandis que lui-même,« descendait aux enfers», ou dans les régions inférieures, c’est-à-dire,comme nous dirions aujourd’hui, il passait dans le plan astral. Il passait là par des expériences variées ; une partie de sa tâche était de « prêcher aux esprits en prison » ; et il restait dans cet état pendant trois jours et trois nuits (ce qui était un symbole des trois rondes et des intervalles qui les ont séparées, temps pendant lequel l’homme accomplissait la première partie de son évolution, et descendait dans la matière). Puis après « trois jours et trois nuits passées au cœur de la terre », le matin du quatrième jour, « il ressuscitait d entre les morts », c’est-à-dire que son corps était sorti du caveau et placé de façon à ce que les rayons du soleil levant tombassent sur son visage, et il s’éveillait. ce qui symbolise l’éveil de l’homme dans la quatnème ronde, et le commencement de son dégagement hors de la matière, sur l’arc ascendant de l’évolution.