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laires de forme différente ou en manquaient tout à fait, J'ai proposé ( de répartir les espèces que J'avais pu examiner entre les cinq genres Archaster, Cheiraster, Pectinaster, Crenaster, Goniopecten.
M. Percy Sladen a proposé, presque en même temps, un autre groupement générique des Arcrasreræ. En comparant les genres nouveaux proposés par M. Sladen avec les genres précédemment créés el en essayant d'y faire entrer les espèces connues avant leur définition et celles qui ont été découvertes depuis, on arrive aux conclusions suivantes :
1° Abstraction faite de la constitution des glandes génitales sur laquelle je me suis précédemment expliqué et que M. Sladen lui-même regarde,
comme au moins étonnante, les (Cheiraster de M. Sluder, corres-
(4) Loc. cit. pl. IV, fig. 8c.
(2) Note préliminaire sur Jes Stellérides recueillis durant les expéditions de dragage du Travarlleur et du Talismain.
pondent exactement aux Pararchaster et à une partie des Pontaster de M. Sladen.
2° En 1881, je signalai pour la première fois chez l’Archaster simplex des dragages du Blake un caractère tout à fait exceptionnel, connu seulement alors chez le Pertagonaster, aujourd’hui Gnathaster singularis : la présence d’une marginale interbrachiale impaire. Ce caractère s’est retrouvé depuis chez plusieurs autres ArcHASTERIDÆ et je suis d'avis, avec M. Sladen, qu'il peut servir à caractériser un genre nouveau, présentant d’ailleurs les traits de structure, notamment les pédicellaires des Cheiraster ; ce genre est le genre Pararchaster, de M. Sladen.
3° La création du genre Pararchaster n'entraîne pas la disparition du genre Cheiraster que M. Sladen noie dans ses Pontaster. La forme des pédicellaires et leur absence permettent de créer trois groupes dans les Pontaster de M. Sladen : l° les C'herraster, à pédicellaires pectinés, formés à l’aide des piquants marginaux de deux plaques squelettiques voisines ; 2° les Pectinaster, à pédicellaires formés de piquants plus ou moins modifiés. appartenant à une même plaque ; 3° les vrais Pontaster, sans pédicellaires. Ces genres recoivent iciune définition différente de celle des genres Cheiraster, Pectinuster el Crenaster que j'avais proposée en 1885. Il faut en exclure, en effet, les espèces à papilles respiratoires uniformément réparties sur le disque et les bras, telles que le Pechinaster insignis qui devient un ytaster et le Crenaster mollis qui peut garder ce nom, si l’on considère le Crenaster Marionis comme rentrant dans le genre Pontaster.
La tribu des PararCHAsTERINZ comprendra donc ici les quatre genres : Pararchaster, Sladen; Cheiraster, Studer; Pectinaster, E. Perrier; Ponlaster, Sladen.
4° Dans sa tribu des PLuronasrERN&, M. Sladen place les genres Dytaster, Plutonaster, Lonchotaster. Mais d’une part, d’après la diagnose même de M. Sladen, il est difficile de voir en quoi les Plutonaster diffèrent des Goniopecten que j'avais caractérisés en 1881. D'autre part, les Pytaster ne sont pas faciles à séparer des Plutonaster ; il en sera par la suite décrit plusieurs qui avec les plaques marginales minces et rejetées sur le côté, les petites paxilles dorsales, sans ordre déterminé, des Dytaster
sont dépourvues de pédicellaires comme les Pontaster. La tribu de PLu-
ARCHASTERIDÆ. 241
TONASTERINÆ exige donc une revision et, en s'appuyant sur des traits de structure plus importants que ceux auxquels M. Sladen à fait appel, on arrive à une autre délimitation des genres. Ces caractères sont tirés de la structure même de la face ventrale. Dans un premier groupe de PLuroxas- TERINÆ, les plaques ventro-latérales sont peu nombreuses, disposées sans ordre apparent; les plaques marginales ventrales sont de même grandeur que les adambulacraires avec lesquelles elles se mettent rapidement en contact; exceptionnellement elles peuvent être plus petites.
