‹ ÉchinodermsChapitre 27 sur 80 · RARE · texte numérisé non relu

RARE

E. PERRIER, P. seæradiatus. — Rapport sur les travaux de la commission chargée d'étudier la faune sous-marine dans les grandes profondeurs de la Méditerranée et de l'Atlantique par M. Alph. Milne-Edwards, 1882: p. 50.

Travailleur, 1881, Dragage n° 3. — Lat. N. 39°4750”. Long. O. 12330”. — Profondeur

3,307%, — Vase grisàtre. — Trois exemplaires brisés. — 1881, Dragage n°5. — Lat. N. 385’. Long. O. 12%5". — Profondeur 3,165%, — Vase grisätre. — Deux bras.

Talisman, 1883, n° 136. — Lat. N. 44° 20’. Long. O. 19 31’. — Profondeur 4955". — Deux exemplaires.

Caractères distinctifs. — Six bras. Sur l’un des exemplaires R = 24Mm r— 4 Mm R=6’:

Piquants ambulacraires au nombre de deux, situés l’un devant l’autre

sur chaque plaque. Squelette des bras à larges mailles, portant çà et là

PEDICELLASTERIDÆ. 101

quelques piquants grèles et pointus. De nombreux pédicellaires croisés disséminés sur toute l'étendue des téguments; des pédicellaires droits dans la gouttière ambulacraire. Plaque madréporique assez grande, arrondie, marquée de nombreux sillons rayonnants, partant presque exactement du centre de la plaque.

Description détaillée. — Le nombre des bras étant habituellement de cinq chez les Pedicellaster, l'espèce de la zone profonde que nous déertvons ici est déjà remarquable par les six bras qu'elle présente constamment. Ces bras sont coniques, pointus, mais ne se détachent certainement pas aussi facilement que ceux de diverses espèces d’Astéries, car aucun des cinq individus que nous avons à peu près complets ne présente de différences sensibles de dimensions entre ses six bras. Les dents s’avancent nettement vers la bouche, qui est ainsi construite sur le type adambulacraire; elles portent chacune deux piquants situés lun devant l'autre; le plus interne est dirigé vers la bouche. Les piquants adambulacraires sont peu développés; il v en à deux placés Pun devant Pautre sur chaque plaque. Le squelette des bras est peu développé; il est formé d'ossicules à branches allongées se groupant de manière à dessiner de larges mailles ; les bras mal soutenus se déforment assez facilement. On peut constater cependant que les ossicules sont disposés de manière à former sept rangées assez régulières dont l’une occupe la ligne médiane dorsale du bras. Ces rangées sont peu saillantes et d'autant moins distinctes que le tégument est renforcé par de nombreuses trabécules fibreuses qui masquent en partie les ossicules chez les individus conservés dans l'alcool. Chaque ossicule porte un piquant délicat et pointu ; comme les ossicules, ces piquants sont disposés en sept rangées longitudinales. En outre, les plaques adambulacraires les plus voisines de Ta bouche portent chacune sur leur surface ventrale, en dehors de leurs deux piquants, un pédicellaire droit beaucoup plus grand que ceux de la gouttière ambulacraire. Les pédicellaires croisés ne se rangent pas en cercle autour des piquants comme cela arrive chez tant d'espèces d’'Asterias ; ils sont disséminés en très grand nombre sur toute l'étendue des téguments, aussi bien sur les faces latérales des bras que sur leur dos ; ils sont par-

ticulièrement nombreux dans l'angle des bras et sur leur face ventrale.

Sur le disque, ils sont entremèêlés de quelques pédicellaires droits. Il existe aussi des pédicellaires droits sur chacun des deux bords internes de la gouttière ambulacraire. On peut en compter, en moyenne, deux par plaque adambulacraire.

La plaque madréporique régulièrement arrondie présente de délicates côtes saillantes, séparant les espaces enfoncés plus larges. Ces côtes “ayonnent à partir du centre même de la plaque et sont parfois interrompues en un point pour reprendre ensuite.

Je n'ai pas observé de papilles tentaculaires; elles sont évidemment sinon absentes, du moins très fugaces, et il est impossible de les distinguer dans l'état actuel de conservation des spécimens.

Les individus récoltés par le T'alisman que je rapporte à cette espèce ont les piquants adambulacraires sensiblement plus robustes que ceux recueillis par le Zravailleur, et leurs pédicellaires sont plus nom-

breux que dans le type.

Genre GASTRASTER, nov. gen.

Disque et bras légèrement renflés. Bouche assez grande; gouttière ambulacraire large; tubes ambulacraires bisériés; mais très serrés.

Dents longues et étroites, avec piquants dentaires et surdentaires. Plaques adambulacraires avec un piquant ambulacraire et un surambulacraire. Marginales ventrales assez grandes avec une rangée oblique de grands piquants aplatis tout à faits différents des épines des autres plaques.

Outre les marginales ventrales, sept rangées longitudinales de plaques contiguës, portant six à huit épines obtuses. Une rangée de papilles respiratoires isolées entre deux rangées consécutives de plaques.

Squelette dorsal du disque en réseau serré; calicinales indistinetes ; des papilles respiratoires isolées sur le disque.

Madréporite petit, à côtes extrèmement peu nombreuses.

Des pédicellaires croisés, une rangée de pédicellaires droits entre les” adambulacraires et les marginales ventrales.

Une seule espèce connue.

PEDICGELLASTERIDÆ. 103

Gastraster margaritaceus, E. Perrier.

(PI IX fig, 3):

E. PERRIER, Pedicellaster margaritaceus. -— Rapport sur la Faune sous-marine de M. A. Milne-Edwards, 1882; p. 50.

Travailleur, 1881. — Dragage 39.— Lat.N.44:5". Long. 0.9°26" — Profondeur 1295 à 953r. Talisman 1883. — Dragages n° 128. — Profondeur 938*.— Lat. N. 38°7’. Long. O. 29°32, — Près de Terceira (Açores). — Fonds de sable à coquilles et à globigérines . — 1 exemplaire.

Caractères distinctifs.

RAS r—4Mm *-R>4r.

Cinq bras. Tubes ambulacraires bisériés, mais assez serrés pour rendre les deux séries difficiles à bien distinguer; terminés par des ventouses plus larges que leur propre diamètre. Piquants adambulacraires, pointus, disposés sur deux rangs inclinés, lun vers la goutlière ambulacraire, l’autre en dehors; des pédicellaires droits sur le bord de la gouttière ambulacraire. Piquants marginaux, longs, plats, tronqués au sommet, disposés par rangées transverses, très obliques, de quatre piquants et faisant paraître la face inférieure des bras aplatie et notablement élargie.

Squelette dorsal formé de sept rangées régulières de plaques un peu plus larges que longues, portant chacune six ou sept petits piquants entre lesquels se trouvent des pédicellaires croisés isolés. Rangées de plaques séparées respectivement par une rangée de fossettes; une papille tentaculaire dans chaque fossette. Disque convexe à squelette formé de plaques légèrement bombées.

Description détaillée. — Cette description est faite d’après un seul exemplaire dont deux bras ont été détachés pendant le dragage, mais ont pu cependant être retrouvés.

Les tubes ambulacraires étant bisériés, cette espèce doit être rapportée à la famille des PEeniceLLastTeRIDx, mais elle est sur l'extrême limite de la famille. Les paires consécutives de tubes sont, en effet, très rapprochées etne sont pas très exactement disposées en lignedroite, de sorte que le moindre déplacement des tubes les fait paraître irrégulièrement multisériés.

Les très jeunes Asterias ont toujours leurs tubes ambulacraires bisériés

et ne passent que graduellement à la disposition quadrisériée, il y a done toujours chez elles un âge qui correspond sensiblement à la disposition que présente notre Pedicellaster: comme ce dernier est lui-même d'assez petite taille, on peut se demander si ce n’est pas un jeune individu qui viendrait avec l’âge se placer au voisinage de Ja famille des SricHasrerninx. Les ventouses terminales des tubes ambulacraires sont plus larges que ces tubes eux-mêmes.

Les pièces dentaires sont assez petites, étroitement soudées entre elles, mais nettement saillantes vers la bouche, qui est ainsi construite sur le type adambulacraire. Du côté de la bouche, leur bord est cependant tronqué. Chacune d'elles porte un piquant dentaire assez grêle et immédiatement derrière lui, de manière à le cacher presque entièrement, un piquant surdentaire, dirigé vers la bouche, plus long et plus épais que les piquants adambulacraires voisins; la plaque adambulacraire suivante, très petite, ne porte aussi qu'un seul piquant.

Chaque plaque adambulacraire porte deux piquants placés l’un derrière l’autre, longs, assez grèles et légèrement atténués au sommet ; l’un de ces piquants est incliné vers la gouttière ambulacraire, l’autre incliné plus ou moins en dehors. Dans l’intérieur de la gouttière, surtout au voisinage de Ja bouche, on apercoit d'assez nombreux petits pédicellaires droits.

Entre la rangée des piquants adambulacraires et la bande des piquants marginaux se trouvent quelques pédicellaires droits, isolés; mais on n'y voit pas de papilles tentaculaires (au moins dans l’exemplaire que J'ai examiné). Les plaques marginales ventrales portent chacune une rangée transverse, oblique de piquants assez larges et plats, au nombre de trois et plus souvent quatre dans chaque rangée. Ces rangées sont fortement obliques de dedans en dehors et du sommet du bras vers sa base. Chacune d'elles est probablement portée par une plaque spéciale qui sert de support à l’arceau formé par les plaques du squelette dorsal des bras, dont les rangées transversales sont aussi régulières que les” rangées longitudinales. On compte une rangée de piquants marginaux pour deux paires de piquants adambulacraires.

La disposition des plaques du squelette dorsal des bras en rangées

ASTERIIDÆ, 105

longitudinales donne au P. margaritaceus un aspect qui rappelle celui des S/ichaster. Les piquants au nombre de cinq ou six que porte chaque plaque sont très courts et à sommet obtus. Les pédicellaires croisés, à peu près aussi grands qu'eux, voire même un peu plus, sont isolés et principalement disposés sur le bord des plaques. Les plaques du squelette des bras, non compris les marginales ventrales, forment cinq rangées longitudinales. Des papilles respiratoires isolées alternent régulièrement avec les plaques et forment en tout six rangées parfaitement régulières.

Sur le disque les plaques forment un réseau dont les éléments sont peu distinets, chargés de piquants semblables à ceux des bras; dans chaque maille de ce réseau est une papille respiratoire isolée.

La plaque madréporique très petite ne présente qu'un petit nombre de sillons.

Famille III. — ASTERIIDÆ.

Les familles des Asrernnz et des Sricaasrernæ correspondent à l’ancien genre As/eracanthion de Müller et Troschel. La famille des Asrenbdz comprend les espèces de ce genre dont les plaques squelettiques dorsales laissent entre elles des mailles larges, portant des piquants ou des épines, mais pas de revêtement granuleux.

Dans cette famille, M. Percy Sladen admet les cinq genres As/erias, Linné; Uniophora, Gray; C'alvasterias, Perrier ; Anasterias, Perrier ; Pycnopodia, Simpson, que nous considérons comme hors de cause, mais il reconnait, avec M. Jeffreys Bell, que le genre Asterias présente un si grand nombre d'espèces qu'il est nécessaire de les disposer dans un ordre méthodique et de les répartir en groupes moins étendus. Il me paraît avantageux d'aller plus loin et de subdiviser le genre Asferias en plusieurs autres; toutefois les genres que je proposerai ne coïncident qu'en partie avec les sous-genres définis par les savants anglais.

Sous la dénomination générale d’Aéteractinides, MM. Jeffreys Bell et Percy Sladen désignent toutes les Asferias qui ont plus de cinq bras. Cette expression ne tient pas un compte suffisant de trois ordres de faits qui

ont chacun, à ce que je crois, une signification propre, marquent trois

(TaLISuAX. — Échinodermes.) 1%

étapes dans la constitution du corps des Étoiles de Mer et doivent être mis en relief dans une classification. Il existe en effet parmi les Asterias héteractinides : 1° des espèces dont le nombre de bras égal ou supérieur à sept varie d’un individu à un autre; 2° des espèces scissipares où le nombre des bras, en général supérieur à cinq, varie d’une manière d’ailleurs irrégulière à chaque scission; 3° des espèces dont les bras sont constamment au nombre de six.

Les espèces des deux premiers groupes semblent correspondre à une période de l’évolution du genre As{erias où le type de constitution du corps n’était pas encore fixé, où les antimérides dont il est formé avaient encore conservé une grande part de leur indépendance; elles doivent, à mon avis, constituer deux genres distincts.

On remarquera d’ailleurs qu'elles se trouvent exclusivement dans le sous-genre Sfolasterias de P. Sladen qui semble en conséquence contenir les formes primitives du genre; toutes sont aussi monacanthides. Aux espèces du premier groupe on peut conserver le nom de Coscinasterias que Verrill avait donné à l’une d'elles, l’Asferias calamaria; nous désignerons les espèces du second groupe sous le nom de Polyasterias, qui fait allusion à la fois à leur rapide multiplication et au nombre de leurs bras. Le nom de S{olasterias pourra être réservé aux formes pentactinides que Sladen comprend dans le sous-genre de ce nom.

Les Pycnopodia de Sümpson ne sont manifestement que des Coscinasterias dont le squelette dorsal est très réduit.

Dans la série formée par les Coscinasterias, les Polyasterias etles Stolasterias, lès ventro-latérales sont réduites à une série de petites plaques séparant des adambulacraires les marginales ventrales, elles-mêmes peu différentes des autres plaques des arceaux dorsaux.

Dans une autre série les marginales ventrales sont nettement distinctes, au moins par le nombre et la forme des piquants qu'elles supportent et qui dessinent entre les adambulacraires et les marginales dorsales une rangée ventrale très apparente. Les plaques abactinales sont disposées en un réseau plus ou moins irrégulier dont les plaques constitutives portent des épines ou des tubercules. Dans cette série, à laquelle appartient l'As/erias rubens, les bras sont au nombre à très peu près

ASTERIIDÆ. 107

constant de cinq ou six, sauf les monstruosités; l'un quelconque de ces deux nombres peut d’ailleurs s'accorder avec une structure identique, de sorte qu'il n’y a pas lieu d’en tenir compte dans la répartition des espèces en genres. Cette division sera basée sur le caractère monacanthide ou diplacanthide des adambulacraires et sur la distribution des pédicellaires croisés qui peuvent se grouper en cercle autour des épines ou être absolument épars.

Aux Asterias à deux rangées de piquants adambulacraires J'ai donné dans mon mémoire sur les Echinodermes du Cap Horn le nom de Diplasterias; je réserverai le nom d’Asterias aux formes monacanthides, à pédicellaires disposés en cercles autour des épines, et j'appellerai Sporasterias les espèces monacanthides dont les pédicellaires sont épars, telles que les Asterias spiralilis et rugispina du cap Horn. A ces Sporasterias se relient intimement les Anasterias.

