‹ ÉchinodermsChapitre 34 sur 80 · Pararchaster Folini, E. Perrier · texte numérisé non relu

Pararchaster Folini, E. Perrier

(PL'XIX, Ge. 2 etpl XX fie, 1).

1885. Cheiraster Folini, E. PERRIER. — Note préliminaire sur les Échinodermes recueillis

par le Zravailleur et le Talisman (Annales des sciences naturelles, XX, I, art. n° 8, p. T0).

l'alisman. — Dragage 96. — Lat. N. 19°19°-19°16". Long. O. 20°22/-20°20". — Cap Blanc. — Profondeur 2330" à 2320", — 4% exemplaires.

— — 97. — Lat. N. 1912’. Long. O. 20°17. — Cap Mirick. — Profon-

deur 2324%, — 4 exemplaires.

— — 98. — Lat. N. 19212’. Long. O. 20°17. — Cap Mirick. — Profondeur 2324. — 2 exemplaires.

En tout 10 exemplaires à environ 2300" de profondeur.

Cinq bras grèles, aplatis, s’unissant à angle vif, mais presque tous brisés au sommet, de sorte qu’il est impossible de donner exactement le rapport de R à ». Un seul exemplaire de petite taille présente un bras à peu près complet, et l’on a pour lui :

R — 45 Mm r =5Mm R—9r.

Chez notre exemplaire r — 12 M m. Si le rapport précédent était conservé, comme cela paraît être d’après les dimensions des parties restantes des bras, on aurait chez cet individu R — 108 Mm. L'animal entier aurait près de deux décimètres de diamètre.

Les tubes ambulacraires sont terminés par une ventouse d’un diamètre plus faible que le leur, mais cependant bien développée.

Les dents sont brusquement tronquées à leur bord postérieur; le côté suivant lequel elles s'affrontent est sensiblement rectiligne ou légèrement

concave, de manière à laisser libre un espace fusiforme, occupé par un

to

ligament; l’autre côté s’incurve vers l'extérieur en se rapprochant du bord de la gouttière ambulacraire, de sorte que la dent est presque sécuriforme; son bord libre est légèrement et régulièrement convexe, et il n'y a pas de saillie dentaire proprement dite. Chaque dent porte sur son bord ambulacraire sept piquants; les six premiers grandissent légèrement de la première plaque adambulacraire au sommet de la dent; Île septième piquant ou piquant apical est beaucoup plus grand que les autres. Chaque dent porte, en outre, sur sa surface ventrale, une rangée longitudinale de quatre grands piquants dont quelques-uns peuvent manquer, ceux qui sont aux deux extrémités de la série étant les plus constants.

La première plaque adambulacraire est presque de même forme que la dent; mais un peu plus courte et moins large. Peu à peu la forme des plaques suivantes se modifie de manière qu'elles arrivent à être presque carrées. La surface ventrale de ces plaques qui imite latéralement la goutüière ambulacraire est assez fortement et obtusément carénée, de manière à former une saillie qui sépare chaque tube ambulacraire du suivant. Au contraire, les piquants adambulacraires sont insérés sur le bord supérieur de la plaque suivant une ligne à peu près droite ; les piquants sont serrés les uns contre les autres et sensiblement égaux; il y en a sept, ou moins souvent huit et mème neuf pour chaque plaque. Les plaques sont séparées les unes des autres par une plage ligamenteuse assez large, de sorte que les peignes de piquants adambulacraires sont très nettement espacés.

La première et la seconde adambulacraires portent, sur leur surface ventrale, deux gros piquants placés l’un derrière l’autre, transversalement par rapport à la gouttière ambulacraire; les suivantes ne portent qu'un seul piquant d'assez grande taille, ordinairement plat, entre deux piquants plus petits, formant avec lui une rangée oblique ; mais cette disposition est souvent altérée, notamment par l’absence du piquant le plus rapproché du bord adambulacraire.

Le mince tégumentlisse quirecouvre toute la face ventrale du corps empêche d’apercevoir nettement les limites des plaques ventro-latérales ; mais l’action de la potasse rend ce tégument transparent, et permet de

reconnaître que ces plaques ne forment qu’une seule rangée comprise

(TaLiSmMAN. — Échinodermes.) 33

entre les dents, les trois ou quatre premières adambulacraires, la marginale ventrale impaire et la première marginale paire (PI. XX, fig. 1). Elles sont ordinairement au nombre de trois, rarement quatre pour chaque bras, de six ou huit, par conséquent, pour chaque aire actinale; la première correspond à la dent, les suivantes chacune à une adambulacraire; leurs dimensions diminuent rapidement de la première à la dernière. Vues de l'extérieur, les deux premières ventro-latérales de chaque bras paraissent tronquées le long du bord par lequel elles se regardent, arrondies du côté opposé; la dernière est triangulaire, allongée dans le sens des bras.

Entre la première et la seconde adambulacraires de chaque côté, il se développe, en général, un pédicellaire pectiné formé de cinq à sept piquants pour chaque plaque; dans les grands exemplaires à quatre ventro-latérales de chaque côté, un second pédicellaire semblable existe entre la deuxième et la troisième ventro-latérales, mais ce pédicellaire est généralement plus petit. Sur la surface des plaques il peut aussi exister, quoique pas constamment de un à trois petits piquants (1). La dernière ventro-latérale ne porte qu’un seul piquant, et ne contribue dans aucun de mes exemplaires à la formation d’un pédicellaire pectiné.

À parüir de la quatrième adambulacraire ou tout au moins de la cinquième, les plaques adambulacraires et marginales ventrales sont contiguës ; la quatrième et la cinquième adambulacraires s'appliquent sur la deuxième marginale paire; dans le reste de la longueur des bras les plaques adambulacraires sont disposées sensiblement de facon que deux d’entre elles correspondent à une marginale.

(1) On doit considérer comme une monstruosité le cas, fréquent aussi pour les pédicellaires marginaux, Où il n'existe qu'une moitié de chaque pédicellaire pectiné. Dans un cas que j'ai sous les yeux, les deux pédicellaires pectinés d'une même aire actinale sont ainsi réduits à une de leur moitié; ils sont normaux sur les autres aires. Sur l’aire anormale, il n’y a que deux ventro-latérales pour chaque bras, ce qui explique la réduction du pédicellaire, la dernière ventro-latérale ne prenant pas part à la formation d’un organe de ce genre. Les deux premières ventro-latérales sont plus grandes que d'habitude, et correspondent à l’ensemble de la dent et de la première adambulacraire, comme si elles résultaient de la soudure de deux autres plaques; sur toutes deux l'orientation des piquants qui devraient former le pédicellaire a changé ; sur l’une d’elles la ligne d'insertion de ces piquants est encore un arc, mais cet arc tourne sa concavité vers la bouche, au lieu de la tourner vers l'extrémité du bras: sur l’autre les piquants occupent aussi le bord buccal de la plaque, mais leur ligne d'insertion est en forme d'$, comme si la plaque était réellement formée de deux autres; ces deux plaques portent, outre le pédicellaire, un piquant plus grand que d’ordinaire et plusieurs pelits piquants de grandeur normale.

ARCHASTERIDÆ. 250

Le sommet de l'arc interbrachial, qui est court, est occupé, du côté ventral, par une marginale impaire dont la longueur correspond à celle de la paire médiane de plaques ventro-latérales. Cette plaque est rectangulaire; elle porte sur son bord extérieur un piquant long, aigu, et, sur sa surface ventrale, tout près de son bord inférieur, une rangée parallèle à ce bord de trois à cinq piquants plus petits; des piquants de cette dimension peuvent aussi accompagner le piquant principal. Les plaques suivantes sont très visibles du côté ventral, peu élevées, et semblent se renfler légèrement de leurs extrémités vers leur milieu, dont le bord supérieur supporte un long piquant conique, articulé etmobile ; un piquant plus petit est situé au-dessous de ce piquant principal. Ginq ou six autres piquants grèles peuvent être disséminés sur la surface de la plaque, principalement près de leurs bords verticaux.

Entre la marginale ventrale impaire et les deux voisines, et de même entre presque toutes les plaques marginales ventrales, il se développe un pédicellaire pectiné. Six piquants pour chaque plaque peuvent prendre part à la formation de ce pédicellaire. Assez souvent le pédicellaire pectiné ne se montre que de deux en deux sutures, sans que cette disposition paraisse cependant avoir une tendance à se régulariser.

Les deux premières marginales dorsales sont supportées, en partie, par la marginale ventrale impaire; elles s’écartent sur toute leur longueur, pour recevoir entre elles une plaque impaire supplémentaire, exactement interbrachiale, en forme de trapèze rétréci par en bas, renflé vers le haut, de manière à faire une forte saillie arrondie à la surface dorsale du disque lorsque ses piquants, qui paraissent assez fugaces, sont tombés. La partie saillante de la plaque porte quatre ou cinq piquants dont un est généralement plus grand que les autres, mais beaucoup plus petit que les autres piquants marginaux dorsaux. En outre, le long de la ligne médiane verticale de la plaque, on observe souvent de petits piquants grèles et mobiles.

Les premières marginales dorsales sont limitées, du côté externe, par un bord presque en forme de demi-cerele ; elles débordent la marginale ventrale impaire, de manière à empiéter sur la première marginale ven-

trale paire ; la deuxième marginale dorsale, moins haute que la première

repose en partie sur la première marginale ventrale, en partie sur la seconde ; cette alternance entre les marginales dorsales et ventrales se continue encore quelque temps, mais elle s’atténue peu à peu par suite de l'allongement graduel des plaques dorsales qui deviennent en même temps moins hautes; finalement, à partir de la cinquième dorsale, les marginales des deux séries se correspondent à peu près exactement. Arrivées à leur forme normale, les marginales dorsales sont allongées, peu élevées, à peine visibles sur la face dorsale, de forme elliptique quand on les regarde sur le côté des bras. Chacune d’elles porte, en son milieu, un long piquant conique, au-dessous duquel sur la première et la deuxième marginales, on peut observer un ou deux autres piquants grêles et longs qui manquent aux plaques suivantes; il n’y a pas entre elles de pédicellaire pectiné. Ces plaques sont si peu épaisses que leur grand piquant est presque contigu, à sa base, avec celui de l’inféro-marginale correspondante.

Faute de bras complet, je ne puis décrire la plaque apicale, ni donner le nombre des plaques marginales.

Le tégument dorsal est assez mince et translucide pour laisser apercevoir les viscères par transparence. On peut constater ainsi que ni les cæcums radiaux, ni les glandes génitales ne se prolongent au delà de la base des bras.

Les plaques du squelette dorsal sont petites, arrondies, discoïdales ; elles soulèvent à peine le tégument malgré sa minceur; elles semblent d’abord isolées et irrégulièrement placées. Sur le disque elles ne présentent aucun arrangement défini, et on ne peut distinguer parmi elles les plaques primaires caractéristiques, sauf Îa centro-dorsale qui est assez éloignée de l'anus, et porte, en son centre, un assez long piquant mobile, entouré de piquants plus petits. En raison de leur forme arrondie, les plaques dorsales ne forment pas une véritable mosaïque, mais dans les espaces qui existent entre elles, on ne voit pas de papille respiratoire. Sur les bras, les plaques tendent à se disposer en rangées obliques, non contiguës, inclinées de dehors en dedans et de la base vers le sommet des bras; dans quelques-unes de ces rangées, les plaques se touchent

par leurs extrémités ; dans d’autres, elles sont complètement dissociées,

ARCHASTERID Æ. 261

el comme quelques plaques deviennent plus petites que les autres, que d’autres sont dérangées, la disposition en rangées peut se trouver plus ou moins altérée. Cinq de ces rangées correspondent, en général, à une même marginale dorsale. Souvent, au voisinage des marginales dorsales, toutes les plaques dorsales deviennent contiguës.

Sur le disque comme sur les bras, les plaques abactinales portent, en général, de un à einq petits piquants dont l’un est quelquefois plus grand que les autres. Ces piquants sont cylindriques, obtus, légèrement épineux sur le dernier tiers de leur longueur et à leur extrémité ; il existe quelquefois un piquant central plus grand que les autres, atteignant près de 2 millimètres de long; d’autres piquants disséminés sans ordre, peuvent atteindre { millimètre de long. À l’aide des piquants de ces plaques, il se forme assez souvent, principalement à la base des bras, dans l'aire papillaire, des pédicellaires pectinés, à la formation desquels concourent quatre piquants par plaque.

Les plaques abactinales sont des disques de faible épaisseur. Sur leur bord, elles sont perforées de part en part par des trous arrondis; vers leur centre, elles s’épaississent et forment alors une dentelle pierreuse, à mailles superposées. C’est sur cette éminence centrale que s’insèrent le ou les piquants, lorsqu'il y en a plus d’un.

La plaque madréporique est grande, saillante, elliptique, allongée radiairement, marquée de sillons très sinueux, irrégulièrement entourée de petits piquants; elle n’est pas contiguë à la plaque impaire voisine, mais en est séparée par une seule épaisseur de plaques.

L’aire papillaire occupe toute la largeur de la base des bras jusqu'au niveau de la quatrième marginale, et empiète un peu sur le disque. Les papilles manquent parfois à ses deux extrémités, le long de la ligne médiane. Il ya une papille dans tous les espaces laissés libres par les plaques.

L’anus est subcentral et bien visible.

Caractères distinctifs. — La seule espèce du Challenger dontle P. Folinr se rapproche est le P. pedicifer, qui a été trouvé dans l'Océan austral au-dessous du 36° degré de latitude Sud, au large du banc d'Agulhas, au sud du cap de Bonne-Espérance, et à l’ouest des îles Crozet. Notre espèce

a été trouvée à 19° au nord de l'Équateur. À propos du P. pedicifer,

M. Sladen dit : « Cette espèce peut être infailliblement reconnue à la présence de grands pédicellaires pectinés entre les plaques inféro-marginales. » Notre espèce présente ce caractère, quoique peut-être d’une facon moins régulière; elle diffère du ?. pedicifer par les caractères suivants: Les dents portent quatre gros piquants sur la surface actinale, au lieu de {rois piquants courts et plus petits que les piquants correspondants des plaques adambulacraires. Les piquants marginaux de celles-ci paraissent plus nombreux ; en revanche, chaque plaque ne porte qu'un grand piquant, au lieu de trois sur sa surface actinale. [1 y a deux et, au maximum, quatre pédicellaires pectinés sur les aires actinales triangulaires et non pas cinq ou six. La plaque ventrale impaire porte un grand piquant et d’autres piquants plus petits, au lieu de ne présenter que deux ou trois courtes épines avortées et quelques spinules miliaires. La plaque marginale dorsale impaire porte plusieurs piquants, au lieu d’un, et les autres marginales dorsales n’ont d'autre armature que leur grand piquant. Les piquants des plaquettes dorsales quoique assez délicats et obtus, sont bien développés et « non en forme de granules papilliformes à peine dignes du nom de spinules ». Les dix piquants des plaques primitives ne sont pas distincts; enfin les pédicellaires pectinés présentent une localisation dans Paire papillaire qu’on n’observe pas chez le P. pedcifer.

Chez le Pararchaster

Remarques sur les pièces du squelette interne. Folini (1), l'odontophore est grand; il recouvre toute la base des dents; vu par l’intérieur du corps, dans sa position normale, il apparaît comme une pièce semi-circulaire, échancrée au milieu de son bord diamétral et dont la surface présente le long du rayon perpendiculaire à ce bord, une saillie fusiforme, étroite, sur laquelle s’insère un ligament dirigé vers la face dorsale. Chacune des deux saillies que fait son bord diamétral, à droite et à gauche de l’échancrure médiane, porte sur une apophyse verticale qui traverse la dent etsur laquelle vient s'appuyer obliquement une pièce trapézoïdale de petite taille; cette dernière s’unit, d'autre part, à une apophyse saillante de la première ambulacraire de conformation quasi-normale. La jambe de celle-ci va s'appuyer sur la première adambulacraire de conformation tout à fait normale; la jambe de toutes les

(1) PI, XX, fig. 1.

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ambulacraires suivantes va de même s'appuyer sur une adambulacraire et sur une seule. Chaque ambulacraire est done en rapport : 1° avec les ambulacraires entre lesquelles elle est comprise; 2° avec une adambulacraire; de plus elle passe au-devant d’un tube ambulacraire. La dent n'étant autre chose que la première adambulacraire dans le type qui nous occupe, la petite pièce oblique qui se trouve placée entre elle et Ta première ambulacraire quasi-normale présente exactement les connexions que devrait avoir la première ambulacraire et doit être tenue pour telle; la plaque que l’on considère habituellement comme la première ambulacraire n’est donc, en réalité que la seconde. Si on la considérait comme la première, ses connexions seraient tout à fait anormales puisqu'elles s’appuierait à la fois sur les deux premières adambulacraires.

Les plaques ambulacraires et adambulacraires sont 1e1 exactement superposées. La deuxième marginale dorsale et chacune des pièces homologues qui la suivent, se trouvent reliées à deux ambulacraires consécutives par une petite pièce de soutien (swrambulacraire, de M. Percy Sladen, PI. XX, fig. 1). Ce fait est important, car l’un des caractères sur lesquels M. Percy Sladen s'appuie pour séparer la famille des ArcHasrermz de celle des AsrRoPecriNin&, c'est l’absence, dans la première famille, des surambulacraires qui existent dans la seconde. On voit que ce caractère disparait. À la vérité, chez les Asrropecrinipz la surambulacraire va de chaque ambulacraire à une marginale inférieure; mais ce déplacement s'explique ici par la faible épaisseur des bras. Un changement analogue des connexions des surambulacraires a été observé par M. le D'C. Viguier chez les LixCkib# ; dans cette famille la pièce de soutien est en rapport avec les marginales supérieures chez les Opladiaster et les Scytaster, avec les marginales inférieures chez les Linchkia et les Chætaster. La régularité du rapport de un à deux du nombre des plaques marginales et du nombre des ambula-

craires est rendue bien nette par la disposition des surambulacraires.

Pararchaster Fischeri, nov. sp. (Planche XX, figure 2).

T'alisman, 1883. — Dragage 73. — Lat. N. 25°39. Long. O. 18°26/ (Pilones). — Profondeur 1435" à 1056". — 1 exemplaire. — Sable vasard, coraux.

Cinq bras en triangle très allongé, aplatis en dessus, légèrement

tronqués au sommet.

R — 39 Mm r = 6 Mm RC

Tubes ambulacraires bisériés, à ventouse bien développée, mais de plus petit diamètre que le tube.

Dents saillantes sur la face ventrale, relevées seulement dans leur région moyenne, le long de leur ligne de suture, se touchant à leurs deux extrémités, mais laissant entre elles un espace occupé par le ligament, plus larges vers leur extrémité apicale que vers l'extrémité opposée, tronquées à leur extrémité périphérique, assez aiguës à leur extrémité buccale, à board ambulacraire presque rectiligne. La longueur des dents est, au moins, double de celle de la première adambulacraire. Chaque dent porte sur son bord ambulacraire onze ou douze piquants très serrés, assez grèles et pointus; le piquant apical est notablement plus grand que les autres; mais d’un diamètre à peine double; la dent, presque pointue à son sommet, est cependant légèrement tronquée, de sorte qu'un second piquant plus petit se trouve à côté du piquant dentaire sur son extrémité libre.

Les dents sont crénelées Le long du bord suivant lequel elles s’affrontent et les crénelures ne paraissent pas mobiles comme si elles étaient simplement constituées par une rangée de piquants ; la surface actinale des plaques présente tantôt deux rangées longitudinales de tubercules presque parallèles à la ligne de suture, tantôt d’assez longs piquants mobiles; 1lest probable que, sur l'animal intact, les tubercules supportent des piquants mobiles, semblables à ceux qu’on observe sur les autres plaques dentaires. Ces piquants sont un peu plus forts que les piquants adambulacraires.