C’est le cas des Dytaster de M. Sladen et aussi celui d’un assez grand nombre de formes différant des Dytaster par l'absence de pédicellaires, mais dont les plaques marginales sont petites comme les leurs. Le Crenaster mollis de notre première Note préliminaire sur les Échinodermes du TRAVAILLEUR ef du Tazismax rentre dans cette catégorie ; nous pouvons en faire le type du genre nouveau Crenaster.
Dans un second groupe, les plaques ventro-latérales sont nombreuses etse disposent en séries transversales dont chacune part d’une adambulacraire, deux séries consécutives aboutissant à une même marginale. Lei les marginales sont donc beaucoup plus développées que les adambulacraires ; c’est le cas chez les Plutonaster qui se trouvent ainsi définis d’une manière plus précise. Dans ce genre les pédicellaires font défaut.
Enfin, dans un troisième type de structure de la face ventrale une double bande de plaques ventro-latérales part de chaque adambulacraire pour aboutir à une marginale ; d’où il suit que les marginales présentent le même degré de développement que les adambulacraires comme chez les Dytaster et les Crenaster ; que les ventro-latéales sont plus développées et plus nombreuses que chez les ?lutonaster. Dans chaque bande, les plaques des deux séries sont étroitement enchässées les unes dans les autres, et chaque double bande est séparée de sa voisine par un sillon. On peut considérer cette constitution de la face ventrale comme caractéristique du genre Goniopecten ; elle ne s’est trouvée jusqu’à présent que dans le Goniopecten demonstrans de la mer des Antilles. Le genre Lonchotaster de M. Sladen, à marginales supérieures presque avortées, se lie naturellement aux précédents.
La tribu des PLuroxASTERNÆ contient donc les cinq genres : Dylaster,
(TALISMAN. — EÉchinodermes.) 31
Sladen ; Crenaster (sens nov.) Perrier; Plutonaster, Sladen ; Lonchotaster, Sladen; Goniopecten, Perrier.
Les PararcHASTERINÆ et les PLUTONASTERINÆ sont incontestablement des formes voisines, constituant un groupe naturel. La terminaison en pointe de leurs tubes ambulacraires bisériés ; la forme de leurs dents ; la constitution de leur squelette dorsal; la nature de leur squelette dermique, les rapprochent étroitement les uns des autres.
»° On ne peut éloigner des ArcHAsTERIDÆ, l’Archaster typicus, iype même du genre Archaster, qui comprend également l’Archaster angulatus. Les remarquables particularités de structure que présentent ces deux espèces justifient la création pour le genre Archaster d’une tribu des ARCHASTERINÆ.
6° En dehors de ces trois tribus, ce n’est plus qu'avec doute qu’on peut inscrire d’autres genres dans la famille des Arcuasterpz ; les genres
qui lui ont été attribués sont les suivants :
Par moi Blakiaster, Perrier.
Gnathaster, Sladen = Asterodon, Perrier.
Pseudarchaster, Sladen.
RARE SSEE Aphroditaster, Sladen,
M. Sladen pense que les Blakiaster sont des AsrrorecriNibz, que les Gnathaster sont des PENTAGoNAsTERIDÆ. Ces points doivent donc être examinés de nouveau.