Les Leplasterias de Verrill, les Srilasterias et les Hydrasterias de Sladen appartiennent vraisemblablement à cette série à laquelle se rattachent moins directement, il est vrai, les Calvasterias, Perrier.

Enfin les plaques ventro-latérales forment plusieurs séries chez les Cosmasterias, Sladen dont l’A. swlcifera est le type, les l'riophora Gray etles Podasterias. Je réserverai ce dernier nom aux AsTeruDE, à squelette largement et irrégulièrement réticulé, voisines de l’A. Lütkenr.

On peut donc caractériser et diviser en genres de la manière suivante la famille des Asrernnx.

Famille des ASTERIIDÆ.

Bras en nombre variable ; bouche très dilatable, munie d’une large lèvre circulaire, non masquée par les dents. Tubes ambulacraires qua-

drisériés.

Dents petites; bouche ambulacraire. — Odontophore réduit, d’une seule pièce. — Plaques ambulacraires étroites et serrées.

Arceaux squelettiques disposés de deux en deux sutures, ou plus espacés ; presque toujours réunis en réseau, s'étendant sur toute la longueur des bras ou partout rudimentaires.

Squelette tégumentaire consistant en piquants, épines ou tubercules

isolés et en pédicellaires droits et croisés. Epines ou tubercules très

rarement absents.

Madréporite arrondi, à côtes saillantes, fines, rayonnant à partir du

centre.

Synopsis des genres de la famille des ASTERIID Æ.

À. — Plaques ventro-latérales rudimentaires. Marginales et carinales formant cinq rangées longitudinales, correspondantes, auxquelles peuvent s'ajouter des rangées de dorso-latérales; chaque plaque portant un piquant entouré de pédicellaires croisés.

I. — Bras en nombre supérieur à sept; point de scissiparité. a. — Squelette dorsal dés bras rudimentaire. . ........... b. — Squelette dorsal des bras bien développé . .... Are II. — Scissiparité entraînant une grande variabilité dans le nombre HOSLOTAS ESA en a A Re IT. — Cinq ou six bras en nombre constant pour chaque espèce. .

B. — Plaques ventro-latérales rudimentaires. Marginales ventrales autrement armées que les autres plaques. Squelette dorsal irrégulièrement réticulé; plaques portant une ou plusieurs épines. Bras au nombre de 5 ou 6.

I — Papilles respiratoires isolées ou par petits groupes. a. — Squelette dorsal bien développé, formé de plaques im- DTIQUÉCS 206 Re RE RE re.

b. — Squelette dorsal des bras peu développé, formantun réseau plus ou moins serré; diplacanthides. ........

II. — Papilles respiratoires disposées par groupes, au moins dans la région dorsale des bras.

a.—Pédicellaires croisés disposés en cercleautourdesépines.

«. — Un seul piquant adambulacraire ........... B. — Deux piquants adambulacraires. . .....,..... y. — Trois piquants adambulacraires ; plaques inféromarginales avec un peigne de 4 épines, . .... b. — Pédicellaires croisés épars.

«. — Squelette dorsal des bras bien développé, for-

mant un réseau irrégulier; monacanthides. . .

8. — Squelette dorsal des bras presque nul; monacanthides”..:.. Re 2 RUE.

C. — Plaques ventro-latérales formant plusieurs rangées régulières dans

le sens longitudinal et dans le sens transversal.

I. — Plaques dorso-latérales disposées en rangées sensiblement

régulières; piquants courts etobtus mais de forme ordinaire.

Il. — Plaques dorso-latérales disposées en réseau, portant des

piquants tronqués, disposés en rangées formant de larges

MAS ATTÉSUIÈTES. res rois oi te

IT. — Piquants dorsaux remplacés par de gros tubercules sphéroï-

D. — Plaques ventro-latérales rudimentaires. Marginales, dorso-latérales et carinales disposées en rangées irrégulières longitudinales dans

PYcNoPODIA.

COSCINASTERIAS.

POLYASTERIAS.

STOLASTERIAS.

LEPTASTERIAS.

HYDRASTERIAS.

ASTERIAS.

DIPLASTERIAS.

SMILASTERIAS.

SPORASTERIAS.

ANASTERIAS.

COSMASTERIAS.

PODASTERIAS.

UNIOPHORA.

ASTERIIDÆ. 109

lesquelles elles sont imbriquées ; grandes et recouvertes par un

DAS LEONE ne OM M oo mor CALVASTERIAS.

Genre STOLASTERIAS, Sladen.

Bras au nombre de cinq ou six; plaques latéro-ventrales rudimentaires ; latérales et carinales formant des rangées longitudinales auxquelles peuvent s'ajouter des rangées de latéro-dorsales. Un piquant entouré de pédicellaires croisés sur chaque plaque.

Stolasterias glacialis, Linck.

Deux magnifiques exemplaires de cette espèce ont été recueillis à peu de distance du littoral à Punta Delgada. Ils étaient remarquables par leur couleur uniformément d'un vert clair, mais qui peu à peu a passé au bleu foncé à mesure que ces animaux se sontaffaiblis.

Genre HYDRASTERIAS, Sladen.

Cinq ou six bras; diplacanthides; ventro-latérales rudimentaires ; marginales ventrales avec une armature spéciale; réseau squelettique dorsal peu développé ; pédicellaires croisés épars; papilles respiratoires par groupes.

Hydrasterias Richardi, E. Perrier.

(Planche IX, figure 4).

Travailleur, 1881. — Dragage n° 19. — Profondeur 540. — Lat. N. 41°52/45". Long. E. 6°98"55". — Au large de la Corse. — Fonds coralligènes. — Trois exemplaires.

Talisman, 1883, — Dragage n° 103. — Profondeur 225%. — Environs de Santiago (îles du cap Vert) sur les fonds à Corail rouge. — Les mentions portées sur l'étiquette sont devenues illisibles pendant la traversée. — Deux petits exemplaires.

Caractères distinctifs. — Six bras souvent fort inégaux R = 12Mm r — 3 Mm Ra

Piquants adambulacraires disposés sur deux rangées ; ceux de la rangée interne inclinés vers la gouttière ambulacraire, les autres vers l'extérieur du bras. — Une rangée régulière de piquants aplatis, larges et mousses en dehors de la rangée adambulacraire. — Squelette dorsal formé de pièces triangulaires à côtes échancrées formant un réseau dans lequelles piquants sont disposés en rangées longitudinales peu apparentes et alternent d'une rangée à l’autre. — Une papille tentaculaire dans chaque maille

du réseau. — Ossicules du squelette portant chacun à son centre un ou plusieurs piquants, mousses et arrondis, et un certain nombre de pédicellaires croisés isolés etirrégulièrement disposés. — Quelques pédicellaires droits dans l’angle des bras. — Plaque madréporique très petite et à structure très simple ; à peu de distance de l’angle des bras.

Description détaillée. — Chez les cinq échantillons que j'ai sous les yeux, il y a trois grands bras et trois pelits comme si l’Astérie s'était partagée en deux moiliés et pouvait se reproduire par scissiparité. Si ce mode de reproduction existe chez cette espèce, la division se fait assez inégalement, car deux individus n’ont encore que des bras très courts où même à peine indiqués, et les trois grands bras sont attachés à un disque qui paraît encore presque entier; un troisième a deux de ses bras détachés à leur base; chez les autres une sorte de constriction annulaire à la base, rappelant celle que Hæckel à signalée chez les Linckia, semble indiquer qu'au moindre effort ils se détacheraient; il paraît, en conséquence, probable que l’Astérie ne se coupe pas par le milieu, mais que les bras se détachent un à un, reproduisant chacun une Astérie distüincte, tandis qu'un bras nouveau se reforme à leur place, comme cela a lieu chez les Lixckibx. Si ce mode de reproduction existe chez l’Asterias Richardi, se produit de très bonne heure, car les deux exemplaires

mm Î

sans indication de provenance ont à peine de diamètre et leurs bras sont déjà inégaux. Toutefois on n’a pas ici trois grands bras et trois petits, mais bien cinq bras tous inégaux et dont les trois plus petits sont situés d’un même côté de l'Étoile. Chez ces jeunes individus les tubes ambulacraires sont bisériés. Chez les trois plus grands ils sont disposés sur deux rangées à l'extrémité libre des bras; mais ces rangées sont déjà très pressées les unes contre les autres, et chaque paire de tubes ambulacraires est un peu rejetée sur le côté par rapport à celles qui la précèdent et qui la suivent ; il en résulte que la disposition quadrisériée est déjà un peu indiquée, et s’accuse à mesure qu'on se rapproche de la base des bras sans arriver cependant à être d’une grande netteté.

Entre la double rangée de piquants adambulacraires et la rangée de piquants marginaux plus longs et plus larges qui lui fait suite, il n’y a pas de papilles tentaculaires ni de pédicellaires. Les piquants marginaux

ASTERIIDÆ. 111

ne présentent pas davantage de pédicellaires du côté interne de leur base; mais en dehors de l'aire qu'ils limitent, sur toute la surface dorsale les pédicellaires croisés se montrent disséminés entre les piquants. Ces pédicellaires sont isolés, relativement assez grands; leur longueur est à peu près égale au diamètre des piquants qui les avoisinent. La forme de ces pédicellaires ne se distingue que par des détails sans importance de celle des pédicellaires croisés de la plupart des Asterias. Dans l'angle des bras et sur la région du disque qui avoisine la base des bras, on observe parmi les pédicellaires croisés quelques pédicellaires droits de forme ordinaire, et dont la longueur n’est pas tout à fait double de celle des pédicellaires croisés. Les branches des pédicellaires droits sont terminées à leur extrémité supérieure par un assez fort crochet tronqué. Le diamètre des mailles du réseau calcaire est à peu près égal à celui des parties pleines de ce réseau. Ces mailles ne contiennent, en général, qu'une seule papille tentaculaire ; les pédicellaires croisés sont disposés sur les parties pleines du réseau. Ces parties pleines sont constituées par des ossicules triangulaires, à sommets arrondis et à côtés concaves, qui se touchent par leurs sommets de manière à alterner à peu près exactement d’une ligne longitudinale à l’autre. Chaque ossicule porte un piquant mousse, strié, de moitié plus petit que les piquants marginaux. Les ossicules du squelette et les piquants qu'ils portent sont sensiblement disposés en rangées longitudinales ; mais comme les plaques et les piquants alternent d’une rangée à l’autre, la moindre altération dans la disposition sériale primitive fait paraître plaques et piquants disposés sans ordre. On compte environ six rangées irrégulières entre la rangée médiane dorsale et la rangée des piquants marginaux.

La plaque madréporique est très petite et très difficile à apercevoir; elle ne présente, pour toute ornementation, qu'une sorte de saillie transversale en forme d’Y courbé, à branches sinueuses.

L'anus est de même très peu visible. Les tubes ambulacraires sont terminés par des ventouses de dimensions normales.

Remarque. — La description que nous venons de donner s'applique presque exactement à une petite Étoile de mer draguée dans le parage

de Santiago, aux îles du Cap-Vert et qui habite les fonds coralligènes comme les échantillons méditerranéens. Elle à, elle aussi, six bras : trois plus grands, trois plus petits, et se distingue seulement parce que ces bras sont un peu plus grèles. Le plus grand des bras à 10 millimètres de longueur; le rayon du disque 2°",5. Il est intéressant, au point de vue de l’origine de la faune méditerranéenne, de retrouver la même espèce nouvelle dans la Méditerranée et dans l'Atlantique, vivant d’ailleurs dans les mêmes conditions. J’ajouterai que dans l’échantillon de l'Atlantique les tubes ambulacraires sont plus nettement bisériés que dans ceux de la Méditerranée, de sorte que cette remarquable petite espèce pourrait tout aussi bien être rangée dans la famille des PEDICELLASTERIDE que dans

celle des ASTERTDAE.

Famille IV. — ZOROASTERIDÆ, Sladen, 1889.

La famille des ZoroasrerDz a été établie avec raison par Percy Sladen, en 1889, pour le genre Zoroaster de W. Thomson et les deux genres nouveaux Cnemidaster et Pholidaster. Le savant anglais pense que l’espèce des Antilles que j'ai décrite sous le nom de Zoroaster Sigsbeei pourrait se rapprocher des Chemidaster; mais elle en diffère tout à la fois par la structure de son disque et par celle de ses bras, et je proposerai de la considérer comme le type d’un genre distinct, le genre Mammaster ; de même l'espèce décrite sous le nom de Zoroaster longicauda dans ma Note préliminaire sur les Étoiles de mer recueillies par le Talisman (1) appartient au genre Prognaster que j'ai caractérisé en décrivant les Étoiles de mer draguées par l’Aürondelle, yacht de S. A. S. le prince de Monaco. Le nombre des genres de la famille des Zoroasrerinz est ainsi porté à cinq.

Tous ces genres diffèrent de ceux qui composent la famille des STICHASTERIDÆ par leurs tubes ambulacraires coniques, terminés par une petite ventouse, et quadrisériés seulement à la base des bras; par leurs plaques adambulacraires plus longues et appartenant nettement à deux formes distinctes, alternant régulièrement; les pièces de la première

forme ayant leur face verticale adambulacraire carénée et celles de la

(1) 1885. Annales des sciences naturelles, Zoologie, art. vu.

ZOROASTERID Æ. 113

seconde l'ayant, au contraire, plutôt concave. Enfin les plaques ventrolatérales de ZoroasreRiDÆ sont ordinairement épineuses, et non pas celles des STICHASTERIDÆ.

Les caractères et les divisions de la famille peuvent être présentés comme il suit:

Famille des ZOROASTERIDÆ.

Cinq bras ordinairement assez grèles et allongés, s’unissant à angle vif à un petit disque.

Plage buccale petite et profondément enfoncée. Gouttières ambulacraires assez étroites; tubes ambulacraires coniques, terminés par une petite ventouse en forme de bouton, plus où moins nettement quadrisériés à la base des bras, ensuite bisériés.

Bouche adambulacraire. Dents petites, armées de longues épines angulaires, adambulacraires et surdentaires.

Plaques adambulacraires relativement longues; environ une fois et demie ou deux fois plus larges que longues: de deux formes différentes, les unes présentant une face adambulacraire verticale carénée; les autres une face adambulacraire concave; les pièces des deux formes alternant régulièrement l’une avec l’autre tout le long d’un même bord des gouttières ambulacraires:; les pièces carénées d’un bord se trouvant au contraire vis-à-vis des pièces concaves de l’autre bord. — Plaques carénées portant un piquant adambulacraire qui avorte ou se trouve transporté au sommet de l'angle proximal dans les plaques sans carène. Un peigne transversal de piquants surambulacraires plus nombreux sur les plaques carénées.

Des arceaux ventraux constitués par quatre ou cinq pièces imbriquées de manière que le bord supérieur de chaque pièce passe sous le bord inférieur de la suivante; plaques ventro-latérales, se correspondant d’un arceau à l’autre de manière à se disposer en cinq séries longitudinales et portant chacune un assez long piquant entouré de piquants plus petits.