Les plaques adambulacraires diminuent de grandeur à partir de la plaque dentaire, mais changent peu de forme, de sorte qu’elles ne présentent pas les transitions qu'on observe dans l'espèce précédente. La première adambulacraire porte six piquants marginaux, divergents, les autres cinq; les piquants terminaux de chaque peigne sont notablement plus petits que les autres. La ligne d’insertion de ces piquants est sensi-

ARCHASTERIDÆ. 265

blement droite sur les premières adambulacraires; elle devient un peu arquée vers la seconde moitié des bras. La paroi verticale de chaque plaque est d’ailleurs légèrement carénée, de sorte que deux plaques consécutives forment une espèce de loge pour le tentacule placé au niveau de leur suture. Sur sa surface actinale, chaque adambulacraire porte trois piquants coniques, mobiles, plus forts que les piquants adambulacraires et disposés en une rangée sensiblement parallèle à la leur. Ces piquants sont égaux sur quelques plaques ; mais en général, le piquant proximal est plus petit et tend à avorter; il en est de même du piquant distal sur les dernières adambulacraires; de sorte que le piquant médian subsiste seul, accompagné de deux spinules. Outre ces trois piquants, il existe, sur un certain nombre de plaques, de une à trois petites spinules irrégulièrement placées en dehors de leur rangée.

Les plaques ventro-latérales ne forment qu'une seule rangée qui, autant qu’on puisse le déterminer, étant donnée la faible transparence du tégument, ne paraît pas comprendre plus de six plaques (peut-être huit) pour l'aire tout entière, soit trois plaques et une rudimentaire pour chaque bras. Ces plaques vont en diminuant rapidement de la première à la quatrième, si tant est que cette dernière existe. Elles correspondent sensiblement, pour chaque rayon, la première à la dent, les autres chacune à une adambulacraire ; les deux premières de chaque rayon correspondent extérieurement à une moitié de la marginale impaire ; les deux suivantes à la première marginale paire. Dans une des aires intermédiaires, il existe un pédicellaire pectiné, impair, formé à l’aide de piquants dépendant respectivement de la première ventro-latérale de chaque rayon. Sur les autres aires, ce pédicellaire impair manque, et les deux premières ventrolatérales sont unies par une simple suture; toutefois, comme elles sont de forme arrondie, elles s’écartent un peu l’une de l’autre au voisinage des dents, qui reposent sur elles par leur extrémité tronquée. Sur les cinq aires triangulaires actinales, il existe un pédicellaire pectiné entre la première et la seconde plaques. Les piquants de ces pédicellaires implantés, comme d'habitude, sur un rebord saillant et légèrement arqué des plaques, sont au nombre de huit ou neuf, aussi bien pour Le pédicellaire impair que

pour les autres. Il n’existe pas de pédicellaire correspondant aux autres

à : 34 (TALISMAN. — Echinodermes.) 34

sutures des plaques ventro-latérales. Parallèlement à la ligne d'insertion des piquants du pédicellaire, les deux premières ventro-latérales portent une ligne de cinq ou six très petites épines mobiles ; la surface actinale de la troisième présente des épines semblables, irrégulièrement placées ; sur l’une d'elles, il existe même une épine centrale, allongée en un véritable petit piquant conique.

Non comptée la plaque marginale impaire, il existe vingt-trois plaques marginales ventrales et autant de dorsales pour chaque bras. Ces plaques se correspondent à peu près exactement, sauf un léger déplacement des deux premières dorsales, dû à l'inégalité des marginales impaires ventrale et dorsale.

La marginale ventrale impaire, vue par la face actinale, a la forme d’un trapèze isocèle dont la grande base serait tournée vers la bouche ; à peu près le long de sa ligne médiane, elle présente environ sept piquants grèles, coniques, qui augmentent de longueur du bord ventral au bord dorsal de la plaque. Le reste de la surface de la plaque est couvert de spinules mobiles, semblables à de petites écailles triangulaires, dont quelques-unes, au voisinage de la ligne médiane de petits piquants, peuvent s’allonger de manière à la flanquer de piquants accessoires.

Les plaques marginales paires présentent, de même, de nombreuses spinules mobiles, inégales, irrégulièrement placées. Dans la région moyenne de la première marginale, cinq ou six de ces spinules prédominent, de manière à former un groupe de piquants semblables à celui de la plaque impaire; il existe encore un groupe de piquants sur la deuxième marginale, mais les piquants sont moins nombreux, et l’un d'eux s’allonge plus que les autres ; sur les plaques suivantes, 1l n'existe plus, au milieu des spinules, qu’un long piquant accompagné de trois ou quatre petits piquants accessoires; le piquant le plus long est celui de la quatrième marginale : il a 3°” de long; la longueur des piquants homologues diminue ensuite graduellement, à mesure qu’on se rapproche de l’extrémité des bras.

Entre les plaques marginales ventrales, il existe des pédicellaires pectinés; mais ils sont en nombre restreint, et, sur notre unique exemplaire, occupent les positions suivantes :

ARCHASTERIDÆ. 267

Si l’on appelle À le rayon opposé à la plaque madréporique, si l’on applique aux autres rayons successivement les noms des autres lettres de l'alphabet en tournant de gauche à droite (dans le sens des aiguilles d’une montre), l'animal étant sur le dos, et si l’on considère comme le côté gauche de chaque rayon celui qu'on rencontre le premier, dans le sens de cette rotation, les pédicellaires sont disposés de la manière suivante :

Rayon À : à gauche, aux deuxième et septième sutures ; à droite, aux troisième, cinquième et septième sutures.

Rayon B : à gauche, aux deuxième et neuvième sutures ; à droite, aux première et deuxième sutures.

Rayon C': à gauche, aux deuxième et troisième sutures avec indication à la première ; à droite, un rudiment à la deuxième suture.

Rayon D : à gauche, à la deuxième et à la troisième suture; à droite, à la deuxième.

Rayon E : à gauche, un très faible rudiment à la deuxième suture; à droite, des pédicellaires bien développés aux deuxième et cinquième sutures.

Ces pédicellaires, comme ceux des aires actinales triangulaires, sont formés de dix piquants pour chaque arc dans la région de la base des bras, de neuf plus loin; leur ligne d'insertion est plus arquée vers l'extrémité des bras que vers sa base, de manière à permettre l’implantation d’un nombre de piquants qui demeure sensiblement le même, bien qu’en raison de l’étroitesse plus grande des bras l'organe soit nécessairement plus raccourei.

La marginale dorsale impaire se rétrécit à peine de son bord dorsal à son bord ventral; elle s’intercale entre les premières marginales paires qu’elle sépare dans toute leur hauteur. Toute sa surface est couverte de spinules coniques, pointues, dressées, plus longues autour du tubercule qui forme presque entièrement cette surface du côté dorsal. Ce tubercule supporte un énorme piquant conique, long de 6 à 7°”, et large, à sa base, d’un peu plus de 1°".

Les marginales dorsales paires sont bien visibles du côté dorsal, et, vues par la face dorsale, paraissent rectangulaires; leur longueur relative augmente légèrement par rapport à leur largeur, à mesure qu'on s'éloigne

du sommet de l'angle interbrachial ; elle finit par être double environ de celle-ci. Leur surface présente de nombreuses petites épines qui, sur la première et la seconde, s’allongent beaucoup le long de la ligne médiane verticale, et forment ainsi une ligne verticale de piquants; le plus élevé de ces piquants, du côté dorsal, est déjà plus grand que les autres sur la première marginale, plus grand encore sur la deuxième; il domine seul au milieu des petites épines sur les suivantes, et atteint 3°" de long sur la troisième marginale, où ses dimensions sont maximum.

La plaque terminale est en forme de rectangle allongé transversalement par rapport au bras.

Tout le squelette dorsal est formé de plaquettes arrondies, dont les contours sont difficiles à apercevoir au travers des téguments. Ces plaquettes ne présentent pas d’arrangement bien défini; quatre ou cinq d’entre elles correspondent à la longueur d’une marginale. Les calicinales primitives ne sont pas distinctes sur le disque. Chaque plaquette porte de deux à dix spinules pointues, qui, lorsqu'elles sont nombreuses, se groupent de manière à figurer une paxille. La spinule centrale peut s’allonger alors en un petit piquant; mais cela arrive même sur les plaques dont les spinules sont peu nombreuses, de sorte que la surface dorsale est nettement épineuse, aussi bien sur les bras que sur le disque. Les piquants qui environnent l'anus sont plus grands que les autres. On trouve assez souvent des couples de piquants géminés, plus longs que leurs voisins; mais Je n’ai pu reconnaître sur la surface dorsale de véritables pédicellaires.

La plaque madréporique est petite, peu visible, marquée de sillons peu sinueux, allant d’un bord à l’autre; contre son bord interne sont deux piquants dorsaux, dépassant 1” de long.

L’aire papillaire, limitée à la base des bras, en occupe toute la largeur de la première à la quatrième marginales; elle n’est pas interrompue en son milieu et n’empiète que fort peu sur le disque.

Caractères distinctifs. — Le P. Fischeri à comme le ?. pedcifer dés pédicellaires pectinés entre les infra-marginales, mais il s'éloigne beaucoup plus de cette espèce que le ?. Folini. Au lieu d’une rangée longitudinale de trois piquants, les dents portent sur leur surface actinale

ARCHASTERIDÆ. 269

deux rangées longitudinales de trois ou quatre piquants et une rangée transversale de trois piquants; les piquants adambulacraires sont au nombre de einq, au lieu de huit; et, sur la face ventrale des plaques adambulacraires, il existe non pas une rangée oblique, mais une rangée longitudinale de trois piquants. Les pédicellaires pectinés sont beaucoup

moins nombreux.

Genre CHEIRASTER, Stüder (Perrier, emend.).

SyYN. — Pontaster, Sladen (partim).

Cinq bras allongés; tubes ambulacraires bisériés, coniques, terminés par une ventouse petite, mais assez bien développée.

Dents grandes, sécuriformes, armées d’un peigne de nombreuses épines adambulacraires, dont les angulaires beaucoup plus grandes que les autres ; les deux dents d’une même paire formantsur la face ventrale une saillie arrondie.

Plaques adambulacraires passant graduellement à la forme des dents, saillantes dans la gouttière ambulacraire et portant un éventail de piquants adambulacraires, plus un grand piquant sur leur surface libre.

Plaques ventro-latérales peu nombreuses, mais pouvant former deux séries parallèles au bord du disque; présentant entre elles des pédicellaires pectinés.

Marginales ventrales plus grandes que les adambulacraires (trois des premières correspondent, par exemple, à cinq des secondes); couvertes de petits piquants, et portant, en outre, un ou plusieurs grands piquants coniques.

Marginales dorsales correspondant aux ventrales ou alternes avec elles et armées de même.

Point d'interradiale impaire marginale.

Calicinales quelquefois encore apparentes ; carinales indistinctes.

Plaques dorso-latérales petites, portant un faisceau de courts piquants peu nombreux.

Papilles respiratoires formant, à la base des bras, une ou deux plages plus ou moins étendues, sans modification spéciale du squelette.

Madréporite nu.

Le genre Cherraster comprend, ainsi qu'il a été dit précédemment, deux espèces décrites par Stüder sous les noms de Chetraster qazellæ et de C. pedicellaris, auxquelles viennent s'ajouter une partie des Pontaster de Sladen, ceux qui possèdent des pédicellaires pectinés et dont le squelette dorsal ne se modifie pas d’une manière sensible dans la région des papilles respiratoires. Ce sont les Pontaster oxyacanthus, P. teres, P. trullipes. À ce mème genre se rattachent les formes découvertes durant les dragages du Blake, que j'ai décrites et figurées (1) sous les noms d’Archaster coronatus, d'Archaster mirabilis et d’'Archaster echinulatus. En présence des formes nouvelles contenues dans les récoltes du Challenger et qui ont été considérées comme espèces par M. Percy Sladen, il a été nécessaire de comparer à ces formes, celles que j'ai réunies sous les trois vocables spécifiques que je viens de rappeler et que J'ai pensé un moment devoir rapporter à la même espèce tant est grande leur variabilité. En somme, en usant des caractères que M. Percy Sladen considère comme spécifiques, on est conduit à classer les Cherraster recueillis par le Blake sous quatre chefs, à savoir :

1° Cherraster coronatus — Archaster mirabilis (pars) + Archaster coronatus, E. Perrier.

2° Cheiraster Vincenti — Archaster mirabilis (pars), E. Perrier.

3° Cheiraster mirabilis — Archaster mirabilis (pars), E. Perrier.

4 Chetraster echinulatus — Archaster echinulatus, E. Perrier.

La répartition géographique et bathymétrique des Cherraster dont aucune espèce n’a été recueillie par le 7ravailleur et le Talisman s'établit donc de la manière suivante :

(1) Nouvelles Archives du Muséum d'histoire naturelle, 2° série 1884, t. VI, p. 256, pl. VII, fig. 7 et 8, pl. IX, fig. 4 et pl. X, fig. 2 et à.

ARCHASTERID Æ. 271 NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

Cheiraster gazellæ ....| Ile Maurice (18°5'2" 390" Lat. S. 116°3'8”

Long. 0. angl.).

— pedicellaris. | Nouvelle-Bretagne 1000% (22°91' Lat.S.

154175" Long. O.).

— oxyacanthus Pacifique. 600" Vase verte.

— ETES Se te Océanie. 25DE Vase bleue.

— trullipes 2. Pacitique. 1900% id

— coronatus . .|Saint-Kitt. La Barbade. 380-340"

— Vincenti . Saint-Vincent. 1142

— mirabilis...| Mer des Antilles. 100%-1500%

— echinulatus.| Mer des Antilles. 100-300"

Ainsi, à l'Océan austral et au Pacifique que les recherches du Challenger conduisaient à regarder comme le lieu d’origine des Chetraster, vient s'ajouter la mer des Antilles, riche de quatre espèces que nous

devons caractériser aujourd'hui d’une manière précise.

Cheiraster coronatus, E. Perrier.

1881. Archaster mirabilis (partim), E. PERRIER. — Description sommaire des espèces nouvelles d’Astéries recueillies durant les dragages de Plake. — Bulletin of the Museum of Comparative Zoology, vol. IX, p. 27.

1884. Archaster nurabilis (partim) et Archaster coronatus, E. PERRIER. — Mémoire sur les Stellérides recueillis par le Blake. — Nouvelles Archives du Muséum, 2° série, &. VI, p. 257 et 262, pl. IX, fig. 4.

Les Chetraster coronatus se distinguent immédiatement des trois autres formes de la même région par la présence autour de l'anus de piquants plus ou moins nombreux, parfois très allongés. Ils appartiennent à deux types assez différents : l’un à bras longs et grèles, l’autre à bras relativement courts.

A. — Premier type, bras allongés (À).

R = 85 Mm r — 10 Mm R—8:57r,

Tubes ambulacraires bisériés, coniques, terminés par une ventouse

(1) Dragage du Blake, n° 148; Saint-Kitt, 380 mètres.

plus petite que leur diamètre moyen, mais bien conformée. Dents sécuriformes, formant sur la face ventrale une saillie à contour elliptique, laissant entre elles une grande fosse ligamentaire, portant sur leur bord libre qui est arrondi onze piquants; les deux piquants angulaires beaucoup plus grands que les autres; les huit suivants presque égaux et assez grèles; le dernier plus petit. Sur la surface ventrale de la dent, on observe d'abord trois ou quatre piquants assez grands et grèles, disposés sur une ligne parallèle à la ligne suturale, puis, de nombreux petits piquants qui semblent, au premier abord, disposés sans ordre ; ils forment cependant une ligne assez régulière de cinq ou six piquants le long du bord sutural des dents, à l’intérieur de la ligne des trois grands piquants, et deux lignes moins nombreuses et moins régulières, en dehors.

Les plaques adambulacraires présentent quelques formes de transition vers les dents. Elles font saillie dans la gouttière ambulacraire et sont entièrement entourées de piquants, dont dix ou onze, plus grands que les autres, constituent l’armature adambulacraire. Deux piquants,les piquants médians, sont les plus grands, les autres vont en décroissant graduellement; le reste du pourtour de la plaque porte une dizaine de piquants coniques, très petits, semblables à ceux des plaques ventro-latérales. Au centre de la plaque s'élève un grand piquant conique, mobile, accompagné, sur quelques plaques, de un à trois piquants semblables à ceux du pourtour, et situés, en général, entre le grand piquant et le bord externe de chaque plaque.

Les plaques ventro-latérales occupent l’espace triangulaire compris entre les dents, les quatre premières adambulacraires et les deux marginales ventrales de chaque côté. Il y en a une série de trois, à droite et à gauche de la ligne interradiale, correspondant à la première adambulacraire ; une série de deux, correspondant aux deuxième et troisième adambulacraires : une seule petite plaque sépare la quatrième adambulacraire de la deuxième marginale. La première plaque de chacune des deux premières séries porte, à son centre, un assez long piquant conique, mobile, précédé de quatre très petits piquants disposés suivant une ligne droite presque parallèle à la gouttière ambulacraire, tandis que quatre ou cinq petits piquants semblables se distribuent sur Le reste de la plaque; quel-

ARCHASTERIDZÆ. 273

quefois un de ces piquants prend un développement presque égal à celui du piquant principal; en outre, sur le bord distal de la première plaque de la première série et sur le bord proximal de la première plaque de la deuxième série, cinq ou six piquants grandissent ets’incurvent de manière à former, en s’opposant d’une plaque à l’autre, un pédicellaire pectiné. Entre les premières plaques de la deuxième et de la troisième séries, de la troisième et de la quatrième séries, il peut exister un pédicellaire semblable. Toutes les plaques ventro-latérales portent, en outre, sur leur surface, un certain nombre de petits piquants pointus.

Les marginales ventrales sont au nombre de quarante à quarante-deux, et vont rapidement en diminuant de dimensions de la base au sommet du bras. Elles sont couvertes de spinuleslongues etgrèles, parmi lesquelles on remarque, sur les trois premières plaques, quatre ou cinq véritables piquants d'autant plus longs qu'ils sont plus rapprochés du bord de la plaque ; sur la quatrième, le piquant marginal, beaucoup plus grand que les autres, peut atteindre 7 ou 8 millimètres de long; il existe un piquant semblable sur les marginales suivantes, mais ce piquant va en décroissant à mesure qu’on se rapproche de l'extrémité du bras ; au-dessous de lui, 1] y a généralement au moins un second piquant plus grand que les autres. Sur quelques plaques, six ou sept petites spinules se disposent de manière à former un rudiment de pédicellaire fasciculé. Un peu plus larges que longues à la base des bras, les plaques marginales ventrales finissent par s’allonger dans le sens longitudinal vers la seconde moitié des bras.

Les plaques marginales dorsales sont assez petites, imbriquées; leur bord proximal convexe étant seul visible; elles sont en même nombre que les marginales ventrales, sans leur correspondre cependant exactement, leur surface est couverte de spinules très nombreuses et très petites : elles portent, en outre, sur leur moitié proximale, à partir de la quatrième, un long piquant conique; le piquant de la quatrième marginale est d'ordinaire beaucoup plus grand que les autres; ceux des première, deuxième el troisième interradiales peuvent avorter.

La terminale est petite, inerme, échancrée en arrière et marquée sur

toute sa longueur d’un sillon médian.

(TALISMAN. — Échinoderimes.) 39

Les plaques dorsales, nombreuses, arrondies, planes, sont couvertes de spinules extrèmement petites, presque réduites à l’état de granules visibles seulement à la loupe. Autour de l’anus, une dizaine d’entre elles portent un long piquant conique et mobile.