Les Plakiaster, dragués par M. Alex. Agassiz dans la mer des Antilles (Grenade, 92 brasses, La Havane, 175 brasses), ont, ainsi que je l'ai fait remarquer dans leur description (1), une grande ressemblance avec les Astropecten ; ils différent cependant des Étoiles de mer de ce genre par des plaques adambulacraires non comprimées, par l’armature de ces plaques, la présence d'assez nombreuses plaques ventro-latérales, la délicate spinulation des marginales ventrales, où l’on remarque seulement près du bord trois ou quatre épines plus grandes que les autres; le faible développement des marginales dorsales, régulièrement convexes, plutôt granuleuses qu'épineuses dans leur partie centrale, ne comprenant entre elles que des fascioles tout à fait rudimentaires:; les dimen-
1) Nouvelles Archives du Muséum d'histoire naturelle, t. VE, p. 266. ) » P
ARCHASTERIDÆ. 243
sions relativement grandes des ossicules dorsaux, convexes mais à peine dignes du nom de paxilles ; l’uniformité des dimensions de ces ossicules qui se rapelissent à peine vers le centre du disque, au lieu de s’amoindrir dans cette région comme ils le font chez les Asfropecten. Si ces caractères étaient combinés avec la présence d’un anus ou d’une grande plaque madréporique couverte de paxilles, ils ne laisseraient aucun doute sur la place des Plakiaster parmi les Arcnasreribx; lexamen le plus attentif des deux échantillons que J'ai observés ne m'a pas permis de reconnaître d’anus; la plaque madréporique est de grandeur médiocre, semblable à celle des As/ropecten, et les caractères qui différencient les Plakiaster des Astropecten les rapprochent des Leptoptychaster et notamment du L. antarclicus, Sladen (1). Le genre Leptoplychaster, créé en 1876 par Smith pour une espèce des îles Kerguelen pouvant sans difficulté, tel qu'il est aujourd’hui compris par M. Sladen, donner place au Blakiaster, j'abandonnerai cette appellation générique, et l'espèce que j'ai décrite dans ce genre peut prendre rang parmi les AsrropecrinibÆ sous le nom de Zeptoplychaster conicus. Les Leploptychaster sont d’ailleurs manifestement des formes de transition entre les ArcHAsTERIDÆ et les ASTROPECTINIDÆ.
Dans mon mémoire sur les Stellérides recueillis au cap Horn (2), j'ai indiqué les raisons qui m'ont conduit à rapprocher les As/erodon ou Gnathaster des ARCHASTERIDÆ ; ces raisons peuvent se résumer ainsi :
1° Grandeur des plaques dentaires ;
2° Présence des deux grands piquants cristallins ou d’un piquantimpair, semblable à celui des Odontaster, Verrill, qui sont des ARCHASTERIDÆ ;
3° Forme des pédicellaires analogue à ceux des ?ectinaster et des Dytaster ;
4 Présence d’une marginale interradiale analogue à celle des Pararchaster ;
»° Présence de piquants au lieu de granules où parmi les granules sur les plaques ventrales ;
6° Tendance des plaques dorsales vers la forme paxillaire.
Ces raisons me paraissent suffisantes pour maintenir encore cette
(1) Percy SLaDen. Voyage of the «Challenger ». Report on the Asteroïda, p. 190, pl. XXXI, fig. 3, 4 (2) P. 169.
classification, et je proposerai de créer parmi les ARCHASTERIDÆ une tribu des GNATHASTERINÆ pour les ArcHASTERIDÆ à bras courts, présentant une marginale interradiale et des piquants cristallins rétroversés sur leurs plaques dentaires. Les GNATHASTERINÆ connues peuvent se rattacher aux trois formes génériques suivantes :
1° Goxiopox, gen. nov. Plaques marginales allant d’abord en s’élargissant, puis diminuant de grandeur; un piquant rétroversé sur chaque plaque dentaire.
Goniodon dilatatus, E. Perrier, — Pentagonaster dilatatus, E. Perrier, Nouvelle-Zélande;
2° AsreRopON, E. Perrier. Plaques marginales diminuant régulièrement de grandeur; un piquant rétroversé sur chaque plaque dentaire.
Asterodon sinqularis, E. Perrier, À. granulosus, E. Perrier;
3° GNATHASTER, Sladen. Plaques marginales diminuant régulièrement de grandeur; les deux piquants d’un même couple dentaire réunis en un seul grand piquant hyalin, appliqué contre la suture des deux dents.
Üinathaster pedicellaris, &. Perrier, cap Horn.
A ces trois genres il me paraît naturel de joindre les petites Étoiles de mer draguées par le 7ravailleur et à qui dans l’une de mes notes préliminaires j'ai attribué la dénomination générique d’Hoplaster. Les Hoplaster manquent, à la vérité, des piquants dentaires hyalins des autres Gxa- THASTERINÆ, Mais possèdent, avec un squelette et des granules semblables, une marginale interradiale impaire. La présence de cette marginale devient ainsi le caractère essentiel de la tribu.