Plaques marginales ventrales peu caractérisées: dorsales beaucoup

plus nettes; en général une seule rangée de dorso-latérales.

(TALISMAN. — Échinodermes.) 15

Carinales plus grandes que les marginales dorsales, ne leur correspondant pas el portant une courte épine ou un tubercule central. Toutes ces plaques plus ou moins épineuses.

Calicinales formant, en général, presque à elles seules le squelette du disque et comprenant une dorso-centrale, des basales et des radiales.

Des papilles respiratoires isolées, formant des rangées longitudinales régulières, respectivement situées entre les carinales, les dorso-latérales

et les marginales.

Des faisceaux de pédicellaires droits sur la face externe des piquants adambulacraires et surambulacraires; des pédicellaires droits, isolés, plus ou moins nombreux sur les autres plaques. Point de pédicellaires

croisés.

Synopsis des genres de la famille des ZOROASTERIDÆ.

J. — Plaques calicinales sensiblement planes, pas beaucoup plus grandes que les autres plaques.

A. — Plaques carinales dépassant peu la dimension des autres plaques ; marginales elliptiques, simplement contiguës à leurs voisines. ZOoROASTER. B. — Plaques carinales environ doubles des marginales, échancrées sur les côtés; plaques marginales dorsales eruciformes à bras supérieur el inférieur couvrant les bords correspondants de leurs voisines; pas d'écailles autour des carinales et des cali- CHASSE de See ee nn DR D Dee do PROGNASTER.

C. — Plaques carinales très grandes entourées d’écailles ainsi que les MAROC TR PHOLIDASTER .

IT. — Plaques calicinales convexes, saillantes, beaucoup plus grandes que toutes les autres.

A. — Disque peu saillant, exclusivement formé de la dorso-centrale, des basales et des radiales; marginales et calicinales sans DIQUODISNUÉCUIES CNEMIDASTER.

B. — Disque très saillant, formé par les calicinales et par un cercle de 25 plaques, dont 3 disposées transversalement à la base de chaque bras, et deux dans l'intervalle de deux bras consécutifs. Plaques du disque, carinales et marginales supérieures à granulation plus ou moins usée, mais bien distincte; marginales inférieures et ventro-latérales écalleuses 5,6... MAMMASTER.

ZOROASTERIDÆ. 113

Genre ZOROASTER, Wyville Thomson, 1873 (1). -

Bras coniques, pointus, carénés, rigides ou susceptibles d’une certaine torsion.

Disque petit, à calicinales presque planes, peu distinctes.

Gouttières ambulacraires modérément larges; tubes ambulacraires quadrisériés dans la plus grande partie de la longueur des bras.

Angles buccaux profondément infléchis vers l’intérieur.

Plaques adambulacraires carénées, portant un long piquant adambulacraire courbé en lame de sabre et muni d’un faisceau de pédicellaires droits.

Plaques des arceaux ventraux portant chacune une ou plusieurs longues épines articulées sur autant de tubercules saillants, et de nombreuses épines mobiles, plus petites.

Marginales ventrales peu différentes des ventro-latérales et continuant leur mode d'imbrication. Marginales dorsales plus grandes, elliptiques, allongées transversalement par rapport aux bras, visibles sur tout leur pourtour, sauf vers le milieu de leur bord distal qui passe légèrement sous le bord proximal de la plaque suivante. Marginales dorsales et ventrales simplement épineuses.

Dorso-latérales ne formant qu'une seule rangée, correspondant aux marginales dorsales, à bord inférieur recouvert par le bord supérieur des marginales dorsales, à bord supérieur engagé sous le bord correspondant des carinales.

Carinales elliptiques, allongées transversalement, présentant souvent un tubercule saillant médian.

Squelette du disque à peu près exclusivement formé par les calicinales (dorso-centrale, sous-basales, basales el radiales); calicinales épineuses, mais ne présentant pas de forme caractéristique.

Madréporite à côtes rayonnant à partir du centre et ramifiées, séparant des sillons de même largeur; compris entre plusieurs plaques

distinctes.

(4) The Deapths of the Sea, 1873.

Distribution des espèces du genre ZOROASTER.

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

Zoroaster fulgens . . . . Atlantique Nord jus-| 912% à 2500 Sable vasard, vase qu'à Lat. 23°. grise, jaune, rouge ou bleue.

— Diomedeæ . .|Côtes de l'Amérique 10" à 2845" Vase à globigérines. du Nord.

— Ackleyi. ...| Mer des Antilles. 219% à 453% Sable et coquilles brisées.

— lens... 0 Nouvelle-Guinée. 1957% Vase bleue.

Zoroaster fulgens, Gwyn Jeffreys.

Travailleur. — Dragage 44, 1881. — Lat. N. 44°. Long. O. 9°8'. — Profondeur 17457. — Vase. — 11 exemplaires.

Talisman. — Dragage 36, 1883. — Lat. N. 31°34". Long. O. 12°41' (Mogador). — Profondeur 912 à 1050. — Vase rouge. — 1 grand exemplaire cassé. — Dragage 60, 1883. — Lat. N. 2731". — Long. O. 16°28' (côtes du Sahara). — Profondeur 1975%, — Vase jaune. — 1 exemplaire. — Dragage 81, 1883. — Lat. N. 23°50". Long. O. 19937 (côtes du Sahara). -— Profondeur 1139, — Vase grise. — 4 exemplaires. — Pragage 82, 1883. — Lat. N. 23°. Long. O. 19°50' (côtes du Sahara. — Profondeur 932%, — Sable vasard verdätre. — 4 exemplaires.

21 exemplaires répartis sur une verticale de 394, à une profondeur moyenne de 986%.

On ne peut douter que cette espèce, dont nous avons recueilli des exemplaires de deux tailles, sans intermédiaires, ne soit le Zoroaster fulgens de Gwyn Jeffreys.

Les petits exemplaires correspondent exactement à la figure qui a été publiée dans l’ouvrage bien connu Deepth of the Sea, et les différences qui peuvent exister entre nos petits exemplaires et les exemplaires de grande taille sont bien de celles que l’âge amène naturellement entre les Etoiles de mer de même espèce.

Cette remarquable espèce a été complètement décrite par M. Sladen

dans son eport on the Asteroida.

ZOROASTERIDÆ. 117

Zoroaster Ackleyi, E. Perrier.

1881. Bulletin of the Museum of Comparative Zoology, Cambridge, n° XIV, p. 6. 1884. Nouvelles Archives du Muséum d'histoire naturelle de Paris, & VI, p. 194, pL IH, fig. 4:

L'espèce de la mer des Antilles (Monserrat, Santa Cruz) que J'ai décrite sous ce nom est bien un véritable Zoroaster : il devient nécessaire, pour exprimer les caractères qui la distinguent du Zoroaster fulgens, d'en donner une description complète, revue sur le {ype adopté dans le présent mémoire.

Cinq bras longs, pointus, se tordant souvent dans laleool :

R=—110Mm — OM R=—1227r d—9Mm (à la base).

Aire buccale très profondément enfoncée, étroite; bouche presque entièrement masquée par les piquants très développés et aigus des dents et des premières plaques adambulacraires.

Tubes ambulacraires quadrisériés à la base des bras, mais devenant peu à peu bisériés, coniques, terminés par une ventouse petite, ombiliquée à son centre.

Angles buccaux fortement infléchis vers l’intérieur, de sorte qu’on ne peut apercevoir nettement les dents ni compter avec certitude les piquants qu'elles supportent ; elles paraissent cependant présenter deux piquants angulaires très développés; deux piquants adambulacraires et deux piquants surdentaires, le premier immédiatement en arrière du piquant angulaire, le second correspondant au piquant adambulacraire.

Des plaques adambulacraires carénées alternentrégulièrement avec des plaques non carénées. Plaques carénées portant : 1° un petit piquant adambulacraire incliné dans la gouttière et muni sur sa face dorsale d'un faisceau de pédicellaires droits ; 2° quatre piquants surambulacraires, disposés l’un derrière l’autre, en une série perpendiculaire à la gouttière ambulacraire ; le premier de ces piquants est couché et comprimé en lame de sabre ; le second est plus long et droit; le troisième plus petit, le quatrième enfin très petit ou mème rudimentaire. Les plaques non carénées ne portent en tout que trois piquants, également situés l’un

derrière l’autre. Le premier de ces piquants, plus petit que le second et

légèrement courbe, porte sur sa face dorsale un petit pédicellaire droit et doit peut-être, pour cette raison, être assimilé au piquant adambulacraire des plaques carénées ; les piquants surambulacraires seraient alors réduits au nombre de deux, un grand et un petit.

Les plaques ventro-latérales sont au nombre de quatre dans chaque arceau et correspondent à peu près à un couple d’adambulacraires. Chacune d'elles porte à son centre un long piquant mobile, pointu, ordinairement couché obliquement, la pointe en dehors, sur la face ventrale. Ce piquant est entouré d’un cercle de six à huit piquants plus grèles, plus petits, également mobiles. Sur les plaques de la seconde rangée on observe, en outre, d'ordinaire, un petit pédicellaire droit.

Les plaques marginales sont à peine différentes des ventro-latérales; elles manquent cependant de l’épine centrale de ces dernières, et ne présentent que de fins piquants de grandeur sensiblement uniforme, presque sétacés, au nombre d’une vingtaine par chaque plaque. Une ou deux marginales inférieures de la base des bras portent, en outre, un pédicellaire droit. Les marginales supérieures, elliptiques, à pourtour entièrement visible, sont allongées transversalement par rapport aux bras ; elles ne portent aucune trace de tubercule, mais très souvent un pédicellaire droit.

Les dorso-latérales, en une rangée unique, sont, comme d’habitude, enfoncées entre les marginales dorsales et les carinales ; elle finissent par être à peu près entièrement cachées vers l'extrémité des bras. La plupart portent, parmi leurs petits piquants, un pédicellaire droit, parfois d'assez grande dimension.

Les carinales sont presque arrondies, légèrement imbriquées et couvertes des mêmes piquants que les marginales et les dorso-latérales ; beaucoup portent un pédicellaire droit, diversement placé. La plupart sont dépourvues de toute trace de tubercule ou de piquant central. Sur quelques-unes cependant, surtout vers l’extrémité des bras, un ou deux piquants mobiles, coniques, prédominent assez nettement sur les autres. La plaque terminale est grande, plus longue que large, inerme, légèrement échancrée en arrière.

Le disque est un peu convexe. Son squelette est constitué de la façon

ZOROASTERIDÆ. 119

suivante par une dorso-centrale bien développée ; des sous-basales très peu apparentes ; cinq basales placées très peu en arrière de cinq radiales qui sont un peu plus grandes qu’elles; dix petites plaques discinales, placées deux par deux au devant des basales et séparant ces dernières des premières marginales dorsales. Toutes ces plaques sont couvertes de petits piquants, de grandeur uniforme et ne présentent aucun tubercule saillant; mais on observe entre elles quelques pédicellaires droits.

Le madréporite arrondi, de petit diamètre, placé entre l’une des basales et les deux discinales qui la suivent, est marqué de côtes ramifiées peu nombreuses, sinueuses, séparées par des sillons un peu plus larges qu'elles.

Les papilles respiratoires sont toujours isolées. Sur le disque, elles sont rares et irrégulièrement disséminées entre toutes les plaques sans exception. Le long des bras, elles se montrent déjà entre les deux dernières rangées longitudinales de ventro-latérales et peuvent, par conséquent, former le long des bras dix rangées régulières, symétriques deux à deux.

Aires très peu visibles.

Observation. — Le Zoroaster Ackleyr diffère nettement du Z. fulgens par ses bras plus longs, plus grêles, moins rigides; ses plaques ventrolatérales au nombre de quatre, au lieu de cinq, ne portant qu'un seul grand piquant au lieu de deux ou trois; ses marginales dorsales sans piquant médian; sa carinale ne portant que par exception un tubereule ou un piquant plus grand que les autres; ses calicinales sans tubercule

central ; ses carinales et ses marginales dorsales plus petites.

Genre PROGNASTER (1), novum genus.

Tubes ambulacraires en deux séries légèrement onduleuses, à ventouses normalement développées. Arceaux du squelette dorsal formés de onze pièces; les carinales plus longues que leurs voisines et faisant partie de deux arceaux consécutifs. Marginales dorsales prédominant beaucoup sur les autres en raison de ce qu’au lieu d’être imbriquées

(1) De px, hirondelle, nom du yacht deS. A. le prince de Monaco.

comme les précédentes, elles couvrent, dans la partie où elles les touchent, les bords des deux plaques entre lesquels elles sont situées. Pièces caripales très prédominantes sur le squelette du disque, les basales plus grandes que les infrabasales qu’elles séparent presque des radiales. Plaques abactinales et portant de longs et grèles piquants mobiles très espacés.

Par la disposition des pièces de leur squelette, les Prognaster rappellent suriout les Phohdaster de Percy Sladen (1); ils ont comme eux de très grandes plaques carinales et, de chaque côté, une série longitudinale de plaques, probablement les marginales dorsales, beaucoup plus grandes que les autres. La disproportion entre les trois séries de plaques et leurs voisines est beaucoup plus marquée que chez les Zoroaster et de plus l’arrangement des grandes plaques marginales est particulier; en outre la disposition quadrisériée des plaques ambulacraires est à peine indiquée à la base des bras. Le squelette tégumentaire abactinal épineux et non écailleux rappelle celui des Zoroaster plutôt que celui des Pholidaster, les Prognaster occupent donc une position intermédiaire entre les deux genres. IT faut ajouter que les Prognaster ont des pédicellaires droits comme les Zoroaster, tandis que ces organes manqueraient aux Pholidaster suivant Sladen.

Prognaster longicauda, sp. nov.

(PE Xe A)

Talisman, 1883.— Dragage 101.— Lat. N. 16938". Long. O. 20°44' (entre le Sénégal et les

iles du Cap-Vert). — Profondeur 3260. — Vase grise. — 1 exemplaire.

— Dragage 102. — Lat. N. 15°48'. Long. O. 22°44. — Profondeur 3655. — Vase grise. — 1 exemplaire.

— Dragage 131.— Lat. N. 38°38'. Long. O. 27°26’, au N. des Açores. — Profondeur 2995%. — Vase blanche molle et pierre ponce. — 5 exemplaires.

— Dragage 136. — Lat. N. 44°20'. Long. O. 1931". — Profondeur 4255®. — Vase blanche molle. — 4 exemplaires.

11 exemplaires répartis sur une verticale de 1260%, à une profondeur moyenne de 35267. Cette espèce est remarquable par le développement énorme des bras : R = 195 Mm r—=12Mm R > 167.

(4) The voyage of H. M. $S. Challenger, Report on the Asteroïda, p. #26, pl. LXVIL fig. 5-7 et pl. LXVHE, fig. 5-6.

