‹ ÉchinodermsChapitre 31 sur 80 · I. — Point d'anus · texte numérisé non relu

I. — Point d'anus

A. — Plaques marginales grandes, épaisses, couvertes de spi- DUICS NE SES mn EC NT EE ASTROPECTINIDÆ.

B. — Plaques marginales minces, lamellaires, développées surtout dans le sens vertical, nues ou couvertes d’une IN EIMDTANE Re A Te PORCELLANASTERIDÆ.

= Un ANUS: 200 de SR ARCHASTERIDEÆ.

ASTROPECTINIDÆ. 193

FAMILLE XV. — ASTROPECTINIDÆ.

La famille des ASTROPECTINIDE est trop connue pour qu'il soit nécessaire d’énumérer de nouveau ses caractères. Très peu de spécimens appartenant à cette famille ont été recueillis par les dragages du 7ravarlleur et du Z'alisman; 11s proviennent en général d’une faible profondeur et se répartissent dans les deux tribus des Lumix et des ASTROPEGTINNX qui se distinguent l’une de l’autre parce que dans la première les marginales ventrales et les adambulacraires se correspondent, tandis que les marginales dorsales font défaut. Entre les adambulacraires et les marginales il existe chez les Luninx une série de petites plaques que l’on doit probablement considérer comme des ventro-latérales; toutefois la correspondance numérique de ces plaques et des marginales et l'absence au moins apparente de marginales dorsales laisse place à l'hypothèse qu’elles pourraient être des marginales ventrales très réduites, les marginales dorsales ayant seules conservé leur développement normal.

TRIBC DES LUIDIINÆ.

Genre ASTRELLA, E. Perrier,

Astrella simplex, E. Perrier.

(Planche XIV, figure 4.)

1882. Astrella simplex, E. PERRIER. — Dans Rapport sur les travaux de la Commission chargée par M. le ministre de l’'Instruction publique d'étudier la faune sous-marine dans les grandes profondeurs de la Méditerranée et de l'Atlantique par M. Alph. Milne-Edwards, fig. 25 (Archives de la Commission des Missions, 3° série, t. IX).

Travailleur, 1881. — Dragage 28. — Lat. N. 35°21"30". — Long. O. 64220” (Méditerranée). — Profondeur 322%, — Sable vaseux. — 4 exemplaires. Petite Astérie assez semblable d'aspect à une Luidia. Cinq bras.

R — 8Mm f=—2/Mm RU,

Bras assez étroits et pointus.

Bouche masquée parles piquants dentaires ; gouttières adambulacraires assez larges ; tubes ambulacraires bisériés, espacés, terminés par une ventouse bien nette.

Dents petites, en soc de charrue, peu saillantes sur la face ventrale, à bord buccal tronqué; présentant chacune un long piquant angulaire,

(TALISMAN. — Échinodermes.) 25

deux piquants adambulacraires beaucoup plus petits et quelquefois un long piquant surdentaire.

Plaques adambulacraires allongées, portant chacune trois piquants disposés dans un plan perpendiculaire au bord de la gouttière ambulacraire et très divergents; le premier de ces piquants est grêle, petit, habituellement incliné sur la gouttière ambulacraire, de manière à séparer une paire de tubes ambulacraires de la suivante; le second piquant est beaucoup plus grand, dressé perpendiculairement à la face ventrale. Le squelette marginal est formé par une rangée de plaques ayant à peu près les mêmes dimensions que les plaques adambulacraires auxquelles elles correspondent exactement, sans que cependant les sutures des plaques adambulacraires entre elles soient situées sur le prolongement des sutures des plaques marginales correspondantes, à partir de la deuxième adambulacraire, non compris la dent. Une petite pièce transversale unit chaque plaque adambulacraire à la plaque marginale correspondante. Ces pièces transversales constituent à elles seules le squelette ventral. Il n’y a pas de marginale impaire à l'angle des bras, et l’on n’observe aucune pièce calcaire entre les dents, les marginales et la première plaquette transversale. De même les adambulacraires et les petites pièces ventrales circonscrivent un espace carré, membraneux, complètement dénué de plaques et de piquants. Les marginales portent un peigne transversal de un à trois piquants entourés à leur base de piquants beaucoup plus petits qui les font paraître barbelés. Les plaques ambulacraires apparaissent, par transparence, du côté dorsal, comme une double rangée d’ossicules allongés, étroits, se touchant par leur extrémité, comme cela arrive chez les Æymenodiscus et à l’extrémité des bras de la plupart des Brisixanx. Le squelette dorsal proprement dit est constitué par une foule de petites plaques isolées, portant de très grèles piquants divergents. La plaque terminale des bras est relativement peu développée, mais ceux-ci se terminent par deux fais-. ceaux de piquants assez longs.

Je n'ai pu distinguer le madréporite.

Observation. — I ne serait pas impossible que l’Astrella sumplex fût le jeune de quelque espèce de Luëdia, peut-être la Luidia Sarsü.

ASTROPECTINIDÆ. 195

Genre LUIDIA.

Luidia Sarsii, Düben et Koren.

Talisman. — Dragage 91. — Lat. N. 2151". Long. O. 19°48". — Profondeur 235%. — Sable vaseux verdàtre, — 2 exemplaires.

TRIBU Es ASTROPECTININÆ.

Genre PSILASTER.

Psilaster Andromeda.

1842. Astropeclen Andromeda, MuLcer et TRoscuEL. — System der Asteriden, p. 129. 4844. Astropecten Christi, DÜBEN et KOREX. — Mém. Acad. Stockholm, p. 250, pl. VIT, fig. 18 et 19.

Travailleur, 1881. — Dragage n° 19. — Lat. N. 41°52’45". Long. O. 6°8'55”. — Profondeur 540%, — 2 exemplaires.

= — 1881, n° 20. — Lat. N. 41°53'35". Long. O. 6°15'35". — Profondeur 26%, — 2 exemplaires.

T'alisman, 1883, — n° 16. —Lat. N. Long. O. — Profondeur — 1 exemplaire.

— n°31. — Lat. N. 32°27'. Long. O. 12°7°. — Profondeur 1103". — 4 exemplaires.

— — n° 45. — Lat. N. 2837. Long. O. 15°22" — Vase jaune. Profondeur 865%. — 1 exemplaire.

— — n° 72. — Lat. N. 25°39'. Long. O. 18°22’. — Sable vaseux. — Profondeur 882%, — 1 exemplaire.

= — n° 83. — Lat. N. 2257. Long. O. 19°51'. — Sable va-

seux. — Profondeur 930%. — 6 exemplaires.

— n° 85. — Lat. N. 22°52’. Long. O. 19°43'". — Sable vaseux. — Profondeur 830", — 8 exemplaires.

= — n° 9%. — Lat. N. 20°39. Long. 0. 20229". — Sable vaseux. — Profondeur 1098%. — 26 exemplaires.

— —- n° 99. — Lat. N. 17°2’. Long. O. 19927’, — Vase verte. — Profondeur 1617%. — 1 exemplaire.

— — n° 422. — Lat. N. 37°35’. Long. O. 31°46. — Sud de Fayal. — Vase grise. — Profondeur 1440", — 1 exemplaire.

— — n°126.— Lat.N.38°37.— Long. O. 30°44’. — Sud de Fayal. — Vase grise. — Profondeur 1258. — 14 exemplaires. — — n° 426. — Lat. N. 38°37'. Long. O. 30°41". — Sud de Fayal.

— Vase grise. — Profondeur 140". — 2 exemplaires. — — n° 1426. — Lat. N.38°37. Long. O.30°’41". — Sud de Fayal. — Vase grise. — Profondeur 896%, — 2 exemplaires.

Le nombre total d'exemplaires de cette espèce qui ont été recueillis est de soixante-trois, répartis entre 140 et 2190 mètres de profondeur,

sans qu'il paraisse y avoir une influence de la latitude sur la profondeur à laquelle les échantillons ont été recueillis.

L'exemplaire de la station 99 à six bras ; tous les autres cinq. Tous les jeunes exemplaires, même ceux dont la taille atteint déjà quatre cenümètres d'envergure, présentent un appendice épiproctal très développé. Cet appendice diminue avec l’âge et on ne trouve plus à sa place, chez les individus adultes, qu’une région dans laquelle les paxilles sont beaucoup plus petites que dans le reste du disque et dont la coloration est un peu plus foncée.

On pourrait conclure de là que l’appendice épiproctal que nous trouverons si développé chez les PorcELLANASTERID& est surtout un appendice larvaire.

Genre ASTROPECTEN.

Astropecten ibericus sp. nov.

(Planche XVIII, figure 2.) Talisman, 1883. — Dragage n° 2. — Lat. N. 3653". Long. O. 10°52, golfe de Cadix. — Profondeur 99%. — Fond de coquille. — 2 exemplaires. — — n°3.— Lat. N. 3653". Long. O. 10°48", golfe de Cadix. — Profondeur 106%, — Fond de coquille. — 21 exemplaires.

— — n°24. — Lat. N. 3314. Long. O. 11°14', cap Blanc. — Profondeur 120", — Fond de coquille. — 2 exemplaires.

Cinq bras.

R—=921Mm PNR R<0'7r:

Plaques adambulacraires portant près de la bouche quatre piquants et plus loin trois piquants aplatis, divergents, penchés vers la gouttière ambulacraire et, en arrière de ceux-là, trois autres piquants rabattus en sens inverse. Piquants des pièces dentaires au nombre de six, grandissant peu à peu jusqu'à l’angle buccal, mais sans prendre la forme de piquants dentaires proprement dits et en conservant l'aspect des piquants adambulacraires. Chaque pièce dentaire s’affronte avec sa voisine suivant une crête relevée qui porte une dizaine de petitstubercules mobiles, formantavec les tubercules de la dent voisine une sorte de double peigne. Des tubercules semblables sont portés par le bord externe de la pièce dentaire et forment une seconde rangée, au contact de laquelle se trouve une troisième rangée, portée par le bord de la pièce adambulacraire suivante ;

ASTROPECTINIDÆ. 197

en arrière des dents se trouvent deux petites rangées semblables, puis viennent les marginales ventrales au nombre de huit. Ces plaques sont couvertes d’écailles où piquants aplatis et pointus, qui s’allongent graduellement vers le bord de la plaque, de manière à former le long des bras la frange caractéristique des Astropecten. Cette frange, si on regarde l'animal par le dos, paraît composée de trois piquants aplatis et pointus parmi lesquels le médian est plus long et plus large que les autres. Les plaques marginales dorsales sout totalement inmermes et simplement couvertes de granules un peu plus gros vers le bord interne de la plaque que vers son bord externe. Ces plaques sont rectangulaires, plus larges que longues ; il y en a dix-sept pour chaque bras. La plaque apicale est fendue dans toute sa longueur. Le squelette du dos est formé de paxilles supportant chacun une douzaine de petits granules. La plaque madréporique, petite, peu visible, est marquée de sillons qui la traversent dans toute son étendue. À la place de l'anus les paxilles se resserrent; la surface dorsale s'élève légèrement en cône ou présente chez certains individus une sorte de bouton hémisphérique.

Observation. —— Cette espèce présente l'aspect général du Pstilaster Christi, mais l’ornementation de sa face ventrale est bien différente, c'est tout à fait celle d’un Astropecten. Cependant l’écaillure n’est ni aussi fine, ni aussi serrée que dans beaucoup d'espèces de ce genre; les piquants adambulacraires ne sont pas disposés en coin comme chez les Astropecten les plus typiques; ils affectent au contraire la même disposition que chez les Psilaster. Les pièces dentaires sonttout à fait celles du Psrilaster Christ et les tubes ambulacraires présentent encore une très petite ventouse. Les deux individus recueillis au dragage 24 sont très jeunes, etl’un d’eux présente un appendice épiproctal grèle et aussi développé que celui des

Caulaster et des Porcellanaster auquel il ressemble beaucoup.

FAMILLE XVI. — PORCELLANASTERIDÆ, Percy Sladen.

Dans ses notes préliminaires sur les Etoiles de mer recueillies par le Challenger, M. Percy Sladen avait créé dans la famille des ASTROPECTINIDÆ une sous-famille des PORCELLANASTERINE pour des Etoiles de mer, voisines

surtout des Ctenodiscus et éminemment caractéristiques de la faune pro-

fonde. Un squelette formé le plus souvent de plaques calcaires, minces, délicates, d’un aspect nacré; une double rangée de plaques marginales formant au disque et aux bras une bordure presque verticale interrompue par de singuliers organes, nommés par Percy Sladen organes cribriformes ; de grandes plaques dentaires, s’unissant par un bord plus ou moins saillant sur la face ventrale ; des paxilles rudimentaires ou remplacées par des plaques enfouies dans les téguments ; une plaque madréporique contiguë à la bordure marginale dorsale ; des tubes ambulacraires terminés par une très petite ventouse ; enfin, sur le milieu du dos, un bouton saillant, pouvant s’allonger en un appendice tubulaire nommé appendice épiproctal, tels sont les caractères communs aux représentants de ce groupe.