Les papilles respiratoires sont limitées à la base des bras, mais elles y forment deux groupes latéraux, symétriques, dont les limites n’apparaissent pas à première vue. Ces deux groupes de papilles se prolongent en convergeant jusque vers le milieu du rayon du disque; au point où ils sont le plus rapprochés, se trouve souvent une plaque dorsale un peu plus grande que les autres. Cette plaque est radiale, cinq autres semblables occupent souvent une position interradiale; ce sont peut-être les plaques calicinales. Dans l’espace qu’occupent les aires papillaires sont éparses des plaques calcaires plus grandes que leurs voisines, et semblables à celles qui portent les grands piquants centraux(1). La plaque madréporique, grande, circulaire, marquée de rayons divergents à partir de son centre, s'appuie intérieurement sur une plaque plus grande que les autres dorsales ; et du côté externe quelques piquants se développent auprès d’elle.

B. — Deuxième type; bras couris.

Un exemplaire (2) dragué à la Barbade (n° 295 — 340 mètres), présente les deux plaques papillaires et les piquants centraux de l’exemplaire de Saint-Kitt; mais ses proportions sont celles des individus de Saint-Vincent, dont nous allons bientôt parler.

Les plaques adambulacraires offrent, sur le même individu, tantôt un, tantôt plusieurs piquants secondaires, bien que cette différence soit considérée par M. Percy Sladen comme caractéristique des espèces. Des pédicellaires pectinés sont placés entre les plaques ventro-latérales. Au milieu de nombreux individus du type le plus fréquent, recueillis dans le dragage 238, se trouve un individu presque semblable et de mêmes dimensions, où les plaques adambulacraires, sauf une ou deux, n’ont qu'un seul piquant secondaire, et où les pédicellaires pectinés, irrégu-

(4) Les Pontaster typiques ont un organe papulaire autrement disposé; cet organe est impair, situé à la base de chaque bras, sur sa ligne médiane. Sous ce rapport, les formes qui nous occu-

pent se rapprochent davantage des Pararchaster. (2) Page 256 de mon Mémoire sur les Stellérides de la mer des Antilles.

ARCHASTERIDÆ. 275

lièrement placés, sont plus petits que d'habitude; les plaques ven-

tro-latérales sont elles-mêmes disposées sur deux rangs; deux plaques

sont contiguës aux dents et six en arrière.

Outre leur grand piquant, les plaques inféro-marginales portent trois

5 | ' 5 ou quatre piquants satellites, d'assez grande taille. Les piquants centraux, dans la région dorsale, ne sont qu'au nombre de ; O ; six ; un d’eux est assez grand; les autres sont petits, grèles et inégaux. ) O ? Î te) O Les plaques marginales supérieures ne portent qu'un où deux piquants et de nombreuses petites écailles pointues.

Observation. — Aux deux formes que je viens de caractériser et que J'avais d’abord considérées comme des variétés de lArchaster marabiles, se rattachent les pelits individus que j'ai décrits sous le nom d’Archaster coronalus; le nom donné à ces petits individus reçoit donc ici une extension nouvelle, et lespèce qu'il désigne est surtout caractérisée par les longs piquants qu'elle présente autour de l'anus, les deux plages de papilles de la base de ses bras, les pédicellaires pectinés de ses plaques ventro-latérales et marginales ventrales, le piquant secondaire unique de ses adambulacraires, le long piquant généralement uuique des

marginales.

Cheiraster Vincenti, E. Perrier,

1881. Archaster mairabilis (partim), E. PerRier. — Bulletin of the Museum of comparative

Zoology, Vol. IX, p. 27.

1884. Archaster mirabilis (partim), E. PERRIER, — Nouvelles Archives du Muséum d'histoire

naturelle, 2° série, t. VI, p. 258.

J'ai déjà indiqué dans mon Mémoire sur les Stellérides recueillis par le Blake, page 258, les caractères par lesquels cette forme{(l)se distingue assez nettement de la précédente pour qu'on soit porté à la considérer comme une espèce distincte. Effectivement, dans son tableau synoptique, M. Percy Sladen divise les Pontaster en deux groupes : ceux dont les plaques adambulacraires portent une série secondaire de deux ou plusieurs épines, et ceux dont les plaques adambulacraires n’ont qu'une seule épine secondaire très grande. Les individus de Saint-Kitt et ceux de Saint-Vincent seraient donc pour M. Sladen non seulement deux

(1) Dragages du Blake, n° 231, Saint-Vincent, 95 brasses.

espèces distinctes, mais elles appartiendraient à deux sections différentes du genre Pontaster.

La disposition des papilles respiratoires est d’ailleurs différente dans ces deux formes. Les individus de Saint-Vincent ont leurs papilles respiratoires rassemblées sur une plage impaire peu apparente et seraient par conséquent, pour M.Sladen, des Pontaster iNpiques, sans se rapporter cependant à aucune des formes distinguées par ce savant; la seule espèce qui ait, à la fois, une série secondaire d’épines adambulacraires complexes et des pédicellaires pectinés estle P.oryacanthus; maisles plaques inféromarginales de cette espèce portent trois piquants superposés, et leurs plaques dorsales sont armées de grands piquants, tandis que, sur nos exemplaires, les plaques inféro-marginales portent un grand piquant accompagné de deux ou trois autres plus petits, irrégulièrement placés, peu constants, et les piquants centraux des plaques dorsales sont à peine distincts des autres piquants. Nous proposerons d'élever les individus de Saint-Vincent au rang d'espèce, sous le nom de Chetiraster Vincenti.

Cheiraster mirabilis, E. Perrier.

1881. — Archaster mirabilis, E. PERRIER. — Bulletin of the Museum of comparative Z00logy, Vol. IX, p. 37.

1884. Archaster mirabilis, E. PERRIER. — Nouvelles Archives du Muséum d'histoire na-

turelle, 2° série, t. VI, p. 256, pl. VIIL, fig. 7 et 8.

La forme très répandue à laquelle nous réserverons le nom de Cherraster mirabilis est représentée par des individus dont le rayon maximum n'excède pas 30 millimètres.

Les dents, de forme arrondie, portent chacune six piquants qui vont en décroissant rapidement de l’extrémité libre de la dent à sa base. La surface libre des dents porte de nombreuses petites épines, parmi lesquelles il en est fréquemment une qui prédomine beaucoup.

Les plaques adambulacraires, saillantes dans la gouttière ambulacraire, de manière à séparer les paires de tentacules les unes des autres, portent chacune huit piquants marginaux, divergents, dont les dimensions diminuent à partir du sommet de la plaque. Cinq ou six petits piquants achè-

vent d'entourer la plaque du côté externe; en outre, un grand piquant,

© ei

ARCHASTERID Æ.

quelquefois accompagné d’un piquant plus petit, se dresse sur sa surface ventrale.

Les plaques ventro-latérales ne forment qu'une seule rangée; il y en a six où huit; elles sont couvertes de petites épines; entre la première, à parüir de l’angle buccal, et la seconde, il se développe, en général, un pédicellaire pectiné qui peut occuper toute l’étendue de la suture et est alors formé de six à huit piquants, ou avoir des dimensions plus restreintes, et même manquer complètement; un pédicellaire plus petit peut aussi se développer entre la deuxième plaque intermédiaire et la suivante.

Les plaques marginales ventrales sont au nombre de vingt-deux pour chaque bras, un peu plus longues que larges; elles sont couvertes de petites épines, leur bord libre est légèrement bombé, et porte, vers son milieu, un piquant aigu, aussi long que la plaque, le plus souvent accompagné d’un piquant plus petit, situé au-dessous de lui. Quelquefois entre deux plaques consécutives, il existe un petit pédicellaire pectiné.

Les plaques marginales dorsales alternent généralement avec les ventrales; elles sont bien nettement apparentes quand on regarde l’animal du côté dorsal, et ont alors l'aspect de parallélogrammes dont les côtés seraient inclinés de bas en haut et de la base vers le sommet des bras. Ces plaques sont couvertes de petites épines, et portent, en outre, un assez long piquant.

Les plaques arrondies qui constituent le squelette dorsal sont couvertes d’une trentaine de petits piquants obtus, presque réduits à l’état de granules; au centre de la plupart d’entre elles s'élève un piquant délicat. La plaque madréporique, à peine plus grande que ses voisines, est marquée de sillons profonds qui la traversent dans toute son étendue; elle est souvent adossée du côté interne à une plaque un peu plus grande que les autres.

Le nombre des papilles respiratoires situées à la base des bras, au voisinage de la ligne médiane de chacun d'eux, varie de un à huit suivant la taille des individus. De ces papilles, il y en a une toujours exactement radiale, beaucoup plus grande que les autres et entourée par quatre pla-

ques disposées en croix, plus grandes elles-mèmes que les plaques dorsales

voisines (PI. XX, fig. #). Les autres papilles respiratoires sont situées sur la mème ligne transversale que la grande papille ou plus loin que celle du centre du disque. Ces papilles sont toujours situées entre les plaques dorsales et, en général, il n’y aentre elles que l'intervalle d’une plaque; sur le mème individu, leur nombre et leur disposition varient d’un bras à l’autre.

L'anus est subcentral, entouré de petits piquants.

Cheiraster echinulatus.

: 1882. — Archaster echinulalus, E. PERRIER. — Nouvelles Archives du Muséum d'histoire

naturelle, 2° série, t. VI, p. 262, pl. I, fig. 4.

L'Archaster echinulatus est un Cheiruster très voisin du C. rurabilis. I se reconnait à ses bras plus courts et plus larges à la base, à ses pédicellaires pectinés de forme circulaire placés entre les plaques ventro-latérales,

ses piquants inféro-marginaux accompagnés de plusieurs piquants plus petits, aux épines plus développées de ses plaques marginales ventrales, au plus grand diamètre de ses plaques abactinales.

Le nombre des plaques intermédiaires varie de deux à six ; elles sont

situées sur une même rangée.

Genre PECTINASTER, E. Perrier, 1885.

Cinq bras pointus et aplatis.

Tubes ambulacraires bisériés, coniques, à ventouse.

Dents saillantes, sécuriformes, à bord libre arrondi.

Adambulacraires faisant saillie dans la gouttière ambulacraire, passant graduellement à la forme des dents et portant un peigne de piquants divergents.

Souvent deux sortes de plaques ventro-latérales : une première ransée disposée comme chez les Cheiraster, une seconde formée de plaques irrégulièrement placées.

Plaques ventro-latérales portant chacune un groupe de piquants recourbés les uns vers les autres et constituant un pédicellaire fasciculé.

Plaques marginales dorsales et ventrales correspondantes, spinuleuses, portant elles aussi des pédicellaires fasciculés et un ou plusieurs longs piquants coniques.

ARCHASTERIDÆ. 279

Plaques dorso-latérales petites, portant un groupe de piquants peu nombreux et un pédicellaire fasciculé.

Papilles respiratoires rassemblées à la base des bras, en un papularium occupant une sorte de crypte où les plaques squelettiques sont plus grandes, plus serrées, plus étroitement imbriquées que sur le reste de la face dorsale et constituent ainsi un organe papulaire déterminé, en forme de crible, formant saillie sur la face interne de la paroi du corps.

Plaque madréporique nue.

Dans le genre Pectinaster viennent se ranger les Pontaster forcipatus et mimeus, Sladen, recueillis parle Challenger ; aucune espèce de ce genre n’a été recueillie par le Blake; le Talisman n’en a recueilli qu’une seule, le Pectinaster Filholi.

Chez le Pectinaster forcipatus ei le P. Filholi, les pédicellaires sont nombreux ; mais la première espèce à six piquants adambulacraires, la seconde sept sur chaque plaque; dans la première espèce les plaques abactinales portent à leur centre un piquant robuste, plus ou moins allongé et conique ; ce piquant est à peine apparent, grêle et eadue chez la seconde. Chez le P. mimicus les pédicellaires fasciculés manquent sur la surface abactinale.

La distribution des trois espèces de ce genre est résumée dans le ta-

bleau suivant :

NOMS. LOCALITÉS PROFONDEUR. NATURE DU FOND

Pectinaster Filholi.....|Des Acores au large 1258" à 2330" Vase grise ou verte. du cap Mirick.

— forcipalus. .|Côte Atlantique des! 2000" à 2800" Vase bleue.

États-Unis au N. de Delaware.

— forcipatus|Entre les iles Marion 2500" Vase à globigérines. var. echi- et Crozet.

nala.

— MAMICUS. Iles Arrou. 1400% Vase verte.

Pectinaster Filholi.

(Planche XX, figure 3).

1885. Pectinaster Filholi, E. PERRIER. —- Annales des sciences naturelles, art. n° VIII, p. 70. T'alisman, 1883. — Dragage 96. — Lat. N. 19°19-19°16’. Long. O. 20°22'-20°20/. — Cap Blanc. — Prof. 2333"-2330%, — Vase grise un peu verte. — Nom-

breux exemplaires.

— — 97. — Lat. N.19°12’. Long. O. 20917’. — Cap Mirick. — Prof. 2324r,

— Vase grise un peu verte. — Nombreux exemplaires.

- — 93.— Lat. N.19°12’. Long. O. 20°17. — Cap Mirick. — Prof, 23247. — Vase grise un peu verte. — 3 exemplaires.

— — 126. — Lat. N. 38°37. Long. O. 30°41. — Acores, — Prof. 1258". — Vase grise. — 1 exemplaire.

Cinq bras aplatis et allongés, terminés en pointe : R = 64Mm r = 10 Mm R—6,47r.

Dents saillantes sur la face ventrale, à bord libre arrondi, presque en quart de cercle, à bord opposé tronqué, réuni au bord libre par une ligne qui s’incurve vers l’intérieur en s’unissant à ce bord; espace ligamentaire entre les dents assez large, fusiforme; s'étendant sur presque toute la longueur des dents. Bord libre de la dent portant septou huit piquants ambulacraires qui vont en diminuant à partir du piquant angulaire; piquant angulaire et le suivant notablement plus grands queles autres ; ensemble des piquants formant un peigne divergent, à dents nettement séparées. Sur la surface actinale de chaque dent : 1° une ligne de cinq à six piquants mobiles, coniques, à peu près de même diamètre que le piquant angulaire le long de la ligne de suture; 2° une ligne pas très constante, parallèle à la précédente et presque contiguë avec elle de piquants cylindriques, beaucoup plus petits; 3° de un à trois gros piquants coniques, mobiles, disposés en ligne parallèle aux précédents, en dehors de la ligne des petits piquants. Il peut exister, en outre, quelques petits piquants isolés sur le reste de la surface de la dent.

Bord libre des plaques adambulacraires convexe, terminant une face verticale carénée et saillante dans la gouttière ambulacraire de manière à séparer chaque paire de tubes ambulacraires de la suivante; bord opposé rectiligne, à peu près aussi long que la plus grande dimension des

plaques perpendiculaire à la gouttière ambulacraire, de sorte que chaque

ARCHASTERIDÆ. 281

plaque vue par la face actinale est à peu près semi-circulaire. La première adambulacraire est un peu plus allongée que les suivantes perpendiculairement à la gouttière ambulacraire; elle porte sur son bord libre un peigne de sept piquants cylindriques, divergents, et montre, sur celui de ses bords transversaux voisin de la dent, environ einq petits piquants, semblables aux piquants ambulacraires mais plus petits. Sur sa surface libre, cette plaque porte, en outre, deux gros piquants coniques mobiles, placés l’un derrière l’autre, et dont l’un, le plus rapproché du bord adambulacraire, est plus grand que l’autre. Les plaques adambulacraires suivantes n'ont plus que six piquants marginaux, mais des piquants semblables, en nombre variable, existent sur leurs bords transversaux, surtout sur les bords de la deuxième et des deux ou trois suivantes, de sorte que sur certains individus la plaque semble entourée d’un demi-cerele de piquants dont six seulement sont sur son bord libre, mais forment cependant série avec les autres. Sur sa surface actinale, chaque adambulacraire ne porte qu’un long piquant conique, rarement accompagné sur la seconde d’un piquant accessoire.

Dans chaque aire actinale, les plaques ventro-latérales forment deux rangées entre les adambulacraires et les marginales ventrales. Une plaque ventro-latérale assez grande est placée en arrière de chaque dent et des deux adambulacraires suivantes. Ces plaques correspondent, d’autre part, à la première marginale ventrale, mais en sont séparées par une rangée double, sur certains points, de petites plaques arrondies, plus ou moins imbriquées, quiempiètent sur le bord de la marginale et se retrouvent encore entre la troisième adambulacraire et la deuxième marginale. Chacune des plaques ventro-latérales de la première rangée porte de petits piquants coniques, isolés, dont le plus grand nombre se groupent sur chaque plaque en un pédicellaire multifide. Les piquants modifiés pour entrer dans la constitution d’un de ces organes sont plus longs que les autres, aplatis tangentiellement au contour du pédicellaire, au lieu d’être coniques, plus brusquement terminés en une pointe plus aiguë et légèrement incurvés les uns vers les autres, de manière que lorsque le pédicellaire est fermé, ils forment tous ensemble un organe à surface conique. Le nombre de piquants qui entre dans la constitution de l’un de

(TALISMAN. — Echinodermes.) 36

ces pédicellaires varie de trois à six ou même sept. Tous les piquants appartiennent à une mème plaque; il n’y à que rarement quelque doute possible à ce sujet, lorsque le pédicellaire est placé tout près du bord de la plaque à laquelle il appartient ; comme le contour des plaques n’apparaît pas toujours nettement à travers les téguments, il n’est pas possible de décider de ces cas douteux sans altérer l'échantillon; le concours des piquants de deux plaques voisines pour former un même pédicellaire est, . en tous cas, un fait exceptionnel. Les plaques qui portent les pédicellaires présentent, pour l'insertion de chaque piquant, un petit tubercule. Après la chute des piquants, ces tubereules forment un cercle assez régulier à la surface de chaque plaque.

Les plaques marginales ventrales sont au moins au nombre de trente (tous mes exemplaires ayant les bras cassés à leur extrémité, il m'est impossible d’en indiquer exactement le nombre). La partie de leur surface visible du côté ventral est presque carrée, pour celles qui avoisinent le sommet de l’are interbrachial; mais leur dimension perpendiculaire à la gouttière ambulacraire diminue peu à peu, leur longueur restant sensiblement la même. Ces plaques sont couvertes de spinules tronquées qui en masquent les limites, et se groupent souvent en pédicellaires fasciculés. Sur certains exemplaires, toutes les spinules avoisinant le bord de la plaque qui touche aux ventro-latérales ou aux adambulacraires sont ainsi transformées, de manière à former Jusqu'à trois pédicellaires fasciculés. Il peut exister aussi toute une ligne de ces pédicellaires en bordure des plaques adambulacraires, mais en dehors d'elles. D’autres pédicellaires fasciculés sont disposés près du bord supérieur de la plaque, et comme les marginales dorsales en portent également près de leur bord inférieur, il n’est pas toujours facile de décider si ces pédicellaires appartiennent à ces dernières, ou aux marginales ventrales, ou si même quelques-uns d’entre eux ne sont pas, par exception, constitués par des piquants empruntés à la fois à ces deux ordres de plaques.

Les marginales ventrales portent presque toutes un long piquant conique, mobile. Sur les deux plaques symétriques qui occupent Île sommet de chaque are interbrachial, ce piquant naît non loin du bord

interne de la plaque, dont sa base n’est séparée que par la rangée des

ARCHASTERIDÆ. 283

pédicellaires multifides; 1l est fréquemment accompagné d’un piquant accessoire qui peut être presque aussi grand que lui. Sur les plaques suivantes, le piquant est unique ; il se rapproche du bord externe de la plaque, et paraît naître du bord du bras ; la hauteur de la face verticale de la plaque au-dessus de lui est occupée, en général, par des pédicellaires fasciculés qui longent le bord externe de la plaque.

