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LA NEIGE hi
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boule Je ne sais pourquoi on s'est toujours plu que
représenter l’hiver comme la saison triste pabinta; excellence. Il n’y a pas de choses lugubres qu'au s0 ne dise, pas de comparaisons funèbres qu’on Senfan fasse sur son compte. Les enfants seuls—qhir ja jugent peut-être plus juste, parce qu’ils sont moappre]
La eige 101
| sous l'influence des circons
rouvent l'hiver agréable, leurs vœux.
tances étrangères, — et l'appellent de tous
Aussi, quelle joie, quels cris de bonheur, à la
première chute de neige ! Comme Chaque flocon est salué avec enthousiasme
Pour quelque chose dans ce moelleux sous
> Puisqu'il doit entrer Superbe tapis blanc et lequel vont disparaître loutes les es de l'automne !
avec elle toute une Perspective de foulades : des bons hommes, que l'on assiége et qui sont d boules de neige ; Raquettes.
Wintain les r agubres qu'Ofjeu souvent
hideurs bouens
La neige ainène &lissades et de des &rolles, des forts
ujours plu on triste pi
ts seuls—q ils sont moi
102 La neige
verser. Pour elle les onglées et les rhumes n’existeront que lorsqu'ils se feront sentir. En attendant elle jouit de la neige et de tous les amusements qu’elle procure.
Si nous voulions être de bon compte, noustrouverions peut-être, nous aussi, que l'hiver a beaucoup de charmes et d'avantages, et que les sombres tableaux que nous en faisons sont plutôt enfantés par des circonstances extérieures et fausses, que par une vision exacte de la vérité.
De même que l’homme, la terre ne peut pas toujours, sans s’épuiser, travailler et produire ; il lui faut son temps de sommeil et de repos. Le sommeil, chez l'homme, détend les muscles et répare les forces, pour la journée du lendemain. L'hiver fait la même chose pour la terre qui #5 réveille au printemps, avec une fertilité nouvelle L'hiver est la nuit de la terre ; les autres saisons
La neige 103
nd
humes sa journée ; cette nuit est longue, mais aussi quel r. En immense travail s’accomplit pendant un lendemain ous les qui dure bien des mois ! |
La neige amène le repos pour toute la nature. oustrou- Les fruits sont cueillis, les récoltes engrangées : a beau- ke cultivateur chôme. Tout le monde aussi devrait : sombres chômer ; car tous les hommes sont nés pour cul- Lenfantés liver la terre qui doit suffire à leurs besoins. Le kxe et les appétits immodérés seuls ont produit ks autres vocations, ont créé les autres carrières. Ah! pour celles-là, la neige n’est pas toujours le , peut pes Mlemps du repos, du plaisir, de la jouissance. À oduire ; qui la faute? Hélas ! ce n’est pas à l'hiver, ce n’est epos. Le pas à la neige; et nous le savons bien. muscles et endemai.
srre qui b nouvelle.
es saisons Beaucoup de poètes depuis ont chanté la neige ;
xsses, que
Quoi qu'il en soit, —excepté pour les natures frikuses du midi, —« l'hiver est bel et 4: neige est aimable, » comme dit le vieux poète.
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104 La neige
———…———é nn,
mais nous n'avons jamais lu rien d'aussi frais, d'aussi délicat, et en même temps d’aussi touchant que cette pièce de vers, trouvée parmi les papiers d’une jeune femme morte, il y a quelques années, à l'hôpital de Cincinnati. Nous en donnons la traduction littérale, confessant notre inhabileté à rendre l'harmonie imitative en même temps que
la suave simplicité du vers anglais :
«Oh! la neige, la belle neige! remplissant le ciei et couvrant la terre ; elle se pose sur les toits, sur le sol, sur la tête des passants que vous rencontrez dans la rue; elle danse, elle coquette, elle glisse, la belle neige! elle ne peut faire aucun
mal.