En 1885, dans ma Première Note préliminaire sur les Echinodermes recueillis durant les campagnes de dragages sous-marins du Travailleur et du Talisman, je proposai (p. 41) d'élever cette sous-famille au rang de famille. C’est ce qu'a fait en 1889 M. Sladen dans son Report (p. 125) où il divise en même temps les POoRCELLANASTERIDÆ en deux sous-familles : Les PORCELLANASTERINÆ, à organes cribriformes et sans sillons ventraux ; les CTENODISCINÆ à organes cribriformes rudimentaires bien développés et à sillons ventraux. Les CrExODISGINÆ ne sont représentés que par le seul genre C'{enodiscus ne contenant lui-même que trois espèces extrêmement voisines : le Cfenodiscus corniculatus des régions septentrionales de PAtlantique déjà décrit en 1733 par Linck, le C. australis de la pointe S.-E. de l'Amérique etie €. procurator de sa pointe S.-0.

Le premier exemplaire connu de la tribu des PorCcELLANASTERID& à été figuré par W. Thomson sous le nom de P. cæruleus. Le savant anglais ne. signalait pas chez lui d'appendice épiproctal. Dans la famille des Por- CELLANASTERIDÆ, j'ai indiqué pour la première fois cet appendice chez une petite espèce recueillie lors des premiers dragages du Zravailleur. Je créai pour cet intéressant Stelléride le genre Caulaster (1). Un peu plus tard M. Percy Sladen a considéré l’appendice épiproctal comme l’un des caractères du genre Porcellanaster et a émis l'opinion que le Caulaster. pedunculatus n’était qu'une forme jeune appartenant à ce genre.

(1) Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1882, t XCV, p. 1379.

PORCELLANASTERIDÆ. 199

Je ne crois pas que cette opinion soit exacte, et je conserveraï ici le genre C'aulaster à côté des quatre genres définis par M. Sladen, auxquels il faut même en ajouter un sixième pour une forme nouvelle dont l'aspect est celui des Pentagonaster. En raison de l'apparence trompeuse de l’espèce qui en est le type, j'ai donné à ce dernier genre le nom de Pseudaster.

La caractéristique modifiée des six genres qui nous occupent est la suivante :

1° Genre CAULASTER, E. Perrier.

Corps renflé ; bras très courts, susceptibles de se redresser en dessus ; squelette dorsal presque nul, représenté par cinq bandes très étroites de petites plaques portant chacune un piquant, qui vont du centre du disque au sommet dechaquearce interradial. Plaques marginales peu nombreuses, très minces, inermes; plaque apicale grande, recouvrant en partie la dernière dorsale.

Plaques adambulacraires articulées obliquement les unes avec les autres et présentant une apophyse adorale. Un appendice épiproctal très

développé ; un seul organe eribriforme.

2° Genre PORCELLANASTER, Wyville Thomson.

Surface dorsale du corps à peu près plane ou légèrement renflée, — Squelette dorsal formé de nombreuses petites plaques occupant toute l'étendue du disque ou la plus grande partie de sa surface. Bras nettement dessinés, à côtés presque verticaux, bordés par un nombre de plaques marginales supérieur à six pour chaque bras. Plaques marginales dorsales non contiguës sur la ligne médiane des bras, souvent armées d’un piquant.

Plaques adambulacraires articulées obliquement et pourvues d’une apophyse adorsale portant les prquants. Pièces dentaires grandes, à bord sutural saillant, se rejoignant par leur extrémité buccale et l’extrémité opposée.

Appendice épiproctal bien développé.

De un à trois organes cribriformes.

3° Genre STYRACASTER, Percy Sladen.

Surface dorsale plane ou légèrement convexe. Tégument dorsal présentant dans son épaisseur une multitude de plaques calcaires, portant une ou plusieurs épines. Bras allongés, carénés; plaques marginales dorsales se rejoignant sur la ligne médiane des bras et portant alternativement une grande épine verticale, les épines étant disposées de manière à ne paraître former qu'une seule rangée le long de la carène brachiale.

Plaques adambulacraires articulées obliquement et munies d’une apophyse adorale portant deux des piquants. Pièces dentaires grandes, écartées enarrière en oreilles de charrue, de manière à laisser apparaître l’odontophore.

Appendice épiproctal plus ou moins développé.

Trois organes cribriformes ou davantage.

4 Genre HYPHALASTER, Percy Sladen.

Corps peu ou point convexe; tégument dorsal soutenu par des ossicules granuleux, simulant des paxilles. Bras allongés, cylindriques, à plaques marginales dorsales inermes, se rejoignant sur la ligne médiane.

Plaques adambulacraires parallèles à la gouttière ambulacraire, sans apophyse, portant des piquants sur toute leur longueur. Pièces dentaires peu écartées en arrière.

Un simple tubercule épiproctal.

Organes cribriformes nombreux surchaque côté du corps (plus decinq).

5° Genre THORACASTER, Percy Sladen.

Plaques ventro-latérales couvertes de granules spiniformes. Plaques adambulacraires avec des spinules papilliformes sur la région externe de la plaque. Plaque terminale très petite, peu apparente, inerme.

Quatorze organes cribriformes.

6° Genre PSEUDASTER, E. Perrier.

Corps très légèrement convexe, presque pentagonal. Face dorsale granuleuse. Bordure de plaques marginales peu élevées. Plaques

PORCELLANASTERIDÆ. 201

dorsales inermes. Plaques apicales grandes, cordiformes. Plaques ventrales formant une mosaïque.

Pièces adambulacraires parallèles à la gouttière ambulacraire et portant des piquants sur toute leur étendue. Pièces dentaires peu saillantes, intimement unies entre elles.

Un simple tubercule épiproctal. Organes cribriformes nombreux, mais rudimentaires.

Nature de l'appendice épiproctal. — Une question des plus importantes, au point de vue de la morphologie des Étoiles'de mer et de leurs rapports avec les autres Échinodermes, est celle de la nature de l’appendice épiproctal. Cet appendice creux, flexible, renflé au sommet qui présente quelquefois (Sladen) un très petit orifice occupe tout à la fois la place de l'anus des autres Étoiles de mer et celle du pédoncule dorsal des Crinoïdes. Faut-il le comparer à cette dernière formation ou le considérer comme résultant simplement d'un développement anormal des téguments dorsaux de la région voisine de l’anus?

La première interprétation est séduisante. Lorsqu'en 1882, dans une note à l’Académie des sciences, je signalai pour la première fois l’appendice dorsal des Caulaster, je dus faire remarquer que la base de cet appendice était entourée de plaques que leur position conduisait à comparer aux plaques basales et radiales des Crinoïdes ; l’appendice dorsal des Caulaster semblait done correspondre tout à la fois par sa position et par ses connexions au pédoncule des Crinoïdes fixés; toutefois, je n'émis qu'avec réserve cette opinion à laquelle ont été un peu plus tard conduits Koren et Daniellssen par l'étude de leur remarquable Z/yaster. Au contraire, M. Sladen considère l’appendice épiproctal comme une simple cheminée anale ; mais il est bien difficile de comprendre pourquoi une telle cheminée se développe justement chez des formes dont l'anus est nul ou rudimentaire.

L'étude des fœtus d’Asferias sprrabilis attachés à leur mère par une sorte de cordon ombilical m'a montré que si cette dernière opinion était peu conciliable avec les faits, le premier n'était pas davantage, malgré les apparences, d'accord avec eux. En effet, j'ai établi dans mon mémoire sur les Stellérides recueillis par la mission du Cap Horn que les

(TALISMAN. — Échinodermes.) 26

fœtus de cette remarquable espèce incubatrice sont attachés à la mère par une sorte de cordon ombilical exactement interradial, situé du côté ventral et qui, d’après ce que l’on sait du développement de divers autres Stellérides, n’est, comme le pédoncule des An/edon, qu’une modification du lobe préoral de l'embryon. Au point de vue embryogénique, le cordon ombilical, ventral et interradial des fœtus d’Asterias spirabilis est donc l’homologue du pédoncule dorsal des jeunes Anéedon, et, avant d’avoir démontré que ce cordon ventral et interradial chez certaines Asferias peut devenir centro-dorsal chez les AsrropecriNinx, on ne peut songer à les homologuer l’un avec l’autre. Il n’en reste pas moins digne de remarque, que le prolongement épiproctal soit entouré chez les Caulaster etles jeunes Porcellanaster de plaques qui sont manifestement les plaques calicinales comme je l'ai montré pour le premier de ces genres, et comme la admis depuis M. Percy Sladen pour le jeune P. eremicus qu'il a eu entre les mains.

La validité du genre Caulaster a été contestée par M. Percy Sladen qui ne voit dans ces Étoiles de mer que des jeunes Porcellanaster. Son opinion n’était d’abord basée que sur la présence d’un appendice épiproctal commun à ces Stellérides et aux Porcellanaster ; il a pensé depuis (1) que la structure de son jeune ?. eremicus apportait un argument de plus à sa manière de voir; mais'cette structure demeure, au contraire, extrèmement différente de celle des Caulaster. De la face ventrale, il n’y a rien à dire; mais les plaques marginales dorsales vont en croissant vers l’extrémité des bras chez les Caulaster, au lieu d’aller en décroissant comme chez les Porcellanaster où de demeurer presque égales comme chez le P. eremicus. Le squelette dorsal de ce Stelléride comprend une dorso-centrale, cinq sousbasales, cinq basales, de très nombreuses plaques disposées dans la direction des bras et qui laissent à peu près nues les aires interradiales où l’on n'observe que de deux à quatre très petites plaques rudimentaires. Tout autre est la disposition des plaques chez les Caulaster ; les sous-basales manquent, ilexiste au contraire cinq basales bien nettes et cinq radiales, Ces plaques constituent avec la dorso-centrale tout le squelette du disque chez les plus jeunes des C'aulaster que j'aie observés; elles sont moins

(1) Voyage cf Lie H.M.S. Challenger. — Rey ort on the Asteroïda, p. 131 et 145.

PORCELLANASTERIDÆ. 203

apparentes chez le plus âgé; la région brachiale ne présente qu’un très petit nombre de plaques rudimentaires; au contraire, de chaque côté de la ligne interradiale, on observe une rangée régulière de petites plaques. Au point de vue de leur squelette dorsal, les Caulaster ont done une structure exactement inverse de celle du ?. e»remacus ; tandis que dans cette espèce les plaques radiales sont bien développées, ce sontles interradiales chez les Caulaster et réciproquement. Les Caulaster présentent, en outre, une réduction du squelette dorsal beaucoup plus grande que celle qu'on observe dans les autres types. Ce genre conserve done son autonomie à côté des Porcellanaster.

Il n’y a rien à changer ni à l'étendue, ni à la caractéristique de la famille des PorcezLaxasrernz telle que M. Sladen l’a établie. Cette famille

sera donc caractérisée et divisée de la façon suivante :

Famille des PORCELLANASTERIDÆ (Sladen, 1883-1889).

Cinq bras présentant tous les états depuis celui de simples rudiments, jusqu'à celui de longs appendices. Corps généralement aplati.

Bouche et lèvre buccale souvent visibles. Tubes ambulacraires bisériés, coniques.

Dents grandes plus ou moins en soc de charrue, se touchant seulement

en deux points et laissant apparaître l’odontophore.

Genre CAULASTER, E. Perrier.

1882. Comptes rendus de l’Académie des sciences.

Corps renflé, à bras courts et obus, réversibles en dessus.

Bouche très dilatable, entourée d’une lèvre circulaire bien développée, sur laquelle les dents empiètent à peine.

Gouttières ambulacraires très larges; tubes ambulacraires espacés, peu nombreux, terminés en pointe.

Dents grandes, presque aussi longues que larges, à bord bucceal arrondi, à bord sutural relevé en carène ; se touchant seulement à leur extrémité buccale et en un autre point plus ou moins distant de leur extrémité opposée; entre ces deux points de contact, une fossette ligamentaire fusiforme. Piquants angulaires des deux dents jumelles souvent

soudés en un seul; piquants adambulacraires peu nombreux; point de piquants surdentaires. Odontophores apparaissant entre les parties écartées des dents jumelles comme des plaques elliptiques.

Plaques adambulacraires présentant une apophyse adorale, saillante vers la gouttière ambulacraire et portant deux petits piquants adambulacraires lancéolés, peu développés. Point de piquants surambulacraires.