Les marginales dorsales correspondent, en nombre et en position, aux ventrales; elles sont à peine visibles du côté dorsal; on ne les distingue guère que par le long piquant qu’elles portent. Ce piquant est généralement réduit sur les deux marginales qui forment le sommet de l’arce interbrachial (premières marginales de chaque bras); il est plus grand sur la deuxième et surtout la troisième marginale, où il atteint ses dimensions maximum. La surface verticale des plaques est couverte de spinules semblables à celles des marginales ventrales, mais un peu plus petites. Ces spinules se disposent souvent en pédicellaires multifides près du bord inférieur des plaques, et notamment de leurs angles.

Le squelette abactinal est formé de petites plaques arrondies, disjointes, ne formant pas de saillie sur la face dorsale, et dont lépaisseur est moindre, par conséquent, que celle des téguments. Ces plaques portent de petites spinules à sommet arrondi, dont le nombre peut s'élever à une dizaine. Ges spinules se disposent en rayonnant, et entourent d'ordinaire la base d’un piquant délicat, mais allongé, qui occupe le centre de la plaque. Sur le disque, les plaques sont souvent assez serrées pour que les piquants semblent former à la surface dorsale, un revêtement homogène, continu. Sur les bras, le nombre de spinules tombe parfois à quatre pour cerlaines plaques, et il n’y a pas alors de piquant central. Ces piquants sont d’ailleurs de plus en plus rares, à mesure que lon se rapproche du sommet des bras; ils se limitent déjà à la région médiane avant que l’on n’atteigne le second quart des bras. Les piquants d’un assez grand nombre de plaques se transforment en un pédicellaire multifide, le plus souvent à quatre branches courtes et obtuses. Ces pédicellaires sont disséminés sans ordre sur le disque, particulièrement autour des aires papulaires et au contact des marginales dorsales; mais il en existe aussi quelques-uns sur la face dorsale des bras.

Le papularium a environ 2 millimètres dans sa plus grande longueur dirigée suivant l’axe des bras, et ne présente guère que cinq ou six tubes respiratoires; 11 apparaît à la base de chaque bras, comme une saillie irrégulièrement elliptique, qui semble, au premier abord, constituée par un réticulum calcaire, portant des piquants plus longs que ceux du disque entremêlés de spinules, et dans les mailles duquel apparaissent les tubes respiratoires. On a vu, dans la caractéristique du genre, que cet organe était, en réalité, beaucoup plus complexe ; il fait, à la face interne des téguments, une saillie en forme de demi-ellipsoïde, dont la surface est formée d’un réticulum constitué par un assez grand nombre de pièces calcaires imbriquées. Des colonnettes calcaires unissent ce réticulum au réticulum dorsal, constitué de même, de manière à former, autour de chaque papille, une sorte de gaine calcaire elle aussi réticulée.

La plaque madréporique est assez grande, séparée du bord du disque par un espace égal à son diamètre. Sa surface est marquée de sillons rayonnants. Les plaques qui l'entourent immédiatement sont un peu plus grandes que les autres plaques abactinales ; elles portent des piquants plus nombreux, plus allongés, disposés en une double rangée sur chaque plaque, et qui se réfléchissent sur elle.

L’anus est subcentral, et entouré de quelques piquants un peu plus grands que leurs voisins.

Couleur jaune rougeâtre à l’état vivant, blanche dans l’alcool.

Remarque. — Le Pectinaster Filhol vient se placer exactement entre les deux espèces que Percy Sladen a décrites sous les noms de Pontaster forcipatus et de Pontaster mimicus. La première espèce appartient, comme le ?. Filhoh, à l'Atlantique Nord; mais elle a été rencontrée sur la côte américaine entre les latitudes de 37° et de 42°, tandis que le P. Filholi provient de la côte africaine et d’une latitude de 38° à 19°. Chez ce dernier, les bras sont proportionnellement plus longs; l’armature de la surface libre des dents paraît plus compliquée, mais elle n’est pas décrite par Sladen d’une manière suffisamment détaillée, pour que l’on puisse apprécier la valeur de cette différence. La première adambulacraire n'est pas décrite par Sladen ; on ne peut, en conséquence, savoir si elle fournit un caractère différentiel ; les piquants adambulacraires des

ARCHASTERIDÆ. 285

plaques suivantes sont au nombre de six au lieu de sept, et M. Sladen ne parle pas des piquants qui entourent souvent la plaque en continuant la série adambulacraire. Il se demande si on ne pourrait attribuer aux adambulacraires une partie des piquants qui constituent les pédicellaires multifides situés sur le bord des marginales ventrales; mais, dans notre espèce, ces piquants appartiennent à une seule et même plaque; et lorsqu'ils semblent dépendre d’une adambulacraire, ils dépendent en réalité, dans les parties que j'ai examinées, soit des petites plaques ventro-latérales de la seconde rangée, qui recouvrent en partie le bord de la troisième adambulacraire, soit des marginales ventrales.

La disposition des plaques ventro-latérales n’est pas non plus déerite suffisamment par M. Sladen, pour qu’on puisse y chercher des éléments de comparaison avec notre espèce ; 1lse borne à dire qu’elles sont peu nombreuses et irrégulièrement placées. Je n’ai pas observé, dans mes exemplaires, de plage nue au-dessous des piqaunts principaux ; enfin, et c’est la différence essentielle, le piquant central des plaquettes abactinales qui ne font aucune saillie, et ne méritent pas, en conséquence, le nom de paxilles, est grêle et allongé, à peine apparent à première vue et cadue, au lieu d’être robuste, plus ou moins allongé et conique. Par ce caractère, le Pectinaster Filholise rapproche du Pontaster mimicus, dont il s'éloigne par le nombre de ses pédicellaires ; mais il s’agit là certainement de trois formes très proches parentes.

M.Sladen n'ayant décrit du papularium de ses espèces que ce qui en est visible sans préparation, il est impossible de dire dans quelle mesure elles se rapprochent, sous ce rapport, de celle qui à été recueillie par le Talisman.

Au cas où il viendrait à être reconnu que les P. Filholi, forcipatus et mimaicus ne constituent qu'une seule et même espèce, cette espèce étant, au moment où Je l'ai décrite, nettement caractérisée parmi les autres PonTASTERINÆ, par la forme de ses pédicellaires, devrait porter le nom de P. Fuholi, qui a une priorité de trois ans sur ceux qu'a adoptés M. Sladen.

Genre PONTASTER (Släden), emend. Perrier, 1891.

Cinq bras aplatis, relativement peu allongés.

Tubes ambulacraires à ventouse petite, sphéroïdale, presque rudimentaire.

Dents relativement peu saillantes; mais bien apparentes cependant sur la face ventrale.

Plaques adambulacraires passant graduellement aux dents, saillantes dans la gouttière ambulacraire, entourées d’un cercle de piquants, dont un certain nombre, plus développés, forment le peigne adambulacraire.

Ventro-latérales peu nombreuses, ne formant qu’une ou deux rangées et ne portant de pédicellaires d'aucune sorte, non plus que les marginales, ni les dorso-latérales.

Plaques marginales ventrales et dorsales en même nombre, spinuleuses, armées, en outre, d’un ou plusieurs longs piquants mobiles.

Calicinales et carinales indistinctes.

Dorso-latérales petites, élevées sur un bouton portant un certain nombre de piquants. |

Papilles respiratoires rassemblées en un papularium bien distinct, à la base des bras.

Plaque madréporique nue.

Le genre Pontaster tel qu'it est ici défini comprend les espèces du genre Pontaster de M. Sladen qui sont dépourvues de pédicellaires et dont les papilles respiratoires, peu nombreuses, sont rassemblées dans une plage restreinte, généralement elliptique, le papularium, à la base des bras.

Les espèces recueillies par le Challenger et décrites par M. Sladen sont les suivantes : Pontaster planeta, P. hebitus, P. limbatus, P. pristinus, P. venustus, P. subtuberculatus. Le Blake à dragué dans la mer des

Antilles le ?. oligoporus, E. Perrier — Archaster mirabilis (pars), E. Perrier. Le 7ravailleur et le Talisman ont rencontré, outre le P. venustus typique de Sladen, et une variété africaine de cette espèce, deux espèces nouvelles, les P. perplexus et P. Marioms. |

La répartition des espèces du genre Pontaster est la suivante :

ARCHASTERID Æ. 281

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

Pontaster hebitus ..... Côte atlantique de 159 Gravier.

l'Amérique du Nord.

— limbatus ....| Irlande, Feroë. 180" à 800" »

— Marionis.... Atlantique. 850 »

— . -venusius. ... Acores. 1250" à 4000" Vase.

— perplexus...| Côte d'Afrique 2330" Vase grise un peu verte.

(Cap Blanc).

— oligoporus... Aniilles. 274% »

— pristinus....| Côte atlantique de 4500 Vase bleue. l'Amérique du Sud.

AU planei... Entrée Pacifique du 450% Id.

détroit de Magellan.

— subtubercula- LUS RE Est de l'Australie. 1740% Vase verte.

Pontaster venustus, Sladen.

1888. SLADEN. — Voyage of the H. M. $S. Challenger. — Report on the Asteroïda, p. 52, pl. VIIL, fig. 5 et 6 et pl. XII, fig. 5 et 6. T'alisman, 1883. — Drag. 93. — Lat. N. 20°44-20°41'. Long. O. 20°27-20°98'. — Profon-

deur 1495"-1283%, — Sable, vasard verdätre. — 22 exemplaires.

— 1883. — Drag. 126. — Lat. N. 38°37. Long. O. 30°41’ (Açores). — Profondeur 1258". — Vase grise. — 7 exemplaires.

— 1883. — Drag. 127. — Lat. N. 3838’. Long. O. 30°41' (Açores). — Profondeur 12578, — Vase grise — 20 exemplaires.

— 1883. — Drag. 129. — Lat. N. 38°. Long. O. 29°23' à 29°25'. — Profondeur 22200 à 2155. — 2 exemplaires.

La même espèce a été trouvée par le Challenger entre les îles Pico et San Miguel (Açores) par 900 brasses de profondeur et entre les Acores et Madère par une profondeur de 2025 brasses.

Les exemplaires recueillis par le Z'alisman ne sont pas tous conformes à la description donnée par M. Sladen et qui convient seulement à peu près aux individus des Açores. Ceux du dragage 93 opéré au large du cap Mirick, non loin de la côte d'Afrique, présentent de sensibles différences. L'armature de la surface ventrale des dents est un peu autrement constituée. On compte sur une ligne parallèle à la suture non pas trois, mais cinq piquants de petite taille, en avant desquels se trouve un gros piquant presque aussi développé que le piquant angulaire; ce piquant est suivi,

le long du bord ambulacraire, de deux autres piquants presque aussi gros

que lui; en arrière du dernier de ces piquants et en dehors de la rangée longitudinale dont nous venons de parler, se trouvent un ou deux piquants ; il n'existe qu’un gros piquant chez le ?. venustus typique.

Immédiatement au-dessous du gros piquant des marginales ventrales, on trouve trois piquants assez gros, au lieu d’un piquant unique, situé au tiers de la longueur de la plaque.

Les deux premières marginales dorsales, au lieu d’être inermes, portent chacune un piquant qui est seulement moins développé que celui des plaques suivantes; sur celles-ci le piquant maximum est situé sur la quatrième plaque et non sur la cinquième; enfin le nombre des plaques marginales est de vingt-trois au lieu de vingt-cinq ou vingt-six.

On peut distinguer cette forme sous le nom de var : {rispinosa qui rap-

pelle Les trois piquants accessoires de ses marginales ventrales.

Pontaster perplexus, sp. nov.

(Planche XXII, figure 1).

Talisman, 1883. — Drag. 96. — Lat. N. 19919-19146". Long. O. 20°22’-20°20". — Cap Blanc,

au Nord du banc d'Arguin. — Profondeur 2330" à 2320%. — Vase grise un peu verte. — 1 exemplaire.

1883. — Drag. 93. — Lat. N. 20°44'-20°41'. Long. O. 20°27'-20°28" — Mêmes parages et mêmes fonds. — Nombreux exemplaires.

Cinq bras relativement robustes et courts.

R — 52 Mm r = 13 Mm R—=24r7r.

Tubes adambulacraires terminés par une petite ventouse sphéroïdale.

Dents peu saillantes ; chaque paire à peu près aussi longue que large, de manière à présenter un contour presque circulaire. Huit piquants sur le bord ambulacraire de la dent, allant en se rapetissant à partir du piquant angulaire. Espace ligamentaire régulièrement fusiforme ; bord sutural des dents non saillant. Le long de ce bord, une rangée régulière de six piquants, le premier appliqué contre les piquants angulaires et aussi gros qu'eux; les suivants grêles et allongés: en arrière du dernier piquant, deux piquants grêles et pointus, tout près de l'extrémité dorsale de la dent; en dehors de cette première rangée de piquants, ‘une

seconde rangée parallèle à la première de quatre piquants, dont le

ARCHASTERIDÆ. 289

deuxième plus gros que les autres ; enfin, en dehors de cette rangée, près de l'extrémité dorsale de la dent, deux autres piquants disposés sur une même ligne longitudinale {cette disposition, la plus régulière que nous ayons observée, est susceptible de subir quelques variations).

Plaques adambulacraires limitées, du côté de la gouttière ambulacraire, par un bord convexe portant huit piquants grèles, pointus, divergents. Sur la surface ventrale de la plaque deux piquants situés sur une même ligne perpendiculaire à la gouttière ambulacraire et qui peuvent être également ou inégalement développés; le plus grand piquant pouvant être indifféremment le piquant externe ou le piquant interne le long du mème bord d'une même gouttière ambulacraire; de chaque côté et en arrière de ces deux piquants, 1l peut aussi en exister deux autres grèles, en tout six, qui complètent l’armature de la plaque mais ne sont pas constants.

Les plaques ventro-latérales occupent l’espace compris entre les dents, les quatre premières adambulacraires et les deux premières marginales dorsales de chaque côté; elles sont disposées sur deux rangs; il yen a, de chaque côté, cinq du premier rang et trois du second, la cinquième du premier rang n'étant pas doublée de plaques du second. Ces plaques vont en décroissant à mesure qu'elles s’éloignent de la ligne interradiale. Chacune d’elles porte de petits piquants isolés, grèles et pointus, dont le nombre varie de dix à cinq ou six, suivant la grandeur des plaques. Quelques piquants situés entre les ventro-latérales du second rang et les marginales semblent être l’indication d’une troisième rangée de plaques qui ne sont pas visibles à travers les téguments. |

Les marginales ventrales sont contiguës aux adambulacraires, à partir de la troisième; on en compte deux, en moyenne, pour trois adambulacraires, et leur nombre total est d'environ vingt-cinq (l'extrémité des bras de mes individus est cassée).

Ces plaques sont légèrement convexes, couvertes de piquants grèles et nombreux dans leurs parties déclives qui forment gouttière avec les parties correspondantes des plaques voisines; moins nombreux et de deux dimensions différentes sur la surface convexe de la plaque. Assez

souvent, vers le milieu du bord distal de chaque plaque, un gros pi-

SIT À 5 (TaALISMAN. — Échinodermes.) 97

quant conique se développe; un autre se montre près du bord externe de la plaque qui porte lui-même, en son milieu, un piquant beaucoup plus gros que les autres : le piquant marginal.

Les plaques marginales dorsales correspondent aux ventrales; les deux qui forment paire, au sommet de l’are interbrachial, sont triangulaires et dépourvues de gros piquants; la deuxième de chaque bras est rectangulaire, et porte, en général, deux piquants situés sur une même ligne ver- Uicale; les autres sont presque carrées, et portent un gros et court piquant conique au milieu de leur bord externe. Toutes ces plaques portent un revêtement uniforme de grèles piquants, légèrement coniques et à peu près équidistants.

Les plaques calicinales et carinales ne sont pas distinctes. Toute la surface dorsale est revêtue de plaques paxillaires plus grandes sur le disque que sur les bras; les plus grandes portent une vingtaine de piquants divergents; sur les bras, elles n’en ont ordinairement qu’une dizaine entourant un piquant central, plus long et plus pointu.

Les papularium présentent une quinzaine de papilles et les paxilles qui leur correspondent ont, en général, leur piquant central plus développé que partout ailleurs.

Le madréporite est petit, arrondi, convexe, séparé des marginales par une distance égale à son diamètre.

Observations. — Cette forme est intermédiaire entre le P. venustus el le P. Marionis: les caractères de son armature ambulacraire montrent qu'il ne faut pas attacher trop d'importance à la présence de un ou deux

piquants sur la surface libre de la plaque.

Pontaster Marionis, E. Perrier.

(Planche XXII, figure 2)

1885. Crenaster Marionis, E. PERRIER. — Première note préliminaire sur les Échinodermes dragués par le 7ravailleur et le Talisman. — Annales des sciences naturelles, art. n°8,

Travailleur, 1882. — Drag. 71. — Lat. N. 43°58'. Long. 7°50! O. 9°. — Profondeur 0", — Nombreux exemplaires.

Fr

Cinq bras, assez larges à la base et modérément allongés :

R=53 Mm r = A1 Mm R<57r.

Tubes ambulacraires terminés par une ventouse petite, sphéroïdale, mais nettement définie.

Chaque paire dentaire formant une ellipse à grand axe dirigé dans le sens radial; grand axe de quatre millimètres ; petit axe de trois millimètres ; point de fossette ligamentaire apparente entre les dents; sept piquants sur leur bord ambulacraire; piquants angulaires pointus, bien plus longs et plus larges que les suivants qui diminuent graduellement; le long de son bord sutural, une ligne de neuf piquants assez robustes, souvent cassés, mais dont les bases demeurent apparentes; le premier despiquantsestcouché sur le piquant dentaire et presque aussi gros que lui; en dehors, sur la surface ventrale de la dent, viennent deux rangées plus ou moins complètes de piquants plus grèles, plus allongés et plus petits; la première de ces rangées, lorsqu'elle est complète et régulière, contient cinq ousix piquants.

Les plaques adambulacraires font chacune une saillie arquée dans la gouttière ambulacraire ; elles sont complètement entourées d'un cercle de piquants dont cinq sont toujours situés sur le bord ambulacraire de la plaque; les autres, dont le nombre moins constant est d'environ cinq ou six, achèvent de faire le tour de la plaque; quelques-uns s'implantent parfois un peu en dedans des autres, ou acquièrent un développement anormal, de manière à altérer la régularité de la ceinture de piquants. En outre, sur sa face ventrale, la première adambulacraire porte une rangée de trois piquants, perpendiculaire à la gouttière ambulacraire; les autres n’en portent plus généralement que deux. Ces piquants sont un peu plus gros et plus courts que les piquants adambulacraires. Les ventro-latérales ne semblent former (vues au travers des téguments) qu'une seule rangée de six où huit plaques allant en diminuant rapidement à partir de la ligne interradiale. Ces plaques constituent une aire interambulacraire très peu développée. Les deux plus grandes, placées de chaque côté de la ligne interradiale, sont entourées d’un cercle d’une dizaine de piquants triangulaires, grèles et pointus, et portent, en outre, quatre ou cinq piquants semblables, isolés sur leur surface; les deuxièmes ont une armature analogue, sauf le nombre des piquants; les troisièmes ne portent plus que deux ou trois piquants ; les quatrièmes sont à peine

distinctes.

La troisième marginale ventrale est déjà en contact avec les adambulacraires. On compte environ trois adambulacraires pour deux marginales, le nombre de ces dernières est de trente-six. Les marginales ventrales sont rectangulaires; leur plus grande longueur est perpendiculaire au bord ambulacraire; leur surface ventrale est légèrement convexe, de manière qu'entre deux plaques consécutives, il existe une gouttière revètue de petits piquants grèles et pointus; sur leur surface convexe les plaques présentent un grand nombre de piquants les uns à peine plus développés que ceux des gouttières, les autres beaucoup plus gros. Ges piquants sont entremêlés dans les régions interne et moyenne de la plaque; les gros piquants prédominent dans la région externe où quatre ou cinq d’entre eux, souvent disposés en deux rangées, précèdent le gros piquant marginal dont toutes les plaques sont armées et qui atteint son maximum de développement vers la sixième plaque.

