LE GRAND MÉNAGE
Il est d’heureux mortels qui ne savent pas « que c’est qu’un déménagement ; mais j’en connai
peu qui ignorent les ennuis du grand ménage, ce Austerlitz des femmes, ce Waterloo des mari Les célibataires seuls ne subissent pas les atteinte d'un mal qui sévit loin d'eux, et qui n’arrive q
avent pas
Le grand Ménage 95
par ricochet jusqu'aux frontières de leur sphère isolée,
Quant à moi, j'ai {oujours aimé Je grand ménage mme les enfants aiment le contact du linge
humide eur leur figure barbouillée. N'étant plus
d'âge à Pleurer, je me borne à une plainte tranquille mais Persistante. Je suis sûr qu’elle trouera de nombreux échos.
On aCquiert, avec l’âge, de petites habitudes qui viennent comme une seconde nature. On s'ac-
“ulume à lire son journal, le matin, dans un cer. ain fauteuil, près de la même fenêtre où un jour lamisé ne fatigue pas la vue et corrige un peu le ‘le flamboyant des articles à sensation. Hélas ! ous les deux ou rois jours, le grand balayage ent troubler ce Coin délicieux et en chasse l'oceu-
ant sous une avalanche de Poussière. Il faut
mil se mette ailleurs, et Pourauivi de chambre en
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EE ÉD chambre, il finit par se réfugier dans la cour, trop heureux s’il ne voit pas ce dernier domicile servir de théâtre au secoûment des rideaux et des tapis.
Si, encore, c'était tout. Mais on bouleverse la maison de fond en comble ; tel meuble qui souriait dans un coin, grimace dans un autre ; les chaises, empilées dans un seul endroit, les tables dépouiliées de leur tapis, racontent à l'œil étranger l'histoire indiscrète de leurs blessures et de leurs faiblesses. Les lustres dépendus n’ont plus aucune grâce et se penchent misérablement ; les tableaux renversés montrent leurs dos ignobles. Tout a l’air de souffrir en soi-même et de s’attrister en même temps sur le sort du spectateur campé au milieu de ces ruines.
On ôte les jalousies, on ouvre toutes les fenêtres; la maison est livrée aux visites oculaires du cocher
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ier domicile Srulateur dans l'intérieur de ce Chaos. leaux et des
Cependant, la poussière s’abat
drespirer: mais On a (ort, car J’
ouleverse la ÆSlut remettre en branle e le qui sou- face des choses. Puis, arrivent les laveuses
qi, sous prétexte de brosser les Cadres et Je bnds, bloquent les portes, hfranchissables et menace
ochain d'un bain d'orag ailleurs,
ef l’on Commence époussetage Vient { changer encore une fois
autre ; les £ s plat, les tables aliers nt Conslamment leur
€. Ces gens-jà sont, dans votre Propre
lement ; les Moins gênés que vous-même. Ils vont, viennent, os ignobles. Erulent librement ot hardim
ent, pendant que , de s’attris- Bus hésitez Partout, que vous trébuchez à Chaque ateur campé EElant,
rendent les ese l'œil étran-
sures et de
s n’ont plus Maison, beaucoup
Mais c'est Surtout dans le cabin es fenêtres; Evasion prend des Proportions
dangereuses et ; r B'ét un Caractère féroce.
es du coche k
Tous ceux qui écrivent
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ont, pour ce sanctum, une affection qui va jusqu'à
doi
la jalousie.
grar Quiconque y remue un meuble, ou déplace un BR quiti carton, est de suite mal noté ; à la seconde impru-BReun
dence, il est rangé définitivement au nombre des ennemis et consigné à la porte. Ici, le désordre n’est pas un effet de l’art seulement, c’est un effe de la science, c’est-à-dire qu’il n’existe qu'appa
remment et pour les yeux seuls des profanes "h e L'œil d'un initié a bien vite démêlé tout cela "© saisi le fil conducteur. li circule sans s'égarei TU
ans lc
dans ce labyrinthe infranchissable pour les autre Raçant
neltre ! mois 0mme
mais clair et facile pour lui; il se retrouve, :
reconnaît partout. Jugez de ses sensations lo
qu'il voit une main étrangère fouiller dans s
paperasses, déranger l’ordre des notes, mêler!
feuillets. Cette main farouche s’insinue parto
Mais 6 joies, Ji] iers,
redresse, corrige sans merci; elle traite le dess du pupitre comme une batterie de cuisine où