Plaques ventro-latérales très peu nombreuses; une interradiale entre les parties distales écartées des dents.

Trois ou quatre marginales inermes, allant en grandissant de la base au sommet pour chaque bras. Marginales dorsales séparées dans toute l'étendue des bras. Apicales grandes, échancrées en arrière, portant ordinairement chacune trois piquants.

Un seul organe cribriforme, interradial sur chaque côté du corps; madréporite contigu à l’un d’eux.

Squelette dorsal réduit à cinq bandes très étroites, de petites plaques interradiales disjointes, portant chacune un ou plusieurs petits piquants, et un cercle de plaques calicinales occupant la région centrale du disque.

Un appendice épiproctal bien développé.

Parfois de très rares pédicellaires en pince et une papille à la base de chaque bras.

Le genre Caulaster ne contient encore que deux espèces, le €. pedunculatus et C. Sladeni provenant toutes deux des dragages du 7ravailleur

et du Z'alisman et réparties de la façon suivante :

NOMS. LOCALITÉS: PROFONDEUR. NATURE DU FOND

C. pedunculatus . ...|Golfe de Gascogne. 20207 Vase. C. Stladeni........ Côtes du Maroc. 1435 Sableetvase ordinaire

Caulaster pedunculatus, E. Perrier.

(Planche XV, figure 1.)

Travailleur, 1880. — Dragage n° 10.

— 1881. — Dragage n° 4. — Profondeur 2020. — Vase,

PORCGELLANASTERIDÆ. 205

Cinq bras très courts, redressés en dessus chez les deux exemplaires de petite taille que nous avons sous les veux.

En supposant les bras non recourbés chez notre plus grand échantillon :

R=5Mm r—=3Mm E—1}87

Chez le plus petit :

R—3Mm —2Mm R—1l5r.

Bouche très grande, susceptible d'une très grande dilatation, entourée d’une lèvre circulaire très large, laissée complètement à découvert par les dents.

Gouttières ambulacraires également très larges ; tubes ambulacraires bisériés, pointus, au nombre de six paires dans le petit exemplaire, de neuf paires dans le grand.

Les plaques dentaires, larges et peu saillantes, se touchent à leur extrémité libre et vers leur milieu; entre les deux points de contact, elles laissent entre elles un très petit espace elliptique, dirigé dans le sens de leur longueur. Après leur deuxième point de contact, elles s’écartent de nouveau et laissent entre elles un intervalle occupé par une pièce exactement interradiale, triangulaire, l’odontophore, dont les côtés sont en contact avec elles sur toute leur longueur, de sorte qu’elle semble au premier abord faire corps avec elles, et que les dents semblent se toucher sur toute leur étendue, saufdans la région de la fossette ligamentaire. Chaque dent porte un piquant angulaire sur son bord buccal qui est arrondi ct plus loin, sur son bord adambulacraire, deux piquants aplatis divergents, éloignés du piquant angulaire ; ce dernier est au contraire très serré contre le piquant correspondant de la plaque jumelle. Il n’y a pas de piquants surdentaires. Il n'existe entre les dents, la pièce interradiale, les gouttières ambulacraires voisines et la rangée de plaques marginales ventrales, qu'un très petit espace triangulaire, dans lequel on aperçoit vaguement, dans l’épaisseur des téguments, une rangée transversale de plaques calcaires, symétriquement disposées par rapport à la ligne interradiale.

Les plaques adambulacraires ont leur bord adambulacraire entaillé obliquement par rapport au bord de la gouttière, de telle sorte que du côté proximal chaque plaque se projette en une apophyse arrondie qui

dépasse le bord de la plaque précédente; cette apophyse porte deux piquants aplatis, lancéolés, divergents, insérés très près l’un de l’autre. L'espace compris entre le bord distal de chaque apophyse et le bord proximal de la plaque suivante est occupé par un ligament articulaire. I n'y a pas de piquants surambulacraires.

Les plaques marginales ventrales sont au nombre de trois pour chaque bras, à partir du sommet de l'arc interbrachial ; plus longues que hautes, minces, recouvertes par les téguments et formant toutes ensemble une bande étroite, triangulaire, qui semble se terminer un peu avant la plaque apicale. Les marginales dorsales sont en même nombre que les ventrales, mais plus hautes; la dernière est bien développée et touche la plaque apicale. Toutes ces plaques sont complètement inermes. Sur la face dorsale, les plaques marginales sont séparées de leurs symétriques par un large intervalle. La plaque apicale est grande, échancrée en arrière et porte trois longs piquants coniques: deux symétriques, près de son extrémité libre ; un impair vers son milieu.

Il existe à chaque angle interbrachial un organe cribriforme, large, ne pénétrant pas très avant entre les marginales ventrales et protégé de chaque côté par une dizaine de piquants ou d’indentations des marginales, unies entre elles par le tégument. Entre ces deux rangées d'indentations chaque organe cribriforme est constitué par un certain nombre de plis tégumentaires, parallèles aux bords suturaux des plaques marginales, en nombre pair et dont les côtes sont régulièrement découpées en papilles ; il n’est pas certain que ces papilles soient soutenues par une formation calcaire. L’organe cribriforme correspondant au madréporite est plus large que les autres et formé d'un plus grand nombre de plis. Chez le petit exemplaire, chaque organe cribriforme est formé de quatre plis papillaires, celui du madréporite de six ; chez le plus grand exemplaire, les organes cribriformes ordinaires présentent six plis papillaires, celui du madréporite dix.

Le madréporite est à demi engagé dans l'organe cribriforme qui lui correspond ; 1l est grand, arrondi, couvert de collines courtes, peu nombreuses, laissant entre elles de larges vallées. Les collines ne semblent pas contenir de formations calcaires.

PORCELLANASTERIDÆ. 207

Le centre de la face dorsale est occupé par un long appendice épiproctal, légèrement granuleux et renflé au sommet. Chez le plus petit individu on distingue autour de l’appendice épiproctal dix plaques, cinq grandes à peu près exactement interradiales et cinq petites alternes avec elles ; toutefois la disposition de ces plaques par rapport aux bras est un peu troublée parce que quatre des grandes plaques excluent la cinquième du cercle périproctal, et se disposent presque en croix. La plaque ainsi exclue se trouve en face du madréporite; plus petite que les autres, elle est flanquée de deux petites plaques radiales qui semblent former série avec elle; derrière elle, un peu à sa droite, se trouve, en conséquence, une grande interradiale dont la position est indécise ; les trois autres se trouvent dans une position exactement interradiale. Les cinq grandes plaques portent chacune un petit bouquet de spinules; les cinq petites, une spinule isolée. On observe, en outre, quelques spinules interradiales entre le cercle des dix plaques et la bande des plaques marginales dorsales.

Partout ailleurs le tégument, assez ferme, examiné même dans l'huile de cèdre, au microscope, ne laisse apercevoir aucun indice de formation squelettique, bien qu’il soit quelque peu translucide.

Sur le plus grand exemplaire, le tégument partout ailleurs lisse et uniforme ne présente que cinq doubles lignes de spinules isolées, exactement interradiales, qui partent de la base de l’appendice épiproctal et descendent jusqu’à la bordure de plaques marginales dorsales.

La surface dorsale, examinée au microscope après avoir été rendue transparente par l'huile de cèdre, présente autour de l’appendice épiproctal un cerele de très petites plaques munies chacune d’un piquant, mais qui sont tellement engagées dans la base de l’appendice qu’il est impossible de les compter et d'indiquer leur position même approximative. Le long des lignes interradiales on trouve, en allant du centre à la circonférence, deux petites plaques arrondies, interradiales, portant chacune un piquant; puis deux ou trois paires de petites plaques absolument semblables. La seconde plaque de la ligne interradiale qui correspond au madréporite porte, au lieu de piquant, un gros pédicellaire en pince dont les branches sont unies à leur base par un faisceau de fibres

musculaires transversales. Sur les lignes radiales, on distingue seulement, près de l’extrémité des bras, deux ou trois carinales arrondies, formées d’un large réseau calcaire et de chaque côté de l’une d’elles une petite dorso-latérale. Le squelette dorsal présente donc une extraordinaire réduction, mais ne rappelle en rien la disposition figurée par M. Percy Sladen pour son jeune Porcellanaster eremicus (Report, p. 147).

Caulaster Sladeni, E. Perrier.

(Planche XV, figure 2.)

Talisman. — Dragage n° 30. — Lat. N. 32938", Long. O. 12°9’. — Côtes du Maroc. — Profondeur 1435". — Sable et vase ordinaire. — 2 exemplaires. Les deux exemplaires que nous désignons sous ce nom ont cette importance particulière que, sans pouvoir être rapportés à l'espèce précédente, ils montrent cependant que les caractères des Caulaster ne sont pas simplement ceux de très jeunes Porcellanaster. Ys sont, en effet, fidèlement reproduits chez ces deux exemplaires bien que leurs dimensions soient déjà assez grandes. Ce sont les suivantes :

R= 10 Mm r— 5 Mm R—92r7r.

Les bras, au nombre de cinq, sont plus longs que dans l'espèce précédente; ils se rejoignent à angles presque vifs, au lieu d’être unis par un arc interbrachial à assez faible courbure. Ces bras sont légèrement déprimés et capables de se relever vers le haut, à parür de leur base ; en revanche, leur extrémité n’est pas recourbée en dessus.

Les dents se touchent à leurs deux extrémités et laissent entre elles, sur leur ligne de jonction, un petit espace elliptique; elles se prolongent peu au delà de leur second point de contact. Chacune d'elles porte trois piquants latéraux et un piquant dentaire. Mais les piquants dentaires d’une même face des plaques sont ordinairement soudés en un seul. Entre elles ct les plaques marginales ventrales il n’y a que deux rangées transversales de plaques peu nombreuses, très peu apparentes.

Les gouttières ambulacraires sont très larges et les plaques adambulacraires sont disposées obliquement par rapport au bord de ces gouttières. Chacune d'elles présente une apophyse adorale qui porte deux

PORCELLANASTERIDÆ. 209

piquants ; celle de ses parties quiregarde les plaques marginales ventrales est moins longue que celle qui est tournée vers la gouttière, de sorte que la plaque adambulacraire, vue de profil, présente à peu près la forme d’une selle.

Les plaques marginales dorsales sont au nombre de quatre du sommet de chaque arc interbrachial au sommet de chaque bras, non compris la plaque apicale. Elles n'ont pas, comme chez la plupart des PorcELLANAS- TERIDÆE connus, une forme carrée ou rectangulaire; elles grandissent à la fois en longueur et en hauteur, à mesure que l’on s'éloigne du sommet de l'arc interbrachial, et leur bord aboral est un peu plus haut que leur bord adoral; la quatrième et la cinquième sont sensiblement concaves en dehors, presque réniformes. La quatrième est sensiblement plus grande que la troisième, et les deux plaques symétriques de cette paire se rapprochent vers la ligne médiane des bras jusqu’à se toucher en leur milieu. Au lieu de s'unir suivant un bord droit, les plaques marginales dorsales sont imbriquées de manière que Le bord aboral de chaque plaque recouvre le bord adoral de la plaque suivante. Toutes ces plaques sont absolument inermes. La plaque apicale est très grande, fortement échancrée postérieurement en son milieu de manière à présenter deux prolongements latéraux qui chevauchent nettement sur les plaques marginales de la quatrième paire. Cette plaque apicale porte trois longues épines. Les plaques marginales ventrales sont, comme les dorsales, au nombre de quatre, longues, mais étroites; la dernière, de forme triangulaire, s’effile de son bord adoral à son bord aboral, et n'atteint pas la longueur de la marginale dorsale correspondante. Il existe à chaque angle interbrachial un organe cribriforme; chacun de ces organes est formé par huit à dix plis tégumentaires verticaux, ininterrompus et dans l’épaisseur desquels on n'aperçoit pas, à la loupe, de papilles contenant des plaquettes calcaires. L’organe cribriforme correspondant au madréporite est semblable aux autres.

Le tégument dorsal, assez résistant, mais légèrement translucide, ne laisse apercevoir aucun indice de squelette dermique. De la base de lappendice épiproctal au sommet des angles interradiaux descendent einq

bandes étroites de spinules, comprenant chacune cinq rangées irrégu- (TALISMAN. — Echinodermes.) 27

lières environ de petites épines qui sont grêles, cylindriques, et ont en grande partie disparu sur lun de nos exemplaires. Chaque épine est soutenue par une petite plaquette arrondie. L’appendice épiproctal est long, cylindrique, bourré de spicules calcaires. À la base des bras, une paire de petites papilles membraneuses, symétriques, peuvent être soit des papilles respiratoires, soit les orifices des organes génitaux.