Les plaques marginales dorsales, en même nombre que les ventrales, sont de même convexes, de manière à laisser entre elles des gouttières ; mais la région centrale de la plaque est arrondie, et porte, en son centre, un fort piquant pointu, dressé presque verticalement et souvent même courbé en dedans. Toute la surface de la plaque est couverte de petits piquants coniques, très courts, semblables entre eux, plus pressés dans les gouttières qui séparent les plaques que dans les parties saillantes de celles-ci.

Les deux interbrachiales sont souvent peu développées. Les calicinales et les carinales ne sont pas distinctes; toute la surface dorsale est couverte de plaques régulièrement espacées, saillantes, en forme de bouton, et porant une dizaine de petits piquants, obtus, courts, divergents autour d’un piquant central, quelquefois un peu plus développé queles autres etpointus.

Les papularium (1) ne présentent ni saillie, ni développement squelettique spécial; ils contiennent une quinzaine de papilles disposées en trois rangées longitudinales, en dehors desquelles 11 peut exister une ou deux papilles isolées.

Le madréporite est assez grand, arrondi, saillant, marqué de sillons

(1) C’est par une faute d'impression que dans une note préliminaire ils ont été désignés comme interradiaux (loc. cil., p. 71).

ARCHASTERIDÆ. 293

divergents à partir de l’un de ses bords. Une distance à peu près égale à son diamètre le sépare du bord externe des marginales.

La couleur rouge à l’état vivant estdemeurée ferrugineuse dans Palcool.

Remarque. — Le P. Marionis, par ses plaques adambulacraires armées de deux piquants surambulacraires plus gros que les piquants adambulacraires, parses marginales très apparentes, parles épines bien développées dont elles sont pourvues, et dont l’une prédomine sur les autres, par l'absence de pédicellaires bipectinés, ne peut être rapproché, d’après la clef analytique de M. Sladen, que du ?. lmbatus ; ilen diffère par les caractères suivants :

Dents portant sept piquants au lieu de neuf ou dix.

Piquants adambulacraires au nombre de cinq au lieu de six ou sept.

Plaques infra-marginales portant des épines plus longues et plus nombreuses que chez les P. limbatus.

Les plaques dorso-latérales n’ont pas un piquant aussi développé que chez les P. limbatus. |

Les papilles respiratoires sont moins nombreuses et ne sont pas placées sur une aire saillante définie.

Ces différences ne sont pas d’une grande importance et il est possible que le P. Marionis et le P. limbalus ne soient que des formes d’une même

espèce; le nom de ?. Marionis a, dans ce cas, la priorité.

Pontaster oligoporus, E. P.

1884. Archaster nürabilis (pars), E. PenriER. — Nouvelles Archives du Muséum d'histoire

naturelle, 2° série, t. VI, p. 259.

Un individu unique recueilli par le Blake, dragage 143, et que j'avais considéré, en 1884, comme une variété de l’Archaster mirabilis, doit ètre rapporté, d’après les caractéristiques nouvellement établies, au genre Pontaster tel qu'il est restreint dans ce travail. C’est un Pontaster typique, avec sept ou huit papilles respiratoires, réunies en un seul groupe sur la ligne médiane, à la base des bras ; en lui appliquant la clef analytique de P. Sladen, on arriverait encore à la détermination Pontaster limbatus. I y a cependant entre les deux formes quelques différences. Les plaques dentaires ne sont pas aussi épineuses dans notre exemplaire ;

les piquants adambulacraires sont au nombre de dix à douze, au lieu de six ou sept; ils forment un cercle complet autour de la plaque; enfin les papilles respiratoires, au lieu de se disposer en rangées longitudinales, ne forment que deux ou trois rangées transversales, peu régulières. Il n'existe qu'une seule rangée de plaques ventro-latérales au nombre de huit, diminuant graduellement à partir de l’angle buccal. Il n°y a de pédicellaires d’aucune sorte. Nous désignerons cette forme sous le nom de Pontaster oligoporus.

Genre GONIOPECTEN, E. Perrier (emend), 1881.

Cinq bras.

Ventouses des tubes ambulacraires peu développées.

Dents grandes, saillantes sur la surface ventrale, à nombreux piquants marginaux, à surface ventrale ne portant qu’un petit nombre de piquants surdentaires.

Plaques adambulacraires passant graduellement à la forme des dents; s’avançant en carène dans la gouttière ambulacraire, à piquants adambulacraires nombreux, parallèles; une seule ligne longitudinale de petits piquants surambulacraires.

Ventro-latérales polygonales, disposées en mosaïque, mais formant des bandes régulières allant de chaque adambulacraire à une marginale ventrale; chaque bande séparée de ses voisines par un sillon et contenant deux rangs de plaques sensiblement alternes.

Marginales granuleuses, inermes, en même nombre que les adambulacraires, non comprises les dents.

Carinales et calicinales indistinctes.

Plaques dorso-latérales en forme de paxilles, se disposant en rangées transversales sur Le bord des bras.

Papilles respiratoires isolées, uniformément réparties sur la surface du disque. |

Plaque madréporique nue.

Point de pédicellaires; tégument épais.

Ce genre est actuellement limité à une seule espèce draguée par 640 mètres dans la mer des Antilles.

ARCHASTERIDÆ. 29

Goniopecten demonstrans.

1881. E. Perrier. — Note préliminaire sur les Étoiles de mer recueillies durant les dragages du Blake dans la mer des Antilles, vol. IX, p. 24. 1884. E. PERRIER. — Nouvelles Archives du Muséum, 2° série, €. VI, fig. 249, pl. IV, fig. 5. Drag. du Blake, n° 130. — Prof. 351 brasses. — Santa Cruz. — 1 exemplaire. — 135. — — — Friederickstadt. — 1 exemplaire. — 151, — — — Névès. — 2 exemplaires.

Dans cette espèce les dents sont fortementsaillantes sur la face ventrale ; chaque paire a la forme d’un demi-ellipsoïde dont le grand axe aurait huit millimètres de long etle petit quatre millimètres; la surface de cetellipsoïde est marquée longitudinalement d’un sillon méridien, indiquant la séparation des deux dents; elle présente, en outre, une apparence verruqueuse due à l'existence de piquants courts, obtus, presque réduits à l’état de gros granules que masque le tégument. Chaque dent se termine par un gros piquant conique, vertical ou légèrement incliné vers la bouche, derrière lequel, sur la surface ventrale de la plaque, on en voit, d’ordinaire, un second et même un troisième plus petit, formant avec lui une série longitudinale et qui sont plus apparents que les autres piquants de la plaque. Sur leur bord adambulacraire, correspondant à peu près à la moitié de la longueur de leur contour elliptique, les dents portent chacune une rangée de dix piquants cylindriques, un peu plus petits que ceux des plaques adambulacraires voisines et dont le premier est situé au-dessous et en avant du gros piquant conique.

Les plaques adambulacraires changent légèrement de forme à mesure qu’on s'éloigne de la bouche; les trois premières ont leur bord ambulacraire concave, el chacune d’elles se prolonge en arrière de la suivante de même que les premières plaques paraissent imbriquées ; peu à peu la partie la plus saillante de la plaque s'éloigne de son extrémité proximale, de manière que le contour de chaque plaque forme un angle saillant vers la gouttière ambulacraire ; cet angle correspond à une carène verticale qui se projette dans la gouttière ambulacraire et sépare chaque paire de tentacules de la suivante. La ligne d'insertion des piquants adambulacraires suit, dans une certaine mesure, ces modifications de contour: toutefois, à partir de la quinzième adambulacraire, elle paraît sensiblement

rectiligne et parallèle à la gouttière ambulacraire. Les trois premières

plaques portent huit piquants; les suivantes en portent presque toujours douze, dont les médians sont d’abord plus longs, mais qui finissent par ètre très peu différents les uns des autres. Sur le bord opposé à la gouttière ambulacraire de la plaque on trouve l'indication d'une rangée de piquants recouverts par les téguments.

Les plaques ventro-latérales sont disposées par bandes séparées par des sillons nettement apparents ; chaque bande est formée d’une double série de plaques irrégulièrement polygonales et qui, autant qu'on en puisse Juger à travers le tégument qui les recouvre, commencent par se correspondre puis alternent dans les deux séries jumelles. Ces rangées correspondent exactement aux plaques marginales ; mais la première va en s’élargissant de la première marginale interbrachiale aux deux premières adambulacraires ; la seconde correspond aux troisième et quatrième adambulacraires ; la troisième va de la troisième marginale ventrale à la cimquième adambulacraire ; à partir de là chaque adambulacraire est unie par une double rangée de plaques à une marginale correspondante. Ces bandes diminuent assez rapidement de longueur et à partir de la seizième les plaques marginales ventrales paraissent en contact immédiat avec les adambulacraires correspondantes. Les dimensions des adambulacraires et des marginales demeurent d’ailleurs les mêmes, de sorte que ces plaques se correspondent exactement. Comme toutes les plaques de la face inférieure du corps sont enfouies dans le tégument, il est d’ailleurs difficile d'indiquer avec certitude le point où les ventro-latérales cessent d'exister et la ligne de séparation entre les adambulacraires et les marginales ventrales. Sur la surface ventrale des adambulacraires, sur celle des premières plaques de chaque série de plaques ventro-latérales il ya des indications de piquants irrégulièrement placés, enfouis sous le tégument. En outre, sur le bord de chaque série de plaques, on observe de petits piquants masqués par la peau qui lui font comme une bordure peu régulière et peu apparente, très légèrement saillante dans les sillons de séparation. Cette bordure de piquants se régularise autour des plaques marginales tant ventrales que dorsales ; les piquants qui la composent sont d’ailleurs recouverts par le tégument.

Les plaques marginales dorsales correspondent rigoureuseument aux

ARCHASTERIDÆ. 297

plaques ventrales et sont séparées d'elles par une suture rectiligne peu apparente. À part leur frange régulière de petits piquants, les unes et les autres sont complètement inermes et recouvertes par un tégument légèrement et très finement granuleux. Les plaques marginales dorsales sont à peu près rectangulaires, allongées transversalement relativement aux bras ; leurs dimensions sont dans le rapport de deux à un. La bordure de piquants des plaques marginales dorsales se transforme, sur les dernières de ces plaques, en une bordure de granules rappelant celle de beaucoup de Pentagonaster. Le bord libre, interne, de chaque plaque est légèrement convexe vers la ligne médiane des bras et, dans le voisinage de ce bord, les granulations de la région dorsale pénètrent quelque peu entre ces plaques, sans paraître cependant se rattacher à des plaques squelettiques distinctes.

Le squelette dorsal est formé de paxilles arrondies un peu plus petites sur les bras que sur le disque. Sur le disque, les paxilles deviennent plus petites ense rapprochantde lanus ; leurs dimensions diminuent également quand on va de la ligne médiane du bras aux plaques marginales. Ces paxilles portent chacune une couronne d’une quinzaine de courts piquants arrondis au sommet, entourant quelques granules plus gros qui couvrent le reste de la surface libre de la paxille.

Il n’y a pas de ligne médiane distincte de paxilles le long des bras, et, au premier abord, les paxilles paraissent tout à fait arrangées sans ordre ; toutefois au voisinage des plaques marginales, elles ont une tendance manifeste à se disposer en rangées transversales ; six ou sept de ces rangées correspondent à une même plaque marginale.

La plaque terminale des bras est ovale, inerme, sans échancrure sur son bord proximal qui est celui dont le rayon de courbure est le plus petit.

La plaque madréporique est grande, arrondie, séparée des plaques marginales par un espace égal à son diamètre ; sa surface est marquée de très fins sillons rayonnants.

Les papilles respiratoires sont isolées et distribuées uniformément entre les paxilles sur toute la surface dorsale ; il n’y à de pédicellaires d'aucune sorte.

(TALISMAN. — Échinodermes.) 28

renre DYTASTER, Sladen.

Cinq bras reliés entre eux par des arcs interbrachiaux bien développés. Tubes ambulacraires bisériés, coniques, terminés par une très petite ventouse.

Bouche très dilatable et paraissant alors entourée d’une lèvre cireulaire bien développée.

Dents grandes, saillantes sur la face ventrale, présentant des piquants dentaires et des piquants surdentaires.

Piquants adambulacraires nombreux et parallèles ; un de ces piquants souvent plus développé que les autres. Un e ou plusieurs séries longitudinales de piquants surambulacraires dont un, dans le dernier tiers des bras, beaucoup plus grand que ses voisins.

Plaques ventro-latérales assez nombreuses, mais ne se disposant pas très nettement en bandes, portant d'ordinaire, mais pas toujours, chacune un pédicellaire quadrivalve.

Marginales égales aux adambulacraires, ou plus petites qu’elles ; dès lors en même nombre ou plus nombreuses, ne se développant que faiblement sur la surface ventrale et surtout sur la surface dorsale, ce qui contribue à rendre le bras particulièrement aigu; formant aux bras un encadrement à paroi verticale ou même faiblement carénée le long de la ligne de séparation des plaques ventrales et dorsales. Ordinairement un piquant conique sur chaque marginale.

Calicinales et carinales indistinctes. Plaques dorsales se développant en petites paxilles portant assez souvent des pédicellaires plurivalves.

Madréporite grand, composé, couvert de paxilles.

Papilles respiratoires uniformément distribuées sur la surface dorsale. Tégument dorsal flexible, souvent renflé.

La plus ancienne espèce du genre Dytaster est celle qui à été recueillie par M. Alex. Agassiz, lors des dragages du Blake, dans la mer des Anlilles, espèce que j'ai décrite sous le nom d’Archaster insignis. I est devenu nécessaire d’en donner ici une description plus complète afin de fournir tous les éléments possibles de comparaison entre l’espèce alors

unique et les espèces nouvelles recueillies par le Challenger etle T'alisman.

ARCHASTERIDÆ. 299

Les espèces du Challenger sont au nombre de cinq savoir : #). eus, D. madreporifer, D. biserialis, D. inermis, D. æquivocus ; celles du T'alisman au nombre de deux; actuellement, abstraction faite des formes

qui ont été reportées au genre Crenaster, le nombre total des espèces du

genre Dytaster est donc de huit, réparties de la manière suivante :

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

D isemanse 4e Madère, Acores. 1000% Vase à globigérines. D'ÉAGUSNENERER TE N.-0. des Açores. 1060" Vase blanche et pierre

ponce.

DPLTAUSS SR .. | Golfe de Gascogne. 4187% Vase grise et jaune. Drmadreporifer.-... Atlantique N. améri-! 2200 à 2500" Vase bleue. Cain.

D. exilis, var. carinala. Id. 2700" Id.

DENON RTE Mer des Antilles. 3530" D. exilis, var. gracilis.| Tristan da Cunha. 3400% Vase à globigérines. DENOOUIS RES E. de Buenos-Avyres. 4800" Vase bleue. DOTE EN Pacifique N. 2500 Vase à globigérines. Dress era ses Célèbes. 3920" Vase bleue.

DEnpocuse Mer d'Arafura. +902 Vase à globigérines.

Dytaster insignis.

1884. Archaster insignis, E. Perrier. — Stellérides du Zlake. — Nouvelles Archives du Muséum, 2° série, t. VI, p. 256, pl. IX, fig. 5. Les spécimens que J'ai décrits sous le nom d’Archaster insignis, en 1884,

viennent se ranger dans le genre Dytaster de M. Percy Sladen. R = 45 Mm r = 12 Mm RS or:

Les tubes ambulacraires bisériés, sont terminés par une très petite ventouse. Les dents ont leur arèête interne très saillante sur la surface actinale; elles se touchent par leur pointe dans chaque paire, puis laissent entre elles un espace ovalaire, rempli par le ligament; elles se rapprochent enfin et demeurent contiguës tout le long de leur seconde moitié. Sur leur bord adambulacraire, elles portent chacune onze piquants dont les trois plus rapprochés de l'angle buccal sont plus gros que les autres, dressés verticalement et appliqués contre la dent. La surface

libre de la dent porte, en arrière des piquants angulaires, deux piquants presque de même dimension que ces derniers, puis de nombreux petits piquants grêles qui ont une tendance à se disposer en séries parallèles à la ligne de suture.

La première plaque adambulacraire est, dans le sens transversal, aussi allongée que la dent; ses bords latéraux sont presque parallèles au bord latéral de celle-ci, obliques par conséquent par rapport à la gouttière ambulacraire. À mesure qu’elles s’éloignent de la première, les plaques adambulacraires se raccourcissent transversalement, de manière que leur longueur arrive à être au moins double de leur largeur ; leurs bords se redressent peu à peu et finissent par devenir presque perpendiculaires à l'axe de la gouttière. Chaque plaque adambulacraire porte, sur son bord libre, neuf piquants cylindriques, fins, et souvent un piquant beaucoup plus petit que les autres à chacune de ses extrémités. La surface libre de la plaque présente d'abord, immédiatement en arrière des piquants adambulacraires, une ligne de cing ou six piquants un peu plus petits et plus espacés, parallèle à la gouttière ambulacraire, puis une ou deux lignes de piquants plus petits encore, mais plus nombreux, semblables à ceux des dents.

In’existe de plaques ventro-latérales que dans l’aire comprise entre les dents, la septième adambulacraire et la cinquième marginale ventrale de chaque côté. Ces plaques ne forment pas entre les adambulacraires et les marginales de bandes nettement limitées par des sillons de séparation; il existe cependant une légère indication de ces sillons. La première bande qui s'étend de la première marginale à la dent et aux deux premières adambulacraires est formée de trois plaques au contact de la marginale, de quatre à son autre extrémité; et l’on compte trois plaques dans sa longueur; la seconde bande s'étend de la deuxième marginale à la troisième et quatrième adambulacraires ; elle est aussi formée de trois séries de plaques dont la première comprend trois plaques, les autres deux; la troisième bande va de la troisième marginale à la cinquième adambulacraire; elle est formée de deux plaques au contact de la marginale et d’une plaque beaucoup plus grande qui occupe presque toute la longueur de l’adambulacraire; une seule plaque sépare enfin la

ARCHASTERIDÆ. 301

quatrième et la cinquième marginales des sixième et septième adambulacraires. Ces plaques sont allongées dans le sens de la gouttière, étroites, presque en forme de croissant. Plus loin les plaques adambulacraires et marginales sont en contact; les adambulacraires sont légèrement plus courtes que les marginales, de manière qu’elles ne leur correspondent pas très exactement. La surface libre des plaques ventro-latérales est finement épineuse; sur plusieurs d’entre elles, dans la région du disque, quelques piquants s’allongent, prennent la forme de cuillerons étroits, plus rétrécis encore près de leur base, et forment des groupes pouvant contenir jusqu'à quatre piquants recourbés les uns vers les autres. Ces groupes de piquants sont de véritables pédicellaires très fugaces, et ne laissant après leur disparition aucune trace sur la plaque qui les portait.

Les plaques marginales ventrales et dorsales se correspondent; elles sont au nombre de trente et une à la face ventrale, trente à la face dorsale où la plaque terminale prend la place de la trente et unième ventrale.

Les plaques marginales ventrales sont d’abord plus allongées normalement au bord du disque que dans la direction opposée; mais elles se raccourcissent peu à peu, et finissent par être deux fois plus longues que larges. Toute leur surface est finement épineuse; en outre, chacune d'elles porte un long piquant aigu. Sur l’un de mes deux exemplaires, les quatre premières adambulacraires présentent un second piquant à peu près égal au premier qui peut s'insérer à sa base, au-dessous de lui, en prenant une direction divergente, ou à queique distance. Les piquants des premières plaques marginales sont insérés vers le milieu de leur longueur ; sur les plaques suivantes le grand piquant s’insère tout près de l’extrémité distale de la plaque.