ZOROASTERIDÆ. 121

Peu d’Astéries à partles Prisirqa ont, comme on voit, des bras aussi longs relativement aux faibles dimensions du disque. L'animal, les bras étendus, a tout près de # décimètres de diamètre quand son disque atteint à peine 295 millimètres. Ces bras si longs sont aussi plus flexibles que chez le Zoroaster fulgens. Hs rappellent à cet égard ce qu'on observe chez le Zoroaster Ackleyi, du golfe du Mexique, dont les bras sont d’ailleurs beaucoup plus courts. Les bras du 7. longicauda sont en mème temps très pointus et très grèles ; ils s'élargissent toutefois assez rapidement à leur base, sans présenter d’ailleurs l’aspect fusiforme des bras des Prisinga. Leur diamètre à cinq centimètres de leur base n’est déjà plus que de huit millimètres sur l'individu dont nous venons de donner les dimensions. [l faut, sans doute, rapprocher dela gracilité des bras le fait que les tubes ambulacraires ne sont disposés sur quatre rangées que dans leur premier quart, près de leur base par conséquent. Sur tout le reste de leur longueur, ils ne forment que deux rangées comme chez les PEbiCELLAS- TERIDE et les Brisiübx. Les ventouses de ces tubes son encore petites, moins cependant, toutes proportions gardées, que celles du Zoroaster fulgens.

L’aire buccale est petite; les dents se rapprochent assez pour la masquer presque entièrement.

Les dents portent chacune un piquant angulaire et un piquant adambulacraire dressés verticalement, plus deux piquants surambulacraires, placés lun immédiatement en arrière du piquant angulaire, l’autre au niveau du piquant adambulacraire. Ce second piquant surambulacraire se rapproche souvent du bord sutural de la dent, il est possible qu'il se confonde, dans certains cas, avec le piquant correspondant de la dent jumelle. Ces piquants sont longs, pointus, beaucoup plus développés que les piquants adambulacraires suivants. Deux paires de piquants disposés transversalement se trouvent encore en arrière des piquants surambulacraires; mais 1l est impossible, sans détériorer les échantillons, de déterminer s'ils appartiennent aux dents ou à des plaques ventrales. Le piquant angulaire et le piquant adambulacraire des dents sont chargés de grands pédicellaires droits.

Les plaques adambulacraires sont allongées perpendiculairement à la 5 Î (TALISMAN, — Echinodermes.) 16

gouttière ambulacraire et environ deux fois et demi plus longues dans cette direction que dans la direction parallèle à la gouttière ambulacraire; elles sont cependant déjà beaucoup plus longues que chez les ASTERIADE etrappellent un peu l'aspect des plaques correspondantes des ÉCHINASTERIDÆ et des Lixcxnpz; elles sont séparées de même par une large plage ligamentaire. Du côté externe, elles affleurent exactement le long d’une même ligne longitudinale; du côtéinterne, elles s'avancenten carène dans la gouttière ambulacraire; mais la carène est souvent constituée par une saillie du bord distal d'une plaque etdu bord proximal dela plaque suivante, de sorte que deux plaques adambulacraires consécutives ne sont pas identiques l’une à l’autre, mais presque symétriques par rapport à leur plan de suture. Sur sa carène saillante, chaque plaque porte un piquant chargé d'un bouquet de pédicellaires croisés. Les carènes formées par les bords adjacents de deux plaques consécutives, séparant les uns des autres les tubes ambulacraires, correspondent à un tube ambulacraire ; le tube ambulacraire qui précède et celui qui suit sont, au contraire, placés dans deux niches que la carène sépare l’une de l'autre.

D'ordinaire les plaques qui portent une carène distale sont plus saillantes que celles dont la carène est proximale, si bien que très souvent les premières sont seules carénées, auquel cas la dissemblance des plaques adambulacraires est portée à son maximum. Les plaques carénées portent, en effet, quatre piquants surambulacraires pointus, disposés sur une ligne perpendiculaire à la gouttière ambulacraire; tandis que Îles plaques non carénées, souvent dépourvues de piquant adambulacraire, ne portent plus que trois ou même deux piquants surambulacraires.

Chaque piquant adambulacraire porte sur sa face extérieure un bouquet de six ou huit pédicellaires droits. Les trois piquants suivants portent également sur leur face externe le premier un bouquet de trois ou quatre pédicellaires, les deux autres, en général, un seul de ces organes dirigé en dehors. En outre des pédicellaires semblables sont disséminés sur la face ventrale et s'y trouvent isolés (1). |

(1) On remarquera cette disposition fasciculée des pédicellaires droits chez le Zoroaster fulgens et le Z. longicaudu. Elle n’est pas très fréquente chez les AsrertD# où elle est au contraire presque el ne s’observe, comme chez nos deux espèces de Zorousler,

la règle pour les pédicellaires croisés,

que sur les piquants de la goultière ambulacraire.

ZOROAST ERID Æ. 1923

Les plaques adambulacraires sont suivies d’arceaux ventro-latéraux, très réguliers et formés chacun de quatre plaques imbriquées de manière que le bord inférieur de chaque plaque, qui est légèrement convexe, recouvre le bord supérieur de la plaque suivante. La partie visible des plaques va en croissant de la plaque inférieure à la plaque supérieure de chaque arceau. Sur un tubercule situé à peu près vers le centre de sa surface libre, chaque plaque porte un assez long piquant conique ; l’ensemble des piquants correspondant à chaque arceau forme ainsi, à la face inférieure des bras, une rangée transversale de quatre piquants. Des piquants beaucoup plus petits sont disséminés sur le reste de la surface de la plaque, de sorte que la rangée principale de chaque arceau semble comprise entre deux rangées irrégulières de piquants plus petits, et que toute la surface ventrale parait couverte d’épines inégales.

Les arceaux consécutifs sont contigus et chacun d’eux est plus long qu’une adambulacraire, mais plus court que les deux adambulacraires constituant un même couple de sorte qu'il n’y apas de rapport de nombre nettement déterminé entre les adambulacraires et les arceaux ventraux.

Les deux séries de marginales sont bien apparentes. Ces plaques sont de forme légèrement cruciale, à bras courts et arrondis; elles correspondent exactement aux arceaux ventraux dont elles conservent le mode d'imbrication, le bord inférieur de la marginale ventrale étant libre et son bord supérieur passant sur le bord inférieur de la marginale dorsale. A son centre chacune de ces plaques présente un tubercule qui, dans l'état d'intégrité de l'animal, porte sans doute un piquant; de très petits piquants aigus, au nombre d’une douzaine, sont disséminés sur le reste de la surface de la plaque. Dans chaque rangée longitudinale de marginales le bras distal d'une plaque passe sous lé bras proximal de la suivante. Entre les deux rangées de marginales il ÿ a une rangée de papilles respiratoires isolées, logées dans les espaces circonscrits par les angles des bras.

Le bord supérieur des marginales dorsales est libre comme leur bord inférieur ; la totalité de la surface de ces plaques est done visible.

La rangée des marginales dorsales n’est séparée de celle des carinales

que par une rangée de dorso-latérales portant de petits piquants et des

pédicellaires droits isolés. Ces dorso-latérales correspondent aux marginales qui recouvrent leur bord inférieur, comme les carinales recouvrent leur bord supérieur; des papilles respiratoires isolées alternent avec ces plaques qui sont ainsi comprises entre deux rangées régulières de papilles les séparant d'une part des marginales dorsales, d'autre part des carinales.

Les ecarinales sont très larges, et, jusqu'au voisinage de la base des bras, en même nombre que les dorso-latérales et les marginales, de façon que les arceaux du squelette dorsal sont parfaitement réguliers et vont sans interruption d’une rangée adambulacraire à l’autre. Ces carinales sont presque aussi longues que larges, et portent à leur centre un piquant conique, immobile; elles sont contiguës plutôt qu'imbriquées, et leurs bords distal et proximal sont, en conséquence, presque rectilignes. Leurs bords latéraux présentent une échancrure médiane ou deux échancrures à égale distance du milieu; quand il n'existe qu'une échancrure de chaque côté, elles semblent elliptiques, allongées dans le sens transversal et imbriquées étroitement; leur échancrure paraît être le point d’intersecüon de deux plaques consécutives. Mais ce n’est là qu'une fausse apparence, quelques plaques pouvant présenter une échancrure d’un côté et deux de l’autre. A la base des bras, chaque carinale correspond sensiblement à deux arceaux dorso-latéraux; plus loin, elles ne conservent pas nécessairement le rapport que nous venons d'indiquer, et chacune ne correspond plus nécessairement à deux arceaux; on en trouve souvent deux pour trois arceaux. Les carinales portent assez souvent un où deux pédicellaires droits isolés.

Les papilles respiratoires isolées qui forment une rangée entre les dorso-latérales et les carinales sont placées aux intersections et dans les échancrures de ces dernières.

La première carinale, plus grande que toutes les autres, a la forme d'une étoile à six branches; on doit la considérer comme une radiale; car elle n'est séparée de la dorso-centrale que par une plaque beaucoup plus petite qui est une sous-basale.

Les basales alternent à peu près avec les radiales; elles sont un peu

plus internes et un peu plus petites; quelquefois elles sont, en apparence,

ZOROASTERIDÆ. 125

remplacées par plusieurs plaques. L'une d'elles porte le madréporite dont le crible limité par un mince rebord continu, légèrement saillant, est formé de larges sillons séparés par de minces côtes, rayonnant partout de ce rebord comme les lames d’un polypier de sa muraille.

Le squelette du disque est réduit à ces plaques calicinales qui portent toutes de nombreux petits piquants de grandeur uniforme, semblables aux petits piquants des autres plaques. Il y a encore des papilles respi-

ratoires isolées entre les radiales et les sous-basales.

Genre MAMMASTER, nov. gen.

Cinq bras, de moyenne grandeur, coniques, rigides.

Bouche modérément enfoncée. Dents petites portant un piquant angulaire, et un ou plusieurs surambulacraires.

Adambulacraires alternativement carénés et non carénés: les premiers portant un petit piquant ambulacraire et plusieurs surambulacraires dont un comprimé et arqué en lame de sabre.

Pièces squelettiques des bras étroitement contiguës ; en arceaux correspondant au moins à deux adambulacraires carinales plus longues que les marginales.

Disque très saillant formé par les calicinales qui sont convexes, saillantes, très grandes et par un cercle de vingt-cinq plaques dont trois sont disposées transversalement à la base du bras et deux dans l’intervalle des deux bras consécutifs. — Marginales inférieures et ventro-

latérales écailleuses ; les autres plaques granuleuses.

Mammaster Sigsheei.

1881. Zoroaster Sigsbeei, Ep. PERRIER. —— Bulletin of Museum of Comparative Zoology, page ».

1884. Zoroaster Sigsbeei, Ep. PERRIER. — Nouvelles Archives du Muséum d'histoire natu-

relle, 2° série, t. VI, page 195, plänche 3, figure 2.

Tubes ambulacraires quadrisériés à la base des bras, bisériés dans leur dernier tiers, coniques, terminés par une très petite ventouse. Cinq bras, régulièrement coniques, rigides, pointus, s’unissant à angle vif, à un disque brusquement très saillant dans le sens vertical et formé d'énormes pièces saillantes.

Bouche modérément enfoncée. Dents petites, portant chacune, tout au au moins: l° un piquant angulaire assez fort; 2° un piquant surambulacraire, situé en arrière du piquant angulaire et le recouvrant presque exactement.

Comme chez les autres Zoroasrerinz, il est impossible de déterminer sans dissection si les piquants qui suivent appartiennent à la dent ou à des plaques adambulacraires distinctes. On distingue tout d’abord, en effet, trois séries transversales par rapport à la gouttière ambulacraire, de piquants surambulacraires plus grands que Îles autres et au devant desquels se trouve, au moins pour l’une des rangées, un piquant adambulacraire, couché dans la gouttière elle-même et portant du côté dorsal un pédicellaire droit.

Plaques adambulacraires petites, alternativement carénées et sans carènes. Les plaques carénées portent un petit piquant ambulacraire souvent difficile à reconnaître, ordinairement muni sur sa face dorsale d’un pédicellaire droit, et trois piquants surambulacraires; le premier piquant surambulacraire est courbé en lame de sabre et s’avance dans la gouttière ambulacraire, le troisième est très petit et fugace. Deux piquants surambulacraires seulement sur les plaques non carénées.

Les arceaux ventraux sont formés, au moins dans la région moyenne des bras, seulement de deux pièces ventro-latérales, épaisses, presque soudées et dont les limites sont très difficiles à apercevoir. Chacune de ces pièces présente un tubercule central sur lequel s'articule un long piquant; le reste de sa surface est couvert de piquants aplatis, en forme d’écaille ; les arceaux sont contigus et chacun d'eux correspond à un peu plus de deux pièces adambulacraires.

Les marginales ventrales ne portent pas de piquants et sont couvertes d'un revêtement uniforme d’écailles. Les écailles de ces plaques et celles des ventro-latérales ne permettent pas d'apercevoir les limites des plaques, de sorte que toute la surface ventrale paraît uniformément écailleuse ; les piquants des ventro-latérales se détachent seuls sur les écailles et permettent de compter ces plaques.

Les marginales dorsales se distinguent, au premier coup d'œil, des

marginales ventrales parce qu'elles paraissent nues ; toutefois à la base

ZOROASTERIDÆ. 127

des bras elles sont encore assez souvent écailleuses et des écailles persistent encore presque toujours sur les bords de la plupart d’entre elles. Il est donc probable que dans certaines circonstances favorables et chez les très jeunes individus, ces plaques doivent être également écailleuses ; chez les individus que j'ai entre les mains, les écailles s’observent surtout le long du bord distal; elles sont d'ordinaire au nombre de quatre et un peu distantes, la plus élevée est plus grande que les autres; elle occupe l'extrémité supérieure du bord distal, et est quelquefois placée nettement sur le bord supérieur de la plaque. Les marginales dorsales sont rectangulaires, allongées transversalement par rapport aux bras; on en compte quarante-six.

IT n’y a pas de dorso-latérales, de sorte que les marginales dorsales sont conliguës avec les carinales; celles-ci sont au nombre de trentetrois seulement, et par conséquent plus longues que les marginales ; leur forme est sensiblement carrée. Au premier abord, elles paraissent nues comme Îles marginales dorsales, de sorte qu'une opposition très nette se manifeste entre la face dorsale nue en apparence des bras et leur face ventrale. Mais il reste cependant des traces d’écailles sur les carinales comme sur les marginales dorsales, et l’on reconnait nettement trois de ces écailles Le long du bord distal de la plupart des plaques et deux ou trois tubercules portant ou non des écailles sur leurs bords latéraux. La terminale un peu plus large que l'extrémité des bras, quoique petite, est un peu plus longue que large, inerme et échancrée légèrement en arrière.