La plaque madréporique présente une partie interne épineuse et une partieexterne formée de grosses nervuresrayonnantes, peu sinueuses, renfées à leurextrémité externe, entre lesquelles sont des sillons plus étroits.

Observation. — On remarquera que les exemplaires dont nous venons de donner la description sont déjà trop grands pour qu'il soit possible d'attribuer à l’âge les différences dans le nombre des plaques marginales et le développement des piquants qui les distinguent du Porcellanaster cœruleus de Wyville Thomson.

La couleur à l’état vivant est d’un blanc nacré sur lequel les organes

cribriformes se détachent en jaune.

Genre PORCELLANASTER, Wyville Thomson.

1877. Voyage of the Challenger, Atlantic, vol. I, p. 378.

Cinq bras courts, réversibles vers la face supérieure du corps. Surface dorsale plus ou moins renflée.

Bouche très dilatable, entourée d’une lèvre circulaire que les dents laissent à découvert. Gouttières ambulacraires larges, à tubes ambulacraires bisériés, coniques, peu nombreux, espacés.

Dents larges, relativement courtes, se touchant à leur extrémité libre et en un point plus ou moins éloigné de leur extrémité distale; bord adambulacraire arrondi, bord sutural relevé, bord distal anguleux; fossette ligamentaire bien développée; piquants angulaires des dents jumelles souvent confondus en un seul; adambulacraires aplaties, triangulaires.

Plaques adambulacraires courbées en chevron, présentant du côté proximal de leur bord interne une sorte d'apophyse qui porte deux piquants ; un ou deux piquants sur le reste du bord ambulacraire de la plaque; piquants adambulacraires aplatis, triangulaires.

PORCELLANASTERIDÆ. 211

Plaques ventro-latérales bien développées, inermes ; celles qui avoisinent les plaques marginales, tout au moins, disposées en bandes plus ou moins distantes, normales au bord du disque.

Marginales au moins au nombre de cinq, allant en diminuant de grandeur vers l’extrémité des bras; les dorsales pouvant porter chacune un piquant. De un à trois organes cribriformes, formés de plis tégumentaires parallèles aux bords suturaux des plaques voisines, souvent non divisés en papilles distinctes.

Squelette dorsal comprenant, pour le moins, un large cercle central et cinq larges bandes interradiales de plaques arrondies, portant un ou plusieurs piquants.

Madréporite grand, arrondi, entamant l’un des organes cribriformes. Appendice épiproctal bien développé.

Le Porcellanaster cœruleus de W\ville Thomson est le plus anciennement connu des représentants de ce genre; il a été découvert par le Challenger et représenté par Wyville Thomson dans son ouvrage The Atlantic. Le Challenger a ajouté à la liste cinq autres espèces les unes de l'Atlantique, les autres du Pacifique qui sont les P. eremicus, crassus, gracilis, tuberosus, caulifer ; le T'alismnan en à découvert deux autres, les P.inermis et granulosus de l'Atlantique Nord, ce qui porte à huit le

nombre des espèces connues. Ces espèces sont ainsi réparties :

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

PNCPMEAENSES 30e Côte est de l'Amé- 2500" Vase bleue, : rique du Nord.

PACS ESS Cap de Bonne-Espé- 4000% Argile rouge. rance.

PT I RR E Acores. 2995 à 3200" Vase grise.

P. grunulosus. , : ... Côte du Maroc. 2320 à 3200" Id. HOTASSUSe Ce te Entre Sydney et Val- 4000® Argile rouge. paraiso.

Pannes enr: Entre Valparaiso et 4000" Vase bleue. Juan Fernandez. 3000% Id.

PIE OS Re Japon.

POUR ERA En à Entre l'Australie etla 1500 Vase verte.

Nouvelle-Guinée.

Aucun Porcellanaster n’a été trouvé jusqu'ici dans la mer des Antilles. Des deux espèces trouvées par le Z'alisman, l'une, celle des Acçores, rappelle de très près le P. cœruleus de la côte Atlantique de l'Amérique du Nord; l’autre rappelle le P. caulifer de la Nouvelle-Guinée par la longueur

de ses bras et par le nombre de ses épines marginales dorsales.

Porcellanaster inermis, Edm. Perrier.

(Planche XV, figure 3.)

Talisman. — Dragage 131. — Lat. N. 3838". Long. O. 27°26'. — N.-E. de San Miguel (Acores). — Profondeur 2995", — Vase blanche molle. — 3 exemplaires.

— — 101. — Lat. N. 1638". Long. O. 20°44. — Profondeur 3200". — Vase grise.

Caractères dishinchifs.—-Gette espèce est voisine du Porcellanaster cœru-

R=11Mm r—"1Mm R— 107.

leus de Wyville Thomson; elle se disüngue cependant, par quelques caractères bien tranchés, de lindividu figuré par le savant anglais et de ceux décrits par Percy Sladen comme types de leur espèce.

Les bras du Porcellanaster inermis sontnotablement plus courts ; au Heu de présenter six à sept plaques marginales dorsales et six, sept ou huit plaques marginales ventrales de chaque côté de l’organe cribriforme unique qui occupe l'angle des bras, le nombre de ces plaques est de quatre pour la région dorsale et cinq pour la région ventrale chez l’un de nos individus ; de cinq pour la région dorsale, six pour la région ventrale chez les trois autres. La plaque ventrale surnuméraire qui semble un accident chez le P. cœruleus se trouve sur les trois exemplaires de notre espèce, elle dépasse la dernière dorsale pour s'engager sous la grande pièce apicale. Les plaques marginales dorsales ne présentent aucune trace de piquant ou de tubercule chez trois de nos exemplaires, ce qui justifie la dénomination d'ixermis que nous donnons à cette espèce. Chez notre quatrième exemplaire, la troisième et la quatrième plaques marginales dorsales portent un petit piquant ; la première, la deuxième et la cinquième sont absolument inermes. On observe au contraire six ou même

sept piquants de chaque côté des bras du Porcellanaster cœruleus. Enfin

PORCELLANASTERIDÆ. 213 les organes cribriformes sont beaucoup moins larges que ceux attribués à cette dernière espèce dans la figure de Wyville Tomson.

Par tous ses autres caractères le Porcellanaster inerns se rapproche du P. cœruleus.

Description détaillée. — Les bras sensiblementplus courts que le rayon du disque s’en détachent brusquement, de sorte que celui-ci présente entre eux un bord rectiligne. Le corps est assez épais (5 millimètres au moins), et chez l’un de nos exemplaires il est gonflé de manière que la surface dorsale soit assez fortement convexe.

La bouche est très dilatable, entourée d'une lèvre circulaire, large et que les dents laissent à découvert; les gouttières ambulacraires sont très larges; les tubes ambulacraires bisériés, espacés, terminés en pointe.

Les pièces dentaires sont courtes et larges; elles présentent cinq côtés ou cinq bords, quatre sensiblement égaux entre eux et un cinquième environ double des autres; ces cinq bords sont le bord buceal, le bord adambulacraire, le bord distal externe, le bord distal interne, le bord sutural; c’est ce dernier qui est le plus long. Le bord buccal, le bord adambulacraire et le bord distal externe s'unissent entre eux sous un angle obtus; le bord distal externe et Le bord distal interne sous un angle aigu; le bord distal interne et le bord sutural sous un angle plus obtus que celui que font entre eux les trois premiers bords. Les pièces dentaires sont par conséquent terminées en pointe du côté distal. Le bord sutural est très relevé de sorte que les dents jumelles forment sur la surface ventrale une assez forte carène; elles comprennent entre elles une fossette ligamentaire fusiforme. Le piquant angulaire de chaque dent se fusionne habituellement avee celui de la dent jumelle. Le bord ambulacraire des dents porte trois piquants courts, aplatis, coniques, situés à égale distance les uns des autres et très espacés. [n’y à pas de piquants surdentaires.

Les plaques adambulacraires ont leur bord externe concave et se prolongent du côté proximal en une apophyse qui porte deux petits piquants mobiles, divergents, extrêmement fugaces; la partie concave de leur bord est dépourvue de piquants, et elles ne portent pas de piquants surambulacraires.

Il existe une aire triangulaire ventrale bien développée, comprise entre les dents, les cinq premières adambulacraires et les deux premières marginales ventrales, de chaque côté de la ligne interradiale. Ces aires sont nettement séparées des bras, de sorte que la face ventrale du corps rappelle, à cet égard, celle des Ophiures. Le tégument de l'aire triangulaire ventrale est soutenu par des pièces calcaires bien développées, disposées de la facon suivante : l’une interradiale en losange, à sommets arrondis, placée dans l’espace que laissent entre elles les parties distales, divergentes des deux dents jumelles; 2° deux grandes plaques irrégulièrement triangulaires, à sommets mousses, presque contiguës, placées symétriquement de chaque côté de la médiane interradiale, correspondant à la suture des deux premières adambulacraires ; 3° deux plaques plus petites, correspondant à la deuxième ambulacraire, isolées des autres plaques ventrales par une étroite bande tégumentaire et largement séparées l’une de l’autre; 4° six bandes de plaques toutes absolument contiguës, dont les deux premières, de chaque côté, correspondent aux plaques précédentes, tandis que les premières plaques des deux bandes intermédiaires viennent s’intercaler entre elles. Ces bandes sont sensiblement normales au bord du disque; la première plaque de chacune d’elles est un peu plus grande que les suivantes qui vont en diminuant légèrement de hauteur à mesure qu'on se rapproche du bord du disque. Les bandes intermédiaires contiennent quatre ou cinq plaques; les suivantes trois ou quatre. Toutes ces plaques sont complètement inermes.

Les plaques marginales ventrales sont au nombre de cinq à six pour chaque bras; elles sont moins hautes que les plaques marginales dorsales, et ont la forme de rectangles dont les grands côtés seraient dirigés de la base au sommet des bras. L’antépénultième est plus courte que la plaque dorsale correspondante; la pénultième, plus courte à son tour que la dernière dorsale ; elle est donc contiguë, sur une petite partie de sa longueur, à l’avant-dernière dorsale, et laisse entre son extrémité aborale et la plaque apicale un espace occupé par une petite plaque, la plaque surnuméraire, qui s'engage en partie sous la plaque apicale et n’a pas de correspondante dorsale.

Les plaques marginales dorsales sont à peu près carrées; les deux

PORCELLANASTERIDÆ. 215

rangées qui bordent le même bras sont séparées par un intervalle ayant à peu près, à la base de chaque bras, une largeur égale au tiers de la largeur du bras, et se rétrécissant à mesure que l’on se rapproche du sommet des bras de manière à finir en pointe au bord de la plaque apicale.

La plaque apicale est à peu près aussi grande que la dernière plaque dorsale, échancrée en arrière et disposée à l'extrémité des bras à la facon d’une selle dont elle a la forme. Elle porte une épine bien développée sur sa partie la plus saillante et deux épines terminales un peu plus petites et divergentes.

Les organes cribriformes, occupant le sommetde l'angle interbrachialet divisés en deux moitiés par un sillon vertical, ont à peu près en tout la largeur des plaques marginales dorsales qui les avoisinent; ils présentent de dix à douze rangées verticales de petites écailles calcaires et une bordure latérale d’écailles un peu plus larges.

Le tégument dorsal est assez épais et constitué chez l’un de nos individus où il est rompu par places, par un tissu conjonctif fibreux, réticulé, à mailles plus serrées sur les bords du disque que sur sa partie centrale. Les pièces squelettiques sont extrèmement réduites et surmontées pour la plupart d’une très petite épine. Les épines manquent sur une pelite plage quadrangulaire à la base des bras, de sorte que l'aire qu'elles occupent dessine une sorte d'étoile dont la partie centrale occupe Île centre du disque tandis que les cinq branches, en forme de bandes à bords parallèles, descendent vers le sommet de l'arc inter-brachial; ces bandes ont une largeur à peu près égale à celle des deux plaques dorsales qui comprennent entre elles l'organe cribriforme. Les épines sont souvent un peu plus grandes auprès des plaques marginales et sur le bord interne de la plaque madréporique qui est, comme d'habitude, contiguë à l’un des organes cribriformes. Les sillons de cette plaque, qui n’est pas très apparente, divergent en tous sens autour d’une partie centrale plus compacte.

L'appendice épiproctal est assez court, quoique bien nettement distinct, grèle et couvert de petites épines. IL est plus développé chez l'individu pourvu d’épines marginales que chez les deux individus totalement inermes.

Porcellanaster granulosus, E. Perrier.

Planche XVIT, figure 1.)

Talisman. — Dragage 96. — Lat. N. 19°19-19°16". Long. O. 20°22/-20°90/, — Profondeur 2330% à 2320. — Cap Blanc. — Vase gris verdâtre. — 3 exemplaires.