Les plaques marginales dorsales sont aussi hautes où même un peu plus hautes que les ventrales ; mais la portion de leur surface libre, visible sur la face dorsale de l'Étoile, est assez étroite, et correspond à un peu moins de la moitié de leur longueur ; ces plaques sont finement épineuses; elles portent chacune un piquant aigu, plus petit que les piquants ventraux, inséré comme eux d’abord vers le milieu de la plaque, puis tout près de son extrémité distale.

La plaque terminale égale en longueur l’ensemble des trois dernières

marginales dorsales ; elle est fortement échancrée en arrière, granuleuse, mais totalement inerme.

Le squelette dorsal est formé de très petites paxilles, dont on ne peut distinguer les limites et dont les plus grandes portent six petits piquants capables deserapprocher oude diverger. Des paxilles plus grandes, à piquants plus longs, un peu plus nombreux et aigus, marquent la place de la plaque madréporique. Les paxilles ne semblent pas présenter d’arrangement défini; cependant, au voisinage des plaques marginales, elles ébauchent des rangées transversales dont cinq correspondent à une même marginale. Le tégument dorsal est assez fin, sur les bras, pour qu’on aperçoive au travers les plaques ambulacraires.

Les paxilles respiratoires sont uniformément distribuées. Sur aucun de mes deux exemplaires je n'ai pu apercevoir avec certitude la position de l'anus.

Dytaster Agassizii, Sp. nov.

1 X (Planche XV, figure 2).

1885. Pectinaster insignis, E. PERRIER (pars). — Première note préliminaire sur les Échinodermes recueillis par le Travailleur et le Talisman. — Annales des sciences naturelles, 8° article, p. 70.

Talisman, 1883. — Drag. 13%. — Entre les Açores et l'Europe. — Profondeur 40607, —

7 exemplaires. — Vase blanche et molle avec pierre ponce.

Cinq bras aplatis, étroits, terminés en pointe, de longueur moyenne. R—67Mm = 13 Mm = 157

Tubes ambulacraires pointus.

Dents grandes, à arête interne modérément saillante sur la face ventrale : un espace ligamentaire, fusiforme, occupant presque toute la longueur des dents entre les arêtes. Chaque dent portant sur son bord ambulacraire dix ou onze piquants, dont les deux angulaires sont un peu plus gros que les autres et tronqués; immédiatement en arrière de ces piquants, sur la surface ventrale de la dent, un piquant de même grandeur que les piquants angulaires, puis de nombreux petits piquants, pointus, légèrement renflés en court fuseau ; dans la région basilaire de la dent, opposée au sommet buccal, ces piquants arrivent à former einq

ARCHASTERIDÆ. 303

ou six rangées irrégulières. Les plaques adambulacraires passent graduellement de la forme de la dent à celle de rectangles allongés, à peu près trois fois aussi longs que larges; elles portent sur leur bord adambulacraire neuf piquants obtus, assez forts et serrés sur les premières plaques, mais devenant graduellement plus grèles, pointus et souvent divergents sur les plaques suivantes, En arrière de ces piquants, sur la face ventrale de la plaque, une rangée parallèle au bord ambulacraire de cinq ou six piquants pointus, espacés, souvent avortés, suivis d’une rangée plus inégale de piquants plus petits et plus nombreux.

Plaques ventro-latérales n’occupant qu'une aire triangulaire restreinte; la quatrième marginale ventrale déjà contiguë à la cinquième adambulacraire, non compris la dent; portant presque toutes de très gros pédicellaires formés de trois à cinq valves courtes et larges, 1mplantées dans une gouttière ciculaire, peu profonde, qui entoure un tubercule central de la plaque qui les porte; une trentaine de ces pédicellaires couvrent presque toute l’aire interambulacraire ventrale, les autres sont disposés isolément le long de la gouttière ambulacraire, comme les plaques dont ils dépendent. Parmi ces pédicellaires on trouve encore quelques piquants isolés; ils peuvent être accidentellement remplacés sur quelques plaques par un groupe de sept à huit piquants.

Les plaques marginales ventrales sont sensiblement de même grandeur que les adambulacraires auxquelles elles correspondent presque exactement à partir de la sixième; elles sont couvertes de petits piquants coniques, très nombreux et portent, en outre, vers leur milieu, un gros piquant normal à la plaque dans l’are interbrachial, mais quis'incline sur les suivantes vers le sommet des bras, et finit par disparaître sur les dernières, tandis que les plaques voisines du sommet de l’are interbrachial en portent quelquefois deux. Le nombre des plaques marginales ventrales est de quarante et un; ces plaques sont presque carrées, mais elles diminuent rapidement de dimension de la base au sommet des bras.

Le bord des bras est sensiblement vertical.

Les plaques marginales dorsales ont les mêmes dimensions et la même

ornementation que les marginales ventrales auxquelles elles correspondent exactement. Le fort piquant conique qu’elles supportent est situé près de l'extrémité dorsale de leur bord supérieur. Il va en augmentant de dimension de linterbrachiale jusqu’à la douzième marginale, puis décroit à mesure que les plaques se rapprochent de lextrémité des bras.

Sur la face supérieure du corps on ne distingue ni calicinales, ni carinales. Toutes les plaques sont presque semblables, et portent chacune un faisceau de piquants mousses, au nombre de six ou huit dans chaque faisceau. Ces piquants sont souvent remplacés sur le disque et le long des bords des bras par un pédicellaire quadrivalve, analogue à ceux de la face ventrale, mais de plus petite dimension.

Le madréporite est couvert de faisceaux de piquants coniques, assez espacés pour laisser apercevoir entre eux les sillons caractéristiques. Il est très grand, de forme circulaire, tangent aux plaques marginales et mesure » millimètres de diamètre.

L’anus et les papilles respiratoires sont cachés entre les piquants des paxilles qui sont quelquefois si serrés qu'ils forment à la surface dor-

sale un revêtement presque uniforme.

Observation. — Le Dytaster Agassizu se distingue nettement du 1. instgnis par son disque plus étroit, ses bras proportionnellement plus larges et plus longs, ses piquants ventraux et dorsaux plus robustes, la forme

et l'abondance de ses pédicellaires.

Dytaster rigidus, Sp. nov.

1884. Archaster rigidus, E. PERRIER, dans FicnoL : La vie au fond des mers. Talisman. — Dragage 137. — Entre les Açores et l'Europe. — Profondeur 4975" à 5005", — 6 exemplaires.

— 138.— Lat. N. 46°9'. Long. O. 9916". — Vase grise jaune. — 5 exemplaires. — Entre les Acores et l'Europe. — Profondeur 4787%. — 5 exemplaires.

Cinq bras très longs et pointus; sur le plus grand exemplaire : R = 155 Mm y — 95 Mm R>6G7r

Sur les plus petits exemplaires, la longueur relative des bras diminue.

ARCHASTERID Æ. 305

Tubes ambulacraires terminés en pointe, avec un simple épaississement conique terminal, représentant la ventouse.

Dents allongées, mais étroites, à bord sutural relevé, laissant entre elles une fossette ligamentaire occupant les deux tiers internes de la suture dentaire. Sur le bord libre de chaque dent, onze ou douze piquants dont trois occupent le sommet de la dent qui est tronqué. Les piquants dentaires terminaux sont un peu plus grands que les autres. Toute la surface ventrale de la dent est couverte de piquants coniques, presque aussi grands que les piquants dentaires et qui forment Jusqu'à cinq rangées longitudinales. Il 4 a des piquants mème sur la suture dentaire.

Plaques adambulacraires longues et étroites, à bord libre presque recüligne, portant sur ce bord de neuf à dix piquants verticaux, serrés les uns contre les autres, tronqués au sommet, et recouverts d’une délicate enveloppe tégumentaire ; en arrière de ces piquants, sur la surface libre de la plaque, deux rangées successives de six à huit piquants un peu plus petits, parfois séparées par trois ou quatre piquants dont l'existence n’est pas constante. À partir de la seconde moitié des bras, le nombre des rangées de piquants peut s'élever à trois ou quatre; en outre, près du bord distal de la plaque, à peu près au niveau du milieu de ce bord, se développe un long piquant mobile, conique, presque aussi long que les piquants marginaux et qui peut être remplacé par un gros pédicellaire à trois valves en euilleron.

Les plaques ventra-latérales peuvent être reconnues sans préparation Jusqu'au niveau de la dixième ou onzième plaque marginale; de la onzième à la cinquième plaque, elles sont disposées sur un seul rang, sur deux jusqu’au niveau de la troisième, puis leur nombre augmente rapidement de manière que le long de la ligne interradiale on en compte six ou sept du bord interne des dents au bord des premières marginales dorsales. La plupart de ces plaques sont entièrement couvertes par un gros pédicellaire à trois ou quatre valves. On peut déjà grouper les ventro-latérales en séries transversales, dont deux ou trois vont ensemble d’une plaque adambulacraire à une plaque marginale correspondante.

Les plaques marginales ventrales sont au nombre de trente-deux en-

viron. À partir de la douzième, elles sont contiguës aux plaques adam-

(TALISMAN, — Échinodermes.) 9)

bulacraires et en même nombre qu’elles ; elles leur correspondent exactement; elles sont uniformément revêlues de granules équidistants, et portent près de leur bord distal, à peu près aux deux tiers de sa hauteur, un robuste piquant conique.

Les marginales dorsales correspondent aux marginales ventrales qu'elles rejoignent sous un angle fortement obtus, de sorte que la paroi latérale des bras est légèrement carénée, La granulation des plaques marginales dorsales est la même que celle des ventrales; ces plaques portent un piquant conique, pointu, assez robuste, à leur angle supéro-distal. Ce piquant se rapproche du milieu du bord sur les plaques voisines du sommet de l'arc interbrachial; il manque souvent sur les quatre ou cinq premières plaques à la base de chaque bras.

On ne distingue ni calicinales, ni carinales. Les plaques sur toute la surface dorsale sont uniformément couvertes de granules allongés si serrés, qu'on distingue souvent mal la limite des plaques. Sur le disque et le long des bords des bras, ces granules sont souvent remplacés par des pédicellaires à quatre ou même cinq valves, moins saillants et moins larges que ceux de la face ventrale.

Le madréporite, de forme elliptique, atteint jusqu’à 16 millimètres dans sa plus grande longueur. Il est couvert de faisceaux de piquants qui le laissent à peine apparaître.

Observation. — Cette espèce est très voisine du 1. Agassizu et s’en distingue par ses dimensions plus robustes, l'armature de la surface ventrale de ses dents et de ses adambulacraires, et surtout par le grand piquant dont ces plaques sont armées dans la deuxième moitié des bras ; il existe cependant une indication d’un piquant analogue chezle 1. Aqassizn ; mais il est plus près des piquants adambulacraires et semble parfois

placé parmi eux.

Genre CRENASTER, E. Perrier.

Les Crenaster diffèrent des Dytaster par le développement que prend le dernier ou l’avant-dernier piquant de chaque plaque adambulacraire, par le moins grand nombre de plaques ventro-latérales; l'absence de

tout pédicellaire sur ces plaques et surles dorso-latérales.

Le Challenger n'a recueilli qu'une seule espèce du genre Crenaster, et M. Percy Sladen l’a nommée Mytaster spinosus. Le Blake n'en a pas rencontré dans la mer des Antilles ; le Z'alisman en a récolté trois espèces : les €. semispinosus, C. spinulosus et C. mollis.

Les conditions d'habitat des quatre espèces du genre peuvent se résu-

mer comme jl suit :

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR. NATURE DU FOND

Crenaster semispinosus.| Golfe de Gascogne. 1975" à 50052 Vase blanchätre.

— spinulosus... Id. 4255" Vase blanche molle

— mollis....... Acores. 2995 fu:

— Spinosus..... N. Pacifique 4000" Vase à globigérines.

Long. 180°.

es Crenaster semispinosus, Sp. nov.

Talisman, 1883. — Dragage n° 137. — Lat. N. 44°29° à 44921". — Long. O. 15°52 à 15°53.

— Profondeur 4975" à 5005%, — Fond de vase blanchâtre. — 3 exemplaires.

Caractères distinchifs. — Cinq bras réunis par un angle interbrachial à assez faible courbure.

De six à sept piquants adambulacraires.

Plaques marginales ventrales portant seules un piquant, à l'exclusion des dorsales.

Une seule rangée de plaques entre les marginales ventrales et les pièces dentaires. Des granulations peu serrées ou de petites épines sur la face dorsale et sur la face ventrale.

Description détaillée. — Les trois Étoiles de mer dont il s’agit ici sont de petite taille. Celle qui nous paraît présenter les caractères les plus

typiques a les dimensions suivantes :

R—10Mm == ami R>53r.

Les tubes ambulacraires sont terminés en pointe et présentent à peine un rudiment de ventouse terminale.

Les plaques dentaires sont assez grandes, leur bord sutural est relevé et

l'espace ligamentaire s’élargit aux deux extrémités de la suture. Chacune d'elles porte, sur son bord adambulacraire, huit piquants courts, mousses, dressés verticalement et appliqués contre la plaque. Sur leur bord interne, verticalement saillant, celui par lequel elles s'affrontent en se rapprochant surtout dansleur région moyenne, chacune d'elles porte aussi huit à neuf piquants ou petits tubercules peu saillants et assez fugaces.

Les plaques adambulacraires portent chacune de cinq à sept piquants mousses dont un, le dernier ou l’avant-dernier près de l’extrémité distale de la dent, est beaucoup plus grand que les autres, et pointu; en arrière de ces piquants se trouve une rangée de cinq ou six piquants courts et obtus, séparés parfois de la rangée adambulacraire par un piquant. Quelquefois il'existe dans la rangée externe un piquant plus grand que les autres.

Entre les dents et la rangée des plaques marginales ventrales, il n'existe qu'une seule rangée de six plaques ventro-latérales dont les médianes sont les plus grandes. Ces plaques sont d’ailleurs peu apparentes. Elles portent chacune un petit nombre d'assez gros granules.

Les marginales ventrales sont, dès la seconde, en contact avec les adambulacraires dont elles ont exactement la longueur, si bien qu’elles leur correspondent exactement; elles sont au nombre de douze à chaque bras. La partie des marginales qui apparaît sur la face ventrale et en forme la bordure, a la forme d’un trapèze isocèle, dont les deux médianes seraient presque égales et dont la base serait remplacée par un arc de cercle à convexité tournée vers la gouttière ambulacraire. Sur la partie libre des plaques adambulacraires, sur les plaques ventrales et sur les plaques marginales sont épars des granules isolés qui se transforment en petits piquants sur l’un de nos individus. Ces granules deviennent plus nombreux et plus serrés sur le bord ventral des plaques. Les plaques marginales ventrales portent, en outre, sur leur angle distal externe une épine horizontale qui se dirige obliquement vers l'extérieur et derrière laquelle se trouve une épine plus petite. Sur les plaques médianes, ces épines sont entre le milieu du bord de la plaque et le sommet distal; elles manquent tout à fait sur les plaques marginales dorsales, d’où le nom de semispinosus que nous avons choisi pour cette espèce.

ARCHASTERIDÆ. 309

IL y à onze marginales dorsales. Ces plaques sont simplement granuleuses comme les plaques ventrales, et leur mode d'ornementation ne diffère que par une grosseur légèrement plus grande des grains, de l’ornementation très uniforme de la surface dorsale. La plaque apicale, grande, profondément échancrée en arrière, porte sur son bord libre trois piquants divergents.

On n’apercoit pas les limites des ventro-latérales. L’anus n’est pas apparent et la plaque madréporique ne se reconnaît que parce que les granulations se disposent à sa surface en groupes espacés, formés d’élé-

ments plus petits que les granules isolés de la surface dorsale.

Crenaster spinulosus, sp. nov.

T'alisman. Dragage n° 136. — Lat. N. 44°20". Long. O. 19931". — Golfe de Gascogne, — Profondeur 4955", — Vase blanche molle. — 7 exemplaires. Caractères distinchfs. — Cinq bras réunis par un angle interbrachial à

assez faible courbure. — Face ventrale uniformément recouverte de petits piquants pointus, dont quelques-uns deviennent plus grands sur le bord libre des plaques marginales ventrales. — Six piquants sur chaque plaque adambulacraire. — Plaques marginales dorsales inermes, couvertes de granules analogues à ceux qui sont répartis sur la surface dorsale, où ils forment des groupes paxilliformes assez serrés.

Description détaillée. — Le Crenaster spinulosus, dont les dimensions sont à peu près les mêmes que celles du Crenaster semispinosus, présente avec ce dernier une grande analogie d'aspect; il s’en distingue cependant par de nombreux caractères de détail, qui sont constants chez les sept individus qui ont été recueillis à la mème station. Chez le plus grand d’entre eux :

R 16 Mm r— 5 Mm R>3r.

Les tubes ambulacraires sont pointus, mais terminés par une très petite ventouse.

Les plaques adambulacraires portent chacune six piquants assez longs, aplatis, pointus et divergents, tandis qu'ils sont courts, presque eylindri-

ques, obtus et parallèles dans le C. semispinosus. En arrière de ces

piquants se trouve une rangée parallèle à la gouttière ambulacraire de quatre piquants pointus, légèrement fusiformes. Les pièces dentaires portent neuf piquants chacune; le premier est, en général, beaucoup plus développé que les autres, aplati et pointu ; il forme, avec son symétrique, un couple bien distinct des autres piquants dentaires. L’aire comprise entre les dents, les plaques adambulacraires et les plaques marginales ventrales, est plus grande que dans le €’. semispinosus, et contient un plus grand nombre de plaques; la troisième marginale seulement est contiguë avec la cinquième adambulacraire en donnant le n°1 à la pièce dentaire. Toute la portion libre des pièces adambulacraires, les pièces ventrales et les pièces marginales, au lieu de présenter de simples granules isolés, comme dans le C. semispinosus, sont uniformément couvertes de petits piquants assez pointus; sur les plaques marginales, ces piquants sont plus aplatis, couchés sur la plaque, et s'allongent en se rapprochant de ses bords ; deux ou trois de ces piquants, plus aplatis, plus longs et plus pointus, se montrent sur son bord libre, près de l'angle distal; ils passent insensiblement à l’ornementation de la plaque, au lieu d’être isolés comme dans le €. semispinosus. Les marginales dorsales sont inermes. On compte dix-huit ou dix-neuf marginales ventrales, correspondant exactement aux adambulacraires, et seize à dix-sept marginales dorsales. Ces dernières sont petites, couvertes de petits piquants coniques, qui passent insensiblement à la granulation générale du disque, dont la répartition en aires distinctes correspondant aux ossicules du squelette n’est que très peu apparente.

La plaque apicale, de grandeur ordinaire, est inerme.

Sur l’un des exemplaires, cinq aires situées à la base des bras, semblent des aires tentaculaires; mais la granulation du disque empêche de distinguer Les papilles ; elle masque aussi la plaque madréporique. L’anus n’est pas apparent.

Crenaster mollis, E. Perrier.

(Planche XVIIL figure 3).

1885. Crenaster mollis, E. PERRIER. — Première Note sur les Échinodermes recueillis par le Z'ravailleur et le Talisman. — Annales des sciences naturelles, 8° article, p. 71. Talisman, 1883. — Drag. 131, — Lat. N. 3838. Long. O. 27°26'. — Açores. — Profondeur 2995, — Vase blanche, molle. — 1 exemplaire.

ARCHASTERIDÆ. SU Cinq bras étroits, reliés par un arc interbrachial bien caractérisé.

R = 43 Mm r = 9Mm R<5r.

Tubes adambulacraires terminés par une petite ventouse sphéroïdale.

Dents à bord sutural peu relevé; laissant entre elles un espace tégumentaire fusiforme dans leur région moyenne, et s'écartant de nouveau à leur extrémité distale. Sur le bord adambulacraire de chacune d'elles onze à douze piquants, et sur leur face ventrale quatre rangées de piquants coniques, courts, presque en forme de granules, tous semblables entre eux.