Le disque extraordinairement saillant, brusquement surélevé audessus des bras, est formé de grandes pièces très convexes, très distinctes les unes des autres, à savoir : 1° une dorso-centrale arrondie; 2° einq basales trapézoïdales, allongées dans le sens du rayon du disque qui leur correspond; 3° cinq radiales placées un peu en dehors par rapport aux basales et plus convexes qu’elles; 4° cinq groupes de trois grosses pièces presque hémisphériques occupant respectivement la base de cinq bras et qu'on peut considérer comme formés chacun de la première carinale et de la première des deux rangées de marginales dorsales

extrèmement renflées ; 5° cinq groupes de deux pièces peu convexes,

trapézoïdales, respecüvement intercalés entre les cinq groupes précédents, un peu en dedans par rapport à eux de manière que le disque paraît étoilé; ces dernières pièces peuvent être considérées comme des dorso-latérales qui auraient persisté.

Toutes les pièces qui constituent le disque sont grossièrement granuleuses, mais les granules ont généralement disparu de la région centrale des plus saillantes d’entre elles, à savoir les cinq radiales et les quinze pièces formant les cinq groupes de la base des bras. Il existe quelquefois entre elles un petit nombre de pédicellaires croisés.

Le madréporite petit est compris entre l’une des basales et les deux latéro-dorsales qui les suivent sur le disque. Il ne présente que quatre côtes en croix, à bras sinueux et quelquefois bifurqués, dans les angles desquels sont deux autres côtes en forme de V. Les côtes sont un peu plus larges que les sillons qu’elles séparent.

Entre les diverses plaques du disque, il existe de grandes papilles respiratoires assez rapprochées pour qu'on puisse les considérer comme disposées par groupes de trois ou quatre. Sur les bras, ces papilles sont peu apparentes, tout à fait isolées, aux angles des plaques petites, et il n’en existe qu'entre les carinales, les marginales dorsales et les marginales ventrales, en tout # rangées. Assez souvent auprès de chaque papiile se trouve un pelit pédicellaire droit.

Observation. — Celte espèce a été draguée par « The Blake » dans la mer des Antilles de 400 à 600 mètres de profondeur ; la description actuelle a été rendue nécessaire par le fait que nous avons érigé les Mammaster en genre distinct.

Famille V. — STICHASTERIDÆ, E. Perrier, 1884.

La famille des Sricnasrerdx comprend actuellement les genres Cælasterias, Sümpson, Stichaster, M. et T., l'arsaster, Sladen et Veomorphaster, Sladen. Elle ne peut guère ètre caractérisée que par la grandeur des plaques du squelette interne et surtout par la substitution d’une granulation plus ou moins uniforme aux piquants ou aux épines que portent ces plaques chez les Asrerupæ; à ce titre, les T'œrsaster me

paraissent être des AsrTernbx et non pas des SricnasrerIbÆ. D'autre

STICHASTERIDÆ. 129

part les espèces rangées jusqu’à présent dans le genre Sachaster sont beaucoup trop différentes les unes des autres pour qu'il soit possible de les maintenir dans un même genre. J'ai pu examiner avec quelque détail quatre de ces espèces: lesS, avrantiacus, Meven, S. roseus, Müller, S. albulus, Sümpson, S. nautrixr, Studer; elles me paraissent devoir devenir les types d'autant de genres distincts. On peut laisser à l'espèce la plus anciennement connue, le S#chaster roseus, le nom de Stichaster: le S. auranhacus, pourra reprendre le nom de Zona que Gray lui avait donné; le S#chaster albulus, pour qui le nom générique de Sfephanasterias déjà employé par Ayres dans un autre sens avait été un moment proposé, deviendra le Vanaster albulus; enfin le Sfichaster nutrix, le Granaster nutrix.

La structure la plus régulière est offerte par la Zona aurantiacu. Les plaques adambulacraires extrèmement étroites, au lieu de présenter une surface ventrale assez large, comme chez les Zoroasrerpx, sont étroites et ne font plus aucune saillie dans la large gouttière ambulacraire ; elles demeurent cependant régulièrement alternes, chacune d’elles portant tour à tour trois et deux piquants sur sa face ventrale.

Il n'y à qu'une seule rangée de ventro-latérales, étroites, disposées de quatre en quatre adambulacraires et n’apparaissant sur la face ventrale que sous forme d’ellipses à petit axe très court et portant chacune trois gros granules. Elles sont suivies des marginales ventrales, beaucoup plus grandes surtout dans le sens vertical, obliquement imbriquées de manière que le bord distal de chaque plaque s'engage sous le bord proximal de la précédente. La partie visible de ces plaques porte six où huit granules disposés deux par deux dans la partie supérieure de la plaque. Leur nombre est le même que celui des ventro-latérales.

Les marginales dorsales sont en même nombre que les ventrales, imbriquées comme elles, mais beaucoup plus hautes; leur partie visible est en forme d’ovale allongé; chaque plaque porte environ de treize à quinze granules disposés sur deux rangées terminées, en général, en haut et en bas par un granule unique. Les marginales dorsales de deux bras consécutifs deviennent contiguës sur le disque, et remontent sur la surface de celui-ci en formant une double rangée interbrachiale, très distincte,

TALISMAN. — Échinodermes.) 17

qui vient s'appuyer sur une plaque interradiale unique, allongée transversalement et qui doit être considérée comme une basale. Les cinq basales allongées sonttrès distinctes par leur forme des plaques qui les avoisinent.

Entre les marginales-dorsales et les carinales 1l y a trois rangées de dorso-latérales; les deux rangées externes atteignent jusqu'aux plaques calicinales d’une part, jusqu’à la terminale de l'autre; la rangée moyenne finit un peu plus tôt à ses deux extrémités. Ces plaques correspondent exactement, sur les bras, aux marginales; elles sont imbriquées comme elles, beaucoup moins hautes et en forme de chapeau de gendarme; leur partie visible est couverte de granules. Quelques petites plaques formant une rangée irrégulière peuvent s’intercaler entre la rangée supérieure et la rangée moyenne. Enfin les carinales allongées transversalement, en mème nombre que leurs voisines, imbriquées de la même facon, à partie visible également en forme de chapeau de gendarme, forment une rangée médiane bien régulière qui s'appuie à sa base sur une plaque quadrangulaire, la radiale. Cinq sous-basales intercalées entre les basales, quelques dorso-centrales unies aux plaques précédentes par un petit nombre de discinales, complètent le squelette très régulier de l'animal.

Le madréporite assez grand est pratiqué dans l’une des basales.

Les ÂVeomorphaster conservent en grande partie cette régularité, comme on le verra plus loin; ils sont surtout remarquables par leurs adambulacraires égales et diplacanthides, par l'apparition de plusieurs ventro-latérales dans les arceaux de la base des bras ventraux, par la quasi-égalité des marginales, dorso-latérales et carinales, et par la moindre fusion des bras à leur base qui fait paraître le disque plus simplifié.

Les S/ichaster (S. roseus) s'éloignent bien davantage de ce type simple. La bouche est peu enfoncée; les dents portent chacune un petit piquant angulaire, dirigé horizontalement, à peine visible, et quatre gros piquants surdentaires, placés en série longitudinale l’un derrière l’autre, mais qui peuvent subir quelques déplacements latéraux ou même se souder avec leurs symétriques. Les plaques adambulacraires portent un peigne de quatre piquants disposés l’un derrière l’autre sur une ligne perpendiculaire à la gouttière ambulacraire.

La face ventrale est ensuite constituée par des plaques qu’on peut,

STICHASTERIDÆ. 131

comme d'habitude, décomposer en séries transversales ou en séries longitudinales; toutes les séries transversales sont contiguës; chacune d'elles correspond à environ trois adambulacraires. Quant aux séries longitudinales elles sont au nombre de cinq, au moins à la base des bras; comme il faut compter deux séries de marginales, cela revient à dire que chaque arceau ventral est formé de trois plaques superposées; cette disposition se conserve sur toute la longueur des bras, ce qui n’a pas lieu chez les Veomorphaster. L'initiale d’'arceau porte de véritables piquants, semblables aux piquants adambulacraires, au nombre de deux ou trois par plaque; à la base des bras, les deux sortes de piquants ne sont pas discernables à première vue, de sorte que les adambulacraires paraissent porter jusqu’à six piquants. Les autres ventro-latérales sont simplement granuleuses et ne se distinguent pas des marginales.

Sur la face dorsale, les différences s’accusent encore davantage. On ne distingue plus que vaguement et par places la série des carinales, qui présente de nombreuses irrégularités; quant aux dorso-latérales, qui sont nombreuses, inégales et granuleuses comme les autres plaques, elles sont inégales et disposées sans aucun ordre; il y en a au moins quatre dans le sens transversal, entre les carinales et les marginales dorsales. Rien ne permet plus de distinguer les calicinales parmi les très nombreuses petites plaques du disque; toutefois le madréporite, qui est très grand et finement sillonné, est entouré de granules comme s’il était pratiqué dans l’une des basales. Les papilles respiratoires sont disséminées, par groupes de cinq ou six, sur toute la surface dorsale du disque des bras, dans des aires intercalées entre toutes les plaques. On peut remarquer que Îles Sachaster sont, par rapport aux 7'onia et aux Neomorphaster, à peu près ce que sont les Linchia par rapport aux Ophidiaster : mème disposition en séries régulières des plaques ventrales; même désordre dans les plaques dorsales que chez les Zinchia.

Chez le minuscule Vanaster albulus, une certaine régularité reparaît. Les adambulacraires sont triplacanthides ; elles sont suivies immédiatement des marginales ventrales, se répétant à peu près de trois en trois adambulacraires et portant chacune un peigne de trois ou quatre longs piquants

obtus et épineux, disposés sur une ligne un peu inclinée sur la transver-

sale; les marginales dorsales n’ont plus que des granules assez allongés qui se retrouvent sur les dorso-latérales et les carinales. Les carinales forment une série bien distincte; mais les dorso-latérales, dont on peut compter trois entre les carinales et les marginales dorsales, sont tout à fait irrégulièrement disposées. Toutes ces plaques laissent entre elles de grandes aires membraneuses qui contiennent chacune plusieurs petites papilles respiratoires. Le madréporite est grand, circulaire, plat, entouré d'épines semblables à celles des plaques dorsales. Les calicinales sont tout à fait indistinctes. Cette forme est évidemment très voisine des ASTERIIDÆ.

Enfin, chez le Granaster nutrix, les adambulacraires sont diplacanthides; mais sans préparation, il est impossible de reconnaître aucune disposition régulière du squelette. Toute la surface du corps est recouverte de granules assez gros, tous semblables entre eux et disposés sans aucun ordre. C'est 1à une forme dont la place parmi les SricHAsTERIDÆ ne me paraît pas définitive.

Ces observations conduisent à caractériser et à diviser de la manière

suivante la famille des STICHASTERIDÆ.

Famille des STICHASTERIDÆ.

Bouche petite; aire buccale ordinairement enfoncée.

Tubes ambulacraires quadrisériés; le plus souvent cylindriques et à large ventouse terminale.

Dents petites, à piquants angulaires peu développés, mais à grands piquants surdentaires. Plaques adambulacraires courtes, très comprimées, avec de deux à quatre piquants adambulacraires ou surambulacraires, disposés l’un derrière l’autre, ladambulacraire pouvant porter un pédicellaire droit.

Arceaux squelettiques ordinairement réguliers dans leur partie ventrale, souvent contigus dans toute leur étendue.

Nombre des ventro-latérales variant de 0 à 4, suivant les genres.

Marginales ventrales souvent épineuses.

Marginales dorsales, dorso-latérales et carinales toujours granuleuses,

ainsi que les calicinales et les discinales.

STICHASTERIDÆ, 133

Dorso-latérales disposées en séries longitudinales régulières, quand elles sont peu nombreuses.

Des pédicellaires croisés épars sur diverses régions du corps.

Madréporite pratiqué dans lune des basales, loujours entouré de granules ou de piquants. Des papilles respiratoires isolées ou par

petits groupes sur la surface dorsale des bras et du disque.

Synopsis des genres de la famille des STICHASTERIDÆ.

[= Plus dé cg bras; plaques granulenses 5,1... COELASTERIAS. I. — Cinq bras. | A. — Plaques dorsales portant des épines obluses, distantes les unes des autres et peu nombreuses ..,....,,.,..,..... TARSASTER. B. — Plaques dorsales portant des granules.

4. — Calicinales distinctes; dorso-latérales en rangées régulières.

a. — Une seule rangée de ventro-latérales; trois rangées dédORSO RATÉ AR Ton14.

b. — Plusieurs rangées de ventro-latérales à la base des bras ;unerangée de dorso-latérales, granules rares. NEOMORPHASTER. 2, — Calicinales non distinctes; dorso-latérales irrégulièrement disposées.

a. — Marginales reconnaissables.

«. — Point de ventro-latérales; granules allongés en ÉDIDES BCISSIDATIIS ne ce NANASTER.

8. — Plusieurs rangées régulières de ventro-latérales. STICHASTER. b. — Point de rangées régulières de marginales reconnaissables; des granules isolés el assez serrés, uniformément mais irrégulièrement répartis sur toute TANSULACE dLCOIPS 2 0 40 ere à os GRANASTER.

Genre NEOMORPHASTER, Sladen.

1885. Glyptaster, SLADEN. — Narrative of the Challenger expedition, vol. 1, p. 612. 1885. Stichaster (pars), PERRIER. — Échinodermes du Zravailleur et du Tulisman. — An-

nales des sciences naturelles, t. XIX, art. n° 8.

Cinq bras, larges à la base, diminuant graduellement de largeur jusqu'au sommet qui estassez pointu. Disque petit proportionnellement à la longueur des bras; angles interbrachiaux bien accusés.

Tubes ambulacraires quadrisériés à la base des bras, bisériés à leur extrémité, terminés par une ventouse ombiliquée à son centre, d’un diamètre plus petit que le leur.

Dents petites avec un piquant surdentaire. — Plaques adambulacraires

courtes, semblables, portant deux piquants placés l’un derrière l’autre et sur leur bord interne un pédicellaire droit.

Deux ou trois rangées de ventro-latérales portant des piquants, à la base du bras.

Marginales ventrales et dorsales portant des granules plutôt que des piquants.

Dorso-latérales et carinales formant des rangées régulières aussi bien dans le sens transversal que dans le sens longitudinal.

Dorso-centrale, sous-basales, basales et radiales bien distinctes. Discinales peu nombreuses.

Madréporite pratiqué dans l’une des basales.

Des pédicellaires droits et des pédicellaires croisés.

Anus bien distinct.

Papilles respiratoires disséminées sur le disque et sur les bras par groupes de une à trois.

Neomorphaster Talismani, E. Perrier.

(PIX, fe 2)

1885. Stichaster Talismani, E. PERRIER. — Echinodermes du Zravailleur et du Zalisman. — Annales des sciences naturelles, t. XIX, art. n° 8, fig. 22. 1889. Neomorphaster eustichus, SLADEN. — The Voyage of the Challenger. — Report on the Asteroida, p. 438, pl. LXVI, fig. 3 et 4; pl. LX VIII, fig. 9 et 10. Talisman, 1883. — Drag. 52. — Lat. N. 28033". Long. O. 15°39". — Profondeur 916%, — Sable piqué de noir — 1 exemplaire.