— — 97. — Lat. N. 19°12’. Long. O. 20°17'. — Profondeur 2324", —

Côtes du Sahara. — Vase gris verdàtre. — 1 exemplaire. — AO1. — Lat. N. 16938". Long. O. 20944". — Profondeur 3200%, — Vase grise. — 4 exemplaire.

Cinq bras, assez allongés, triangulaires, diminuant graduellement mais

insensiblement de largeur de la base au sommet. R=—=2Mm = 1Mm R > 3r.

Surface dorsale presque plane.

Bouche très dilatable, entourée d’une large lèvre circulaire, à papilles disposées en lignes rayonnantes autour de la bouche. Tubes ambulacraires coniques, bisériés, distants l’un de l’autre pour les deux premières paires, contigus pour les suivantes.

Dents relativement peu développées, de forme triangulaire, à bord distal arrondi, non prolongé en pointe; bord sutural relevé, conservant avec le bord correspondant de la plaque jumelle une fossette ligamenteuse fusiforme, assez large. Piquants angulaires des deux dents jumelles soudés en un seul. Bord adambulacraire portant près de son milieu deux ou trois piquants aplatis, courts, pointus, rapprochés et se terminant du côté distal par une assez large pointe qui passe au-dessus des piquants de la première plaque adambulacraire. Point de piquants surdentaires.

Plaques adambulacraires présentant une apophyse proximale, à bord distal rectiligne, de sorte que la plaque est entaillée d’une échancrure angulaire. Sur le bord distal de l'apophyse deux piquants plats, courts, pointus, divergents.

Plaques ventro-latérales comprises entre les dents, les cinq premières adambulacraires et les deux marginales de chaque côté du sommet de Pare interradial. Une interradiale (odontophore), visible entre les parties distales, divergentes, des deux dents Jumelles de chaque angle buceal. Les autres plaques des aires triangulaires ventrales présentant un bord proximal

arrondi, paraissant imbriquées, et formant sur la longueur de la ligne

PORCELLANASTERIDÆ. 217

interradiale quatre rangées transversales, parallèles au bord des bras. Ilest impossible de reconnaître dans ces rangées un arrangement en colonnes régulières, normales au bord du disque. Toutes ces plaques sont inermes.

Plaques marginales ventrales moins hautes que les plaques marginales dorsales, rectangulaires, en même nombre, leur correspondant exactement, et n’atteignant qu'à peine la plaque apicale qui, au lieu de chevaucher sur elles, laisse apercevoir deux petits ossicules enfouis sous le tégument et semblant continuer la série des marginales inférieures.

Organe cribriforme aussi large que les plaques marginales voisines et présentant environ vingt rangées verticales de lames serrées en brosse les unes contre les autres, protégées latéralement par des écailles aplaties, carrés, unies par le tégument que portent les marginales voisines et qui sont au nombre de six pour la marginale dorsale, de dix pour la ventrale.

Plaques marginales dorsales au nombre de huit chez deux de nos exemplaires entiers, de neuf chez le troisième, de chaque côté de l'organe cribriforme unique, portantchacune, sauf la première et la dernière, une épine courte, robuste, pointue, légèrement arquée vers la ligne médiane du bras; plaques dorsales de forme carrée, sauf la première qui est moitié moins large que les autres, et la dernière qui est en partie couverte par la plaque apicale. Ces plaques ne se correspondent pas d’un côté à l’autre des bras, non plus que leurs épines.

Plaque apicale, relativement petite, à peine aussi longue que l’avantdernière dorsale, échancrée en arc de cercle en arrière et portant trois épines au lieu de cinq que présente le Porcellanaster caulifer, dont toutes les plaques dorsales portent une épine.

Plaque madréporique au contact de plaques marginales dorsales, marquée de sillons rayonnants, entourée du côté externe de spinules plus robustes que celles du disque.

Disque couvert d’une peau assez résistante, contenant dans son épaisseur de nombreux petits ossicules surmontés chacun d'une petite épine, grêle, allongée, cylindrique ou légèrement renflée à son extrémité libre. Épines également distribuées sur toute la surface du disque, manquant seulement sur le tégument des bras proprement dits, entre les deux rangées de plaques dorsales.

(TALISMAN. — Echinodermes.) 28

Appendice épiproctal bien développé, [légèrement épineux, ayant

environ 2 millimètres de long.

Observation. — La longueur du grand rayon est ici plus du triple de la longueur du petit, elle n’est guère que double chez les grands exemplaires de Porcellanaster cœruleus, d'après Percy Sladen, et elle est inférieure au double chez le Porcellanaster inermis.

Les plaques marginales sont au nombre de neuf chez trois de nos exemplaires, de huit chez les deux autres; il n’y en a que six ou sept chez le ?. cæruleus et que quatre ou cinq chez le P. inermis.

Le nombre de ces plaques munies d’une épine est plus grand que chez le P. cœruleus.

La plaque apicale est plus petite que chez les deux dernières espèces et ne porte que trois épines au lieu de cinq comme chez le Porcellanaster caulifer ; enfin ilexiste de petites épines sur toute la surface du tégument du disque et non pas seulement sur la région centrale et sur cinq bandes interbrachiales ; les épines ne manquent que dans la région brachiale proprement dite, c’est-à-dire dans l’étroit espace triangulaire compris entre les deux rangées de plaques dorsales.

Genre STYRACASTER, P, Sladen.

1883. Journal of the Linnean Society, London, — Zoologv, vol. XVII, p. 227. 1884. Machairaster, E. PERRIER. — Nouvelles Archives du Muséum, 2° série, t. VI, p.272.

Cinq bras, allongés, rigides, carénés, à extrémité légèrement relevée en dessus, mais peu mobile. Bouche masquée par les dents ; gouttières ambulacraires étroites ; tubes ambulacraires bisériés, coniques.

Pièces dentaires, allongées, en soc de charrue, se touchant à leur extrémité buccale et en un point voisin de leur milieu ; extrémité buccale des dents pointue ; piquants angulaires des dents jumelles ayant une tendance à se fusionner à leur base ; des piquants surdentaires.

Plaques adambulacraires brisées en chevron ; à bord adoral interne se prolongeant en une apophyse qui porte un certain nombre de piquants, tandis qu'un ou deux autres piquants sont sur le reste du bord adambu-

lacraire de chaque plaque ; de petits piquants surambulacraires.

PORCGELLANASTERIDÆ. 219

Entre les marginales ventrales et les adambulacraires, tout le long des bras, une rangée de pièces triangulaires, bien apparentes sans préparations, alternes avec les pièces adambulacraires et appuyant leur sommet sur leur suture. Plaques ventro-latérales se disposant en séries normales au bord du disque.

Plaques marginales ventrales ne correspondant pas rigoureusement aux dorsales. Marginales dorsales d'un même bras contiguës sur une partie de la longueur du bras; tantôt celle de droite, tantôt celle de gauche portant, à l’exelusion l’une de l’autre, un long piquant vertical, pointu, recourbé en lame de sabre. Plaque apicale assez grande, non échancrée en arrière, portant au moins trois épines.

De trois à sept organes cribriformes dans l’arc interradial.

Tégument dorsal présentant dans toute son étendue de petites plaquettes arrondies, portant chacune une ou plusieurs petites épines.

Appendice épiproctal assez court ; quelquefois nul.

Madréporite grand, arrondi, contigu à tous les organes cribri-

formes situés sur l’arc intercodial qui lui correspond.

C'est aux dragages du Challenger, que l’on doit la connaissance des Étoiles de mer du genre Styracaster ; le C'hallenger en a découvert deux espèces : les S. horridus et armatus, la première de l'Atlantique, la seconde du Pacifique. A ces deux espèces, le Z'alisman en ajoute deux autres : les S. Ediwardsi et S. spinosus, toutes deux de l'Atlantique. La distribution des quatre espèces connues est résumée dans le tableau

suivant :

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

Styracaster horridus . .| Ile de l’Ascension. 4000" Vase à globigérines. — Ediwardsi .| Iles du Cap-Vert. 3655" Vase grise.

— spinosus . Acores. 2995% Vase blanche molle. — armatus...| Iles Carolines. 3900 Vase à globigérines.

IL est à remarquer que les deux espèces du Z'alisman, qui habitent l’Atlantique nord, sont beaucoup plus voisines de l'espèce du Pa-

cifique que de l'espèce trouvée dans l'Atlantique sud par le Cha lenger.

Styracaster Edwardsi, E. P.

(Planche XVIT, figure 3.)

Talisman. — Dragage 102. — Lat, N. 15048". Long. O, 2243. — Iles du Cap-Vert. — Profondeur 3655, — Vase grise, — 1 exemplaire,

Description détaillée. — Cinq bras allongés, fortement carénés, com-

primés, diminuant peu d'épaisseur de la base au sommet, naissant des

sommets d’un disque pentagonal à côtes rectilignes.

R = 36 Mm r =9Mm R=/47.

Tégument dorsal, mou, présentant dans toute son étendue une multitude de petites épines isolées, terminées en pointe mousse, supportées chacune par un petit ossicule squelettique arrondi ; un espace triangulaire à la base de chaque bras où les plaquettes manquent, en général, d’épines. Appendice épiproctal représenté par un simple tubercule.

Les pièces dentaires sont allongées, pointues, en soc de charrue ; elles se touchent à leur extrémité buccale et près du milieu de leur longueur ; les bords suturaux des plaques jumelles ainsi délimités sont assez fortement relevés et laissent entre eux une fosse ligamentaire elliptique, assez large. Elles portent sur leur bord adambulacraire cinq piquants, y compris le piquant dentaire qui est assez court et mousse. Les piquants dentaires des plaques jumelles ont une tendance à se fusionner à leur base. En arrière de leur point de contact distal, les plaques dentaires s’écartent de manière à laisser apparaître l'odontophore ; mais ce dernier, de forme triangulaire, est peu distinct en raison de l’épaisseur du tégument ventral. Chaque plaque dentaire porte un assez gros piquant conique près de l'extrémité de son bord sutural, et, le long de son borddistal, trois piquants plus petits, disposés en une ligne assez distante du bord et souvent brisée.

Plaques adambulacraires disposées un peu obliquement par rapport à la gouttière ambulacraire, avec leur bord adoral prolongé en une apophyse qui porte deux piquants mousses et à la base de laquelle se trouve un troisième piquant du côté aboral, les trois piquants étant ainsi

PORCELLANASTERIDÆ. 221

insérés obliquement par rapport à la gouttière. En dehors de la gouttière, chaque plaque porte, en outre un piquant sur son bord adoral, On en trouve deux parallèles au bord adambulacraire de Ta plaque sur la première d’entre elles.

Les plaques ventro-latérales remplissent l'espace compris entre les dents, les quatre premières adambulacraires et les trois premières marginales de chaque côté. On distingue d’abordune première rangée transversale de quatre plaques plus grandes que les autres, puis quatorze rangées normales au bord du disque de plaques légèrement imbriquées dans une même rangée qui vont en diminuant de hauteur à mesure qu'on se rapproche du bord du disque. Celle de ces rangées quiest la plus voisine de la ligne interradiale contient une dizaine de plaques ; le nombre des plaques va en diminuant dans les rangées suivantes. Une rangée longitudinale de plaques oblongues que l’on peut suivre jusqu’à la sixième marginale semble prolonger le long des bras les séries de plaques ventro-latérales. Ces plaques, plus petites que les adambulacraires, ne présentent aucun rapport déterminé de position ni avec elles, ni avec les marginales qui sont environ trois fois plus longues qu'elles.

Sur toute la longueur des bras les marginales ventrales sont d’ailleurs séparées des adambulacraires par une série de plaques triangulaires dont le sommet correspond aux sutures des plaques adambulacraires entre elles, et dont la base vient s'appuyer sur les marginales qui chevauchent sur elles d'autant plus qu'on se rapproche davantage de l’extrémité des bras. Les petites plaques qui font suite, le long de ceux-ci, aux ventro-latérales peuvent coexister avec les plaques de ce dernier système et sont, dans ce cas, placées sur elles, sans cependant les masquer complètement (1). Le bord intérieur des plaques adambulacraires formant un angle obtus très net, les plaques triangulaires viennent s’intercaler entre le côté distal et le côté proximal des angles constitutifs de ces plaques consécutives. En général deux plaques triangulaires correspondent à une même marginale.

(1) Bien que les alambulacraires des Caulaster et des Porcellanaster aient sensiblement les mêmes formes que celles des Styracaster, je n'ai pu distinguer entre elles avec certitude le remarquable système de pieces triangulaires qui vient d'être décrit. Cela tient peut-être à l’épaisseur des téguments, car j'ai cru en apercevoir quelques indices.