7° Il semble également nécessaire de placer parmi les ARCHASTERIDX, dans une tribu spéciale, les Leplogonaster de M. Sladen, quoique le savant anglais en fasse des PENTrAGONASTERIDE en les comparant à tort à nos Anthenoides. Par leurs dents, à bord sutural saillant, formant carène sur la face ventrale, divergeant en arrière, les Leptogonaster se lient étroitement aux Dytaster ; l’armature de leurs plaques adambulacraires à piquants marginaux nombreux, à piquants ventraux rares; les piquants de leurs plaques marginales ventrales ; les pédicellaires en pince de leur surface dorsale, sont encore des caractères Archastéroïdes ; en somme
les Leptogonaster peuvent être considérés comme des Archastéroïdes à
ARCHASTERIDÆ. 215
téguments épais, à paxilles simplement granuleuses; ils n’ont absolument rien à faire avec le genre Anfhenoïdes que J'ai caractérisé en 1884 et qui appartient aussi nettement que possible à la famille des PEx- TAGONASTERIDÆ. Je donnerai plus loin de nouveaux détails sur ce genre puisque M. Perey Sladen a pu songer un moment à y faire entrer son Leptogonaster cristatus, malgré la netteté des caractères de famille indiqués dans mes descriptions.
8 M. Percy Sladen place à la suite des ArcHASTERID#, dans une sousfamille des PseuparcuasTERIN#, les genres Pseudarchaster et Aphroditaster. Il'intercale toute la famille des Asrrorecrininx et six genres de la famille des PExTAGONASTERIDE entre eux, les VNymphaster et les Paragonaster. Or ces quatre genres appartiennent manifestement à une même série que les découvertes du Z'alisman ont notablement accrue et qu'il est impossibie de séparer des PENTAGONASTERIDÆ.
J'ai le premier signalé en 1882 des formes intermédiaires entre les ARCHASTERIDÆ et les PENrAGONASTERIDX, el c’est pour mettre en relief les rapports alors inattendus de ces deux familles que j'ai donné au genre qui devait renfermer les formes de transition, le nom de Gomopecten qui emprunte aux Goniaster ses premières syllabes et aux Astropecten ses dernières. J'ai souvent hésité à placer certaines formes, les GNATHASTERINÆ, par exemple, dans l’une ou l’autre de ces deux familles; cela implique que leur définition n’est pas encore suffisamment claire. Dans le tableau synoptique des familles de SrezLeroïDÆ publié par Percy Sladen, les caractères distinctifs entre ces deux familles sont les suivants : les plaques apicales sont décroissantes chez les ArcHAsrERIDæ, souvent croissantes chez les PexracoxAsTERIDE ; le squelette dermique consiste en épines chez les ArcuAsTERIDÆ, en granules chez les Pexraco- NASTERIDÆ; tous les autres caractères peuvent être communs. Or les ‘aractères distinetifs que Sladen considère comme les plus imporlants, puisqu'il les met dans son tableau synoptique, sont déjà d’une application difficile. Il a, en effet, d'assez nombreux PExTAGoNASTERIDx dont les plaques apicales vont en décroissant, et d’autres qui ont un certain nombre de granules de la face ventrale transformés en piquants, de sorte
que les transitions entre les deux groupes sont aussi ménagées que pos-
sible et qu’on ne peut tracer entre les deux familles aucune ligne de démarcalion qui ne paraisse à quelque point de vue artificielle. Au moins est-il nécessaire d’atténuer autant que possible ce défaut inhérent à nos méthodes en ne séparant pas des formes qui sont incontestablement très voisines.
En fait les ARCHASTERIDE typiques sont caractérisées
1° Par leurs tubes ambulacraires ;
2° Par leurs dents ;
3° Par leurs plaques adambulacraires ; 4° Par la disposition de leurs plaques ventro-latérales ; »° Par leurs plaques marginales ; 6° Par la forme et la disposition de leurs plaques dorso-latérales ;
7° Par leurs appendices squelettiques.