—- —— — 121. — Lat. N. 37°35'. Long. O. 31°46'. — Profondeur 1442". — Vase grise à pierre ponce. — 2 exemplaires.

— — — 122. — Lat. N. 37935". Long. O. 31°40'. — Profondeur 14407. —

Vase grise à pierre ponce. — 2 exemplaires.

— — — 127. — Lat. N. 3838. Long. O. 30°40'. — Profondeur 12577. — Vase grise (AÇores). — 14 exemplaires.

19 exemplaires répartis sur une verticale de 496% à une profondeur moyenne de 1271. Sur un des plus grands exemplaires :

R — 62 Mm r— A2 R>57r d—12; Les bras, au nombre de cinq, sont régulièrement coniques de la base” au sommet et pointus. Ils sont convexes en dessus, aplatis ou même

légèrement concaves en dessous, de sorte que leur face ventrale est nettement distincte de leur face dorsale.

STICHASTERIDÆ. 135

L’aire buccale est très enfoncée, et les angles buccaux recourbés en dedans ; les tubes ambulacraires, quadrisériés à la base des bras, tendent à devenir bisériés tout près de leur extrémité ; 1ls sont légèrement coniques et terminés par une ventouse moins large qu'eux, ombiliquée à son centre ; les dents portent un piquant angulaire et un long piquant surdentaire immédiatement appliqué contre lui. Chaque plaque adambulacraire porte deux piquants disposés transversalement, l’un au bord même de la gouttière ambulacraire, l’autre un peu en dehors. Ces piquants sont obtus, et le piquant interne se renverse fréquemment au-dessus de la gouttière ambulacraire, tandis que le piquant externe se renverse en dehors et s'applique contre le bras.

À chaque piquant adambulacraire, à l'intérieur de la gouttière ambulacraire, correspond un pédicellaire droit. La face ventrale présente deux rangées de plaques cachées sous les téguments; chaque plaque porte un peigne, disposé longitudinalement, de trois piquants obtus, divergents. Ces peignes sont sur le prolongement les uns des autres, de sorte que l’on compte sur la face ventrale tout entière deux rangées longitudinales de piquants. Dans l'intervalle de ces deux rangées de piquants, se trouve une rangée de pédicellaires croisés, tout à fait indépendants des piquants.

Le nombre des plaques qui constituent les arceaux ventraux diminue à mesure qu'on s'éloigne de la base des bras, en même temps que la forme des plaques des arceaux se modifie. A la base des bras, chaque arceau est formé de trois plaques, mais par la suppression graduelle de ces trois plaques, les marginales ventrales arrivent à l’extrémité des bras à ètre en contact avec les adambulacraires. A la base des bras la première plaque de chaque arceau porte un ou deux piquants obtus, la suivante trois, en une rangée légèrement oblique par rapport à la gouttière ambulacraire ; c’est seulement à quelque distance de la base des bras que la troisième plaque de l’arceau porte deux ou trois piquants semblables à ceux de la deuxième plaque, c'est-à-dire légèrement aplatis et obtus. Mais la troisième plaque disparaît bientôt; la deuxième fait défaut vers la deuxième moitié du bras et la troisième vers le dernier tiers. Ces plaques se correspondant d’un arceau à l’autre forment trois rangées

longitudinales, incomplètes, auxquelles correspondent autant de rangées de piquants caractéristiques. Leur surface est, en outre, couverte de pédicellaires croisés, disséminés sans ordre.

Les marginales ventrales ne portent plus de piquants ; ces plaques, les marginales dorsales, les dorso-latérales, dont il n'existe qu’une par arceau, et les carinales sont sensiblement égales entre elles, à raison de leur correspondance d'un arceau à l’autre, et elles forment en tout sept rangées longitudinales de plaques enfoncées sous des téguments épais, couverts de pédicellaires croisés.

Les carinales sont cependant un peu plus grandes que les autres. Bien que contenues dans le tégument, ces plaques portent un certain nombre de piquants si courts et si obtus qu'on pourrait les décrire comme une sorte de granulation formée de grains sphériques, grossiers et largement espacés. [Il en existe une dizaine sur les plaques de l’arête dorsale, cinq ou six au maximum sur les autres.

Sur tous les individus que j'ai sous les veux, de petits enfoncements, alternant avec les plaques, aussi bien dans le sens longitudinal où ils sont nettement disposés en rangées que dans le sens transversal, contiennent de une à trois papilles membraneuses (tubes respiratoires). Ces papilles manquent entre les plaques adambulacraires et la première rangée de plaques ventrales, entre celle-ci et la seconde; mais elles se montrent entre cette dernière et la première rangée de plaques dorsales, fournissant ainsi un caractère permettant de délimiter nettement une face ventrale comme cela a lieu pour le genre Zinckia.

Le disque est limité par un enfoncement circulaire, assez marqué visà-vis des angles interbrachiaux, mais interrompu sur le prolongement des rangées dorsales médianes de plaques par la première plaque de chacune de ces rangées ou radiale. Sur l’angle interne de ces cinq plaques viennent s'appuyer cinq autres plaques exactement interbrachiales, situées en dedans du cercle enfoncé: ce sont les basales, dont l’une porte la plaque madréporique. Une plaque dorso-centrale entourée d’autres plaques plus petites, au nombre d’une dizaine, les sous-basales et les discinales, complètent le squelette du disque. Entre ces plaques se trou-

vent de grandes papilles respiratoires isolées.

STICHASTERID Æ. 137

Le crible madréporique est pelit, circulaire, un peu enfoncé, étroitement entouré de granules et marqué d'assez larges sillons sinueux, disposés à peu près symétriquement sur la moitié interne et la moitié externe du crible; ce dernier occupe presque toute la surface de l’une des basales.

Observation. — Gette espèce se distingue nettement de la Zona auranhaca, avec laquelle elle a quelque ressemblance, par sa taille moindre, ses bras plus grêles et plus pointus, ses granulations beaucoup moins serrées, ses papilles respiratoires presque isolées, au lieu d’être disposées en groupes; la constitution nettement définie de son disque sur lequel tranchent par leurs dimensions, parmi les petites plaques situées entre elles, la plaque dorso-centrale, les cinq plaques interradiales, dont l’une porte le madréporite, et les cinq plaques radiales.

Le Shchaster roseus a une granulation infiniment plus fine et des plaques dorsales beaucoup plus nombreuses, irrégulièrement disposées.

A l’état vivant, le Veomorphaster Talismani est de couleur orangée. Il est fort probable que cette espèce sera reconnue identique avec le Veomorphaster eustichus de Sladen, mentionné pour la première fois sous le nom de G/lyptaster dans le Narrative of the Challenger expedition (vol. I, p- 160), sans description, et sans nom spécifique, en même temps que paraissait ma description de l'espèce, que j'ai nommée Sfchaster Talismant.

(TALISMAN. — Échinodermes.) 18

Ordre II. -- SPINULOSA, Perrier, 1884.

L'ordre des Stellerida Spinulosa, tel que je l’ai établi en 1884, comprend des formes dont les caractères sont plus variables, à certains égards, que ceux des STELLERIDA FORCIPULATA, mais les tiennent cependant assez éloignées des autres ordres pour justifier pleinement leur rapprochement dans une division ordinale.

Sauf chez les Socasrerbz, l’aire buccale est peu développée, la bouche d'ordinaire complètement masquée par les dents; les gouttières ambulacraires serrées, de manière que les tubes ambulacraires peuvent être complètement cachés.

Les tubes ambulacraires ne sont jamais que bisériés, cylindriques et terminés par une large ventouse.

Les dents, nettement saillantes vers la bouche qui est, par conséquent, de type adambulacraire, sont plus grandes que dans l’ordre précédent et peuvent même devenir très grandes (SorasrenbÆ). Les plaques ambulacraires, relativement courtes et larges, forment entre elles un angle que l'animal peut souvent ouvrir ou fermer à volonté, de manière à cacher complètement les tubes ambulacraires (EcuiNAsTERDÆ, Aster). Les plaques adambulacraires sont toujours pluslongues que dans les formes de Forcipulata à tubes ambulacraires quadrisériés. Les ventro-latérales apparentes seulement à la base des bras chez les Ecninasrerinæ, où les bras sont grèles et bien séparés, deviennent plus nombreuses chez les Soras- TERIDÆ et finissent par amener la substitution de la forme pentagonale à la forme étoilée chez beaucoup d'Asrernnz et de GANERIDÆ.

Les marginales ventrales et dorsales sont généralement distinctes et, à partir de la région où les bras sont nettement séparés, leur nombre est égal ou peu inférieur à celui des adambulacraires, sans que cependant la correspondance entre ces divers ordres de plaques soit absolue. Peu

SPINULOSA. 139

apparentes chez les Ecnnasrernz, très petites même et distinctes seulement par leur position chez les Asrerninæ, elles prennent une importance plus grande chezles Sorasrerinz et surtout chez les Gaxernpæ. Les dorsolatérales sont disposées en réseau ou imbriquées, parfois transformées en paxilles (Socasreriæ), et ne forment jamais de mosaïque comme chez beaucoup de STELLERIDA VALYULATA OU PAXILLOSA ; le revêtement des plaques squelettiques n’est jamais granuleux; ces plaques portent soit des épines, soit des piquants. Les épines peuvent quelquefois se modifier de manière à former de très simples pédicellaires en pinces (diverses Asterina, Acanthaster), mais il n'existe jamais ni de pédicellaires droits, ni de pédicellaires croisés, ni de pédicellaires à alvéole (pédicellaires valvulaires, pédicellaires en salière), ni de pédicellaires multifides (pédicellaires fasciculés, pédicellaires pectinés).

Ces considérations suffisent, pensons-nous, pour montrer tout à la fois la parenté des formes que nous réunissons dans notre deuxième ordre et qui ne peuvent être réparties dans les deux ordres proposés par M. Sladen sans en troubler profondément l'harmonie. Ces formes ne sont pas d’ailleurs sans quelques affinités avec celles qui composentles autres ordres.

Les EcnnasrerDz rappellent un peu la physionomie des Asferias et des Heliaster, et, parles Mithrodia touchent de très près aux Lixcknp# qui sont des Vazvurar ; elles se relient d'autre part aux Vepanthia qui sont des ASTERINIDÆ ; les SoLasrerinæ passent de même à la famille des MyxasreRIDÆ de l’ordre des Velata, et d'autre part leur tendance à produire des paxilles rappelle le caractère fondamental des ArcnasTERIDE et surtout des ASTROPECTINIDÆ. Les Asrerninæ qui touchent d’une part aux ÉCHINASTERIDÆ ont une évidente parenté avec les Gaxernz, celles-ci passent aux Cribrella par les Lebrunaster et les Cribraster ; 1 n’est pas toujours facile de les distinguer, au premier coup d'œil, des ARCHASTERIDÆ ou des PENTAGONAS- TERIDÆ.

L'ordre des Stellerida spinulosa est donc remarquable par ses affinités mulliples (1), mais il est assez difficile de déterminer, dans l’état actuel de nos connaissances, si les ressemblances que nous venons d’in-

(1) E. PERRIER, Échinodermes de la mission scientifique du cap Horn, 1891.— Pages 107 et 163.

diquer sont des ressemblances superficielles ou si elles impliquent une intime parenté.

J'avais, en 1884, divisé l’ordre des SrinuLosa en cinq familles, celle des Ecmxastermzx, des Mrraronibx, des AsTEerNIDæ, des PrerasrErIDx, des So- LASTERIDÆ. Les deux premières de ces familles peuvent être conservées sans changement.

J'avais placé dans la famille des Asrerniz les genres Asferina, Palmipes, Nepantha, Ganeria, Disasterina que M. Sladen y conserve (1). En 1879, M. le D' Viguier avait proposé d’y joindre les genres Asteropsis, Dermasterias, Porania que j'avais classés précédemment dans la famille des GoxisrerDÆ et pour lesquelles j'ai proposé, en 1884, dans l’ordre des STELLERIDA VALVULATA, La famille des Gymxasrerianz. Cette famille a été adoptée par M. Sladen qui l’a placée dans ses Phanerozonia auprès des PENTAcEROTIDÆ. Dans le même temps, la découverte des Poraniopsis du Cap Horn, intermédiaires entre les £chinaster et les Porania, me conduisit à ramener ce genre dans l’ordre des SpxuLosa; dès lors, 1l était nécessaire ou de créer pour lui une famille nouvelle ou de revenir à l'opinion de M. Viguier et de le classer parmi les Asrernipz. C’est à ce dernier parti que je me suis arrêté dans mon travail sur les Échinodermes du cap Horn. La famille des Asrerninz comprendrait dès lors des formes telles que les Nepanthia, Patiria, Asterina, Disasterina, Palnipes, Steynaster qui forment un tout bien homogène; d’autres telles que les Lebrunaster, Ganeria, Cycelthra et peut-être les Cribraster forment une seconde série bien distincte ; on pourrait rapprocher dans une troisième série les Marginaster, Porania, Poraniopsis, Rhegaster et Poraniomorpha qui ont des plaques marginales bien développées, mais dont le corps pentagonal présente un bord tranchant comme celui des AsTERINIDÆ et non pas épais, comme celui des Penracoxasreminæ. Les As/eropsis, Dermasterias, Gymnasteria, Lasiaster formeraient alors un groupe mieux défini, et qui pourrait demeurer dans l’ordre des STELLERIDA VALVULATA où les pédicellaires des Asteropsis leur assignent une place.

On est ainsi conduit à substituer à la famille des Asrerniz les trois familles des AsrerNiDÆ, GANERIDÆ et Poranudæ. Les PrerAsrERIdÆ formant

(1) Loc cit., page 375.

ECHINASTERIDÆ. 441

un ordre à part, celui des Stellerida velata, l'ordre des Stellerida spinulosa comprendrait six familles, savoir :

1° Ecmnasreribæ. — 2° Miruronipæ. — 3° ASTERINIDÆ. — 4° GANERNDÆ. — 5° Poranupæ. — 6° Socasreripz. Ces familles peuvent être définies comme

l'indique le tableau synoptique suivant :

Tableau synoptique des familles composant l’ordre des STELLERIDA SPINULOSA.

I. — Squelette dorsal formé de plaques disposées en séries longitudinales et transversales, ou en réseau irrégulier portant des épines non disposées en faisceaux.

A. — Épines médiocres, pointues, nues ou recouvertes par un mince tégument contenant des granulations calcaires . ........ ECHINASTERIDÆ. B. — Épines très grandes, obtuses, couvertes d'écailles ou de spinules; réticulation du dos formée de triangles groupés en MENA POS eee ns 0 nb os Dec otatsseeius MiTHRODIDÆ. Il. — Squelette dorsal réticulé, formé de plaques présentant un bouton saillant, couvert d’épines disposées en faisceau; plaques adambulacraires allongées perpendiculairement à la gouttière ambulacraire et portant une ou plusieurs rangées de piquants dispo-

sées perpendiculairement à cette gouttière. .............. SOLASTERIDÆ. II. — Squelette dorsal formé de plaques imbriquées, portant de petites

épines, squelette ventral formé de plaques portant un petit

nombre d’épines; plaques marginales petites. ......,....... ASTERINIDÆ.