Les plaques marginales ventrales sont en rectangle allongé; les quatre premières correspondent exactement aux plaques dorsales ; les suivantes sont graduellement plus longues, de manière à dépasser de plus en plus leur correspondante dorsale et à devenir finalement presque exactement alternes avec elles ; elles sont au nombre de onze seulement.

Plaques marginales dorsales au nombre de douze du sommet des ares interbrachiaux au sommet des bras, abstraction faite de la plaque apicale : les deux premières plus hautes que longues, la troisième carrée ainsi que les suivantes ; la onzième et la douzième triangulaires. Les deux premières plaques de chaque bras et leurs symétriques par rapport au sommet de l’are interbrachial bordent le disque ; la troisième correspond à la base du bras et est séparée de sa symétrique par un intervalle occupé par le tégument; cet intervalle est très réduit entre les plaques de la quatrième paire qui s'affrontent dans une partie de leur longueur ; les sept plaques suivantes sont soudées sur la ligne médiane du bras; la huitième et dernière est séparée de sa symétrique par la plaque apicale, parfois divisée en deux. Quatrième, cinquième, sixième, septième, huitième, neuvième et dixième paires de plaques portant chacune une longue épine qui se raccourcit graduellement de la quatrième à la dixième paire de plaques, pointue, droite, perpendiculaire à la carène brachiale.

Plaque apicale aussi longue que la dixième et onzième paires de plaques réunies, comprimée, à contour elliptique, légèrement saillante au sommet des bras qui est recourbé en dessus; présentant trois épines terminales de longueur moyenne et, en outre, sur le milieu de son bord adoral, une épine longue et aiguë dirigée vers la base du bras.

Plaque madréporique grande, arrondie, contiguë aux marginales dorsales, marquée de sillons rayonnants à partir du centre, entourée de spinules un peu plus grandes et plus pressées que celles du disque.

Observation. — Cette espèce est voisine des S{ycaraster armalus et spinosus mais ses bras sont plus allongés.

à est ici le quadruple de»; chez les deux espèces citées R est au contraire à peine le triple de r. Les plaques marginales dorsales sont au

PORCELLANASTERIDÆ. 223

nombre de douze et non plus de six, huit ou neuf; il existe sept épines carinales sur les bras au lieu de cinq. La plaque apicale est pourvue de quatre épines, trois portées par son bord aboral, la quatrième naissant de son bord adoral, presque horizontale et dirigée vers la base des bras.

Styracaster Spinosus, Sp. nov.

(Planche X VII, figure 2.)

Talisman. — Dragage n° 131. — Lat. N. 3838. Long. O. 27°26'. — N.-E. de San Miguel (Açores). — Profondeur 2995". — Vase blanche molle, — 2 exemplaires.

Cinq bras modérément longs, le grand rayon n’égalant pas le triple du petit, carénés, comprimés, diminuant assez sensiblement de largeur de la base au sommet, presque pointus, avec leur extrémité nettement recourbée en dessus chez l’un de nos exemplaires.

R = 27 Mm r — 10 Mm D? in

Disque pentagonal, à côtés rectilignes, les bras naissant du sommet du pentagone chez l’un de nos exemplaires; à contour étoilé chez l'autre.

Boucheet lèvre circulaire masquées par les pièces dentaires. Gouttière ambulacraire étroite, à piquants rabattus sur sa surface. Tubes ambuiacraires bisériés, coniques, serrés les uns contre les autres.

Les pièces dentaires, grandes, allongées et assez saillantes, se touchent à leur extrémité buccale et vers leur milieu, puis s’éloignent l’une de l’autre et se gauchissent en même temps de manière à simuler laspect d’un soc de charrue. Entre leurs deux points de contact est une large fossette ligamentaire, fusiforme ; dans l'intervalle qu’elles laissent entre elles, à partir de leur point de contact distal, on aperçoit une pièce interradiale, cordiforme ou triangulaire. Chacune d'elles porte sur son bord libre cinq piquants aplatis, triangulaires, pointus, qui croissent depuis le piquant angulaire porté par l'extrémité buccale, assez aiguë, de la dent, jusqu’au dernier. Le bord sutural de la dent est assez élevé; le long de son bord distal on compte une ligne de trois ou quatre piquants surdentaires, situés un peu en dedans de ce bord.

Les pièces dentaires s'unissent aux premières adambulacraires par un bord semblable à celui mème de ces plaques.

Les plaques adambulacraires se prolongent du côté adoral en une apophyse qui passe au-devant du bord de la plaque précédente, de manière que le bord aboral de celle-ci est enchâssé dans une sorte d’échancrure du bord adoral de celle qui la suit, et que le bord adambulacraire de chaque plaque paraît régulièrement concave. Chacune de ces apophyses adorales porte deux piquants aplatis, triangulaires, pointus, léserement divergents; un troisième piquant semblable aux deux autres, mais un peu plus petit, est situé à la base de l’apophyse, par conséquent vers le milieu de la plaque adambulacraire, dans sa partie concave, et un peu éloigné des précédents. Ces trois piquants occupent toute la surface libre de la plaque, il résulte de cette disposition des piquants que leur ligne d'insertion est un peu oblique par rapport à l'axe de la gouttière ambulacraire. Un léger repli des téguments unit entre eux tous les piquants de la gouttière ambulacraire.

in outre, chaque plaque adambulacraire porte vers le milieu de son bord sutural proximal ou près de l’angle externe correspondant à ce bord, un ou deux courts piquants coniques. Le bord externe des adambulacraires est en forme de chevron.

Les aires triangulaires ventrales sont comprises entre les dents, les cinq premières adambulacraires et les deux premières marginales de chaque côté de la ligne interradiale. Le squelette de ces aires est formé, outre l’interradiale impaire contiguë aux dents, de huit rangées de plaques minces, arrondies, enfouies dans l'épaisseur des téguments. Ces rangées sont disposées parallèlement à la bissectrice de chaque aire triangu- Jaire ventrale. Dans chaque rangée les plaques grandissent rapidement en longueur, du bord du disque à la gouttière ambulacraire, et la plaque contiguë aux plaques adambulacraires est à la fois plus large et plus longue que les autres. De ces plaques, celles qui occupent le sommet du triangle actinal et touchent l’interradiale dentaire sont à leur tour plus grandes que les autres, de telle sorte qu’elles semblent former avec celle-ci un système spécial. Le système des plaques ventro-latérales est encore représenté le long des bras, par une bande de plaques allongées, isolées, situées immédiatement au-dessous des marginales. Celles-ci sont séparées des marginales par un système de plaques trian-

PORCELLANASTERIDÆ,. 295

gulaires exactement disposé comme chez le Sfyracaster Edwardsi. Les bandes de plaques qui se touchent le long de la ligne interradiale contiennent cinq plaques; la seconde bande de chaque côté en contient quatre; la troisième, {rois ; la dernière deux; il y a d’ailleurs à cet égard quelques variations. Les plaques voisines du bord du disque sont de même largeur que les autres, mais très courtes, presque linéaires et seules légèrement imbriquées. Le tégument de la face ventrale est absolument lisse, mais très nettement apparent; d'autant plus que les grandes plaques ventrales ne sont pas absolument contiguës et laissent entre elles de petits intervalles fermés par ce tégument.

Les plaques marginales ventrales sont rectangulaires, au nombre de neuf, Elies correspondent exactement aux neuf premières dorsales chez l’un de nos exemplaires ; mais sont disposées autrement que chez l’autre où la cinquième marginale ventrale et les suivantes sont un peu plus longues que les dorsales correspondantes et les dépassent de manière que les sutures verticales ventrales ne sont plus sur le prolongement des sutures dorsales et que la neuvième plaque marginale ventrale correspond à la neuvième et à la dixième marginales dorsales.

Les organes cribriformes sont au nombre de trois, les deux latéraux sont séparés du médian par une [laque marginale dorsale et la marginale ventrale correspondante. Ils sont à peu près de la largeur de la plaque qui les sépare et formés chacun d'une dizaine de rangées verticales de petites écailles allongées elles-mêmes dans le sens vertical. Des écailles plus grandes et aplaties, portées par les plaques marginales, bordent ces organes dont la structure est plus nette que celle des organes correspondants des Porcellanaster.

Les plaques marginales dorsales sont au nombre de dix ; elles sont plus hautes que les ventrales ; la première, comprise entre les deux organes cribriformes médians et l'organe cribriforme latéral, estmoins longue que haute; laseconde, située en dehors de l'organe cribriforme latéral, est à peu près carrée; les septsuivantes sont plus longues que hautes, rectangulaires par conséquent, leur hauteur étant à leur longueur dans le rapport de deux à trois environ; la dernière plus petite que les autres et triangu-

laire. La quatrième marginale dorsale et les suivantes sauf la dernière,

(TaALISMAN. — Echinodermes). 29

sont contiguës sur la ligne médiane avec les plaques correspondantes du bord opposé du bras, de manière à former une carène surmontée de cinq épines aiguës, courbes, correspondant respectivement à cinq paires de plaques marginales et portées tantôt par la plaque de droite, tantôt par la plaque de gauche sans ordre bien régulier de succession. La plaque apicale, bien distincte, au moins aussi longue que l’antépénultième dorsale, sépare l’une de l’autre les deux dernières dorsales qui, en conséquence, ne peuvent se réunir sur la ligne médiane du bras; elle porte trois épines assez développées : une verticale et deux dans le prolongement du bras; ces épines sont transparentes dans la plus grande partie de leur longueur, comme celles de la carène dorsale.

Tégument dorsal uniformément couvertde petites spinules mousses qui lui donnent une apparence veloutée ; à la base des bras, une aire triangulaire, comprise entre les plaques dorsales, dépourvue de granules, souvent plissée Jlongitudinalement. Appendice épiproctal granuleux, gros et court, mais très net.

Plaque madréporique arrondie, très grande, contiguë aux plaques marginales, marquée de sillons rayonnants.

A l'état vivant la couleur est, comme d'habitude, d'un blane légèrement nacré ou opalescent avec des bandes jaunâtres, correspondant aux organes cribriformes.

Observation. — Par un grand nombre de ses caractères cette espèce se rapproche du Syracaster armalus dragué par le Challenger aux îles Carolines et décrit en 1883 par Percy Sladen dans le numéro du 14 août du Journal of the Linnean Society de Londres, paru le jour même où le Talisman retrait de la mer les deux exemplaires qui la représentent.

Elle en diffère cependant par des caractères qui pourraient paraître au premier abord assez importants pour motiver la création d’un genre, mais qu’un examen plus attentif réduit à une bien moindre valeur. Suivant Percy Sladen les S/yracaster manquent du prolongement épiproctal si remarquable chez les Porcellanaster et les Caulaster. Or les deux exemplaires dont nous avons à nous occuper ici, bien que présentant Îles

autres caractères du genre S/yracaster, sont pourvus d’un prolonge-

PORCELLANASTERIDÆ. 227

ment épiproctal, un peu plus court que celui des Porcellanaster, mais trèsnet. C’est ce qui m'avait conduit à les considérer comme formant un genre nouveau et à les éliqueter sous le nom de Machairaster spinosus lors de l'exposition publique des collections recueillies par le Zravalleur et le Z'alisman ; ce nom a été publié par deux journaux scientifiques à ce moment; M. Sladen le rappelle; il faut en faire simplement un synonyme des S{yracaster. Les piquants dorsaux, au nombre de cinq, n’alternent pas régulièrement d’une paire de plaques à la suivante; mais on trouve à cet égard d’un bras à l’autre des dispositions différentes. Ces plaques sont à peu près carrées et pas beaucoup plus longues que hautes. Les plaques marginales ventrales correspondent à peu près aux dorsales, sauf la dernière qui chevauche sur les deux dernières dorsales de sorte qu'il y a une marginale ventrale de moins. Enfin les bras de nos individus nous paraissent notablement plus courts que ceux des individus décrits par Sladen; l’auteur anglais donne, en effet, R=—38Mm r—11Mimn

d'où il résulterait que le grand rayon dépasserait en longueur le triple du

petit. Nous trouvons seulement sur notre plus grand individu R=217Mm -7—10Mm d'où VU R=—=2,707

seulement. Il est bien évident cependant que le S. spinosus est dans PAtlantique le représentant du S. armatus du Pacilique.

En dehors de la présence d’un appendice épiproctal, le S. spinosus paraît se distinguer du S. armatus, par la forme de ses dents, le nombre plus grand des piquants surdentaires, la forme en cœur ou triangulaire de l’odontophore, le nombre plus grand pour des bras plus courts, de ses plaques marginales.

Genre HYPHALASTER, Sladen.

