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La littérature canadienne
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légendes fantastiques comme nos pères en racon-
taient au coin du feu pendant les longues veillées v:
de nos hivers canadiens, et qui avaient pour si
théâtre les bords poétiques de notre grand fleuve. méi
Car nous avons sur les autres nations cel avan- 7
tage littéraire que notre civilisation a marché côte Éa
| à côte, pendant longtemps, avec un peuple encore fe l barbare. Pour trouver des épisodes féeriques, chant | nous ne sommes pas obligés, comme les Européens, de ha | de remonter le cours des siècles, et de fouiller des de | ont été
monuments plus ou moins indéchiffrables. Nous
F us el vive avons l'âge primitif presque sous les yeux, et nous l'esprit
Ce f bien dé
pouvons puiser largement dans les trésors d'une période héroïque qui nous est contemporaine.
Comme tous les récits de cette époque de notre histoire, la légende de M. Casgrain met en scène les farouches Iroquois, ces ennemis si redoutés
Imagé (
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Qui est r.
non-seulement des blancs, mais de toutes l® ; ne
La littérature canadienne 17
nt
acon- nations sauvages du Canada. L'auteur y adopte ce
illées style original et imagé qui, en traitant un autre
pour sujet, aurait pa paraître un peu trop miroilant,
fleuve. mais dont l'éclat convient très bien, cependant, à ‘652 ces récits féeriques où le mystérieux et l'imprévu pe
| avan- Fe
vous empoignent à chaque chapitre, pour vous à côte ju $ zhe faire voyager à tire d’aile dans leur sphère en-
COTE e h , . * M chantée. Cette légende est, néanmoins, remplie
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enque de hauts enseignements et laisse, à ceux qui l'ont jropéens, uiller des
Nous
lue, des impressions d'autant plus fortes qu'elles
ont été communiquées dans celte manière originale
3 * - É ” Lt NÉ + = Ag 7 HALL RAR LA ITÉ + 0 el rene ,
, et nous
et vive qui captive la mémoire après avoir frappé
l'esprit.
Ce fut toute une surprise, et je suis certain que lien des jeunes talents, après avoir lu ce récit imagé et si fortement coloré, ont rêvé, sans lés alteindre, des succès extraordinaires dans un style qui est réellement plusfacile à lire qu'à bien (raiter. pi
Il serait trop long d'analyser tous les écrits aux- B
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a D a Tue
18 La littérature canadienne
quels les Suirées ont donné une hospitalité aussi honorable d'une part que de l'autre. Qu'il me suffise de noter les poésies de MM. Fréchette, Chauveau, Fiset, Lemay, Larue et Taché, Je ne puis pas, cependant, m'empècher de mentionner d’une manière toute spéciale La promenade des trois morts, de M. Octave Crémazie, ce poëte par excellence de la patrie, que des circonstances regrettables ont enlevé à nos lettres dans un moment où elles avaient tant besoin de l'éclat de son talent pour éclairer leur route et soutenir leurs pis encore mal assurés. Qu'il me soit permis d'adresser en passant, une parole de sympathique admiratiof à un homme qui peut bien avoir eu, comme no tous, dans la vie, son heure malheureuse et sombre mais qui, néanmoins, du fond de son exil, a dr aux égards et au respect dus à une royauté que malheur d’un moment a fait tomber de son trô
sans lui enlever son auguste caractère.
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d'adresse!
La littérature canadienne 19
Autour des noms que j'ai déjà cités viennent se grouper des œuvres de mérite de MM. Ferland, Bourassa, Larue, Renaud et de Boucherville. Il me tarde, cependant, d'arriver à deux ouvrages qui ont eu alors leur retentissement, et qui, aujourd’hui encore, n'ont rien perdu de la bonne impression «ils avaient produite. Je veux parler des Anciens Canadiens de M. de Gaspé, 'et de
Jean Rivard, par M. Gérin-Lajoie,
Je n'ai pas besoin de faire ici l'éloge de M. de Gaspé, ce courageux septuagénaire qui écrivit son premier volume à l’âge où d’autres songent à jouir d'un repos bien mérité. Je me rappelle, cependant, l’'étonnement général que provoqua l'appas riion de ce livre si frais et si plein de cette verve gauloise qui, Dieu merci, n'est pas encore éteinte
parmi nous. Ce fut un maître coup d'aiguillon
‘ 1 Les premiers chapitres de cet ouvrage ont paru dans les Soirées,
20 Lo littérature canadienne
appliqué à notre jeunesse naturellement pares- que seuse, lorsqu'il s’agit de cultiver les arts et les en f lettres. L'exemple était parti de haut; maisila Je porié et porte encore son fruit. pare:
M. de Gaspé, du reste, ne devait pas s’en tenir n'aya à ce premier essai. Il a, par la suite, publié, dans | moins le Foyer Canadien, une étude remarquable sur les & s'honc Récollets, et ses Mémoires que notre population à de not littéraire a lus avec délices, et auxquels une plume À Une é
plus autorisée que la mierne a déjà su rendre À séncral
justice. riques ;
Jean Rivard, par M. Gérin-Lajoie, n’est pas ce Lir un
qu’on peut appeler une œuvre de style. C'est äülant
cependant, un travail bien écrit, et qui a surtout! je sui
une utilité pratique que personne ne songera à l'être s
contester. C’est un genre nouveau, appartenant in gr
l'ont pe
qu'ils le
essentiellement à ce pays, et qui devrait tenteru peu plus la plume de nos écrivains. Le meilleu
éloge que l’on puisse faire de ce livre, c’est de dif J'ai m
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La littérature canadienne 21
que les autor:.és l'ont jugé digne d'être distribué en prix dans nos écoles.
Je m’aperçois que j'aurais dû ouvrir plus tôt une parenthèse pour signaler un ouvrage qui, tout en s'ayant aucune prétention littéraire, est, néanmoins,un monument dont les lettresde tous les pays shonoreraient à bon droit. Je veux parler de l’œuvre de notre grand historien, le regretté M. Garneau. Une étude du genre de celle-ci ne doit pas, en général, mentionner les travaux purement historiques ; mais j'ai cru qu’il élait convenable d'étabir une exception en faveur d’un livre qui fait autant d'honneur à la littérature qu'à la science, et je suis certain que personne ne me reprochera d'être sorti de mon sujet en rendant ici hommage à un grand esprit, dont les travaux conéciencieux n'ont peut-être pas loujours été appréciés autant qu'ils le méritent.
J'ai mentionné, lout à l'heure, le Foyer Cana-
———. ns
dien. Hélas! tout ce qui est humain n’a guère
de durée. Ajoutons, en nous frappant la poitrine, àp
que tout ce qui est canadien est malheureusement cali
moins durable encore. . PAP]
Les Soirées Canadiennes ne retrouvaient déjà Impt
plus cette unanimité d'impulsion qui avait carac- Volur
| térisé leurs débuts. Je ne veux pas dire que la devra |; discorde fût dans le camp ; mais, enfin, je constate de cel il le fait que le Foyer Canadien est entré dans l'arène deux p assez d
avant que les Soirées en fussent sorties. Etait-ce
dans le but de faire une concurrence, ou pour offrir Auss
l'alim
oul-à-f,
une aide généreuse? Cette époque est encore trop
rapprochée de nous pour que je veuille la juger :
l'histoire contemporaine est pleine de danger pour À Dans