IV. — Squelette dorsal formé de plaques imbriquées ou disposées en

réseau, squelette ventral formé de plaques portant un petit

nombre de longues épines; marginales apparentes et formant

pariois au COrbS Une DOrdUrE épaisse. Lee ros GANERIIDE. V. — Squelettes dorsal et ventral masqués par les téguments; margi-

nales apparentes, mais formant au corps un bord tranchant.

Squelette dorsal réticulé; squelette ventral formé de séries de

plaques allant des adambulacraires aux marginales . ...,.... PORANIIDEÆ.

FAMILLE VI. — ECHINASTERIDÆ, Verrill.

La famille des Ecanasrerx peut être divisée en trois tribus, celle des ACANTHASTERINÆ, Sladen, 1888; des Ecnasrernæ, Viguier, 1879; Varvas- TERINÆ, Viguier, 1879. La première tribu ne comprend que le genre Acanthaster à bras nombreux et à plusieurs plaques madréporiques. Ce genre n’est pas représenté dans l'Atlantique; iln'appartient pas du reste à la faune profonde. La tribu des Vazvasrernx ne comprend également que le genre Valvaster, de l'Ile-de-France, singulier par l'alliance qu’il

fait des caractères généraux des Æchinaster avec les pédicellaires et les

rosettes de spicules ambulacraires des GontasreriNæ de M. Viguier. Ce

genre n'appartient pas non plus à la faune profonde.

La tribu des EcnNasrernz comprend les genres Cribrella, Agassiz;

Echinaster, Müller et Troschel; Perknaster, Sladen; Cribraster, Perrier;

Plectaster, Sladen; Poraniopsis, Perrier. Le genre Cribrella est seul re-

présenté dans les régions profondes de l'Atlantique. Il est associé au

genre £chinaster dans les régions littorales et de moyenne profondeur.

Synopsis des genres de la famille des ECHINASTERIDÆ.

I. — Disque grand. Plus de 10 bras. Dents très grosses, arrondies; odontophores ayant des apophyses articulaires et une apophyse dorsale; systèmes interbrachiaux minces, triangulaires; pièces du squelette dorsal disposées en réseau et portant un grand piquant isolé, recouvert d'un tégument pourvu de granules calcaires; madréporites nombreux (de 5 à16), des pédicellaires en pince.......

GOT URI SR ee

IT. — Disque pelit. De cinq à sept bras. Dents petites, tronquées; odontophores simples; systèmes interbrachiaux rudimen-

taires. Pièces du squelette dorsal disposées en réseau, ne

portant que des petits piquants ou des épines. Un ou

deux madréporites. Point de pédicellaires. . ........ A. — Armature des plaques ambulacraires simple ou disposée en séries transverses.

4. — Plaques dorso-latérales et carinales portant des épines plus ou moins serrées, sans mamelon de support.

a.— Disque petit; plaques ventro-latérales et marginales formant des séries à la fois longitudinales et transversales entre lesquelles sont des papilles respiratoires isolées . .......

b. — Disque assez grand; plaques ventro-latérales ne formant pas de rangées longitudinales nettes; point de papilles respiratoires ven-

trales.

«. — Un piquant recourbé et comprimé en lame de sabre dans la gouttière ambu- VAT SEAT ET Te 6. — Point de piquant en lame de sabre dans la goutuère ambulacraire. 2 N.

2, — Plaques dorso-latérales et carinales portant des piquants isolés soutenus par un tubercule saillant. B. — Armature des plaques adambulacraires disposée en dou-

ACANTHASTERINÆ.

ACANTHASTER.

ECHINASTERINÆ.

CRIBRELLA.

CRIBRASTER.

PERKNASTER.

ECHINASTER.

ECHINASTERIDÆ. 143

ble série longitudinale. Plaques dorso-latérales et carinales formant un réseau à larges mailles et portant des groupes compactes de spinules. ......... PLECTASTER HT. — Disque modérément grand; tubes adambulacraires contenant une couronne de spicules; dents assez petites, mais massives et pointues; odontophores ayant des apophyses articulaires bien marquées; systèmes interbrachiaux puissants; plaques ventro-latérales portant un ou plusieurs piquants aplatis; marginales pourvues d’un grand pédicellaire valvulaire entouré de piquants. Dorso-latérales et carinales portant de petites épines isolées, disposées sur les bras en rangées longitudinales régulières. . VALVASTERINÆ. GÉNTÉUDIqUe ER RER VALVASTER.

Genre CRIBRELLA, Agassiz, 1835.

Aire buccale masquée par les dents ; tubes ambulacraires bisériés, eylindriques, cachés à l’état de repos par la fermeture de la gouttière ambulacraire. Dents petites, tronquées, triangulaires, présentant un piquant dentaire prédominant et pourvues sur leur bord sutural comme sur leurs deux autres bords de très petits piquants qui l'entourent complètement. Plaques adambulacraires présentant dans le sillon ambulacraire un piquant arqué, comprimé et, en arrière, de petits piquants disposés d’une façon variable, parfois entourant la plaque d'une manière complète.

Arceaux squelettiques bien distincts, mais du côté ventral seulement, correspondant exactement aux adambulacraires. Une rangée continue d'initiales d’arceau, en contact immédiat avec les adambulacraires, en forme de croix à bras courts et arrondis, imbriquées de manière que le bras distal de chaque plaque passe sous le bras proximal de la suivante; un très petit nombre de ventro-latérales à la base des bras.

Marginales ventrales contiguës avec les initiales d’arceau sur presque toute la longueur des bras, imbriquées comme elles, de même forme et les recouvrant en partie.

Marginales dorsales contiguës dans la deuxième partie des bras avec les marginales ventrales, mais séparées d'elles à la base par un nombre variable de plaques intercalaires; disposées en rangées longitudinales qui disparaissent à une distance variable de la base des bras. Toutes ces plaques couvertes de spinules.

Calicinales et carinales indistinctes. Tout le squelette dorsal constitué

par un réseau serré de plaques couvertes de spinules, ne laissant entre elles que des mailles ayant à peu près le même diamètre que les parties solides du réseau et ne contenant le plus souvent qu’une papille respiratoire. Ordinairement des papilles respiratoires isolées, disposées en rangées longitudinales entre les initiales d’arceau et les marginales ventrales, ainsi qu'entre les autres rangées de plaques ventrales.

Anus bien distinct.

Madréporite assez grand, saillant, avec des côtes rayonnantes moins larges que les sillons qu’elles séparent.

Point de pédicellaires.

Distribution des espèces du genre CRIBRELLA.

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

Fond rocheux et vaseux.

Océans arctique et | Du rivage à 2500

atlantique.

Cribrella oculata

abyssalis. . .

Antillarum . .

sexradiata...

obesa . .....

Pagenstecheri Hyadesi ...

Stüuderi simplex....

crnata

compacta....

sufflata....

densispina. .

minuta

læviuscula. .

Côtes du Maroc.

Antilles.

Id.

Iles Falkland. Détroit

de Magellan.

Géorgie du Sud.

.Détroits de la Terre

de Feu.

Sud du cap Horn.

.| Tristan da Cunha.

Cap de Bonne-Espérance. Pacifique.

Nouvelle-Zélande.

Iles Kermadec.

.Côte ouest de Niphon

Côte de l'Équateur.

Détroit de Puget.

Littoral.

Vase rougeûtre.

Fond solide, sable fin et limon.

Gravier, coquilles, sable volcanique.

Sable, gravier, vase bleue.

Gravier, coquilles bri-

sées, sable volcanique.

Vase à globigérines.

Vase volcanique.

Cribrella abyssalis, sp. nov.

Planche XI, figure 1.

Talisman. — Dragage 20. — Lat. N. 33°42’. Long. O.11°22’. — Profondeur 1105". — Côtes du Maroc. — 1 exemplaire.

ECHINASTERIDÆ. 145

Talisman. Dragage 22. — Lat. N.33°47. Long. 0. 11°23/. — Profondeur 1635. — Côtes du Maroc. — 1 exemplaire.

— — 32. — Lat. N. 32°34. Long. O.12°9. — Profondeur 1590. — Côtes

du Maroc.— Vase grasse. — 3 exemplaires.

— — 33. — Lat. N. 3231". Long. O. 12°8', — Profondeur 1350. — Côtes du Maroc. — Vase rougeûtre. — 2 exemplaires.

7 exemplaires sur une verticale de 530" de 1105 à 1635". Cinq bras flexibles, se déformant facilement dans l’alcool. R=—57Mm r = 10 Mm = sf 7e

Plaques adambulacraires portant un peigne de cinq ou six piquants divergents, disposés obliquement par rapport à la direction de la gouttière ambulacraire. Ces piquants sont réunis par une sorte de demi-palmure, et le plus interne d’entre eux est un peu plus court que les autres, comprimé et légèrement arqué. Le reste de la surface ventrale de chaque plaque adambulacraire est couvert de très petits piquants, très serrés les uns contre les autres. Les piquants correspondant à chaque plaque forment un groupe distinct. Sur la face ventrale on aperçoit trois rangées longitudinales de plaques assez régulières, dans lesquelles les plaques se correspondent de manière à former des ébauches de rangées transversales; mais cette disposition s’efface rapidement sur les côtés et sur le dos où toutes les plaques forment un réseau irrégulier, constitué par de petites plaques n’atteignant guère qu'un millimètre de diamètre et couvertes de spinules disposées en brosse, comme celles de la face ventrale. Dans les mailles de ce réseau se trouvent des pores tentaculaires isolés. Des pores semblables se trouvent aussi sur la face ventrale, immédiatement après la rangée des plaques qui sont en contact avec les plaques adambulacraires. La plaque madréporique située vers le milieu de l’un des arcs interbranchiaux est assez grande, mais cachée par les piquants.

Observations. — Quelle que soit leur provenance, les Cribrelles sont si voisines les unes des autres qu’à peine semble-t-il possible, à première vue, de les diviser en espèces nettement caractérisées. Les différences qu’on peut signaler entre elles résident dans la longueur relative des bras, dans la finesse de leur ornementation, le nombre des pores tentaculaires qu’on observe dans les mailles de leur réseau squelettique, la constitution de l’armature ambulacraire. Par les proportions de ses bras,

(TALISMAN. — Échinodermes.) 19

par la finesse de l’ornementation de ses téguments, la Cribrella abyssalis se rapproche beaucoup de la Crebrella Antillarum KE. P., qui vit dans la mer des Antilles à des profondeurs variant de 300 à 1,500 mètres. Il est done nécessaire de bien préciser en quoi les deux espèces diffèrent.

Dans la Cribrella Antillarum le diamètre des plaques squelettiques est plus grand que celui des mailles qu’elles circonserivent; c’est le contraire chez la Cribrella abyssalis dont les mailles porifères sont par conséquent très apparentes. Dans la Cribrella Antillarum les piquants qui recouvrent les plaques dorsales sont si courts qu’on pourrait les décrire comme des granules ; chez la Cribrella abyssalis, ils ont nettement l'aspect de petits piquants. Cette différence est surtout frappante sur la face ventrale qui est simplement granuleuse chez la Cribrella Antillarum. Les plaques ventrales sont plus grandes, nettement rectangulaires, dans cette dernière espèce où elles forment des rangées longitudinales bien accusées; leur forme et leur disposition sont, au contraire, assez irrégulières chez la Cribrella abyssalis. Dans la Cribrella Antillarum, les plaques adambulacraires, couvertes de petits piquants obtus, portent sur le bord de la gouttière trois piquants mousses, disposés en rangée longitudinale et, dans la gouttière même, deux piquants plus petits, bien visibles seulement quand on écarte les ‘bords de la gouttière, souvent placés l’un devant l’autre et séparant les tubes ambulacraires consécutifs. Dans la Cribrella abyssalis, cette double armature est remplacée par un peigne oblique de cinq ou six piquants divergents, dont l’interne est le plus petit. Les différences entre les deux formes des régions profondes sont donc assez nettes pour justifier une distinction spécifique.

Ces deux formes ne sauraient d’ailleurs être confondues avec la Cribrella Hyadesi E. P., du cap Horn. Cette espèce a les bras beaucoup plus courts et les mailles de son réseau calcaire contiennent plusieurs pores tentaculaires, ce qui la rapproche singulièrement de la Cribrella ornata E. P., du cap de Bonne-Espérance.

Genre ECHINASTER, Müller et Troschel.

Aire buccale masquée par les dents. Gouttières ambulacraires susceptibles de se refermer sur les tubes ambulacraires de manière à les cacher

ECHINASTERIDÆ. 147

entièrement. Tubes ambulacraires bisériés, terminés par une large ventouse cylindrique.

Dents petites, tronquées, ne portant qu’un petit nombre de piquants assez gros sur leur bord ambulacraire.

Plaques adambulacraires portant un petit piquant conique, recourbé dans l’intérieur de la gouttière ambulacraire, et d'ordinaire deux piquants surambulacraires assez gros, placés l’un derrière l’autre. Tous ces piquants souvent réunis par une palmure.

Iniliales d’arceau grandes, un peu moins nombreuses que les adambulacraires, cruciformes, imbriquées du côté proximal au côté distal, présentant un tubercule central sur lequel s'articule un piquant isolé.

Souvent une seule rangée de marginales recouvrant en partie les initiales d’arceau, de sorte qu’il faut peut-être considérer celles-ci comme des marginales ventrales, la deuxième rangée étant constituée par les marginales dorsales. De un à trois piquants articulés sur autant de tubercules de ces plaques.

Calicinales indistinctes. Squelette dorsal constitué par un réseau parfois régulier de pièces imbriquées ne portant qu'un petit nombre de piquants mobiles. Mailles du réseau plus larges que ses parties solides.

Madréporite arrondi, à côtes rayonnantes, crénelées, séparant d’assez larges sillons ; entouré de piquants.

Anus distinct. Papilles respiratoires groupées dans toutes les mailles du réseau dorsal.

Distribution géographique des espèces du genre ECHINASTER.

La plupart des espèces connues sont littorales; cependant l£chinaster sepositus à été dragué par le Zravailleur à 1,060 mètres dans la Méditerranée et dans la mer des Antilles; l'£chinaster modestus a été rencontré aux profondeurs suivantes :

MontSerratistahonn151) 2,20. 00 2197

Saint-Vincent |Stationn 209.042... 227 9S09/

RE RE (Sion nt45) 2.61... 1857

Long.84°2l'0.

Guadeloupe (station n° 170) 565% (?)

ss €

Echinaster sepositus, Retzius.

Travailleur, 1881. — Dragage n° 2. — 4 juillet. — Méditerranée, Bonifacio. — Profondeur 1060®, — 1 exemplaire.