1883. Journal of the Linnean Society, London. — Zoology, vol. XVII, p. 234. Cinq bras rigides, courts ou allongés, naissant des angles d'un disque pentagonal plus ou moins déprimé.

Bouche très dilatable, à lèvre non masquée par les dents.

Dents grandes, lâchement unies entre elles, à bord sutural très saillant. Piquants angulaires indépendants des piquants adambulacraires et des piquants surdentaires.

Plaques adambulacraires à bord libre presque rectiligne portant plus de trois piquants adambulacraires dressés, parallèles, presque égaux, et de petits piquants surambulacraires.

Plaques ventro-latérales disposées en bandes parallèles au voisinage du bord du disque, ornées de fines épines ou de granules.

Marginales ventrales et dorsales inermes; ces dernières souvent conüiguës sur une partie des bras ou sur toute leur longueur. Organes cribriformes nombreux.

Plaques dorsales petites, en forme de paxilles.

Appendice épiproctal réduit à une simple éminence hémisphérique.

Côtes du madréporite non rayonnantes.

Les espèces d’Ayphalaster connues jusqu'ici sont au nombre de einq et ont toutes été recueillies par le Challenger en diverses régions du Pacifique. Ces espèces sont les 77, diadematus, hyalinus, inermis, planus. Le Talisman à découvert dans lAtlantique deux autres espèces: l’une l'A. Parfait, très différente de toutes les espèces connues par la longueur de ses bras qui forec à changer la diagnose du genre; l’autre lÆ/. Axtont, intermédiaire entre les Z7. diadematus el hyalinus. Les six espèces

d'Ayphalaster sont, en conséquence, réparties comme l'indique le ta-

bleau suivant :

NOMS. LOCALITÉS. PROFCNDEUR. NATURE DU FOND

Hyphalaster Parfaiti..|Golfe de Gascogne. 4787 Vase gris jaunàlre.

— Antoni... Acores. 2995" Vase blanche molle.

— diadematus Entre Valparaiso et 38007 Vase bleue.

Juan Fernandez.

— hyalinus. .|Marquises. Iles de la 5000 Vase à radiolaires. Société.

— inermis. . Japon. 3000" Vase bleue.

= planus ...| Océan Austral. 3900" Vase à diatomées.

Lat. 50 à 60°.

PORCELLANASTERIDÆ. 229

Hyphalaster Parfaiti, Ed. P.

(Planche XVI, figure 2.) Talisman. — Dragage 135. — Lat. N. 469". Long. O. 9216". — Profondeur 4787", — Vase gris jaunètre avec pelile couche blanche à la base. — Golfe de Gascogne. — 1 exemplaire.

Cinq bras relativement allongés, très légèrement coniques, obtus au sommet, à section arrondie, présentant à peine une indication de carène le long de la ligne médiane dorsale, naissant brusquement des sommets du disque dont le contour est presque régulièrement pentagonal.

R = 55 Mm r = 19Mm Ro:

Bouche dilatable, entourée d’une épaisse lèvre circulaire, uniformément recouverte de nombreuses petites papilles disposées en séries. Dents laissant apparaître la lèvre et la bouche.

Gouttière ambulacraire allant en s’élargissant de la bouche jusqu'au bord du disque, se rétrécissant ensuite.

Tubes ambulacraires bisériés, coniques, peu serrés les uns contre les autres.

Les pièces dentaires très saillantes, après avoir, comme d'habitude, formé par leur union un bec pointu, se séparent, circonscrivent un espace elliptique, puis s’écartent de nouveau en oreilles de charrue sans s’écarter autant cependant que chez les S/yracaster spinosus et armatus. L'odontophore, de forme triangulaire, apparaît à peine entre elles. Chacune porte six à sept piquants marginaux, outre le piquant angulaire qui est très développé et tout à fait indépendant de celui de la plaque jumelle. Le bord sutural des dents est très relevé, et il existe entre les dents jumelles une large fossette ligamentaire. Trois piquants coniques, assez gros, sont situés tout près de ce bord sutural; sur le reste de la surface de la dent on compte une dizaine de tout petits piquants épais, (rés tespaces:

Les plaques adambulacraires sont disposées parallèlement à l'axe de la gouttière; leur forme est sensiblement rectangulaire, leur côté parallèle à la gouttière étant à peu près le double de leurs côtés perpendiculaires

qui sont relevés et ne se soudent pas exactement au côté correspon-

dant des plaques voisines. Ce côté est sensiblement rectiligne. Chaque plaque porte quatre piquants aplatis, en forme de spatule allongée, qui se rétrécissent à leur base, puis présentent une tête arrondie par laquelle ils s'insèrent sur les plaques. Ces plaques portent parfois de petits piquants sur leur surface libre ; ces piquants sont disposés le plus souvent, au nombre de quatre ou cinq, sur une ligne le long du bord externe de la plaque.

Le tégument des aires triangulaires ventrales est soutenu par des plaques calcaires minces, irrégulièrement quadrilatères, allongées parallèlement aux bords du disque, souvent non contiguës entre elles. Ces plaques portent ordinairement chacune de cinq à sept spinules allongées, très grèles, parfois disposées sur deux rangs parallèlement à la longueur de la plaque, quand elles sont nombreuses. Ces spinules sont plus développées dans une étroite zone voisine de la rangée des plaques marginales. La disposition des plaques ventro-latérales est la suivante l'en arrière de l’odontophore, une bande transversale, formée de deux grandes plaques; 2° deux bandes transversales successives, formées chacune de quatre plaques; 3” environ seize bandes normales au bord du disque, de plaques plus petites, imbriquées, dont la hauteur diminue à mesure qu’on se rapproche du bord du disque. Le dessus des plaques porte des lignes régulières de granules parallèles au bord du disque. Le nombre de ces lignes est d’environ quatre ou cinq.

Les plaques marginales ventrales correspondent à peu près exactement par leur position aux plaques marginales dorsales ; toutefois, à parlir du dernier organe cribriforme, elles les dépassent un peu; leur angle supérieur aboral est coupé en biseau dans la partie qui dépasse et vient s’enchâsser dans un espace angulaire, résultant de ce que chaque marginale dorsale, moins haute à son côté aboral qu’à son côté adoral, n’occupe pas toute l’étendue du bord adoral de la plaque suivante. Cette disposition s’accusant plus nettement vers l’extrémité des bras, les marginales dorsales et ventrales paraissent alterner et s’enchâsser les unes entre les autres, comme les plaques des fuseaux interambulacraires des Oursins. Il y a une plaque ventrale au delà de la dernière dorsale, ce qui

en fait en tout seize du sommet de l’arc interbrachial au sommet des bras.

PORCELLANASTERIDÆ. 231

Les plaques marginales dorsales sont au nombre de seize de chaque côté du sommet de l'arc interbrachial. Ces plaques sont légèrement plus longues que hautes, et celles qui bordent les bras sont légèrement convexes, de manière à donner à celui-ci une coupe presque semi-cireulaire. Les quatre premières plaques de chaque côté bordent le disque, la cinquième correspond à la base du bras et elle est déjà contiguë à la plaque correspondante de l’autre côté, le long de la moitié de son bord interne. Les dix plaques suivantes touchent les plaques correspondantes de l’autre moitié, le long de la ligne médiane ; la dernière, de forme triangulaire, est séparée de sa symétrique par la plaque apicale, Celle-ci n’atteint pas une longueur égale à celle des deux paires de marginales dorsales précédentes; elle est relativement petite, comprimée, saillante, à l'extrémité du bras qui est un peu recourbée en dessus; elle se termine par trois courtes épines, une supérieure, deux inférieures.

Les organes cribriformes sont au nombre de neuf pour chaque côté du disque; sauf les deux extrèmes qui sont moins larges, leur largeur est Ja même que celle des parties lisses des plaques qui apparaissent entre eux. Chacun d’eux contient seize à dix-huit rangées verticales de papilles régulières, les deux extrêmes n’en contiennent cependant qu'une douzaine. Ces rangées sont formées de petits piquants comprimés dans les ares verticaux et tronqués brusquement au sommet comme d'habitude. Chaque organe cribriforme est limité par une rangée d’écailles calcaires, plus grandes que les lamelles qui constituent les rangées et portées par les marginales.

Le tégument dorsal estuniformément recouvert de plaques en forme de paxilles, composées d’un granule central, entouré de six à huit granules de même dimension; les granules composant un même groupe étant d’ailleurs étroitement soudés entre eux. Chaque groupe est presque sesshe sur Ja plaque qui le porte et, en général, nettement séparé de ses voisins. Ces groupes paxillaires sont un peu moins larges dans la région médiane du disque que sur les bords; cette région s'élève en une légère saillie analogue à celle qu’on observe chez les Astropecten et les Clenodiscus, mais ne constituant pas un véritable appendice épiproctal. La

plaque madréporique est triangulaire; sa base s'appuie sur les plaques

marginales dorsales ; les sillons sinueux qui la traversent s'étendent sur toute la longueur de la plaque en divergeant à partir du sommet du triangle, sans rayonner autour d'un centre. Ce caractère rapproche cette espèce de lA/yphalaster Antonii et des Astropecten proprement dits.

Observation. — L'Hiyphalaster Parfaiti est bien différent de toutes les autres espèces par la longueur de ses bras et le nombre de ses organes cribriformes.

Hyphalaster Antonii, Edm. Perrier.

(Planche XVI, figure 1.) Talisman. — Dragage 131. — Lat. N. 3838. Long. 0. 2726", — N.-E. San Miguel (Acores). — Profondeur 295", — Vase blanche molle, — 1 exemplaire.

Descriplion détaillée. — Cinq bras assez courts, arrondis plutôt que carénés en dessus, diminuant fort peu de la base au sommet qui paraît légèrement renflé par suite de la proéminence de la plaque apicale ; se détachant des sommets d’un disque presque pentagonal à côtés très légèrement concaves.

R—=16Mm Min Re or

Bouche masquée par les dents; gouttières ambulacraires étroites, laissant à peine apparaître les tubes ambulacraires qui sont bisériés et coniques.

Les plaques dentaires de chaque angle buccal s'affrontent par un bord très saillant, et laissent entre elles un espace elliptique, rempli par les ligaments. Chacune porte sur son bord adambulacraire sept piquants semblables à ceux des plaques adambulacraires, mais un peu plus petits, et, à son sommet buccal, un gros piquant pouvant se redresser verlicalement. Sur leur bord distal il y a une indication de trois ou quatre granules.

Les plaques adambulacraires ne sont pas obliquement disposées par rapport à la gouttière ambulacraire, ni prolongées en une sorte d’apophyse comme chez les S/yracaster : elles ont à très peu près une forme rectangulaire ; leur côté interne est légèrement convexe, de manière que chaque bord de la gouttière présente un aspect légèrement festonné, les

tubes ambulacraires étant logés dans la concavité des festons qui se

PORCELLANASTERIDÆ. 233

correspondent d’un bord à l’autre. Chaque plaque porte sur son bord adambulacraire quatre piquants mobiles, légèrement coniques et pointus, à peu près égaux entre eux. Les côtés des plaques perpendiculaires au sillon sont légèrement relevés, séparés par une petite aire ligamenteuse des côtés correspondants des plaques voisines; le long de son bord externe, qui est droit, chaque plaque porte de un à trois petits piquants.

Le squelette des aires triangulaires ventrales est formé par six rangées de plaques à peu près hexagonales, légèrement imbriquées, conservant la même largeur dans toute l’étendue de chaque rangée, mais augmentant rapidement de hauteur en se rapprochant de Pangle buccal; les plaques des deux rangées qui suivent la rangée médiane sont orientées obliquementetsemblentconverger vers l'angle buceal, De plus, les plaques de chaque rangée empiètent légèrement sur celles de la rangée suivante. La rangée extérieure de chaque côté est très courte. Toutes les plaques portent quatre ou cinq petites spinules éparses, qui tendent à se disposer en une rangée transversale sur les plaques de faible hauteur du bord du disque. Ces rangées se correspondent d’une plaque à l’autre et forment ainsi des séries de lignes parallèles au bord du disque. À partir de la troisième, les plaques marginales ventrales sont contiguës aux plaques adambulacraires.

Les plaques marginales ventrales, moins hautes que les plaques marginales dorsales, leur correspondent exactement en position; mais la pièce apicale qui semble couvrir en partie la neuvième marginale dorsale laisse au contraire apparaître en dessous une dixième marginale ventrale; on voit donc, en réalité, neuf marginales dorsales et dix ventrales pour chaque bras ou demi-côté du corps.