On peut Urer de ces diverses parties les caractères suivants :
l° Les {ubes ambulacruires sont coniques, terminés dans la plupart des genres par une très petite ventouse conique elle-même, de sorte qu'ils sont presque pointus (PARAGHASTERINÆ, PLUTONASTERINE) ;
2° Les dents sont beaucoup plus grandes que les plaques adambulacraires ; chacune d'elles a la forme d’une oreille de soc de charrue ; son bord sutural interne se relève, en s’affrontant au bord symétrique, de sorte que les deux dents d'une même paire forment une carène saillante sur la face ventrale; les deux dents jumelles ne s'accolent pas sur toute leur longueur; elles se touchent seulement à leur extrémité buccale ou angulaire et à une distance plus ou moins grande de leur extrémité opposée, de manière à laisser entre elles un espace ligamentaire fusiforme. Après s'être rapprochées de manière à clore cet espace vers l'extérieur, elles s'écartent de nouveau et une pièce ventrale impaire peut venir s’intercaler entre elles, Ces caractères des dents se retrouvent à peu de chose près, et avec une grande constance, chez les PORGELLANASTERIDÆ; il est étonnant qu’on n'ait pas songé jusqu'ici à en tirer un meilleur parti;
3° Les premières plaques adambulacraires sont plus grandes que les suivantes, en forme de trapèze disposé obliquement par rapport à la gouttière ambulacraire, de sorte que les plaques adambulacraires, en se
rapprochant de la dent, prennent une forme de plus en plus rapprochée
ARCHASTERIDÆ. 2417
de celle de cette dernière; leur armature est généralement formée de longs piquants plus ou moins divergents ;
4° Les plaques ventro-latérales sont peu nombreuses, ou se disposent en séries qui partent d’une adambulacraire et aboutissent soit deux par deux, soit isolément à une marginale ventrale; ces séries sont séparées par des sillons bien caractérisés (Plutonaster, Goniopecten);
»° Les plaques marginales ventrales et dorsales diminuent graduellement de dimensions de la base au sommet des bras ; elles sont souvent armées d’un ou plusieurs longs piquants mobiles ou fixes. Il peut exister une marginale interradiale impaire, bien développée ;
6° Les paxilles dorsales sont petites, arrondies, très nombreuses, assez nettement séparées les unes des autres pour ne pas paraître avoir influé réciproquement sur leur forme ;
7° Les appendices squelettiques sont le plus souvent des piquants dont quelques-uns se transforment simultanément de manière à constituer des pédicellaires.
Quand tous ces caractères sont réunis, il n’est pas contestable que le genre qui les présente appartienne à la famille des ARcHASTERDx ; quand un ou plusieurs d’entre eux s’atténuent le genre présente des affinités multiples, mais si en même temps l’un de ces sept caractères demeure hautement développé ou s’exagère, on est conduit à rattacher encore le genre où cette exagération s’est produiteà la famille des Arcnas- TERIDÆ; c'est ainsi que les Archaster ont des ventouses ambulacraires bien développées ; mais la grandeur des dents, le développement extrême des piquants et des écailles dermiques, celui des paxilles demeurent absolument typiques ; de même les GNATHASTERINÆ ont, avec l’apparence et quelques caractères de PEnrAGoNASTERIDÆ, un ensemble d’autres caractères précisés plus haut qui les rapprochent assez nettement des ArcHas- TERIDÆ pour que l’homogénéité de cette famille ne soit pas troublée si on y place ce genre, tandis qu’ils seraient tout à fait exceptionnels chez les PENTAGONASTERIDÆ.