« Elle vole et caresse la jpue d’une belle dame, ou s’attache'en folâtrant sur nos lèvres. O belle peige, descendant du haut du ciel, pure comme les anges, douce comme l'amour !
se se Les !
météc mome cloche le bla
«E Pourta
La neige 105
gsi frais, «0 la neige, la belle neige ! Comme ses flocons touchant se rassemblent et paraissent rire en voletant dans es papiers un tourbiilon étourdissant ; ils se chassent, ils se
>s années, narguent, ils s’'empressent !
onnons |a « Elle se pose sur la figure et fait étinceler les habileté à yeux ; et les chiens, avec un bond el un jappement, temps que
happent les brillants cristaux qui tourbillonnent - autour d’eux. La ville est bruyante, et les cœurs
ont des élans de vie.
nplissant le
ur les toits, « La foule enivrée circule partout. Les passants
vous ren Æ se saluent d’une parole gaie ou d'une chanson.
pquette, elle Les traineaux joyeux passent, comme autant de aire auCcu1Ë météores, avec la rapidité de l'éclair, qui brille un moment pour disparaître aux regards ; un son de
clochettes, un balancement, puis tout s’efface sur belle dame,
is, © belle , comme les
le blanc manteau de neige. *
«Et celte neige si pure, qui tombe du ciel, est pourtant foulée, broyée par des milliers de pas,
106 La neige
———— rennes
jusqu’à ce qu'elle se confonde avec la fange horrible de la rue !
« Un jour, j'ai été aussi pure que la neige! Mais je suis tombée, tombée comme les flocons de neige, du ciel à l'enfer; tombée pour être foulée aux pieds comme la fange des rues ; tombée pour être bafouée, conspuée, battue ! Suppliant, maudissant, redoutant de mourir; vendant mon âme au premier acheteur ; trafiquant dans l’opprobre pourun morceau de pain ; haïssant les vivants et craignant les morts ; Dieu de miséricorde, suis-je donc tombée si bas! Et pourtant, je fus un jour comme la belle neige !
« Un jour j'ai été belle et sans tache, comme la blanche neige; mon œil, limpide comme le cristal, reflétait une âme pleine de nobles élans. J'ai été aimée pour mes grâces innocentes, flattée et recherchée pour les charmes de ma figure! Père,
e hor-
1 Mais eneige, lée aux our être dissant, au pree pour un raignant je donc r comme
omme la le cristal,
J'ai été ée et reel Père,
La neige 107
mère, sœurs, Dieu et moi-même, j'ai tout perdu dans ma chute; le dernier des misérables, qui passe en frissonnant sous ses haïllons, fait un long détour de peur d'un contact passager avec moi; car de tout ce qui ne touche, de loin, ou de près, rien, je le sais, n’est aussi pur que la blanche. neige. j
« N’est-il pas étrange, cependant, que cette neige immaculée soit forcée de tomber sur une pécheresse comme moi? Ne serait-ce pas plus étrange encore, si, lorsque la nuit viendra, la neige et la glace couvraient ma tête brûlante? Tomber d'épuisement, gelée, mourant seule et abandonnée ; trop perverse pour prier, trop faible pour gémir, ei faire entendre ma plainte dans les rues de la ville en liesse, que la joie de la neige nouvelle fait délirer! Me trouver et mourir dans ce terrible délaissement, avec la neige blanche pour lit et
à pour linceuil !
108 La neige
« Quoique brisée et souillée comme la neige foulée aux pieds, pécheresse, ne désespère pas! Le Christ se penche jusqu’à terre, pour relever l’âme qui s’est laissée choir dans la fange du péché,
et la ramener au sentiment et à la vie. Gémissant, |
versant le sang de ses veines et mourant pour Loi, le divin Crucifié a été suspendu à l'arbre infâme! —Ah! qu'il ait pour moi des paroles de miséri- ‘corde! Qu'il entende ma faible prière! O Dieu, daus ce flot de sang qui a coulé pour les pécheurs, lavez-moi et je serai plus blanche. que la neige !»
If petites bien p près s milieu nous à
a neige re pas!
relever u péché, missant, pour loi, infâme !
» miséri- O Dieu,
pécheurs,
neige |»