Toutes ces plaques, presque verticales ou légèrement inclinées vers l'intérieur sur les bords du disque, sont plus hautes que larges. Les deux premières bordent le disque, les autres font partie des bras; toules sont absolument inermes. Celles de la troisième paire ne se rencontrent pas sur la ligne médiane des bras; celles de Ta quatrième paire se touchent le long de la moitié de leur bord supérieur ; les quatre paires suivantes sont absolument contiguës ; la neuvième plaque de

chaque côté est séparée de la plaque correspondante du côté opposé par (TALISMAN. — Echinodermes.) 30

la plaque apicale. La plaque apicale est renflée, saillante sur la surface dorsale du bras; ovoide et non retournée en dessus, elle porte trois épines, l'une supérieure, isolée, les deux autres inférieures; toutes trois horizontales et assez courtes. La plaque madréporique est contiguë aux plaques marginales dorsales, marquée de sillons sinueux dirigés normalement au bord du disque et allant du bord interne au bord externe, comme chez la plupart des Asfropecten, au lieu de rayonner autour d’un centre comme chez les autres Stellérides et même chez les Porcellanaster et les Styracaster. Le tégument dorsal est assez épais, soutenu par une multitude de très pelits ossicules portant chacun un groupe de quatre ou cinq granules saillants; chaque groupe est distinct de ses voisins de manière à simuler une paxille. Ces ossicules et ces granules sont semblables entre eux dans toute l'étendue du disque. Il existe une éminence épiproctale couverte d'assez gros granules; elle est beaucoup plus courte que l’appendice correspondant des Porcellanaster et mème des Styracaster. Observation. — Celle espèce est intermédiaire entre l’Æyphalaster hyalinus et l'Hyphalaster diadematus de Percy Sladen, mais les bras sont légèrement plus longs que ceux de la première espèce et plus courts que ceux de la deuxième; R <2,3r, tandis que dans l'A. diademalus, R=— 2r et dans l'A. hyalinus, R — 2.4r; les plaques marginales dorsales, abstraction faite de la plaque apicale impaire, sont au nombre de neuf de chaque côté au lieu de huit, la dernière étant petite et triangulaire ; les quatre dernières plaques d’un côté des bras se soudent à celle de l’autre côté, tandis que la soudure ne s'établit qu'entre les deux dernières chez VA. hyalinus et que toutes demeurent séparées, et laissententre elles un assez large sillon, chez l'Æ. diadematus. Toutes ces plaques sont plus hautes que larges contrairement à ce qu’on voit chez les deux espèces du Challenger. La plaque apicale est renflée, saillante, aussi longue que les deux dernières paires de marginales dorsales. Il existe cinq organes cribriformes, bien développés et deux organes cribriformes rudimentaires comme chez l'Æyphalaster hyalinus. Le tégument dorsal est soutenu par une mosaïque de petites plaques, portant chacune un groupe de granules saillants: chaque groupe est

isolé de ses voisins de manière à simuler une paxille; mais 1l n’y à pas

PORCELLANASTERIDÆ. 235

sur le disque d’épines divisées au sommet. Les plaques adambulacraires portent quatre piquants comme chez l'A. diadematus : 1 n'y en a que trois, chez l’Ayphalaster hyalinus.

Genre PSEUDASTER, Edm. Perrier.

1885. Annales des sciences naturelles, art, n° VII.

Corps presque pentagonal, bras presque nuls.

Dents grandes, mais peu saillantes, triangulaires, contiguës sur toute leur longueur, légèrement écartées en arrière seulement; des piquants surdentaires.

Plaques adambulacraires à bord libre rectiligne, portant quatre ou cinq piquants adambulacraires et de petits piquants surdentaires.

Ventro-latérales disposées en bande au voisinage des bords du disque, légèrement épineuses.

Marginales inermes, diminuant du milieu à l'extrémité libre des côtés du disque. Apicale grande, cordiforme, plus large que l'extrémité des bras.

Organes cribriformes nombreux, très étroits, rudimentaires.

Surface dorsale entièrement granuleuse ; madréporite marginal, grossièrement vermiculé. Appendice épiproctal rudimentaire.

Une seule espèce, le ?. cordifer, a été draguée par le Talisman dans l'Atlantique.

NOM. LOCALITÉ. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

EEE

Pseudaster cordifer.. | Nord des Acores, 4060" Vase blanche molle.

Pseudaster cordifer, E. Perrier.

(Planche XVI, figure 3.)

Talisman. — Dragage 134. — Lat. N. 42°19'. Long. O. 23°36'. — Au nord des Açores. — Profondeur 4060". — Vase blanche molle. — 1 exemplaire.

Aspect général d’un Pentagonaster. Corps de forme pentagonale, mais à côtés légèrement concaves.

R —9Mm r = 6Mm R=1$57r.

Bouche masquée par les dents; gouttières ambulacraires étroites, laissant apparaître les tubes adambulacraires qui sont bisériés et coniques.

Dents courtes, assez larges, triangulaires, se touchant presque tout le long de leur bord sutural qui est relevé ; fossette ligamentaire très étroite. Dents à peine prolongées au delà de l'extrémité distale de cette fossette, de sorte que le bord distal de la dent est presque transversal : ce bord est arrondi.

Chaque dent porte six piquants latéraux et un piquant dentaire plus grand, très serré contre son voisin. Le long du bord sutural on trouve l'indication de trois ou quatre piquants ; trois piquants sont de même indiqués le long du bord distal; mais tous les piquants sont presque avortés.

Plaques adambulacraires de forme rectangulaire, étroitement unies entre elles et aux plaques ventrales latérales, armées chacune de quatre ou cinq piquants adambulacraires, et le long de son bord externe, de trois ou quatre très petits piquants.

Squelette ventral formé d’une mosaïque de plaques minces, assez grandes, portant chacune un certain nombre de très petites spinules éparses. Ces plaques peuvent être considérées comme formant une douzaine de rangées normales au bord du disque. Les rangées médianes contiennent une dizaine de plaques; le nombre des plaques diminue graduellement dans les rangées suivantes.

Les plaques marginales ventrales sont au nombre de onze à treize pour chaque côté du corps. IT y a done une plaque interradiale impaire. Cette plaque est carrée et plus grande que ses voisines. Les plaques ventrales s’amoindrissent à mesure qu'on se rapproche de l’extrémité des bras et la dernière est très petite. Ces plaques sont complètement inermes.

Les plaques marginales dorsales également inermes au nombre de neuf pour chaque côté des bras (quatre et demi pour chaque bras), abstraction faite de la plaque apicale (1). Plaque apicale aussi grande que les deux marginales qui la précèdent, large, échancrée en arrière

(1) Ce nombre impair est une anomalie singulière parmi les PORCELLANASTERIDE et pourrait être particulier à l’exemplaire que nous décrivons.

ARCHASTERIDÆ. 237

de manière à présenter la forme d’un cœur de carte à jouer, portant trois petites épines transversales, dépassant sensiblement le diamètre de l'extrémité du bras de manière que chaque bras paraît s’élargir à son extrémité.

Il existe un organe cribriforme plus ou moins rudimentaire entre chaque rangée dorso-ventrale des plaques marginales. Ces organes cribriformes sont réduits, en général, aux deux rangées de très petites écailles portées par les marginales. Tout au moins ces écailles masquentelles l’organe lui-même qui est extrêmement étroit.

Toute la surface du disque couverte d'une granulation régulière qui ne laisse pas apercevoir la structure du squelette sous-jacent. Un simple tubercule épiproctal.

Plaque madréporique presque contiguë aux plaques marginales dorsa-

les, assez grande, tubereuleuse, mais peu saillante et peu distincte.

FAMILLE X VIT. — ARCHASTERIDZÆ |Viguier, 1878).

Cette famille instituée par M. Viguier en 1878 correspond exactement comme étendue à l’ancien genre Archaster de Müller et Troschel, dans lequel on alongtemps placé toutes les Étoiles de mer à paxilles pourvues d’un anus et mème celles dépourvues d’anus qui, en raison de quelque caractère parliculier, ne se laissent facilement ramener ni au genre Astropecten, ni au genre Luwdia. La nécessité de subdiviser ce genre, en quelque sorte résiduel, ne tarda pas à être reconnue; je commençai en 1881 (1) à créer un premier genre pour des formes recueillies par M. Alex. Agassiz dans ses dragages de la mer des Antilles et du golfe du Mexique. Ces formes auraient pu, à rigueur, rentrer dans le genre Archaster, mais elles présentaient de remarquables caractères de transition entre les GoxiAsrErIDE et les ARcHASTERIDX proprement dits, je proposai de les réunir dans le genre Goniopecten. Elles se rapprochaient des Pentagonaster par leurs plaques adambulacraires garnies d’une rangée longitudinale de piquants presque égaux, par leurs plaques ventro-latérales bien développées, par leurs plaques marginales simplement granu-

()E. Perrier, Description sommaire des Etoiles de mer recueillies parle Blake. — Bulletin of the Museum of Comparative Zoology, 4884.

leuses, inermes ou portant un robuste piquant mousse et immobile, par leurs plaques dorsales granuleuses, mais ne constituant pas de véritables paxilles ; elles s’en éloignaient par le grand développement et la saillie de leurs pièces dentaires, par leurs tubes ambulacraires coniques el terminés par une très petite ventouse, par l’absence de pédicellaires alvéolés. Les (Goniopecten étaient donc bien nettement caractérisés vis-à-vis desanciens Archaster et des Pentagonaster. Le nouveau genre comprenait trois espèces : (7. demonstrans, G. intermedius, G. subtilis.

En 188%, Verrill caractérisa brièvement le genre Penthopecten, et la mème année Th. Studer constitua le genre Cheiraster (1) pour des ARCHASTERIDÆ à disque aplati, à bras allongés, susceptibles de flexion dorsale, à plaques marginales bien développées, granuleuses, les ventrales étant pourvues d'un piquant mobile; à tubes ambulacraires coniques, terminés par de très petites ventouses ; à plaques adambulacraires saillantes dans les gouttières ambulacraires de manière à séparer les unes des autres les paires de tubes ambulacraires, à dents pourvues de longs piquants divergents, à plaques actinales intermédiaires peu nombreuses, pourvues de pédicellaires pectinés (que l’auteur décrit le premier), à tégument dorsal mince, contenant des plaques paxillaires, mais assez transparent pour laisser apercevoir les viscères ; à anus subcentral et à plaque madréporique submarginale. M. Studer ajoute que les cæcums radiaux sont courts; les glandes génitales en forme de bandelettes paires qui s'étendent de la pointe des bras jusque vers le milieu. Il résulte de la description des deux espèces que les plaques marginales dorsales et ventrales alternent.

En 1885, les dragages du Travailleur et du Talisman étant venus apporter des matériaux nouveaux, la nécessité de subdiviser davantage le genre A7chaster me parut démontrée. Parmi les ArcaasrerDx recueillis durant ces campagnes, je trouvai des formes dont tous les caractères extérieurs étaient ceux des Cheiraster de M. Studer ; la seule différence

consistait dans la disposition des glandes génitales qui dans les espèces

(1) Tu. Sruper, Verzeichniss der wahrend der Reise S. M. Gazelle um die Erde,1874-1876, gesammlten Asteriden und Euryaliden. — Abhandlungen der künigl. Preussis. À hademie der Wissenchaften zu Berlin von Jahre 1884.

ARCHASTERIDÆ. 239

que j'ai étudiées sont en grappes contenues dans le disque et placées de chaque côté de la cloison membraneuse interbrachiale, au lieu de présenter la disposition si spéciale décrite par M. Studer. Mais en comparant la figure publiée par M. Studer (1) avec l'aspect que présentent les viscères de lArchaster miralilis, par exemple, vus par transparence, on reconnaît qu'elle reproduit fidèlement cet aspect; seulement la masse centrale lobée donnée par M. Stüdercomme l'estomac comprend, en réalité, l'estomac et les glandes génitales qui, chez l’Archaster marabilis, sont en grappes, contenues dans le disque et placées de chaque côté des cloisons membraneuses interbrachiales. Ces glandes ne pouvant être distinguées par transparence, 1l était naturel de considérer comme telles les deux bandelettes opaques que l’on aperçoit dans la seconde moitié des bras. Ces bandelettes correspondent simplement aux vésicules ambulacraires que le tégument dorsal arrive à toucher dans la seconde moitié des bras et à deux bandelettes fibreuses qui doublent dans cette région le tégument dorsal. Ces remarques et l'identité absolue des caractères extérieurs des Cheiraster de M. Studer avec les caractères les plus importants de l'Archaster murabilis, m'ont déterminé à ranger cette espèce dans le genre C'heiraster ; ayant ensuite constaté que d’autres tvpes présentant d’ailleurs des caractères très voisins de ceux des Chesraster avaient des pédicel-

Page 1