Talisman, 1883. — Dragage n° 65. — Lat. N. 26°16". Long. O. 17°11”. — Au large du cap Bojador. — Profondeur 250%. — Fonds de sable, coquilles et coraux. — 1 exemplaire.

— 1883. — Dragage n° 67. — Lat. N. 26°7. Long. O. 17°8'. — Côtes du Sahara. — Profondeur 130%. — Fonds de sable, coquilles et coraux. — 4 exemplaires. — 1883. — Dragage n° 106.— Rade de Porto Grande à Saint-Vincent (îles du Cap- Vert). — Profondeur 30" à 75%. — Sable coquiller. — 2 exemplaires.

Les localités que nous venons d'indiquer pour l’£chinaster sepositus sont remarquables. Comme tant d’autres, cette espèce a d’abord été réputée propre à la Méditerranée; nous l’avons signalée plus tard dans l'Atlantique, sur les côtes de Bretagne, à Roscoff (Finistère), où elle vit à une trentaine de mètres de profondeur, en compagnie de la Cribrella oculata, du Palnipes membranaceus et de l'Echinus sphæra. C'était alors la localité la plus septentrionale où elle eût été rencontrée; les îles du Cap- Vert sont aujourd’hui la localité la plus méridionale. L’Æchinaster sepositus est donc répandu depuis les côtes de Bretagne jusqu’au voisinage de l'équateur. |

Description d'une jeune Astérie qui parait être un Echinaster sepositus. — Nous croyons devoir rapporter à cette espèce une jeune Étoile de mer qui a été draguée en même temps que les deux Jeunes As/erias Richardi dont l'étiquette a été altérée par l'alcool, et qui ontété certainement draguées à une faible profondeur dans les parties chaudes de l’Atlantique.

Chez cette jeune Étoile

R = 5 Mm r —2Mm R—2,57.

La gouttière ambulacraire est resserrée comme cela est si frappant chez les Echinaster et les tubes ambulacraires sont disposés sur deux rangs. Les pièces adambulacraires sont munies de piquants insérés de manière que les bords de la gouttière paraissent festonnés. Pour les trois premières pièces adambulacraires qui viennent après les pièces dentaires, ces piquants sont au nombre de cinq ou six; ils sont placés tout autour de la plaque, de manière que deux d’entre eux se trouvent sur la partie de cette dernière qui borde la gouttière ambulacraire, tandis que les

ECHINASTERIDÆ. 149

autres sont sur ses côtés et sur son bord extérieur. Les piquants des plaques suivantes tendent à se disposer sur leur bord externe de manière qu'un seul d’entre eux soit situé dans la gouttière; les autres sont au nombre de trois d'abord, de deux ensuite et forment une rangée ventrale, parallèle à la rangée adambulacraire. Ces dispositions rappellent celles que l’on voit chez les £chinaster sepositus adultes, où les deux premières plaques adambulacraires portent deux piquants dans la gouttière, les autres n’en ayant qu'un, et où il existe aussi une rangée de piquants ventraux parallèle à la gouttière ambulacraire. Les pièces dentaires sont relativement petites; il existe un léger espace rempli par des ligaments entre celles qui appartiennent à une même paire; elles sont suivies de deux plaques de même grandeur qu’elles, et séparées de la même façon, de sorte que chaque armature dentaire paraît formée de quatre plaques; une pièce calcaire arrondie, assez saillante, exactement interradiale, suit immédiatement cette seconde paire de pièces, et s'appuie extérieurement sur les pièces marginales moyennes de la rangée ventrale.

Les pièces marginales sont particulièrement remarquables. Comme chez les Lixckiinzx, les GoxiAsrERDÆ et les AsrrorEcTiNipz, elles forment, en effet, tout le long des bras jusqu’à leur rencontre, une rangée ventrale et une rangée dorsale; elles se distinguent de toutes les autres plaques par leurs plus fortes dimensions. Dans la rangée ventrale, les deux pièces médianes symétriques sont de beaucoup les plus grandes, et s'étendent jusqu’au milieu de la 6° adambulacraire, en comptant la pièce dentaire comme la première; la pièce suivante s’étend du milieu de la 6° adambulacraire jusqu’à la 9° exclusivement; les autres sont graduellement plus petites; il y en a, en tout, une dizaine sur notre exemplaire. Toutes ces plaques sont en forme d’ellipse allongée, et portent de très petits piquants sur leur bord externe et distal. Les plaques de la rangée dorsale, de même forme que celles de la rangée ventrale, ne leur correspondent pas; il yen a sept de l'angle interbrachial à la plaque impaire terminale des bras; la première est au moins double de la suivante, etles autres diminuent graduellement de longueur jusqu'à l'extrémité des bras. Les petits piquants que portent ces plaques sont disposés le long de leur ligne médiane horizontale; la première en porte cinq ou six; les autres, deux. Toute la sur-

face dorsale du disque et des bras est constituée par des plaques contiguës qui paraissent, sans préparation, comme des disques presque circulaires ou déjà un peu en forme de croix, contigus, irrégulièrement disposés, empiétant un peu les uns sur les autres et portant chacun de un à trois piquants, de sorte que la surface dorsale vue d'ensemble a déjà l'aspect de celle d'un £chinaster. À la loupe la différence de structure du jeune individu et de l’adulte est cependant frappante, puisque le squelette du premier est formé de plaques contiguës, tandis que celui du second est constitué par un réseau calcaire à mailles assez larges. La plaque madréporique, encore extrèmement petite, est cependant distincte et présente déjà une petite saillie calcaire en fer à cheval séparant deux sillons vibrailes. La première pièce médiane de chaque bras est un peu plus grande et plus distincte que les autres; ces cinq pièces forment un pentagone assez apparent, et on pourrait au premier abord les prendre pour les cinq radiales primitives de l'Étoile si l’on ne savait que tout autre est le sort de ces radiales chez les Asferias, pour le moins.

Entre les plaques du disque et des bras se montrent des papilles tentaculaires isolées, analogues à celles des Echinaster.

Par l’armature de sa gouttière ambulacraire, par la disposition des piquants sur ses ossicules dorsaux, par la disposition de ses papilles tentaculaires, la jeune Étoile que nous venons de décrire ne se laisse rapprocher que des Æchinaster; les seuls Stellérides à qui on pouvait la croire apparentée, d’après la forme de ses bras, sont les Ophidiaster ou les Linchkia. Mais l’armature adambulacraire est, dans ces deux genres, formée de petits piquants situés dans la gouttière ambulacraire et étroitement appliqués contre les plaques qui les portent, au lieu de se projeter soit dans la gouttière ambulacraire, soit au dehors ; la gouttière ambulacraire est encore plus resserrée; les plaques du squelette dorsal sont épaisses et uniformément granuleuses au lieu d’être relativement minces et de porter de petits piquants isolés; de plus les papilles tentaculaires situées entre les ossicules sont nombreuses et serrées, au lieu d’être. isolées. Si, comme nous le pensons, il s’agit bien ici d’un jeune Echinaster sepositus, sa structure est au plus haut point intéressante. Elle rappelle, en effet, tout à la fois celle des jeunes Lncxinæ

SOLASTERIDÆ. 151

et celle des Goxiasrerz adultes; elle indique ainsi une certaine parenté entre ces derniers groupes et les EcniNasreRID4 qui paraissaient, au premier abord, en raison de la structure réticulée de leur squelette, devoir plutôt se rapprocher des Asrernpx. On s'explique dès lors que les EcuiNasTERIDÆ conservent toujours une physionomie très différente de celle des Aster, alors même que celles-ci n’ont que deux rangées de tubes ambulacraires. Ces faits justifient une fois de plus l'importance que nous avons attribuée à la forme des pédicellaires chez les Stellérides. Les ÉcuiNasTERIDÆ, qui semblaient jusqu'ici si proches parentes des Asrernpæ, n'ont,-en effet, ni ces pédicellaires droits, ni ces pédicellaires croisés qui existent toujours, les uns ou les autres, chez les Asrertinx. C'était là le plus précis des caractères distinctifs des deux familles ; car l'aspect général, l’apparence de la gouttière ambulacraire, la forme et la distribution des piquants paraissent, au premier abord, des caractères de bien peu d'importance; au caractère tiré des pédicellaires s’en ajoute maintenant un autre tiré de la structure fondamentale du squelette lui-même. D'autre part, les Ecuxasrernx adultes paraissant très éloignés des GoniasrERibÆ et des Lixcxipx, on s’expliquait mal la présence de pédicellaires valvulaires, analogues à ceux des GONIASTERIDE, chez les Valvaster qui par tous leurs autres caractères sont de vrais Echinaster ; avec leur singulier mélange de caractères appartenant aux EcuNasrerbz d'une part, aux Linxexnpx de l’autre, les Mifhrodia paraissaient des êtres tout à fait aberrants, trop loin à la fois des deux familles si différentes elles-mêmes, en apparence, pour être autre chose qu’un embarras. La jeune forme que nous venons de décrire semble indiquer que les Ecanasrermx, les Lincknpæ, les GoxiAsTErRmDz sont des animaux de même type ; 1l n’est pas étonnant que certaines formes combinent des caractères quiavaient Jusqu'ici paru propres à ces trois familles dont l’origine commune ne pourrait être soupconnée d’après l'étude des animaux adultes.

FAMILLE VIII. — SOLASTERIDZÆ, Perrier, 1884.

M. Percy Sladen donne à la famille des Sorasreribæ exactement les mêmes limites que moi (1), il fait entrer cependant dans la caractéris-

(1) P. SLADEN, Report on the Asteroïdu, p.442,

tique de cette famille un caractère que je n’avais pas cru devoir introduire dans la caractéristique que j'ai publiée en 1884.

Pour lui (1), non seulement les Socasrerinæ ont un squelette dorsal réticulé, plus ou moins irrégulier et formé de pièces portant des groupes paxilliformes d’épines, mais encore les plaques adambulacraires doivent avoir « une armature pectinée, toutes portant une série transverse d’épines; plusieurs avec une seconde série à angle droit avec la première et parallèle à la gouttière ambulacraire. »

La caractéristique de la famille donnée par M. Percy Sladen ne s’applique rigoureusement qu'à la tribu des SoLasTERIN«, encore les ARhipidaster n’ont-ils pas en réalité deux rangées perpendiculaires de piquants sur leurs plaques adambulacraires, puisque la rangée externe est oblique et formée de piquants semblables à ceux des plaques ventrales. Dans la tribu des KORETHRASTERINE, 11 n° a qu’une épine dans le sillon ambulacraire à partir de laquelle plusieurs autres se disposent en une rangée transversale. En présence de ces modifications taxonomiques, on pouvait se demander si les genres Cfenaster et Radiaster rentraient bien dans la famille à laquelle je les ai attribués.

D'après les caractères mentionnés et figurés dans mon mémoire sur les Stellérides recueillis parle Plake, ilest évident que les C{enaster appartiennent à la tribu des SoLasreriN#. Pour ne laisser aucun doute à cet égard, j'ai cru devoir donner ici une nouvelle description de l’unique espèce de ce genre. La place des Æaduaster est moins nette. Leur squelette dorsal est celui des Sozasreribæ typiques, dont ils se rapprochent encore parla forme paxillaire de leurs plaques ventro-latérales ; mais la disposition des plaques marginales, leurs dimensions relatives, leur armature, les rapports numériques des adambulacraires, des ventro-latérales et des marginales sontles mêmes que chez les Cycethra. D'autre part l’armature des plaques adambulacraires est à la fois différente de celle des Sorasrerz et de celle des Cycethra; elle se rapproche un peu toutefois de celle des Æhipidaster.

Les Radiaster peuvent donc être considérés comme une forme de transition des SOLASTERIDÆ Vers les GANERINÆ que, dans mon mémoire sur les Stellérides du cap Horn, j'en ai, du reste, rapprochés; leur place me

(1) Jbid., fig. XXXVI.

SOLASTERIDÆ. 109

parait être en tète de la famille des Gaxenube dont à position n'est pas éloignée de celle des Sorasrerinx. La famille des Socasrennæ peut demeurer composée comme je l'avais délimitée en 188%, sauf le transfert des Radiaster parmi les Gaxemupx; mais pour y comprendre les Korethraster, il est nécessaire de retenir seulement le caractère formé par la disposition des piquants en faisceaux paxillaires dont les éléments atteignent souvent une grande longueur.

Presque tous les autres caractères sont différents dans la tribu des SOLASTERINÆ et dans celle des KorETHRASTERINX, comme cela résultera du tableau synoptique ci-dessous, de sorte qu'il vaudrait peut-être mieux

ériger chaque tribu au rang de famille.

Famille des SOLASTERIDÆ.

Caractères communs aux deux tribus. — Plaques du squelette dorsal

portant sur un tubercule saillant, un faisceau de piquants divergents,

plus ou moins allongés. Anus distinct. Point de pédicellaires.

1'e TriBu. — SOLASTERINÆ.

Aire buccale large, non recouverte par les dents.

Gouttière ambulacraire laissant apercevoir les tubes ambulacraires.

Dents grosses, arrondies.

Plaques adambulacraires portant sur leur bord ambulacraire une rangée de piquants

parallèle à la direction de la gouttière et sur

leur surface libre une ou plusieurs rangées de piquants perpendiculaires à cette goulière.

Ventro-latérales développées à la base des bras et formant un certain nombre d’arceaux ventraux de moins en moins étendus correspondant aux adambulacraires.

Marginales ventrales seules apparentes, plus grandes que les adambulacraires.

Calicinales généralement indistinctes.

Carinales et dorso-latérales formant un

réseau dorsal plus ou moins lâche.

(TALISMAN. — Echinodermes.)

2e TrIBu. — KORETHRASTERINÆ.

Aire buccale médiane, parfois recouverte par les dents.

Goutlière ambulacraire pouvant se refermer sur les tubes ambulacraires.

Dents moyennes ou petites, à angle dentaire prolongé en bec, ou terminées par un angle obtus.

Plaques adambulacraires portant un seul piquant sur leur bord ambulacraire et un ou plusieurs faisceaux de piquants sur leur surface libre; les faisceaux sont alors placés l’un derrière l’autre.

Ventro-latérales indistinctes.

Marginales ventrales et dorsales dislinctes, correspondant à peu près exactement aux adambulacraires.

Calicinales souvent distinctes.

Carinales et dorso-lalérales étroitement imbriquées etne laissant entre elles que des pores tentacules isolés.

Synopsis des genres de la famille des SOLASTERIDZÆ.

J. — Armature des plaques adambulacraires formée de deux rangées perpendiculaires de piquants. ............ A. — Une seule série de marginales bien développée.

4. — Plaques ventro-latérales strictement limitées au disque.

a. — Dorso-latérales et carinales formant un réseau

à larges mailles avec des faisceaux de pi-

quants paxillaires espacés; papilles respi-

TA(OILES DAPIETOUDES. 0 2

b.— Dorso-latérales et carinales formant un réseau

serré; paxilles rapprochées. Papilles respi-

ratoires isolées ou par très petits groupes.

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