Si l’on considère successivement les sept caractères que nous venons d'indiquer, on trouve qu'ils se modifient de la facon suivante chez les
PENTAGONASTERIDÆ :
1° Les tubes adambulacraires sont cylindriques, terminés par une ventouse discoïdale, ayant au moins le même diamètre qu'eux ;
2 Les dents sont relativement peu développées; leur forme est triangulaire; leur bord sutural ne se relève pas; les dents d’une même paire ne forment pas carène sur la face ventrale; l’espace ligamentaire qu’elles laissent entre elles est linéaire ou triangulaire ;
3° Les plaques adambulacraires conservent la même forme jusqu’à la dent qui diffère, par conséquent, brusquement de la première adambulacraire ; les piquants adambulacraires sont relativement courts, parallèles entre, eux et la surface libre de la plaque porte des granules plutôt que des piquants;
4° Les plaques ventro-latérales sont généralement nombreuses, polygonales, serrées, disposées en mosaïque et ne laissent distinguer, au premier coup d'œil, aucune disposition sériée ;
o° Les plaques marginales sont grandes, souvent peu nombreuses: elles gardent d'ordinaire leur dimension jusqu’au voisinage de l'extrémité des bras, où les trois ou quatre dernières diminuent alors brusquement; elles ne portent pas de piquants coniques ;
6” Les dorso-latérales sont grandes, pressées les unes contre les autres, polygonales ou discoïdales et forment une mosaïque serrée ne laissant de place que pour les papilles respiratoires, qui sont isolées aux angles des plaques ;
7° Les appendices squelettiques sont de simples granules, et les pédicellaires, très nettement caractérisés et souvent de grandes dimensions, sont alvéolés et valvulaires.
Or si l’on étudie la caractéristique et les figures des PSEUDARCHASTERINÆ publiées par Percy Sladen, on trouve que par la forme de leurs ventouses ambulacraires, l’absence de véritable carène dentaire, la forme linéaire de l’espace ligamentaire, l’absence de forme intermédiaire entre les adambulacraires et la dent, la disposition en mosaïque des ventro-latérales, l'absence de grand piquant conique sur les marginales, la forme polygonale et la disposition en mosaïque des dorso-latérales, l'abondance mème des granulations dans le squelette, c’est-à-dire par la très grande
majorité de leurs caractères, les Pseudarchaster e{les Aphroditaster sont
ARCHASTERIDÆ. 249
des PENrAGoxAsTERIDæ. Leurs marginales sont à la vérité assez nombreuses, mais elles ne décroissent que faiblement de la base au sommet des bras, et la transformation en piquants d’un certain nombre de leurs granules les éloigne si peu, de l’avis même de M. Sladen, des PENTAGoNASTERIDæ, qu'il laisse dans cette famille les Vymphaster et les Paragonaster où les appendices squelettiques subissent la même transformation. Les Pseudarchaster et les Aphroditaster seront donc transférés dans la famille des PENTAGONASTERIDÆ ; 1ls sont d’ailleurs très voisins des formes pour lesquelles j'ai repris en 1885 (1), lenom d’'Asfrogonium remplacé aujourd’hui, sans évidente nécessité, par M. Sladen.
Les Mimaster, pour lesquels une famille spéciale de PENTAGONASTERIDÆ a été créée, ont plus encore le caractère des Arcrasrernæ que les formes précédentes. M. Percy Siaden ne les a placés parmi les PENTAGONASTERIDÆ que faute de mieux; il signale leurs affinités avec les Leptoplychaster qui sont des ASTROPEGTINIDÆ ; mais 1] n’y a aucun avantage à détruire l’homogénéité de cette famille en y introduisant des éléments étrangers, alors que ces éléments trouvent naturellement leur place dans une famille déjà quelque peu disparate, comme toutes les familles de transition. On peut placer les Mimaster entre les LeproconasrerNæ et les GNATHASTERINZ.
En conséquence, Je proposerai de limiter et de diviser la famille des
ARGHASTERIDÆ de la manière indiquée par le tableau synoptique suivant :
Famille des ARCHASTERIDÆ.
Bras aplatis, au nombre de cinq.
Tubes ambulacraires bisériés, très souvent coniques et terminés par une ventouse rudimentaire.
Papilles respiratoires limitées à la face dorsale.
Dents adambulacraires, grandes, le plus souvent en forme d’aile de soc de charrue,; à bord sutural relevé, de manière que les deux dents d’une même paire forment une carène saillante sur la face ventrale:; dents d’une même paire contiguës à leur extrémité libre et à une certaine distance de leur extrémité opposée, s’écartant ensuite l’une de
(1) E. Perrier, Note préliminaire sur les Échinodermes recueillis par le Travailleur et le Talisman.