Plaques adambulacraires portant neuf à dix piquants marginaux, divergents, assez grèles, sensiblement égaux entre eux; et sur leur surface libre deux rangées de piquants plus petits, également coniques, au nombre de six dans la première rangée, en nombre plus variable dans la seconde.

Plaques ventro-latérales petites, au nombre de cinq ou six le long de la ligne interradiale, diminuant graduellement de nombre jusqu’au niveau de la cinquième marginale, qui est en contact avec la sixième adambulacraire. Chacune de ces plaques porte une dizaine de piquants assez délicats, mais pas de pédicellaires.

Les plaques marginales ventrales correspondent exactement aux adambulacraires ; leur nombre est de trente à trente-cinq pour chaque bras ; elles sont à peu près carrées, couvertes de très nombreux petits piquants, et portent, sur leur angle distal supérieur, un piquant conique, assez court, incliné vers l'extrémité des bras. Les plaques marginales dorsales sont petites, carrées dans l'angle interbrachial, de plus en plus rectangulaires à mesure qu’on se rapproche de l'extrémité des bras. Elles sont couvertes de nombreuses spinules, et portent chacune un court piquant conique, qui diminue peu à peu sur les plaques de l'extrémité des bras, et finit par avorter. La plaque terminale est grande, inerme, arrondie en avant, échancrée en V en arrière.

Toute la surface dorsale est couverte de petites paxilles nettement séparées les unes des autres, mais ne portant pas plus de sept ou huit piquants mousses. Il n’y a aucune trace de transformation des piquants

en valves de pédicellaires.

La plaque madréporique est grande, mais cachée par des faisceaux de piquants à peu près semblables à ceux des autres plaques; elle est

bresque tangente aux marginales dorsales.

Genre PLUTONASTER, Sladen, 1885.

Cinq bras assez allongés, réunis par un arc interbrachial ordinairement bien développé. Disque relativement grand et aplati.

Bouche invisible à l’état de repos; tubes ambulacraires bisériés, coniques, terminés par une très petite ventouse.

Dents grandes, relativement peu saillantes, mais laissant entre elles une fosse ligamentaire très évidente, rétrécie dans sa région moyenne.

Piquants adambulacraires courts, cylindriques, presque égaux, parfois rayonnants. — Piquants surambulacraires ordinairement petits et formant, sur chaque plaque, deux ou plusieurs rangées parallèles à la gouttière ambulacraire; quelquefois, un grand piquant conique sur les plaques du dernier tiers des bras.

Plaques ventro-latérales nombreuses, granuleuses, dépourvues de pédicellaires, disposées en séries simples qui partent respectivement d’une adambulacraire, mais sont limitées à la région du disque.

Premières marginales ventrales granuleuses, correspondant à deux séries de ventro-latérales, les suivantes à une seule; les autres en contact immédiat avec les adambulacraires qu'elles dépassent en longueur (de facon, par exemple, que deux marginales correspondent à trois adambulacraires), souvent munies d’un piquant gros et conique.

Marginales dorsales correspondant aux ventrales, granuleuses comme elles, formant du côté dorsal une assez large bordure au disque et aux bras, portant habituellement un piquant conique isolé.

Calicinales et carinales indistinctes. Dorso-latérales paxilliformes assez grandes, épaisses, de même que les marginales et les ventro-latérales, de sorte que les téguments, plus solides que dans les autres genres, rappellent ceux des PENTAGONASTERIDÆ.

Madréporite caché par les paxilles ou apparent (J'e/hyaster).

’apilles respiratoires uniformément réparties sur la surface dorsale.

ARCHASTERIDÆ. 313

Le genre Plutonaster de M. Sladen n’est autre chose qu’une modification légère du genre Goniopecten que J'avais défini en 1883, et dont j'ai figuré plusieurs espèces en 1884. Toutes les espèces de Plufonaster décrites par M. Sladen rentraient dans ce genre tel que je l'ai compris; elles auraient dû être désignées, par conséquent, sous le nom de Goniopecten, comme les Pontaster sous celui de Cherraster, créé par M. Stüder pour des espèces recueillies durant la campagnede /a Gazelle, mais à qui ce savant avait attribué une structure de l'appareil génital dont il aurait fallu vérifier la réalité avant de créer un nom générique nouveau. Le Gomopecten demonstrans méritant de constituer un genre spécial, nous avons limité, dans le présent Mémoire, le nom de Goniopecten à cette espèce, afin de pouvoir conserver le nom de Plutonaster imposé par M. Sladen aux autres espèces de ce genre.

Les espèces actuellement connues de ?/utonaster sont au nombre de dix, à savoir six recueillies par le Challenger : les P. bifrons, marginatus, rigidus, ambiquus,notatus, abbreviatus ; {vois recueillies par le Blake : les P.intermedius, P. efflorescens, P. pulcher ; une recueillie parle Travailleur et le Z'alisman : le P. inermais.

La distribution de ces espèces est résumée dans le tableau suivant :

NOMS. LOCALITÉS. PROFONDEUR, NATURE DU FOND

PADIPORSEREN LES Tout l'Atlantique N. 106% à 2500" Vase à globigérines, vases diverses.

P. notatus .......... Acores, Canaries. 9067 à 1249" Sable vasard, roches, vase à pléropodes.

PS0bréemutus. 72 02e Acores. 1800m Vase volcanique. PIERRE Re Côtes du Maroc. 1319" Vase.

PEForescens En s Antilles. 1048" » | DUC RE Id.

PETRETMEUUS ES Id. 1500 à 1800 »

D TITITUSS RSR Côte E. des États- 2200 à 3300" Vase bleue. Unis.

P:Marginaus 7. Ile de l’Ascension. 775% Sable volcanique. PA CIMOIQ USE eee Pacifique. 1740% Vase verte.

(TALISMAN. — Échinodermes.) 40

Plutonaster Edwardsi, E. Perrier (1).

1882. Goniopecten Edwardsi, E. PERRIER. — Rapports sur les travaux de la commission chargée par M. le ministre de l'Instruction publique d'étudier la faune sous-marine des grandes profondeurs de la Méditerranée et de l'Atlantique, par M. Alph. Milne- Edwards, p. 52.

Travailleur, 1882. — Dragage 36. — Lat. N. 39°33-39°31". — Long. O. 12°1130"-12°19". — Profondeur 2590%-2660%, — Vase.

Cinq bras réunis par un arc interbrachial à assez faible courbure.

R — 37 Mm r—11Mm R=—9;07.

Ventouse des tubes ambulacraires presque nulle. Piquants des plaques adambulacraires formant des rangées un peu obliques par rapport à Îa souttière.

Plaques ventro-latérales couvertes de granules grossiers formant, pour chaque plaque, un groupe isolé de sa voisine.

Plaques marginales ventrales au nombre de quarante-quatre, granuleuses, portant chacune un piquant gros et court qui, dans l’arc interbrachial, est au milieu du bord libre de la plaque, mais se rapproche graduellement de son angle externe qu'il finit par occuper.

Plaques marginales dorsales en même nombre que les ventrales, uniformément granuleuses, plus larges que longues du côté dorsal. Dos couvert de bouquets de granules correspondant à chaque ossicule, et nettement séparés les uns des autres. Quatre bouquets plus gros autour de la plaque madréporique qu'ils masquent presque entièrement.

Anus indistinct.

Plutonaster bifrons.

1873. Archaster bifrons, Wyv. Taomson. — The Deepth of the Sea, p. 122, fig. 17 et 74. 1889. Plutonaster bifrons, PERCY SLADEN. — Report on the Asteroïda, p. 84, pl. XI, fig. 1-4;

pl. XIII, fig. 9 et 10.

Travailleur, 1880. — Dragage n° 9. — Golfe de Gascogne. — Profondeur 1190. —

4 exemplaire.

— 1880. — Dragage n° 10. — Golfe de Gascogne. — Profondeur 1910. — 1 exemplaire

—— 1881. — Dragage n° 4. — Lat. N. 42°50'. Long. O. 2°57'. — Profondeur 2020. — 1 exemplaire. — Vase grenue.

— 1881. — Dragage n° 39. — Lat. N. 445 Long. O. 9°23'. — Profon-

deur 953%, — 2 exemplaires.

1) Spécimen détruit spontanément avant que la description ait pu en être complétée.

ARCHASTERIDÆ. 315

Talhisman, 1883. — Dragage n° 3, — Lat. N. 36°53. Long. O. 10°48'. — Profondeur 106". — 3 exemplaires.

— 1883. — Dragage n° 30. — Lat. N. 32°38'. Long. O. 12°9°. — Profondeur 1435". — 3 exemplaires. — Sable et vase.

— 1883. — Dragage n° 32. — Lat. N. 32°34'. Long. O. 12°9'. — Profondeur 1590". — À exemplaire. — Vase grasse.

— 1883. — Dragage n° 33. — Lat. N. 32°31’. Long. O0. 12°8'. — Profondeur 1350".

— 3 exemplaires. — Vase grasse.

— 1883. — Dragage n° 36 et 36a.— Lat. N. 31°34’. Long. O. 12°41'-12°43. — Profondeur 912" à 1050%. — 3 exemplaires. — Vase rouge.

— 1883. — Dragage n° 37.— Lat. N. 31° 31’. Long. O.12°47. — Profondeur 1050". — 6 exemplaires. — Vase rouge.

— 1883. — Dragage n° 45. — Lat. N. 29°8’. Long. O. 14° 46”. — Profondeur 1235". — 5 exemplaires. — Vase jaune molle.

— 1883. — Dragage n° 48. — Lat. N. 29°1’. Long. O. 14°51". — Profondeur 1180". — 5 exemplaires. — Vase jaune molle.

-— 1883. — Dragage n° 51. — Lat. N. 28°35'. Long. O. 15°36". — Profondeur 1238".

— 1 exemplaire. — Vase jaune molle.

— 1883. — Dragage n° 59. —- Lat. N. 27°32’. Long. O. 16°29". — Profondeur 2013". — 2 exemplaires. — Vase jaune molle.

1883. — Dragage n° 60.— Lat. N. 27°31’. Long. O.16°28". — Profondeur 1975". — 2 exemplaires. — Vase jaune molle.

— 1883. — Dragage n° 78.— Lat. N. 23°57-23°55’. Long. O. 19°32/-19°55'. — Profondeur 1435, — 1 exemplaire. — Vase jaune molle.

— 1883. — Dragage n° 95. — Lat. N. 20°38'-20°32'. Long. O. 20°39-20° 40". — Profondeur 1230%-1160%, — 6 exemplaires.

— 1883. — Dragage n° 97. — Lat. N. 19°12’. Long. O. 20°17'.— Profondeur 2324".

— 5 exemplaires.

— 1883. — Dragage n° 98. — Lat. N. 19°12’. Long. O. 20°17. — Profondeur 2324". — 1 exemplaire.

52 exemplaires sur une verticale de 2118" ou, abstraction faite de la localité, cotée 106", de 14127.

L’Archaster bifrons de Wyville Thomson se rapproche tellement du Goniopecten intermedius de la mer des Antilles qu'il faut quelque attention pour reconnaître avec précision les caractères qui les distinguent. Ces caractères ont cependant une grande constance. Chez tous les Plutonaster bifrons que nous avons sous les yeux, les plaques marginales dorsales, vues par en haut, paraissent presque carrées et le piquant qu'elles supportent est oblique; chez le Plutonaster intermedius, ces plaques apparaissent rectangulaires, plus larges dans le sens transversal que dans le sens longitudinal des bras, et leur piquant court et mousse est horizontal et plus robuste. Les plaques du squelette dorsal sont plus

larges, couvertes d’une granulation régulière, et souvent à contour polygonal chez le P. infermedius: elles sont plus petites, à granulation irrégulière et arrondies chez le P. hifrons. Chez cette dernière espèce, chaque plaque adambulacraire porte, sur sa surface ventrale, un piquant conique dressé; ce piquant manque chez ie P. éntermedius. Un certain nombre de plaques de l'aire triangulaire ventrale, parfois toutes, portent une épine chez le ?. bifrons; ces plaques sont simplement granuleuses chez le P. intermedius. Enfin, chez cette dernière espèce les bras sont un peu plus courts et plus larges.

Remarque. — Chez les jeunes individus où R— 15M m, par exemple, les piquants des plaques ventrales ne sont pas encore développés et le piquant isolé de la plaque adambulacraire n'existe pas sur toutes les

plaques.

Plutonaster intermedius.

1881. Goniopecten intermedius, E. PERRIER. — Description sommaire des espèces nouvelles d'Astéries recueillies par les dragages du lake. — Bulletin of the Museum of Comparative Zoology, 25 juin 1881. \

1884. Goniopecten intermedius. — Mémoire sur les Stellérides recueillies dans la mer des Antilles et le golfe du Mexique durant les dragages du Blake. — Nouvelles Archives du Muséum, 2° série, t. VI, p. 251, pl. VII, fig. 1 et 2 et pl. IV, fig. 4.

L'Étoile de mer que j'ai décrite sous le nom de Goniopecten intermedius se rapproche non seulement du Plutonaster bifrons mais encore du P. rigidüis de Sladen, et nous croyons devoir la redécrire ici complètement pour mieux faire saisir les différences.

Dans le P. intermedius, les tubes adambulacraires sont bisériés et terminés par une très petite ventouse.

Les dents, assez longues, forment une saillie ellipsoïdale sur la face ventrale; leur sommet externe atteint le niveau de la suture des premières et des secondes adambulacraires; elles sont séparées l’une de l’autre par un sillon bien apparent qui s’élargit vers leur bord externe. Toute leur surface actinale est couverte de gros granules, et elles portent sur leur bord ambulacraire huit piquants sensiblement égaux.

Les plaques adambulacraires sont plus longues que larges; elles portent ordinairement sept piquants sur leur bord ambulacraire et, sur leur sur-

ARCHASTERIDÆ. 317

face libre, deux rangées de piquants parallèles à la gouttière ambulacraire ; la première de ces rangées est formée de six piquants rétrécis vers le “milieu de leur longueur; la deuxième, de piquants en forme de granules. Le système des plaques ventro-latérales est bien développé. Ces plaques sont disposées en séries qui partent des adambulacraires; elles sont en même nombre que ces dernières et formées chacune d’une seule rangée de plaques. À partir des dents, ces rangées sont disposées de la manière suivante : Celles qui commencent à la première et à la troisième adambulacraire aboutissent à la première marginale ventrale ; elles sont formées la première de huit plaques, la seconde de cinq, et comprennent entre elles la rangée qui commence à la deuxième adambulacraire, mais cette rangée, formée de trois plaques, s'arrête avant d'atteindre la marginale, de sorte que les plaques de la première et de la troisième rangée deviennent alors contiguës; la quatrième et la cinquième rangée aboutissent à la deuxième marginale ventrale; la sixième et la septième à la troisième marginale; la huitième et la neuvième à la quatrième marginale; la neuvième rangée empiète un peu sur la cinquième marginale à laquelle aboutit aussi la dixième rangée; la onzième et la douzième rangée ne contiennent qu'une seule plaque, puis les plaques marginales et les plaques adambulacraires sont contiguës. À chaque marginale correspond en moyenne une adambulacraire et demie, de sorte que les adambulacraires sont alternativement superposées aux marginales et alternées avec elles, sans que cependant cette disposition soit très régulière. Toutes les plaques ventro-latérales sont couvertes de gros granules saillants, assez espacés. IL existe des granules semblables sur les marginales ventrales. Ces dernières sont rectangulaires, deux fois plus larges que longues, et portent chacune, sur le milieu de son bordlibre,un gros piquantconique, immobile. Les plaques marginales dorsales sont semblables aux ventrales auxquelles elles se superposent exactement; leur ornementation est la même; elles portent, en général, un piquant conique, sauf sur la moitié terminale des bras où elles sont inermes ; ce piquant peut d’ailleurs avorter accidentellement, même sur les plaques qui sont situées dans l’are interbrachial. Le nombre des plaques marginales varie de vingt-deux à vingt-sept pour chaque bras, suivant la taille des individus.

Tout le squelette dorsal est formé de petites paxilles ne portant guère que huit à dix piquants en couronne et un à trois granules centraux chez les exemplaires de moyenne taille; ces nombres peuvent être doublés chez ceux de grande taille. Ces paxilles ne présentent pas de disposition régulière apparente, sauf au voisinage des marginales dorsales où elles ont une légère tendance à se disposer en rangées transversales dont quatre correspondent en général à une même marginale. L’aire paxillaire des bras est sensiblement égale à la largeur des plaques marginales. Les dimensions des paxilles ne diminuent que légèrement au voisinage de l’anus et des marginales.

La plaque terminale des bras est petite, à peine échancrée en arrière ou même semi-circulaire.

La plaque madréporique grande, composée, à fins sillons, est masquée par des paxilles plus grosses que les autres.

L’anus est subcentral. Les pédicellaires font défaut.

Remarque. — Le P. rigidus de M. Sladen, recueilli par le Challenger sur la côte E. des États-Unis (Delaware et Maryland), ressemble singulièment au ?. intermedius que j'ai décrit huit ans auparavant; je relève les différences suivantes :

Le P. rigidus a neuf piquants dentaires au lieu de huit; neuf piquants adambulacraires au lieu de sept; trois rangées de granules surambulacraires au lieu de deux; la première rangée de ventro-latérales contient sept plaques au lieu de huit; les supéro-marginales sont dépourvues de gros piquant; leur nombre est de trente et un au lieu de vingt-sept.

Plutonaster notatus.

1889. P. nolatus, SLADEN. — Voyage of the Challenger. — Report on the Asteroïda, p. 97, pl. XIV, fig. 6 et Tet pl. XV, fig. 5 et 6.

Talisman, 1883. — Dragage 57, — Lat. N. 28°48’. Long O.16°21.— Détroit de Bocayna. — Prof. 906" à 4240. — 2 exemplaires. — Sable vasard, roche. La description de M. Sladen ne convient pas rigoureusement dans tous ses détails aux deux exemplaires que je rapporte à cette espèce. Les dents sont conformes à celles du type de M. Sladen; les plaques adambulacraires passent graduellement, d’une forme analogue à celle des

dents, à la forme rectangulaire: la première, en forme de trapèze à longs

ARCHASTERIDÆ. 319

côtés obliques, porte cinq ou six rangées longitudinales, irrégulières, de piquants, en arrière des piquants ambulacraires; les suivantes en ont généralement quatre au lieu de trois qu'indique M. Sladen.

Les plaques ventro-latérales sont disposées de la facon suivante 1° une interradiale pénétrant presque entre les dents ; 2° de chaque côté de la ligne médiane interradiale, sept rangées successives de plaques partant des sept premières adambulacraires (non compris les dents) et se dirigeant vers les marginales ventrales. La première de ces rangées contient cinq plaques elliptiques dont le grand axe est dirigé dans le sens de la rangée; ces plaques diminuent graduellement de la première à la dernière; les rangées suivantes contiennent respectivement quatre, trois, deux et une plaque; les plaques des dernières rangées sont allongées transversalement.

Les deux premières rangées de plaques aboutissent à la première marginale ventrale; les deux suivantes à la seconde; ensuite chaque rangée va d’une adambulacraire à une marginale.

Dans la région du bras où les adambulacraires et les marginales sont en contact, elles ne se correspondent pas, comme chez les Dytaster, mais cinq adambulacraires correspondent à quatre marginales.

Il n'existe de piquant dressé que sur les marginales qui constituent l'arc interbrachial, encore celles qui occupentle sommet de l’arc en sontelles parfois dépourvues; de plus ces piquants ne sont reconnaissables que sur l’un des deux exemplaires observés.

Plutonaster inermis, E. Perrier.

1885. Goniopecten inermis, E. PERRIER. — Première note préliminaire sur les Échinodermes recueillis par les expéditions du Zravailleur et du Talisman. — Annales des sciences naturelles, art. n° 8, p. 71.

