‹ Echo et NarcisseChapitre 13 sur 16 · UNE FEMME · texte numérisé non relu

UNE FEMME

Entendez-vous, entendez-vous Les cris lointains apportés par les brises? Tout le marais est sens dessus dessous. Ses riverains sûrement sont aux prises Avec quelqu'un dont l'aspect les rend fous. Pour les jeter dans une rage telle

Il a dû ne falloir rien moins

Qu'une cause surnaturelle !

UN PAYSAN, qui accourt tout pâle et essoufflé

O mes yeux, de quel fait fûtes-vous les témoins? C'est à se demander si ce n'est pas un rêve. Dites-moi, je vous prie, héros aux cœurs sereins, Si je vous parais bien solide sur mes reins, Et si c'est bien un buste humain que je soulève.

BELLÉROPHON, à PélopS.

Au fait, tu ne connais pas encor ces gens-là,

Pélops. Ce petit monde au génie aquatique,

Né dans l'alluvion que ce lac refoula.

Forme une originale et jeune République.

Ils sont là deux ou trois couples de beaux esprits

Qui, par aversion du rêve, ont entrepris,

En se recommandant d'un but humanitaire,

De se débarrasser, par décret, du Mystère.

Ils ont donc arrêté, d'une commune voix.

Que le surnaturel était contraire aux lois,

Mais, par un contre-temps qui les remplit de rage,

Le miracle envahit leur docte marécage,

Les enveloppe, les aveugle de ses feux :

Latone brusquement se dresse devant eux.

Car n'est-ce pas, Elle est venue?

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