— Annales des sciences naturelles, art. n° 8, fig. 30 et 37.
(TarISMAN. — Échinodermes.) 32
l’autre, et laissant, dans l'intervalle de leurs points de contact, une fosse ligamentaire fusiforme.
Plaques adambulacraires se modifiant d'habitude graduellement, à mesure qu'elles se rapprochent des dents, de manière à présenter une série de formes de transition conduisant à ces dernières. Piquants adambulacraires ordinairement longs et divergents.
Plaques ventro-latérales peu nombreuses ou se disposant en séries qui vont de chaque adambulacraire vers les marginales ventrales; deux séries pouvant aboutir à la même marginale ; un sillon apparent entre les séries consécutives.
Marginales ventrales et dorsales ordinairement nombreuses, diminuant graduellement de dimension de la base au sommet des bras et portant souvent soitun long piquant conique, mobile, soit un gros piquant soudé avec elles.
Plaques dorso-latérales petites, peu serrées les unes contre les autres, ou même isolées, portant un faisceau de piquants, ou nettement en forme de paxilles, très rarement disposées en mosaïque.
Calicinales et carinales presque toujours indistinctes.
Squelette tégumentaire composé presque toujours de piquants, d’éailles ou de spinules, très rarement uniquement formé de granules.
Pédicellaires constitués par des groupes de piquants légèrement modifiés.
Madréporite souvent caché par des paxilles.
Anus présent dans la plupart des genres, mais caché par les paxilles
(si même il existe) chez quelques-uns.
Synopsis des genres composant la famille des ARCHASTERIDÆ.
1. — Bras allongés et pointus, ordinairement aplatis, unis entre eux à angle vif ou par un arc interbrachial à forte courbure.
À.— Plaques ventro-latérales peu nombreuses, ne formant qu'une ou deux séries parallèles au bord du disque. 1. — Carinales nettement distinctes; dorso-latérales formant des rangées obliques, allant des carinales aux supramarginales et constituant de
LOrTES DAS Me Pen. ARCHASTERINÆ.
a, — Un piquant adambulacraire comprimé, plus
ARCHASTERIDÆ.
saillant que les autres dans la gouttière AMDUIACRAIRE Re re eee ee.
2, — Carinales indistinctes; dorso-latérales sans ordre
déterminé, sauf parfois au bord des bras. ....
Papilles respiratoires limitées à la base des bras.
a. — Une marginale interradiale impaire. . .... b. — Point de marginale interradiale.
«. — Des pédicellaires en forme de peigne,
constitués par des piquants appartenant à deux plaques différentes, in-
clinés les uns vers les autres. .....
B. — Des pédicellaires constitués par un faisceau de piquants appartenant à Une MIÉMOPDITQUE. rs... ’ y. — Point de pédicellaires. ....,.........
B. — Plaques ventro-latérales bien développées, se disposant d'ordinaire en rangées allant des adambulacraires aux marginales... dore 4. — Ventro-latérales disposées en doubles séries allant des adambulacraires aux marginales. .
2. — Ventro-latérales disposées en séries simples allant des adambulacraires aux marginales,
ou sans ordre déterminé.
a. — Marginales supérieures etinférieures à peu près également développées.
+ Marginales minces, peu apparentes sur les faces dorsale et ventrale et formant aux bras un bord vertical.
Adambulacraires égales aux marginales ou plus grandes.
a. — Des pédicellaires tri- ou quadrival- LE TE Re oi 0 8. — Point de pédicellaires. . ... So ++ Marginales bien développées, très apparentes sur les faces dorsale et ventrale; adambulacraires égales aux marginales ou plus petites; point
de pédicellaires.
«. — Madréporite caché parles paxilles.
B: = Madréporitenu. ,..............
b. — Marginales supérieures presque avortées...
IL. — Bras courts, obtus, plus où moins renflés, corps pentagonal, à côtés plus ou moins échancrés.
A. — Une marginale interradialeimpaire.............