T'alisman, 1883. — Dragage 21. — Lat. N. 33°46". Long. O. 11°22’. — Côtes du Maroc. -

Profondeur 1319%. — Vase.

Cinq bras relativement courts.

R—17Mm r —6Mm R=3r.

Tubes ambulacraires pointus, ne portant qu'une ventouse rudimentaire.

Dents grandes, légèrement convexes, mais ne laissant pas apercevoir entre elles d'espace ligamentaire. Chacune d’elles portant, sur son bord ambulacraire, sept piquants qui vont en diminuant du piquant angulaire jusqu'au dernier qui est très petit. Sur la surface ventrale de chaque dent un piquant assez gros, immédiatement en arrière du piquant angulaire ; puis quatre rangées longitudinales de granules qui ne sont bien distinctes que sur la moitié distale de la dent; ces rangées ne sont pas très régulières.

Les trois premières adambulacraires ont leurs bords suturaux obliques par rapport à la gouttière ambulacraire, de manière que leur forme fait transilion de la forme de la dent à celle des adambulacraires rectangulaires qui suivent. Sur ces plaques les piquants adambulacraires forment eux-mêmes un éventail orienté obliquement par rapport à la goutlière ambulacraire. La première et la seconde plaque portent chacune six piquants dont le premier et le dernier sont petits, tandis que le deuxième est plus grand que les autres.

La surface ventrale de la première plaque porte quatre rangées de longs granules, parallèles à ses bords suturaux, et dontles externes, mieux définies, sont composées chacune de cinq granules; la deuxième plaque est de même couverte de granules que l’on peut considérer comme formant cinq rangées parallèles aux bords suturaux de la plaque, ou quatre rangées parallèles à son bord ambulacraire; les autres plaques portent trois rangées de cinq granules, parallèles au bordambulacraire dela plaque.

La disposition des plaques ventro-latérales est la suivante : 1° une très petite interdentaire ne portant que trois ou quatre granules; 2° de ehaque côté de la ligne médiane interradiale, une plaque contiguë à la première adambulacraire; les deux plaques symétriques correspondant elles-mêmes à une assez grande interradiale, suivie à son tour d’une interradiale plus petite, en contact avec Îles marginales ; 3° sept rangées de plaques, allant respectivement de la deuxième adambulacraire à la première marginale ventrale; de la troisième adambulacraire à la suture de la première et de la deuxième marginale; des quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième adambulacraires à

aulant de marginales correspondantes. La première rangée contient

trois plaques à peu près circulaires, mais qui vont en diminuant de la première à la troisième ; la deuxième et la troisième rangées contiennent chacune deux plaques; les autres rangées, une seule plaque; les plaques qui constituent les sixième et septième rangées sont linéaires et rudimentaires. Toutes ces plaques, nettement distinctes les unes des autres, sont uniformément couvertes de granules. Par une exception remarquable dans le genre Plutonaster, dans la région des bras où les marginales et les adambulacraires sont en contact, elles se correspondent presque exactement.

Les plaques marginales ventrales sont au nombre de vingt-quatre: elles vont en diminuant régulièrement de la base à l’extrémité des bras, où elles sont très petites, de sorte que l'extrémité des bras est pointue. Ces plaques sont plus allongées transversalement par rapport aux bras que longitudinalement; elles sont légèrement convexes, séparées Îles unes des autres par des sillons assez profonds et uniformément granuleuses, sans aucune trace de piquants.

Les plaques marginales dorsales correspondent exactement aux ventrales, et ont une forme analogue; elles sont, comme elles, dépourvues de tout piquant, mais uniformément granuleuses.

La plaque terminale est grande, mince, granuleuse, arrondie à son extrémité libre, légèrement échancrée en V à son extrémité posté- FIeure.

Les paxilles dorsales sont arrondies, assez grandes, vaguementdisposées sur les bords des bras en rangées qui deviennent rapidement indistinctes, et dont trois environ correspondent à une marginale dorsale. Les plus grandes paxilles se trouvent à la base des bras et au voisinage de leur bord; elles portent une couronne de huit à dix piquants obtus, entourant trois ou quatre granules centraux. Les paxilles diminuent, et deviennent plus serrées et moins distinctes dans la région centrale du disque.

Le madréporite est caché par les paxilles ; l'anus peu visible. [

(TALISMAN — Échinodermes).

= Es

Plutonaster efflorescens et P. pulcher.

Archaster efflorescens, E. PERRIER. — Nouvelles Archives du Muséum d'histoire naturelle,

2° série, t. VI, p. 255.

Archaster pulcher, E. PERRIER. — Ibidem, p. 254, pl. X, fig. 3.

Les deux formes que J'ai décrites dans mon mémoire sur les Stellérides recueillis par le Zlake sous les noms d’Archaster efflorescens et d'Archaster pulcher se rapportent sans doute au genre Plutonaster de M. Sladen. Je n’ai eu entre les mains qu'un seul individu, probablement très Jeune, de chacune de ces deux espèces. Dans aucun de ces deux individus, je n'ai pu apercevoir de papilles respiratoires, mais les plaques ventro-latérales sont plus nombreuses que chez les Pontaster, assez nettement disposées en petites séries, ce qui, Joint à l’absence des pédicellaires, est bien le caractère des ?lutonaster. Ces deux formes sont très voisines; les piquants dentaires du P. efflorescens sont beaucoup plus petits que ceux du P. pulcher ; Les plaques ventro-latérales du ?. efflorescens sont plus nombreuses et plus nettement disposées en séries que celles du ?. pulcher ; leurs piquants, dans cette seconde espèce, ont une tendance à se grouper en pédicellaires qui ne sont cependant pas nettement réalisés. Les plaques marginales ventrales du P. efflorescens sont plus petites, plus nombreuses (vingt au lieu de quinze), plus épineuses que celles du ?. pulcher ; elles sont séparées les unes des autres par un sillon profond chez le P. efflorescens, tandis qu'il n'existe qu’une simple suture chez le P. pulcher; les plaques marginales dorsales du ?. efflorescens sont plus petites et plus séparées que celles du ?. pulcher; elles portent presque toutes un piquant qui manque chez cette dernière espèce. Enfin la forme de la plaque terminale des bras est toute différente. Chez le P. efflorescens, elle à la forme d’un fer à cheval dont la concavité serait tournée vers la base du bras; chez le P. pulcher, elle est grande, ovale

et ne présente qu'une légère échancrure sur son bord proximal.

Genre TETHYASTER, Sladen.

Les T'ethyaster que M. Sladen ne considère que comme un sous-genre des Plutonaster, en diffèrent parce que leur madréporite est simple et à découvert, au lieu d’être composé et caché par des paxilles. Il n°v a

ARCHASTERIDZÆ. US;

guère avantage à diviser les genres en sous-genres, c’est pourquoi je considère les Zefhyaster comme un genre distinct. Ce genre ne renferme du reste que deux espèces depuis longtemps décrites sous le nom d’4rchaster : le Tethyaster subinermis, Philippi, le 7. Parelii, Düben et Koren.

Le 7. subinernuis qu'on a longtemps cru localisé dans la Méditerranée a été rencontré de la baie de Cadix et au cap Bojador par le T'alisman ; le 7”. Parelu est une espèce des régions septentrionales de l'Atlantique

(des côtes du Finmark à celles d'Irlande).

Tethyaster subinermis.

1837. Asterias subinernus, Parippi. — Wiegmann's Archiv für Naturgeschichte, Jarhg. HE, Band, I p. 193.

1842. Astropecten subinermis, MüLLer et TROSCHEL. — System der Asteriden, p. 74. 1889. Z'ethyaster subinermis, SLADEN. — Report on the Asteroïda, p. 89. Talisman. — Dragage 5. — Lat. N. 36°26’, Long. O. 847. — Profondeur 60%. — Vase, coquilles. — Baie de Cadix. — 1 exemplaire.

— — 15. — Lat. N. 3357. Long. O. 10°47. — Profondeur 1283" à 1425". — Vase, coraux. — Côtes du Maroc.

— — 66. — Lat. N. 26°13". Long. O. 17°10'. — Cap Bojador. — Profondeur 175%,— Vase, coraux, — Côtes du Maroc. — 1 exemplaire. Le Tethyaster subinermis qui se trouve dans l'Atlantique au moins à partir de Cadix, en descendant vers le sud, vient fortifier l'opinion que la faune de la Méditerranée occidentale, jadis réputée spéciale à cette mer, n’est, au moins en grande partie, qu’une faune empruntée à la région de l'Atlantique voisine du détroit de Gilbraltar; la nature de cette faune, comme celle de la faune terrestre du littoral méditerranéen, signalée par M. Em. Blanchard, semble assigner une date récente à la formation de notre grande mer intérieure. La plupart des exemplaires de T'efhyaster inermis provenaient de la zone littorale ; la profondeur de 1283 mètres où aurait été recueilli l’exemplaire du dragage 15 est isolée ; mais le même fait se reproduit pour le Chætaster longipes (voir p. 326).

TRIBU DES GNATHASTERIN Æ.

Genre HOPLASTER, E. Perrier, 1882.

1882. Dans Alph. Mizxe-Enwarps : Rapport sur les travaux de la Commission chargée par M. le ministre de l'Instruction publique d'étudier la faune sous-marine dans les grandes profondeurs de la Méditerranée et de l'Atlantique, p. 52.

Corps étoilé, plan en dessus et en dessous.

Bouche masquée par les dents; tubes ambulacraires bisériés à ventouse normale.

Dents à bord sutural légèrement saillant; de longs et grèles piquants surdentaires distribués à leur surface, notamment le long du bord sutural.

Piquants adambulacraires peu nombreux; deux ou plusieurs rangs de longs et grèles piquants surambulacraires, parallèles à la gouttière ambulacraire.

Plaques ventro-latérales peu nombreuses, imbriquées, portant de longs piquants grèles.

Plaques marginales épaisses, presque carrées, peu nombreuses, couvertes de longs et grèles piquants semblables à ceux de la face ventrale. Une marginale interradiale dorsale et une ventrale, au moins aussi srandes que les plaques voisines.

Calicinales et carinales distinctes, arrondies et convexes ainsi que les

dorso-latérales, couvertes de forts piquants longs et mobiles.

Hoplaster spinosus, E. Perrier. Planche XIV; figure 2.

1882. Hoplaster spinosus, E. PERRIER. — Rapport sur les expéditions du Travailleur, p. 52. Travailleur, 1881. — Dragage n° 3. — Lat. N. 49°4750". Long. O. 15°2’. — Profondeur 3307". — Vase.

T'alisman, 1883. — Dragage n° 131. — Lat. N. 38933". Long. O. 2726. — Nord des Acores. — Profondeur 2995%, — Vase blanche avec pierre ponce.

Petite espèce à corps étoilé.

R = 65 Mm r —À4Mm RAS 7e

Bouche masquée par les dents. Gouttières ambulacraires très étroites. Tubes ambulacraires bisériés, à ventouses normales.

Dents de grandeur moyenne, à bord buccal obtus, à bord sutural légèrement relevé. Outre le piquant angulaire, chaque dent porte cinq piquants adambulacraires, assez grêles et divergents, un ou deux en arrière des piquants adambulacraires, et de plus, le long de son bord sutural, trois ou quatre piquants grèles, très allongés.

Les plaques adambulacraires portent chacune, le long de leur bord

ARCHASTERIDÆ. 325

libre, trois piquants divergents et, sur leur surface ventrale, deux rangées parallèles à la gouttière ambulacraire de piquants longs et grèles, contenant chacune deux ou trois piquants. Le squelette ventral est formé d'un triangle de plaques dont l’une interradiale est en contact avec les dents: quatre plaques forment les côtés du triangle, quatre sa base; une seconde interradiale occupe son centre. Ces plaques arrondies, sont imbriquées de manière que leur bord distal soit caché par le bord proximal des suivantes ; elles portent chacune de trois à six longs piquants mobiles et grèles ; il y a neuf plaques marginales ventrales pour chaque côté du corps; une d'elles occupe le sommet de l’are interbrachial; ces plaques sont couvertes de longs piquants grèles, serrés les uns contre les autres.

Les plaques marginales dorsales sont au nombre de sept; elles sont, comme les marginales ventrales, assez épaisses, de sorte que la forme générale du corps est tout à fait celle d’un Pentagonaster. La plaque interradiale est trapézoïdale ; les deux suivantes sont carrées, la deuxième est notablement plus petite que les autres. La terminale est ovale. Toutes ces plaques sont uniformément couvertes de piquants longs, grèles et mobiles.

Des piquants semblables recouvrent également les plaques dorsales et empêchent de distinguer avec certitude leur arrangement. Ces plaques sont arrondies, convexes, grandes; la série des carinales est régulière. Malgré le petit nombre des plaques dorsales, les calicinales ne se laissent pas reconnaître distinetement sur l’un des exemplaires; sur Pautre, un peu plus jeune, cinq grandes basales arrondies se distinguent par leur position, leurs plus grandes dimensions etleurs piquants un peu moins nombreux que sur les autres plaques.

Il ne paraît pas exister de papilles respiratoires et je n'ai pu distinguer le madréporite à la loupe.

Observation. — L'existence d'une plaque marginale impaire rapproche les Hoplaster des Odontaster et des Gnathaster, dont ils se rapprochent encore par leur ressemblance avec les PENTAGONASTERIDE ; 1lS nous parats-

sent former avec eux une tribu parfaitement naturelle.

Ordre V. — STELLERIDA VALVATA.

L'ordre des Vazvara se rapproche de celui des PaxiLLosa par le grand développement que prennent les marginales dans trois de ses familles, où l’on observe ei même temps la limitation des papilles respiratoires sur la face dorsale du corps. Il se distingue par la grande épaisseur que présentent, en général, les plaques squelettiques; par le revêtement presque exclusivement granuleux qui les recouvre, au moins dans le jeune âge: par la forme des pédicellaires dont les valves, en forme de cuilleron, sont encastrées dans des alvéoles spéciales, creusées dans les ossicules du squelette ; par les dimensions relativement faibles des dents, qui ne font aucune saillie sur la face ventrale. On peut ajouter que les ventouses des tubes ambulacraires sont habituellement bien développées, et souvent soutenues par une couronne de spicules calcaires; que l’armature de la gouttière ambulacraire est ordinairement constituée par des piquants courts et mousses ; que les sillons du madréporite sont, en général, nombreux, et partent d’un point de l'organe voisin de son centre; que l'anus est toujours nettement visible.

Il existe un certain parallélisme entre les diverses formes de l’ordre des Vazvara et celles de l’ordre des PaxiLLosa. Comme les Lumnnæ, les LixcripÆ ont des bras nettement séparés jusqu’à leur base et en nombre variable. Ces bras sont même cadues chez certains Lenckia, tout au moins facilement séparables du disque, et susceptibles de reproduire l'animal tout entier. De telles propriétés signalent le genre Zinckia et les Lixckupæ en général, comme les formes inférieures de la série des VALVATA.

Dans la plupart des genres, une face ventrale commence à se différencler, et les plaques marginales se distinguent nettement par leurs dimensions de leurs voisines ; si bien que les Fromia ont déjà une physionomie très voisine de celle des PENTAGONASTERIDÆ.

Les Varvara se divisent naturellement en cinq familles : celles des

LINCKIIDÆ. 327

LincknnÆ, des PENTAGONASTERIDÆ, des GYMNASTERNDXÆ, des ANTHENEIDE et des PENTACEROTIDÆ, qu'on peut caractériser comme l'indique le tableau synop-

tique suivant :

Tableau synoptique des familles de l’ordre des VALVATA.

JL. — Arceaux dorsaux et ventraux à peu près également déve-

loppés de la base au sommet des bras; bras nettement

séparés jusqu’à leur base, mais à angle vif............... LINCKIDX. Il. — Arceaux dorsaux et ventraux plus développés à la base qu'au

sommet des bras; bras unis par un arc interradial plus ou moins long, de sorte que le corps peut arriver à avoir la forme d'un disque pentagonal.

À. — Marginales dorsales et ventrales également bien développées; squelette dorsal formé de pièces contiguës en mosaique. 1. — Pièces squelettiques granuleuses ou nues........... PENTAGONASTERIDE. 2. — Pièces squeletliques recouvertes par un tégument ÉD de ce GYMNASTERIIDE.

B. — Squelette dorsal réticulé.

1. — Pièces du squelette ventral portant chacune un ou plusieurs grands pédicellaires valvulaires......... ANTHENEIDÆ. 2. — Pièces du squelette ventral ne portant que de petits

pédicellaires ou dépourvues de ces organes; marginales dorsales souvent plus petites que les ven- (Tales CCOLDS ASS ne se PENTACEROTIDEÆ.

Les GyuxasreRibÆ et les ANTHENEIDÆ manquent entièrement aux collections du Z’ravailleur ei du T'alisman ; Wn'en saurait être question ici. Les Lixcrupæ et les PENTACEROTIDÆ ne sont représentées que par des formes littorales ; les PENrAGoNASTERIDÆ sont, au contraire, nombreuses dans les

grandes profondeurs.

FamiLze X VIII. — LINCKIIDÆ.

Dans son leport on the Asteroida, M. Percy Sladen rapproche les Lixckupz des Zoroasrernx et des Sricuasreræ. Il y a, en effet, quelque analogie dans l’apparence extérieure et dans la disposition des pièces squelettiques chez ces trois familles ; mais s’il existe une étroite affinité entre les deux dernières, on ne peut voir, dans leur ressemblance générale avec les Lixckibx, qu'un de ces phénomènes de convergence si

communs dans tout le Règne animal. Cette ressemblance tient unique-

ment au grand développement en tous sens des pièces squelettiques qui, étant à peu près en même nombre dans les arceaux successifs, sont amenées, dans ces trois familles, à se disposer en rangées longitudinales plus ou moins apparentes. Ces pièces sont d'ailleurs plus ou moins granuleuses dans les trois groupes, mais à cela se bornent les ressemblances. Les tubes ambulacraires sont toujours bisériés et à large ventouse; les dents petites, mais bien différenciées, triangulaires, présentent un angle obtus, deux angles aigus et s'affrontent par leur hypoténuse. Les gouttières ambulacraires sont étroites, susceptibles de se fermer entièrement sur les tubes ambulacraires ; les plaques adambulacraires toujours assez longues et assez larges.

Je conserverai ici les limites que j'ai proposées pour cette famille en 1875, en y introduisant seulement le genre Chætaster, comme la fait M. Viguier en 1878. J'adopterai, d’ailleurs, la division en tribus et en senres que propose M. Percy Sladen, mais en disposant, cependant, les senres tout autrement.

Tableau synoptique des tribus et des genres de la famille des LINCKIIDÆ.

I. — Plaques squelettiques paxilliformes ; dorso-latérales pourvues de plaques internes supplémentaires.............. CHÆTASTERINÆ. Genre NIQUE 2 esta es are ide Cordon CHÆTASTER. II. — Plaques squelettiques non paxilliformes; point de plaques internes supplémentaires ; marginales et dorso-latérales SANS ÉDINes CHANUIEUS 0822 LINCKIINÆ.

A. — Une première rangée de ventro-lalérales dites surambulacraires, correspondant exactement aux adambulacraires.

1. — Dorso-latérales en rangées longitudinales régulières. Papilles respiratoires présentes à la fois sur la face dorsale et la face ventrale; deux rangées de piquants adambulacraires, les extérieurs plus gros et moins nombreux que les intérieurs.

a. — Marginales et dorso-latérales écailleuses ou granuleuses.

a. — Aires papillaires non confluentes latéralement; Mmadréporitessimple.:........ OPNIDIASTER. 8. — Aires papillaires confluentes latéralement ; madréporite grand et composé.......... PHARIA. b. — Marginales et dorso-latérales couvertes par une

COUChe TÉPUMENTAITE. 4 2e eee LEIASTER.

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